‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 94 sur 111 · III. Tout le corps était flasque et peu consistant, la · texte numérisé non relu

III. Tout le corps était flasque et peu consistant, la

1 peau tachée dans plusieurs points de plaques brunâtres,' I l’épiderme épaissi s’enlevait au moindre frottement, les ongles, mous, rougeâtres et imparfaits, se délaehaient

également. Les cheveux étaient rares , courts et d’une L couleur argentine. il

IV. Le tissu cellulaire sous-cutané était infiltré d'une I sérosité rouge sanguinolente, principalement sous le II. cuir chevelu , où nous remarquâmes , au milieu de la suture sagittale, une petite plaie d’un tiers de ligne environ de largeur, entourée dune ecchymose.

V. En suivant avec attention le trajet de la plaie nous reconnûmes que la membrane cartilagineuse , qui unit P les deux pariétaux, était percée ainsi que la dure-mère dans le sinus longitudinal supérieur.

VI. La surface des hémisphères et surtout leur grande scissure longitudinale étaient le siège d’un dépôt sanguin considérable qui était comme infiltré au milieu de la masse cérébrale ramollie et presque dif/luente.

VII. Tous les autres viscères, quoique mous et peu résistans, parurent sains ; les poumons étaient petits et rougeâtres, ils tombaient sur-le-champ au fond de l'eau ; le canal artériel était large et rempli d'un peu de sang fluide, ainsi que le cœur et les autres vaisseaux.

Le sexe était facile à reconnaître, le pénis était bien développé , les bourses plates et vides , les testicules situés au dessous des reins, près des vertèbres lombaires.

D’après ces observations attentives nous croyons pouvoir conclure :

1° Qu’il est certain que la demoiselle IV*** n'ignorait pas sa grossesse. Le développement de l'abdomen et les mouvemens de son enfant ont dû 1 en instruite ,

2° Il est démontré contre ses assertions que des sangâmes ont été appliquées à la vulve et à la partie interne Ides cuisses ;

3° Que la présence de la rue et de la sabine chez i lie portent à présumer qu’elle aura eu recours à 'remploi de ces substances dans le but de se faire avorter ;

4° Que l’état de ses organes génitaux démontre que i avortement a eu lieu depuis peu de temps, comme elle pnn est convenue ;

5° La longueur et le poids du fœtus, la hauteur de insertion de l’ombilic, la présence des ongles et des cheveux , nous indiquent que le fœtus avait de cinq à ■ ;ix mois au moment de sa mort ;

6° La mollesse de tous les tissus, l’épaississement de 1 Vépiderme qui s’enlevait au moindre contact, ainsi que lees ongles et les cheveux, les plaques brunes de la peau, prouvent que le fœtus est resté dans l’utérus pendant qquinze jours au moins depuis sa mort ;

7° La plaie pénétrante du crâne, l’ecchymose qtii l'entoure, et l'épanchement considérable de sang intracrânien démontre que cette blessure , résultat d’un instrument étroit et alongé, tel qu’une tige métallique, a été faite du vivant du fœtus, et qu’elle a causé sa mort, comme l’atteste l’intégrité des autres organes ;

8° Que ces circonstances rendent très probable que mademoiselle N*** a d’abord eu recours aux sangsues et aux préparations de rue et de sabine, et que, n’obtenant pas l’avortement qu’elle désirait, elle s’est soumise

à une opération , qui a eu pour résultat la mort de son fruit.

En foi de quoi, nous avons signé le présent rapport, que nous certifions sincère.

A. . . ., ce

Ve

Rapport sur un cas de supposition de part (par M. le doct. Billard d’Angers).

Ayant été chargé par M. le procureur du roi de constater : 1° si l’enfant était récemment né; *2° s’il était né de la femme T***, je me transportai sur les lieux, et là je trouvai la femme T***, couchée dans un lit , à droite de la porte. Je lui déclarai que je me présentais sur la simple invitation de M. le procureur du roi, et avec l’agrément de son mari, pour visiter l’enfant qu'elle venait de mettre au monde, et sur la légitimité duquel la clameur publique avait fait planer quelques soupçons.

Cette femme me dit qu’elle était accouchée la veille au matin, une demi-heure avant le lever du soleil, c’est-à-dire le 27 juillet, sur les trois heures et demie ou quatre heures du matin. C’était alors le 29 , à neuf

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eeures du soir, l’enfant devait donc avoir deux jours, ou linquante-trois heures.

