CHAPITRE PREMIER
10 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SVJR LA NAim^^ CORPS, ET SUR LA FORCE QUI UNIE LEURS PAR TIES CONSTITUANTES.
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sont aujourd’hui au nombre de cmquanle-qualre, ^ '
qui , combinés deux à deux , trois à trois, etc. , formeul
simples et composés sont formés d’une multitude té LÎsTu le nom d'atomes intégrants ceux de tous les eu T»
couvre plus ni le plon.b ni le soufre , mats dont chaque molecul ,
cHiMiii. 557
quelque liiie qu’elle soit, contient proportionnellement la meme quantité de plomb et de soufre.
Tous les corps ne se combinent pas les uns avec les autres dans les circonstances ordinaires, parce que différentes causes s’y opposent; seulement on peut dire que tous tendent à se combiner. On explique celte tendance à la combinaison en admettant une force inhérente aux molécules ou atomes de la matière, et qu’on a appelée attraction moléculaire ou atomique. Cette attraction prend différents noms, selon qu’elle a lieu entre des atomes similaires ou des atomes de nature différente : dans le premier cas , on l’appelle cohésion , et dans le second affinité.
COHÉSION. — La cohésion, comme nous venons de le dire , étant cette force qui unit les atomes de même nature, c’est-à-dire les atomes intégrants d’un corps, doit être d aulaiil plus grande que l’effort nécessaire pour désunir les particules ou atomes de ce corps sera lui-méme plus grand; il suit de là qu’elle est presque insensible dans les gaz , qu’elle est faible dans les liquides, et plus ou moins grande dans les solides. C’est celte force qui s’oppose le plus à la combinaison des corps: en effet, tant que la coliésioq l’emporte sur 1 affinité, la combinaison ne peut avoir lieu, ce qui explique pourquoi les corps solides ne se combinent que tics rarement. Soit du plomb et du soufre dont la cohésion pourra être représentée par 7 , et dont l’affinilé des particules du soufre pour celles du plomb ne le sera que par 6 ; il est évident que la combinaison n’aura pas lien ; mais vient-on par un moyen qneloonqiie à diminuer la cohésion , bienlôt la coml)inai>oa s’opère; aussi la chaleur, ayant pour effet de fondre le plomb, par conséquent de diminuer sa cohésion, deviei t-elle un excellent moyen pour favoriser sa combinaison avec le soufre.
AFFINITÉ. — L’affinilé est celle force qui agit sur les atomes de nature dÜfereiite.Tons les corps ne jouissent pas les uns pour les antres du meme degré d’affinité; ainsi , par exemple, si l’on chauffe du cinabre (formé de soufie et de mercure) avec du fer, celui-ci s’emparera du soufre, et mettra à nu le mercure qui se volatilisera, ce qui prouve que le S'^nfre a plus d’affinité pour le fer que pour le mercure. On nomme, quelquefois ‘celte affinité élective , en raison du choix (|ue certains corps font de certains autres.
L’affinité peut être modifiée de différentes manières :
1® Par la quantité d'un corps mis en présence d'un autre» Exemple ; si l’on fait passer un courant d’acide sullliydrique dans une dissolution de carbonate de potasse (acide carbonique et
CHIMIE
potasse), on voit bientôt se produire un dégagement d’acide carbonique , pendant que le gaz sulfhydrique se combine à la potasse. Fait-on l’opération inverse, on voit que le dégagement n est plus que de l’acide sulfhydrique pendant que l’a-ide carbonique se combine à la potasse. Dans ce cas, il faut bien admettre une affinité plus grande de run des acides pour la potasse, et fexpérience prouve que cest 1 acicje carbonique; mais en raison du courant continu d acide sulfhydrique, la décomposition a lieu , puisque l’acide carbonique se dégageant ne peut contrebalancer les effets du premier acide.
