‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 97 sur 111 · MT · texte numérisé non relu

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ulaires et thyroïdiennes étaient gorgées d’un sang noir et ilfluide; les cavités droites du cœur étaient également titrés distendues.

Les poumons étaient sains et sans adhérences, brunnâtres à leur surface et dans leurs lobes inférieurs; l’ini cision en laissait écouler une sérosité rougeâtre et écunmeuse que l’on retrouvait dans les bronches et la trachée aartère. Tous les organes contenus dans la cavité abdonminales étaient sains ; l’estomac , rempli de matières .lalimcntaires non chymifiées, offrait une coloration ro- ■sée. La vessie était vide et contractée.

D’après ces diverses circonstances observées attenti- '■vement, nous croyons pouvoir conclure :

1° Que la Cause de sa mort est la strangulation , déterminée par le lien que l’on a trouvé serré autour du (cou, et que le défaut de coloration et d’injection de la fïace provient de ce que le corps a été détaché de l’arbre ■six heures au moins avant notre examen , ce qui a donné i le temps à ces phénomènes de disparaître.

2° Que la position du lien à la partie inférieure du cou , au lieu d'appuyer sur l’os maxillaire et les apophyses masloïdes, rend exeessivemcn probable que le sieur B. n’a été suspendu qu’après avoir été étranglé.

3° Que cette présomption se change en certitude lorsque l'on considère les plaies de la bouche et l’enfoncement «les dents , les ecchymoses de la partie postérieure de la tète > et celles que l’on rencontre sur diverses parlées du corps; qu’il est probable qu’un pied a été ap-

RAPPORT*

puyé sur la bouche du sieur B. terrassé, et que c’est dans cette position qu’il a été étranglé.

En foi de quoi, etc., etc.

XIe Rapport.

Taches de sang reconnues.

î\ous soussignés (qualités, demeures, etc. , etc.), conformément à l’ordonnance de M. le juge d’instruction criminelle , nous sommes transportés aujourd’hui,

ce , heure de au laboratoire delà Faculté de

médecine de Paris, à l’efFel de constater la nature des taches trouvées sur les vêtemens du sieur B***. ïSops avons bientôt été rejoints par M. X***, commissaire de police, qui a fait apporter un paquet entouré d’une toile verte, et qui l’a fait ouvrir en notre présence, après nous avoir fait reconnaître l'intégrité du sceau qui y avait été apposé. Ce paquet renfermait une veste de gros drap bleu et un gilet de même couleur ; on remarquait sur diflerens points de ces vêtemens, et principalement sur les manches de la veste , des taches circu- \aires d’un rouge-brun, un peu plus é| aisses au centre, complètement desséchées , et se réduisant par la trituration en une poudre noirâtre.

Ayant coupé un morceau de l’étofle tachée, nous le

iîraes plonger dans de l’eau distillée, et nous aperçûmes bientôt des stries rougeâtres, comme globueeuses, s’en détacher et tomber lentement au fond du tïase , sans colorer sensiblement les couches supérieures lilu liquide ; au bout de quelques heures, nous retirâmes Véloffe , et nous trouvâmes les taches transformées en mne matière molle, élastique, d’un blanc grisâtre que i’ongle enlevait facilement, et qui présentait enfin tous lees caractères de la fibrine.

La matière colorante , agitée dans le liquide , lui communiquait des propriétés remarquables. Sans action uir le papier de tournesol rougi par un acide, il verdissait alors par le chlore, se décolorait ensuite, et finissait par prendre une teinte opaline , et par précipiter •nous forme de flocons blanchâtres ; l 'ammoniaque n’awail aucune action apparente sur sa coloration ; Yacidc mitrique occasionait un dépôt d’un blanc grisâtre , et ï 'infusion de noix de (jalle faisait naître un précipité n-ougeâtre; nous le portâmes à l’ébullition assez soutenue pour faire évaporer la plus grande partie du liquide, *tît la portion restante se coagula légèrement. Continuant icios recherches, nous détachâmes d’un autre point des ; itrêtemens la matière qui formait les taches, et nous la

• îmes chauffer dans un petit tube de verre dont une des

• extrémités était fermée ; il s’en dégagea bientôt un pro- . luit volatil ammoniacal , ainsi que le démontia le pa- , ier de tournesol précédemment reugi par un acide.