Je le trouvai sur les genoux d’une femme. Il était du fexe féminin, avait de dix-sept à dix-liuit pouces. Il était l'une force médiocre ; ses tégumens étaient rouges , et éexfoliation épidermique était en pleine activité. Le oordon ombilical était tombé dès le matin. L’ombilic , i«ssez saillant , suintait au centre. Le cordon ombilical iwait été enfoui sous terre , au pied d’un arbre, suivant i ; préjugé du pays. Je le fis déterrer ; il était enveloppé li’un linge grand comme la main, lequel était imbibé I ’un sang noirâtre et sec. Le cordon, long d’un pouce nviron , était aplati, un peu vrillé, desséché, légèrement sanguinolent à l’une de ses extrémités, brunâtre, It coupé net à l’autre.

L’enfant avait les cheveux noirs, longs et épais , son rri était fort et plein, il s’agitait avec force, et buvait à ai tasse avec avidité; il ne rendait plus de méconium, es couches étaient teintes en jaune; le pli des aines et lies aisselles ne présentait pas la matière sébacée que •3 s enfans apportent sur leur corps en naissant, et même a peau de ces régions commençait à suinter. La mem- »rane pupillaire n’existait pas, et les ongles étaient ormés.

Considérant : 1° la coloration des tégumens ; 2° l’exoliation de l’é] idcrme, qui se trouvait en pleine acliité ; 3° l’état de sécheresse et de dessiccation du cordon anbilical , qui n'avait pas été arraché par force , mais l iui était tombé spontanément , attendu que l’épiderme

n est en pleine e\foliation que quelques jours après 1 naissance, et que, pour que le cordon ombilical se dé tache, il faut qu'il subisse diverses altérations de form et de consistance, qui exigent le plus ordinairement ui laps de temps de trois, cinq, et même sept jours. J’a déclaré: 1° que cet enfant avait plus de deux jours qu’il était né à terme , et qu’il pouvait avoir de cinq , sept jours.

Ayant procédé à l’examen de la femme, j’ai trouve les seins peu volumineux et nullement douloureux. Li mamelon n’était pas saillant ; la glande avait un Irè: petit volume à chaque sein ; la peau de ces région: n’était ni crevassée, ni parsemée de veines bleuâtres comme lorsqu’elle est violemment distendue, ni flasque et flétrie, comme cela s’observe lorsque le lait abandonne tout à coup les seins, dans les cas de péritonite puerpérale.

Les parois de l’abdomen ne présentaient pas de lignes éraillées, le lit de la malade n’était pas garni ; les draps n’étaient nullement tachés. Il ne s’écoulait absolument rien de la vulve, les grandes ni les petites lèvres n’étaient ni tuméfiées, ni rouges, ni excoriées; l’entrée du vagin était étroite, la fourchette intacte, et la malade urinait sans douleur. Le vagin était étroit, et pas plus lubréfié que dans l’état naturel, le museau de tanche présentait sa forme accoutumée, il n’était ni tuméfié, ni large, ni irrégulier. La matrice, légère et libre, se laissait soulever librement; et lorsque j'appliquais l'autre main sur la région hypogastrique, je

trouvais pas la douleur que fait éprouver le globe tériu , surtout lorsque les lochies sont supprimées. En- . , la prétendue malade ne répandait pas autour d’elle •Ideur propre aux nouvelles accouchées.

DDe tous ces faits je conclus 1° que cette femme n’éil t pas récemment accouchée , et qu’il ne restait pas pème de signes palpables d’aucun accouchement anreédent; 2° que l’enfant qu’on me présentait n’était pas lünfant de celte femme; 3° que par conséquent il ne muvail être enregistré sous le nom du mari, ni jouir à venir des avantages résultant de la communauté.

VIe Rapport.

- ifanticide par commission. Accouchement récent.

'Nous soussigné, docteur en médecine de la faculté

■ demeurant à sur la réquisition de M. le

ocureur du roi , qui nous a été signifiée par M***, lissier, nous sommes transporté aujourd’hui (dafe et ■ure)j accompagné de MM***, docteur et étudians en

édecine, chez madame H...., blanchisseuse , rue

i deuxième étage, pour constater son accouchement cent, et les causes de la mort de son enfant.

Introduits dans ia chambre de madame H..., nous l’avons trouvée couchée, et se plaignant de douleurs assez vives dans l'abdomen el aux seins.

I. La figure était colorée, le front chaud et brûlant, les yeux vi s, mais trop sensibles pour supporter la lumière.

II. La peau était chaude et sèche, le pouls fort développé et fréquent.

III. Les seins très gonflés, durs et tendus ; la moindre pression était douloureuse , ainsi que les mouvemens des bras; le mamelon était saillant et rougeâtre, il s’en écoulait un liquide séreux qui avait taché la chemise.