2® La quantité relative des corps entre lesquels la combinai^ son peut avoir heu, inJLue beaucoup sur V affinité» Supposons un corps A capable de s’unir en trois proportions à un autre corps B, de manière à former : un corps A B, 2» un autre A B B ,
et un troisième A^ B B. On remarque alors que le corps B tient d autant plus au corps A ^ qu il y est en plus petite quantité par rapporté l’autre. Ainsi, dans de certaines circonstances, le corps ABBB pourra perdre du corps B jusqu'à ce que le corps soit devenu A B B. Ce dernier corps lui-même pourra perdre, mais plus difficilement, du corps B pour devenir AB. Enfin ce nest que très difficilement qu’on pourra défaire la combinaison AB , ce qui se rapporte à ce que nous avons dit ; l’eau et le bi-oxide d’hydrogène nous offrent un exemple de ce que nous venons d’avancer; dans l’eau, il y a un volume d’oxigène uni à deux d’hydrogène; dans le bi-oxide d’hydrogène, il y a deux volumes d’oxigène pour deux d’hydrogène. Chauffe-t-on seulement ce dernier composé que bientôt la moitié de l’oxigène quitte la combinaison, tandis qu’il ne reste que de l’eau que la chaleur ne décompose plus.
3® Lorsqu un corps est combine h un autre corps , son action sur un troisième corps est nulle ou presque nulle. Exemple : le bisulfate de potasse, formé de deux fois autant d’acide sulfurique que le sulfate neutre de potasse, rougit moins la teinture de tournesol que ne le ferait l’acide libre; le sulfate neutre ne la rougit même pas.
4® Nous avons vu plus ‘haut que la cohésion influait aussi puissamment sur V affinité,
5^ Le calorique n a pas toujours la meme influence sur Vaf^ fmité. Ainsi quelquefois il décompose des combinaisons sans pouvoir les reproduire, d’autres fois il augmente l'affinité ; dans
CHIMIIî!.
îe premier cas, c’est en éloignant les atomes et diminuant rattraction ; tel est le deiitoxide de chlore que la chaleur tiécompose en chlore et en oxigène; dans le second, c‘e>t en diminuant la cohésion comme nous 1 avons vu precédcmoient à rarticle cohésion. Cependant le calorique, agit quelquefois différeaunent; en effet, que Ton fasse un mélange d’oxigène et d’hydrogène, dans lequel on fera arriver une étincelle électrique, ou dans lequel on plongera une bougie allumée; aussitôt une détonation produite par la combinaison aura lieu. Or, dans ce cas, on ne peut pas attribuer la combinaison aux deux laisons precedentes; mais on admet avec raison que la chaleur détermine dans les gaz deux états opposés d’électricité, d’où résulte la cüm!)inais()ii.
6o UaJJinité est som^i fit déterminée par V état électrique du corps. On sait en effet que deux corps électrisés de la même manière se repoussent, pendant que deux corps électrisés différemment s’attirent.
70 L* affinité est encore modifiée par la densité des corps. Quand deux corps ont une densité différente, le corps le plus lourd gagne le fond , et alors on conçoit que le mélange étant moins intime, la combinaison ne doit point se faire, ou se faire très lentement.
80 Enfin , la pression influe, aussi souvent sur Voffinitc, Elle as;it sur les gaz en sens inverse de la clialeur. Soit un morceau de marbre composé de chaux et d’açide carbonique que l’on chauffe. Si l’opération se fait en vase ouvert, la chaleur chassera l’acide carbonique, et la chaux restera pure ; mais si on agit dans un canon de fusil hermétiquement fermé, TaciJe carbonique comprimé ne se séparera pas, ou liien se recombinera à la chaux pendant le refroidissement. L’acide carbonique ne se dissout qu’en faible proportion dans l’eau; mais si on le compr me sur de l’eau , celle-ci peut s’en charger de cinq à six fois son volume; vient- on après à faire cesser la pression, alors l’acide reprend son état élastique, et se dégage en faisant mousser l’eau, comme on peut le voir dans une eau gazeuse.