. De ces expériences et observations, nous pouvions ■onclure que les taches que nous avions été chargés

RAPPORT»

d’analyser étaient formées par du sang desséché ; mais , non satisfaits de ce simple résultat, nous avons cru devoir éclairer davantage la question , en décidant, par de nouvelles recherches, à quelle classe d’êtres vivans ce sang avait appartenu. Pour résoudre ce problème, « nous nous sommes procuré quinze jours d’avance du sang d'homme et de femme blessés, du sang de bœuf et du sang de cochon ; nous en avons imprégné divers linges qui ont été séchés et exposés à i'air jusqu’au moment de les soumettre à i’expérience ; alors , ayant coupé un morceau de chacun d’eux , nous l’avons fait tremper dans une petite quantité d’eau, pour reconstituer du sang liquide, et nous avons ajouté dans la liqueur une quantité suffisante d’acide sulfurique concentré ; nous avons traité de même la plus grande tache de la manche de la chemise, et nous avons observé ce qui suit :

il Le sang de porc a développé une odeur très marquée et très désagréable , dans laquelle on distinguait quelque chose du porc.

Le sang de bœuf a dégagé une odeur moins marquée analogue à celle du boudin.

Le sang d’homme a donné une odeur très .marquée comme grasse, et analogue à celle de sa sueur.

Le sang de femme a donné lieu à une odeur un peu aigre non désagréable.

Enfin , le sang de la chemise a développé une odeur 'aigre non désagréable, que deux d’entre nous ont rapportée à celle des tanneries ; le troisième l’a jugée

RAPPORT»

itmblable à la précédente ; nous nous sommes procuré .autre sang de porc, de bœuf, d’homme et de femme; 'Sang de porc, pris chez plusieurs charcutiers de Pa- • j, et directement à l’échaudoir de la rue des Vieillesdileries, nous a constamment présenté la même odeur poussante ; le sang de bœuf nous a offert , tantôt l’ouur forte des abattoirs, tantôt celle de la peau de l’anmal mouillé.

ILe sang de l'homme nous a toujours offert la même eeur ; le sang de femme s’est montré plus variable , notamment le sang d’une fille de quarante-sept ans , «venant d’une saignée au bras, a offert la même eur que le sang d’homme.

l'Dans une circonstance aussi grave, la justice pèsera vvaleur d’une déclaration fondée sur des expériences uuvelles, qui n’ont pas encore subi l’épreuve de la bblicilé et de la controverse; mais voici la nôtre. Me que la conscience nous la dicte, i Considérant que l’odeur dégagée par le sang de porc l'acide sulfurique paraît propre à ce sang et connte, et que le sang trouvé sur la manche de la emise manque absolument de ce caractère , nous

' usons que ce dernier n’est pas du sang de porc.

. ' Rapport de MM. IIesri , Giieourt et Baruel. )

K APPORT»

XIIe Rapport.

Blessures par armes à feu , aux doigts et aux

mains . Constater si elles sont volontaires (IJ.

Pour diminuer aux yeux de Napoléon le nombre considérable des blessés , qu’avaient donnés les batailles de Lutzen , Bautzen et Wurchen , quelques personnes accoutumées à voiler la vérité, lui firent e tendre que beaucoup de ces blessés s’étaient mutilés volontairement pour se soustraire au service, et l’on rangeait dans cette classe tous ceux qui avaient les doigts tronqués ou les mains traversées par des balles. Sur ces assertions on donna l'ordre de les réunir tous. Il y en avait près de trois mille.

Un jury chirurgical fut immédiatement formé, et il fit le rapport suivant :

D’après l'ordre du chef de l’armée, et en vertu des instructions de son excellence, M. le comte Daru, ministre-directeur de l’armée, exprimées dans sa lettre du 13 juin 1S13.

Le jury chirurgical, composé de MM. le baron Larrey , inspecteur général , chirurgien en chef de l’armée et de la garde;

(i) liera, de Cliir. rail, et Campagnes de D. S. Larrey, v. IV,

lEve, chirurgien principal , et Charmes , chirurgien aajor, et Thébault, id. Becneur, id.... s'est réuni le >3 du même mois à cinq h. du matin, au lieu désigné,

reflet de procéder à la visite de 2350 so’dats et de i32 ramenés des ambulances de retraite, ce qui faisait I n tout 2632 militaires de toute arme, blessés aux nains et aux doigts.

Cette opération , continuée sans interruption depuis r; moment où elle a été commencée , jusqu’à aujourii’liui 19 juin, heure de midi, a eu pour témoins, un [ Itficier supérieur de l’état-major, el un officier de gendarmerie, envoyés par le grand prévôt de l’armée.

L’examen fait avec la plus scrupuleuse attention , a aorté : 1° Sur le caractère des blessures et les infirmités |tjui en résultent ;

2° Sur les causes qui ont produit ces blessures, et ciur la manière d’agir de ces causes;

3° Sur les circonstances qui ont accompagné ou précédé ces solutions de continuité.

