‹ Manuel complet de médecine légale, considérée dans ses rapports avec la législation actuelleChapitre 98 sur 111 · R AI' PORTS · texte numérisé non relu

R AI' PORTS

LLes muscles du visage étaient tendus et contractés, les mrcils froncés, et la physionomie exprimait encore une titermination violente.

'Nous remarquâmes une plaie irrégulière, de la largeur

I la paume de la main, derrière et un peu au dessus de pophyse masloïde droite. Les bords étaient formés

i r les tégumens du crâne ecchymosés, lacérés et noircis.

II ce point, l’occipital avait été brisé et enfoncé, en forjjaint plusieurs fragmens aigus et mob les qu’on sentait

eec le doigt; du sang noir s’était écoulé en abondance, ette plaie semblait se diriger d’arrière en avant, de lllthors en dedans, et de droite à gauche ; elle, n’avait )iut d’orifice de sortie, et les perquisitions les plus tractes ne firent point découvrir la balle, qu’on souplannail avoir été contenue dans l’arme à feu.

A l’ouverture du cadavre, nous trouvâmes l’occipital Irrisé dans le point indiqué , le sinus latéral droit était luivert, l'hémisphère droit du cervelet, labouré et noirci ' îr le trajet de la balle, qui était nichée et enfoncée dans base de l'apophyse pierreuse du côté gauche; celte ! aile était déformée et aplatie.

! Les méninges étaient fortement adhérentes à la voûte u crâne, et l’on remarquait une couche grisâtre et alumineuse, au dessus de la pie-mère, ce qui est en apport avec l’aflection maniaque dont on nous avait htre tenu.

Le siège et la direction de cette plaie nous firent enser que M. S*** devait avoir la tète tournée à gaufre, lorsqu’il appuya la bouche de l’arme à feu contre

l’occipital : le pistolet ayant été mis dans la main du cadavre, nous vîmes que la plaie pouvait avoir eu lieu dans cette position.

D’après les recherches et observations ci-dessus mentionnées, il nous a paru de toute évidence que la mort avait été déterminée par la plaie du crâne et de l’encéphale, et que l’alTection cérébrale antérieure, et les circonstances de la mort rendent le suicide excessivement probable.

En foi de quoi nous avons signé le présent rapport, que nous affirmons conforme à la vérité et aux principes de l’art.

XIVe Rapport.

Plaie de l’ azygos suivie d'une hémorrhagie mortelle ( par M. le professeur Breschet ).

Nous soussigné T***, sur la réquisition de M. le procureur du roi, en date du 26 octobre 1827, nous nous sommes transporté aujourd'hui en la maison de santé

de M. P***, rue de à l’effet de visiter, avec le

docteur Denis, et M. le docteur Pressât, directeur de ladite maison , le corps d’un jeune homme qui a succombé à une blessure reçue par lui, trois jours auparavant , et de constater :

KAFJPORTi.

11° Quelle est la nature de l'instrument vulnérant;

.2° Quelle est la direction du coup ; j3° Quelle a du être la position de fauteur de la blesrre, en raison du siège et de la direction de cette tissure ;

14° Quelles sont les causes de la mort, i tAùdil lieu , en présence de M. le commissaire de poee , et de concert avec nos confrères ci-dessus déummés, nous avons procédé de suite à l’opération qui iïus était confiée. ]\ous avons été introduits dans une ambre où était le corps d'un homme de vingt à vingtîq ans, doué d'une forte constitution, d’un système iU*cu!aire athlétique, de la taille de cinq pieds six à pt pouces, que M. le commissaire de police et M. Pressât ms ont dit être celui d’Adolphe M***, etc.

AAprès avoir constaté par l’inspection de ce corps, qui éépentait déjà des signes de putréfaction, qu’il était een évidemment privé de la vie depuis plus de vingtuatre heures, nous avons commencé par en examiner lAentivement toutes les parties extérieures.

I. Ce corps n’avait d'autre vêtement qu’une chemise colon, déchirée antérieurement, et tachée en haut

i en avant , vers le collet et l’épaule , par un liquide reux et par du sang. Cette chemise, d’après la déclation de M. le docteur Pressât, n’avait été passée que lelques heures avant la mort.

II. IN'ous avons reconnu, au pli du bras droit, deux tites plaies, résultant de deux saignées laites récem-

oent.

III. Le tronc, le cou, le scrotum, la partie supérieure des membres abdominaux et thoraciques ont une couleur verte, inégalement répandue , et dans plusieurs endroits existent des plilyclènes, formés par l'épiderme soulevé, et contenant une humeur séreuse, roussâlre dans quelques points et bleuâtres dans d’autres.

IV. A la partie supérieure du tronc, il y a des sugillations d’un bleu verdâtre. Dans toutes les régions susdénommées , le tissu cellulaire sous-cutané est emphysémateux. Celui du scrotum présente surtout cette distension , produite par du gaz résultant de la décomposition putride. Ces altérations sont encore plus marquées à la partie postérieure du corps. Dans le mouvement imprimé au cadavre, un fluide rouge-brun écumeux, de la quantité de plusieurs onces, s'est échappé par le nez et la bouche.

V. Sur tout le reste du corps, nous n’avons découvert d’autres traces de lésion qu’une blessure à la partie antérieure, supérieure droite du thorax, dont nous parlerons bientôt. Nous ne mentionnerons pas comme des lésions, de légères scarifications qui ont été aites à quelque distance de cette blessure, au dessous et en dehors, entre elle et le mamelon du sein droit, ni de pro ondes scarifications , faites à la partie postérieure correspondante du tronc. Ces légères solutions de continuité résultaient de l’application des ventouses scarifiées faites le lendemain de la blessure.

VI. Nous avons remarqué que le pénis était privé de prépuce , et que cette opération , faite sans doute dans

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ee bas âge de l'individu, n’avait laissé qu’une cicatrice peine apparente.

VII. A la partie antérieure , supérieure droite du thol[aax, immédiatement au devant et au dessous du tiers

interne de la clavicule, existait, ainsi que nous venons de e dire, une blessure dirigée à peu près parallèlement

i cet os, c’est-à-dire un peu de haut en bas; et de dehors en dedans , longue, dans son plus grand diamètre, Ue vingt lignes. Il nous a paru que la solution de coninnuilé avait été faite , vers ses deux extrémités , avec un (instrument tranchant, tandis que vers sa partie moyenne,

es bords inégaux et contus indiquaient l’action d’un corps contondant.

VIII. Nous avons demandé à M. le commissaire de oolicede nous faire représenter les vêtemensqu’Adolphe III*** portait au moment où il a été blessé, et il nous a Lié remis une redingote de drap vert , une veste ronde

ii manches de cotonnade layée de bleu et de blanc, un gilet de Casimir d’un jaune-paille, deux bretelles de coton i côtes transversales, et une chemise de calicot déchirée i sa partie antérieure, dont une portion avait été enlevée.

IX. Nous avons appliqué ces vêteinens sur le cadavre, l’abord tout à la fois, puis les uns sur les autres, et îous avons vérifié que le trou de cinq à six lignes de iiamèlre, que l’on voit sur chacun d’eux à sa partie antérieure supérieure droite , à deux pouces environ de 'entournure de la manche , correspond parfaitement au centre de la blessure.

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