IV^oycnnaiU ia connaissance de ces diverses propositions , et bien que nous ne puissions rapporter ici toutes les causes qui modifient l’affiuite . on peut facileineut comprendre presque tous les phéuoméues chimiques. Nous dirons seulement en thèse générale que quand les corps s’unissent, il se produit presque toujours de la chaleur, et quelquefois même de la lumière.
Un composé étant donné, on peut dans une foule de cas, au
moyeu d’autres corps et de forces suffisantes , parvenir à le décomposer. Celte manière d’opérer est appelée analyse, pendant qu’on donne le nom de synthèse au]^ opérations habituelles, qui ont pour but la combinaison des corps.
Ceci étant bien compris . la chimie peut êire définie : une science qui fait connaître les phénomènes qui résultent de faction atomique et réciproque de tous les corps les mis sur les autres.
Nous ne devons pas quitter les considérations sur la force qui unit les corps sans parler ici de ce pliénornèue connu sous le nom de cristaVùsation,
CRISTALLISATION. — Lorsqu’un corps passe lentement de l’état gazeux ou liquide à l’état solide, en remarque que ses atomes se réunissent par les faces qui se conviennent le mieux, de manière à donner naissance à un solide régulier, offrant la meme forme pour chaque corps, et auquel on a donné le nom de cristal* le phénomène qui le produit est appelé cristallisation.
Pour que la cristallisation s’opère bien , il est essentiel que le refroidissement soit lent et régulier; un refroidissement trop brusque donnerait lieu à la formation d’une niasse confuse que l’on nomme précipité. La cristallisation s’opère tantôt par finterinède du feu, tantôt par celui des liquides.
ï^Par finlermède du feu, on opère de deux manières : quand le corps est volatil, on le chauffe, et la vapeur qui se forme est reçue sur un corps plus froid que le foyer d’où la vapeur s’est formée , et où elle se condense en affectant la forme de cristaux ; si le corps est fusible sans être volatil , on le fond dans un têt, on le laisse refroidir lentement; et lorsqu’il s’est formé une croûte à sa surface, on la perce et l’on décante les parties encore liquides qui laissent à nu celles qui se sont cristallisées.
9.0 Par l’intermède des liquides la cristallisation s’obtient encore par deux procédés. Tantôt la substance est dissoute à chaud , et cristallise par le refroidissement du liquide; tantôt la dissolution saturée à froid est abandonnée à une é\aporalion spontanée , le liquide en s’évaporant laisse déposer les cristaux.
Remarquons ici que les cristaux contiennent le plus souvent une certaine quantité d’eau qu’on nornme eau de cristallisation.
rHIMÎK.
2® XOMENCFATURE CHIMIQUE.
Ordre d'après lequel les corps doivent être étudiés,
La première idée de la nomenclature paraît être due à Guyton de Morveau. Le l)ut de cette méthode e>t de donner aux diverses combinaisons des noms sii^uificatifs qui rappellent de suite les éléments qui les composent. Quant aux corps simples , les meilleurs noms qui doivent servir à les désigner sont ceux qui sont insignifiants et courts: le mot fer est très convenable, pendant que le mot iode est vicieux , puisqu'il y a d’autres corps dont la couleur est violette, et auxquels le mot conviendrait tout aussi bien; mais en n’y attachant aucune idée de couleur , ce nom est commode parce qu’il est court, ce qui permet de ie combiner facilement à d'autres mots.
Avant d’aller plus loin, nous devons ici donner le nom de tous les corps simples connus, et nous allons les présenter de telle manière que chaque corps est électro-négatif par l apport à ceux qui le suivent, et électro positif par rapport à ceux qui le précèdent. Les corps simples sont au nombre de ciuquanle-quatre ; savoir :
oxigèue,
chrome ,
iridium ,
cobalt ,
fluor,
tungstène.
rhodium ,
nickel ,
chlore ,
carbone ,
platine ,
fer ,
brome ,
bore ,
palladium ,
cadmium,
iode ,
silicium ,
mercure,
zinc.
azote.
colombium ,
argi’nt ,
manganèse
soufre ,
titane ,
cuivre ,
zirconium,
sélénium ,
antimoine ,
uranc ,
thorium ,
phosphore ,
tellure.
bismuth,
aluminium
arsenic ,
or.