Il résulte de cet examen :

1° Que presque toutes les plaies ont été faites par inrmes à feu, et en petit nombre par armes blanches dirigées contre ceux qui en ont été atteints;

2° Que la majeure partie des blessés a présenté en même temps d’autres blessures en divers poin s de la surface du corps , ou des déchirures plus ou moins multipl ées de vêtemens , faites par le passage des balles;

3° Que le petit nombre des blessés, chez qui les cir- 1 constances précitées ne se sont pas offertes d’une ma-

nière aussi évidente , se compose précisément d’anciens soldats du dévoùment desquels il n’est guère permis de douter; enfin le jury déclare qu'il n’a point de signes certains qui fassent connaître la différence qui peut exister entre deux plaies d'armes à feu , reçues même à brûle-pourpoint, et produites, l’une par l’effet de la volonté de l’individu, et ï’aulre par ceJui d’une puissance étrangère à sa volonté.

Le jury, en se résumant , proteste qu’il est physiquement impossible d’établir la moindre preuve qu'aucun des militaires visités par lui se soit mutilé volontairement, et il pense que la lecture des états circonstanciés qu’il a fait dresser de tous les blessés soumis à sa visite, en expliquant les motifs du nombre si grand en apparence des mutilations, contribuera à dissiper l’opinion défavorable répandue sur le compte de ceux qui les ont éprouvées.

A la suite de ce rapport, tous les blessés furent renvoyés à leurs corps respectifs.

M. Larrey a fait imprimer à la suite de ce rapport une note importante que je crois devoir transcrire, a Nos recherches nous portent à croire que le défaut d'habitude dans le maniement des armes a été la principale cause de ces mutilations chez les conscrits. Qu’ainsi , lorsqu’ils tiraient sur trois rangs , le deuxième et le troisième faisaient involontairement porter le canon du fusil sur les mains de ceux du premier; que, dans la manoeuvre du fusil même , ils se blessaient sans le vouloir, comme nous l’avons vu maintes fois ; qu’enfin les charges s’étant faites par l'infanterie aux batailles

■ ! Bautzen et de Wurchen , sur le revers des collines , lies soldats ayant toujours les mains élevées sur leurs «sils , lorsqu’ils les dirigeaient sur l’ennemi qui oceuii.it le sommet de ces collines, les balles de leurs adrrsaires devaient nécessairement porter sur leurs ains, comme les parties les plus saillantes.

I< tf Une semblable cause a fait de même blesser aux lains un grand nombre de fusiliers de la garde, qui .aient inutilement attaqué l’ennemi sur les hauteurs Heilsberg , dans la première campagne de Pologne. » jiCes braves jeunes gens, sur l’assertion de médecins |uu éclairés, avaient été également accusés de s’être ■ utiles volontairement. Ces circonstances se sont aussi jquemment présentées en Espagne, dans la guerre Usa montagnes, etc.

XIIIe Rapport (1).

Suicide. Blessures.

’N'ous, soussigné, docteur en chirurgie de la Famédecine de ... , demeurant à . . . , conforment à l’ordonnance de BI. le juge d’instruction minclle, qui nous a chargé de visiter le corps de S***, que l’on disait s’être brûlé la cervelle la

l) Quelques details ont «le extraits «l’une observation de - îce, agrégé |>rès de la Faculté de médecine de Paris.

veille au soir, dans sa maison, rue . . . , n. , nous gommes transporté aujourd'hui , S juillet i823 , à 3 heures du malin , au lieu indiqué, accompagné de M. le commissaire de police.

On nous introduisit au premier étage, dans la chambre de M. S***, dont le corps était étendu sur le lit, et l’on nous raconta que cet homme était tombé depuis quelque temps dans une sorte d'hypocondrie maniaque, avec penchant au suicide. Que plusieurs fois il avait annoncé le projet de se détruire ; et que la veille, s’étant retiré dans sa chambre, il s’était tiré un coup de pistolet, dont on avait entendu la détonnation , mais qui n’avait excité aucun soupçon, parce qu’on avait cru qu'il partait de la maison voisine. Ce n’était qu’au bout d’une heure, qu’étant entré dans la chambre de M. S***, on l’avait trouvé étendu sans vie, près de la cheminée de l'appartement; à peu de distance de lui étaient une ehaiseTît un pistolet court, mais d’un 1res fort calibre. Une espèce de testament, laissé sur la cheminée, et signé par lui, indiquait sa funeste résolution, et ses dernières volontés.

Ayant procédé à l’examen du corps, nous constatâmes qu'il avait cinq pieds trois pouces, et qu'il devait appartenir à un homme de quarante à cinquante ans. 11 était fortement musclé, et l’abdomen chargé de graisse, était volumineux. Le pied droit ne présentait que quatre orteils; b cinquième ou petit orteil manquait, et une cicatrice ancienne, calleuse, et un peu difforme, recouvrait l’extrémité antérieure du cinquième métatarsien,

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