IV. L'abdomen souple et ridé offrait une foule de petites éraillures, luisantes et livides qui s’entrecroisaient dans tous les sens , et qui étaient principalement répandues dans l’espace qui sépare les aînés et le pubis de l’ombilic. En parcourant la ligne blanche avec les doigts, on y remarquait un écartement assez considérable vers sa partie moyenne ; et depuis ce point jusqu’au pubis, elle présentait une coloration brunâtre.

V. Les parties génitales externes étaient tuméfiées et douloureuses, l’entrée du vagin très dilatée, et la fourchette déchirée. 11 ne s’écoulait aucun fluide par la vulve, circonstance facilement expliquée par l’existence de la fièvre de lait, qui amène assez fréquemment la suppression des lochies.

VI. Le toucher montra le vagin élargi et déplissé, le col de l’utérus effacé en partie, les bords de son ori-

ce amincis et sans résistance ; on pouvait aisément inoduire deux: doigts dans sa cavité : en plaçant l’autre sain sur l’hypogastre, on sentait que le corps de l’utérus aait ferme, arrondi et volumineux, qu’il dépassait le tfibis en s’élevant vers l’ombilic, et se contractait mafifestement sous la pression de la main.

IVII. En mesurant l’intervalle des épines iliaques et '«s tubérosités ischiatiques, et en s’assurant par le uucher de la saillie sacro-vertébrale et du diamètre ccro-pubien , nous avons reconnu que la cavité peleenne était large et bien disposée pour un accoulaement facile.

I D’après ces faits, exactement observés, nous croyons mvoir conclure que madame H... est réellement ac-

Suuchée depuis très peu de temps, et que son incommodité présente dépend de la fièvre de lait; qu’elle DOfl’re aucune disposition particulière qui dût rendre un accouchement difficile. Procédant sur-le-champ à itxamen de l’enfant, que l’on nous a dit être mort-né, ms l’avons découvert avec soin , et nous avons rcrnariué ce qui suit :

1° Cet enfant , du sexe masculin , sans aucune difforité apparente , semblait fort bien constitué. Il avait vx-sept pouces oii'e lignes de longueur, et pesait six rcs deux onces. Ses tégumens élaienl uni ormément uges sur toute la surface du corps, mais cette colotion était plus foncée sur le côté gauche de la face.

• i peau était couverte d’un enduit sébacé gras et épais, l’épiderme ne se détachait dans aucun point.

II. Le cordon ombilical avait été coupé à deux ou trois pouces environ de l’abdomen, et lié avec un fil disposé en double ; son insertion répondait à peu près à la moitié du corps.

III. Toutes les articulations étaient flexibles, les ongles parfaitement formés ; les cheveux assez abondons, d’un pouce et demi de longueur, et d'un blond argenté; le thorax était bombé, et saillant.

IV. En examinant l’état des ouvertures naturelles, nous les trouvâmes bien conformées, et sans aucune trace de violence , à l’exception de l’oreille gauche , qui parut remplie d'un cérumen épais et d'un jaune brunâtre : ayant cherché à le détacher, nous reconnûmes que le conduit auriculaire externe avait été traversé et brûlé par un corps métallique très chaud; la peau était sèche Jaunâtre et comme cornée dans quelques points; dans d'autres elle était couverte de petites vésicules : nous sondâmes avec précaution le trajet de la plaie, et nous pénétrâmes de plus d’un pouce dans la cavité crânienne, en dirigeant notre stylet de dehors en dedans , et de bas en haut.

V. Ayant fait l’ouverture du corps selon les règles de l’art, nous avons pu reconnaître que le tube digestif était parfaitement sain dans toute sa longueur. L’isthme du gosier et le pharynx étaient fort rouges, ainsi que l’œsophage : l’estomac distendu par des gaz était d’un rose pale , et contenait des mucosités blanchâtres; on apercevait dans l’intestin grêle les saillies des valvules conniventes et des rf&fières muqueuses, épaisses, colo-

ées eu jaune par «le la bile , et adhérentes aux parois intestinales. On y rencontrait aussi quelques flocons, uU plutôt de petites masses d'une substance verdâtre : u valvule iléo-cœeale était fort étroite, et le gros intestin rempli de méconium d’un vert foncé et d’une con* sstance poisseuse.

YI. Les poumons étaient d’un rouge foncé, crépitans l.ians toute leur étendue ; ils recouvraient une grande aartie du péricarde, et pesaient trois onces un gros; Us surnageaient après avoir été détachés de la poitrine vvec le cœur et les gros vaisseaux, et avoir été placés ans un vase rempli d’eau : on les comprima en vain ntre les doigts pour en exprimer l’air, ils ne tombèrent «as au fond du vase; en les coupant par morceaux, Ithacun d’eux surnageait. Les bronches étaient peu inicctées, et ne contenaient qu'une très petite quantité de mucosités.

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