étain ,
yttrium ,
molybdène , vanadium ,
hydrogène, osmium ,
plomb, cérium ,
glucinium ,
Les corps simples sont divisés en deux grandes séries : la première comprend l’oxigène, l’hydrogène, le caibone, le bore, le silicium, le phosphore, le soufre, le sélénium, le chlore, le l)rome, l’iode, le fluor, l’azote. Ces corps ont pour caractères communs de conduire mal la chaleur et l’éleclricité, on les désigne sous le nom de métalloïdes. Tous les autres au contraire conduis
sent bieu la chaleur et l’électricité, on les appelle métaux. On remarque que généralement les métalloïdes s’unissent bien aux métaux, et qu’ils sont électro-négalîfs par rapport à ees derniers.
Quand on vent former le nom d un rorp^ composé, on doit le former de manière à donnes- une idee de sa composition; mais, en même lemps, on place toujiuirs !e nom du corps élec tro-négatif le premier; ainsi dans ceî exei< pie, acide chlorhydrique; le mot chtor indique un élément du composé, et il commence le nom , car il est électro-négatif par rapport à I hydrogène que représente le mot hydrique.
Quastd deux corps simples sont combinés, ils possèdent des propriétés particulières. Tantôt ils ont une saveur aigre, et rougissent la teinture de toinnesol : ni leur donne le nom général déachles; tantôt leur saveur est âcre, uriaeuse et alcaline; ils verdissent le sirop de violette : on leur donne le nom d'alcalis ou éé oxide s et plus général pmeiit de base.
ACIDES. — Quand l’acide est furiné d’oxigène et d’un corps simple, qui prend alors le nom de radical, ou le nomme oxacide pour le distinguer d’un autre groupe d’acides formés d’hydrogène et d’un autre corps simple, auxquels on donne le nom d’hydracides.
Pour former le nom d’un oxide , on énonce d’abord le nom collectif acide que l’on fait suivre du nom du corps simple , auquel on donne la terminaisou iqiie ou eux. La première terminaison s’en) ploie pour l'es acides les plus oxigénés, et la dernière pour les moins oxigénés. Ainsi le mot acide sulfur/^^ne indique par sa terminaison qu’il ii’y a pas de degré d’oxidation plus élevé, et celui d’aeide sulfurenjc que c’est un degré inferieur d’oxidalion. Celte méthode s’applique bien dans le cas où il n’y a que deux degrés d’oxidation qoi soient acides; par exemple : le sélénium se combine en trois pro]>ortions avec l’oxigène, mais deux seulement sont acides : le premiér est appelé acide sélcnique, et le second sélénieux.
Souvent le même corps donne naissance à trois et quatre acides 5 mais alors, au moyen de la préposition hypo , on désigne des degrés inférieurs d’oxidation. Ainsi l’on dit : acide hypo-suf urique pour indiquer la combinaison moins oxigénée que l’acide sulfurique, et acide hypo^sulfureux pour celle qui contient moins d’oxigéne que l acide sulfureux.
Quand au contraire le radical ne produit qu’un seul acide, celui-ci est en ique; exemple ; acide borique.
CHIMIE
OXIDES. — Lorsque les corps en se combinant avec Toxigène ne forment pas d’acides, on donne à ces composés le nom général d* oxides. Lorsque le radical ne forme qu un seul oxide, on fait suivre ce mot du nom du corps qui est uni à l’oxigène. Exemple ; oxidt d’argent. Le radical se comhine-t-jl en plusieurs proportions avec l’oxide , on se sert des mots proto , deiito, trito^ pour indiquer des composés de plus en plus oxigéués. Exemple : Protoxide de plomb y deutoxide de plomb y etc. ; ordinairement ou nomme peroxide , l’oxide le plus oxigénè.
Un acide peut résulter de la combinaison de deux corps autres que l’oxigène : alors ou cond)iue les noms des deux substances en terminant celui de la dernière en ique y et on l’ajoute au mot acide. Exemple : acide chlorhydrique y iodhydriqut y Jluo-boriqiie y etc.
^ Quand deux corps en se combinant ne produisent ni oxides, ni acides, les noms des deux corps entrent ‘dans la composition du nom du composé; mais le premier nom énoncé est terminé en urcy exemple-: Sulfure d’arsenic. Si les corps donnent lieu à plusieurs degrés de combinaisons, ou lait précéder le premier nom des mots protoy deuto ou bi etc. Exemple : proto-chlorure de mercure y deuto ou bi-chlorure de mercure y etc.
Si la combinaison se fait entre deux métaux ou plus, on leur donne le nom général d’alliages, que l’on fait suivre des noms des métaux, et l’on donne celui d’amalgam.e aux alliages dont ie mercure fait partie , en ayant soin de ne désigner que les métaux autres que le mercure. Exemple : amalgame de potassium.
^ SELS. — Un acide et un oxide en se combinant donnent naissance à un corps pins composé, auquel on donne le nom général de sel. Celte dénomination ne reste pas seulement à la combinaison d un oxide avec un acide; mais elle s’applique encore aux combinaisons d’un acide avec l’ammoniaque, ou avec des alcalis végétaux. Tous ces corps, eu raison de leur propriété, celle de s’unir aux acides pour former des sels, portent le nom de bases sali^fiahles.
La nomenclature des sels est très simple, elle se fait en énonçant d abord l’acide dont la terminaison est changée en ate pour tous les acides à terniiiiaison en ique y et en ite pour tous ceux à terminaison en eux y et le faisant suivre du nom du métal ou de 1 oxide. Exemple: sulfate de /èr, sulfite de chaux. L’oxide peut être au premier, au deuxième degré d oxidalion; alors on met devant le nom du métal les mots protoxide y deutoxide y etc.
CHIMIE
Exemple: sulfate de protoxîde de fer, carbonate de deutoxide de cuivre. On dit souvent plus simplement prolo-sulfale, deutocarbonate, pour exj)rimer les mêmes combinaisons; mais nous ferons remîirc[uer (jue les mots deulo et proto ne se rappoitant (|U aux mots devant lesijuels iis sont placés, ils donnent une tausse ^ idée de la composition du sel, puisque pris à la lettre un deutocarbonate doit contenir deux lois autant d acide carbonique qu un proto-carbonate , etc.'
Quand la combinaison est faite dans les proportions ouïes propriétés antagonistes des deux corps disparaissent le plus, ou dit que le sel est neutre; s’il y a excès d’acide, on le dit sur-sel ; si, au contraire, c’est la base qui prédomine, ou le dit basique: exemple, phosphate nen/rre, bi ou sur-phosphaie , et phosphate basique de chaux.
On a , tour à tour, cherché à classer les coi'ps simples, dans le but de rendre leur élude plus facile. La classification la plus usitée est celle de M. Thénard, qui, reconnaissant le rôle que jouait Toxigène dans presque toutes les combinaisons chimiques, a disposé les corps d api ès le degré d’affinité qu’ils ont pour 1 oxigène. G est cette classification que nous nous proposons de suivre. En partant d’autres coii'idéialions , M. Beizélius les a classés, d après leurs propriétés électriques , sous rmlhience de la pile voltaïque, (lest l’ordre d’a[)rès lequel nous avons dii les énoncer au commencement de cet article. Enfin , d’autres chimistes ont proposé d’autres classifications , d’après lesquelles ou les étudie rai ement.
3” notions sur la chaleur et l’électricité.
{^Celles qui sont nécessaires à Viniclligcnce des phénomènes
chimiques).
La chaleur et l’électricité ayant part à tous les phénomènes chimiques, il est important de rappeler ici leurs principales propriétés, celles qui sont nécessaires à l’intelligence des faits qui ieront développés dans la partie chimique de cet ouvrage, renvoyant pour de pins amples renseignements à la partie physique qui traite de ces deux fluides.
CHALEUR ET CALOîaQUE.— Tout le monde sait que sij Von s’approehe d’un foyer allumé, on éprouve nue sensation | appelée chaleur; l’agent qui la produit a été nommé calorique.
c:himie. 543
Il faut éviter de confondre les deux nr.ots, carie premier est employé potir désigner l’effet de ce phénomène , et le second l’est pour dé'iguer la cause.
Le calorique est un fluide impondérable , invisible, très sublil, très élastique, et qui se meut sous fonue de rayons. Il pénètre tous les corps et tend sans cesse à se nmltre en écinilibre avec
eux.
Quand il les pénèlre, il les dilate tous, et d'autant plus que le calorique y est accumulé en plus grande quantité.
Le meme degré de chaleur fait toujours prendre à un corps le même volume, qiiaed les circonstances soûl toujours les memes. Ou voit qu’il y a une relation intime entre les degrés de la chaleur et les volumes, il est donc évident qu’on peut prendre les degres de dilatation pour mesurer les degrés de chaleur.
Quand le calonque agit sur nous avec énergie, on ne donne P us le nom de chaleur à 1 effet , mais bien celui de température. Cette température [»eut être tacilement mesurée à l’aide d’instruments qu d n entre pas dans notre but de décrire, et qui portent le nom de thermomètre , quand la température n’est pas très élevée; par exemple, celle que peuvent supporter les liquides; et de /?j- Tometre ^ quand, au contraire, la tempérai ure est très élevée. (Voir la partie physique pour leur description.)
Le caloi ique existe dans tons les corps, mais il y est en quelque sorte dans un état de combinaison, de manière que les instiumeuts ne peuvent pas l’y accuser; ce calorique est appelé /«tent. On sait, en effet, qu un kilogramme de glace à ü° mêlée avec un poids égal d eau à ya" ramène celle dernière après sa liquéfaction à o^; il a doue fallu à la glace 7 5« pour se fondre et cependant rester toujours à oo. C’est le calorique employé pour faire passer la glace de 1 état schde à l’état liquide, que l’on appelle calorique latent. Pareillement de l’eau bouillante émet une certaine quantité de vapeurs, dont la température est comme celle de 1 eau bouillante à loo». Or, dans ce cas, une certaine quantité de calonque devient latente pour transformer l’eau en vapeurs, lüus les corps qui peuvent passer de l’élal solide à l’élat liquide et de celui-ci à l’état de tapeurs offrent le même phénomène, lous les corps présentent encore, à l’égard de la chaleur, une autre pai licniarilé; c’est de ne point avoir pour elle la même capacité, eu sorte qu’une même quantité de chaleur agit très inégalement sur leur température. Ces quantités de clialeur ont été nommées calorique ou chaleur spécifique.
CHIMIE
Par exemple, pour élever de lo® à un kilogramme de mercure, il faut moins de calorique que pour porter le même poids d’eau de lo*^ à 20^. Dans ce ras le calorique spécifique du mercure est moindre que celui de l’eau, dont la rhaleur spécifique est ^ ordinairemeni prise pour unité lorsqu’il s’agit de corps solides ou l liquides, pendant que le calorique spécifique des gaz est rap- 1 porté à celui de l’air également pris pour l’unité.
On peut voir déjà, par ce que nous avons dit , que les liquides renferment plus de calorujue latent que les solides, et les gaz plus que les liquides. Aussi un corps ne peut-il passer de fun à l’autre état, si on lui refuse de la chaleur.
Conductibilité. — Nous avons vu que tous les corps étaient pénétrés par le calorique, et qu’ils avaient la propriété de le propager ; mais tous les corps ne se laissent pas également pénétrer. Cette projiriélé est appelée conductibilité du calorique.
De tous les corps, ceux qui possèdent cette propriété au plus haut degré sont les métaux, pendant que les liquides et les gaz le conduisent mal. Que l’on prenne dejux tiges de longueur et de grosseur égales, l’une de verre, l’autre de fer ou d'autre métal, que l’on place sur le bout de chacune d’elles un morceau de suif, et qu’on chauffe ensuite également leurs deux autres extrémités, on ne tardera pas à voir fondre le suif de la tige de métal pendant que ce ne sera que bien après que le suif de celle de verre se fondra.
Le calorique se produit dans une foule de circonstances; mais on peut remarquer que toujours il prend naissance dans les combinaisons, et cette propriété peut provenir de plusieurs causes:
on peut supposer que deux corps eu se combinant donnent naissance à un composé, dont la capacité pour le calorique est moindre que l’un des autres corps employés , d’où il doit résulter une contraction dans les éléments ; 20 ou pense, avec raison, que dans les combinaisons il y a toujours deux électricités qui se développent, lesquelles, en se combinant pour former le composé, donnent lieu à du fluide neutre et à une étincelle, ou bien à de la chaleur, etc. Dans tous les cas, . on voit que la combinaison marche plus vite quand ie phénomène est le plus apparent , d’où l’on peut conclure que le caiorujiie di.it hâter une combinaison quand on vient à élever la température des corps mis en présence : voilà pourquoi du soufre et du plomb ne se combineraient que très lentement à la température ordinaire, pendant
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que la combinaison peut avoir lieu de suite , si i’on élève leur température.
ÉLECTRICITÉ. — Lorsqu’on frotte sur une étoffe de laine eu une peau de chat, un morceau d’ambre , de cire à cacheter, ou un tube de verre, puis qu ou rapproche d’un corps léger, tel qu’une barbe de plume, un fragnieui de papier, etc. , on voit que le corps léger est attiré par le corps frotté, et y adhère plus ou moins long-temps. Cette propriété , appelée electri^ cité , est due au développement d’un fluide impondérable, connu sous le nom de Jliiide électrique; ces mots viennent du nom grec du succin dans lequel on a constaté ie premier cette propriété.
L’électricité peut être mesurée à l’aide d’instruments qu’on appelle électroscopes , électromètres, pendule électrique, etc.; instruments pour la description desquels nous renvoyons à la partie physique.
Tous les corps contiennent une sorte d’électricité qu’on appelle neutre on fluide naturel. Lorsque l’on vient à frotter un corps ou à mettre en contact deux corps différents, leur électricité neutre est décomposée en deux autres électricités, Time qu’on a appelée électricité positive ou 'vitrée.^ l’autre électricité négative ou résineuse. Mais tous ne manifestent pas également des signes d’éleclrité; par exemple, une tige de métal qu’on frotte n’en décèle aucun aux électromètres. Cela tient à ce que les métaux sont bons conducteurs du fluide électrique, et pendant que l’un des fluides se dégage sur le corps frottant, l’autre est de suite transmis par la main au sol qu’on nomme le réservoir commun. Si le métal ou le corps est placé sur une substance qui conduit mal l’électricité, le verre, par exemple, le corps est isolé et l’électriciié peut devenir sensible.
Quand , au contraire, on frotte un morceau de cire à cacheter ou tout autre corps mauvais conducteur, l’iin des fluides développés se décharge sur le corps frottant, pendant que l’autre est accumulé à la surface du corps frotté jusqu’à ce qu’un corps bon conducteur vienne iVn priver; aussi les instruments accusent-ils sur ces corps les plus petites quantités d’électricité.
Tous les corps n’émetteiit pas le même fluide électrique. En frottant, par exemple, un bâton de cire à cacheter, et l’approchant d’un pendule électrique , la balle de sureau se porte sur le bâton, dont elle prend une partie de l’électricité , et en est rapidement repoussée ; si l’on présente à cette balle , ainsi élec-
CHlMlIîi.
Irisée, un liibe de verre frotté, îa balle est attirée de nouveau, puis repoussée.
En refaisant le méine expérience, mais en commençant par le tube de verre, «a même série de phénomènes se j)rodiiit. On voit donc que l’électricité provenant de la cire repousse la balle qui en est char gée; il en est de meme de l’électricité provenant du verre lorsque la balle la possède. Au contr aire , l’électricité développée par le fi’otlement du verre attire celle de la cire à cacheter, et vice versa. C’est en raison de ces phénomènes qu’on a distingué ces deux électricités en positive ou vitrée, et en négative eu ré-* siiieuse. Ces deux électricités en se conjbinant reconstitue»U e fluide neutre, et quand les quantités d’élcctriciiés sont assez forte-, la combinaison s’opère avec dégagement d’une étincelle qu’ou nomme étincelle électrique ,
En faisant attention à ce qui précède, on arrive à la conclusion suivante : toutes les fois que deux corps contiennent la même . électricité ils se repoussent ^ pendant quils s* attirent lorsqu'ils contiennent des électricités contraires.
Electricité développée par le contact.
De tous les moyens employés pour développer l’électricité, il en est uii qui, en raison de son application en chimie, mérite de nous occuper un instant; c’est celui qui consiste à mettre en contact deux substances de nature dilïérente; mais on se sert de préférence des métaux, parce que ce sont eux qui développent le plus d’électricité.
Si l’on met en contact deux disques isolés par des manches de verre, l’un de zinc et l’antre de cuivre, le premier se charge d’électricité positive, et le second d'électricité négative. La force inconnue en vertu de laquelle ce phénomène est produit est nommée force électro- motrice. On a objecté que la pression exercée par les disques développe réleclricité. Il a été facile de détruire cette objection en soudant bout à bout les deux métaux réduits en lames. C'est d’après ces propriétés , et pour profiler de l’électricité développée par le contact, que l’on a construit diftérentes piles, de formes très variables. (Voyez Description et théorie de la pile de Volta.) Pour faire fonctionner cette pile, on place un*fil métallique à chacune de ses extrémités que Ton peut appeler et afin que les électricités de chaque paire de plaques arrivent à leur pôle respectif, on remplit l’auge
CHIMIE
dVau acide qui joue le rôle de conducteur. On remarque que la pile agit avec d’autant plus d’intensité que les acides sont plus forts.
La pile de Voila est employée en chimie pour obtenir instantanément des décompositions qu’on n’obtiendrait que plus lentement et plus difficilement : c’est avec une forte pile que Davy a fait la découverte du potassium , du sodium , etc., dans la potasse, la soude, etc. En effet, s’agit-il de décomposer un corps par la pile , l’eau, par exemple, de manière à séparer ses éléments, il suffit de faire plonger le fil de chaque pôle dans un vase plein d’eau, et de placer sur l’extrémité de chaque fil une petite cloche pleine elle-même d’eau pure. Peu après on aperçoit, à l’extrcmité de chaque fil, se dégager des bulles qui déplacent peu à peu l’eau des cloches y ces bulles sont de l oxigène et de l’hydrogène purs.
Pour se rendre compte de la force qui cause celte décomposition, rien n’est plus facile. Rappelons-nous d’abord que deux corps électrisés différemment s’attirent, et que la pile offre deux extrémités ou pôles : le pôle posiiij, où vient se reunir toute l’électricité positive , et le pôle négatif, où vient se'rendre toute l’électricité négative. Ensuite, que tous les corps sont éîectropositjfs ou électro-négatifs les uns par rapport aux autres. Si donc les deux électricités d’une pile se dégagent au milieu de l’eau , elles réagiront simultanément sur !ei éléments de celle-ci de telle manière qu’en se désunissant l’oxigène se dirige vers le pôle positif, car il est électro-négatif, et l’hydrogène vers le pôle négatif puisqu’il est électro- positif.