‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 127 sur 234 · DES OXIDES ET ACIDES NON METALLIQUES · texte numérisé non relu

DES OXIDES ET ACIDES NON METALLIQUES

Dts combmaisons de Voxighie avec les inétalloïdc!». Oxides et acides rnétalloïdiques.

Dans ce chapitre nous traiterons de toutes les combinaisons de l’oxigène avec les métalloïdes. Aucun de ces composés ne possède de propriété basique, pendant, au contraire, que la plupart sont acides. On les connaît sous le nom oxacides.

Art. I. DES COMBINAISONS DE l’oXIGENE AVEC l’hYDROGÈNE.

Bien que l’oxigène et 1 hydrogène se combinent en deux proportions pour former l’eau et le bi-oxide d’hydrogène , cependant nous ne traiterons ici que de l’eau, parce que le peroxide d’hydrogène possède des propriétés si remarquables, qu elle mérité avec le persulfure d'hydrogène de faire le sujet d’un article à part.

iqo DE l’eau. (Protoxide d'hydrogène , etc.)

L'eau est liquide à la température ordinaire , transparente , incolore, inodore, insipide, élastique, capable de transmettre les sons et de mouiller les corps. Sa compressibilité, niée pendant

CHIMIE

long-temps , a été mise en évidence par MM. Perkins , OErsted et Canton. Les expériences qu’ils ont faites à ce sujet prouvent, en même temps , qu’elle se comprime en raison des poids dont elle est chargée. Sa pesanteur spécifique est l’unité à laquelle on compare le poids des liquides et des solides. Un litre d’eau à -f- 4” pèse looo grammes.

L’eau conduit mal le fluide électrique ; c’est ce qui fait qu’on ajoute à l’eau qui sert de conducteur du fluide, dans la pile voltaïque, une certaine quantité de sel ou d’acide. Elle réfracte fortement la lumière. Soumise à l’action de la chaleur, l’eau s’échauffe et entre en ébullition à la température de ioo° sous la pression ordinaire ; l’augmentation ou la diminution de pression retarde ou avance son point d’ébullition ; les sels qui ont de l’affinité pour Peau le retardent également, pendant que quelques sels métalliques ou de verre l’avancent. L’eau se volatilise facilement et la vapeur qui en résulte occupe un volume 1700 fois plus considérable que celui qu’elle occupe à l’état liquide. Comme celle de tous les gaz , la tension de sa vapeur augmente avec sa température.

Exposée au froid , l’eau se condense jusqu’à + 4® ; contraire , elle se dilate jusqu^au terme de sa congélation qui a lieu à o. Selon M. Mairan, pendant sa congélation, elle augmente d’un quatorzième de son volume. Yoilà pourquoi la glace est plus légère que l’eau; il résulte de ce que nous venons de dire , que le plus grand degré de densité de ce liquide est à 4®. Son point de congélation peut être retardé , tout aussi bien que son point d’ébullition, et cela par les mêmes substances salines. Blagden a vu que l’eau pure , placée dans un matras dont le col a été fermé à la lampe , ou recouverte d’une couche d’huile , pouvait recevoir un froid de — 5 à — 6 degrés sans se congeler, pourvu toutefois que l’eau ne soit point agitée. M. Gay-Lussac , en employant les mêmes moyens, et de l’eau pure et privée d’air, a pu l’amener jusqu’à — 1 2® sans la congeler. L’eau aérée et chargée de limon se congèle plus promptenâent.

L’oxigène se dissout en quantité d’autant plus grande , que la température est plus basse et la pression plus forte. A 10°, pression ordinaire, elle en dissout plus de la 2 5® partie de son volume. L’air s’y dissout aussi , mais en moindre proportion , et l’on remarque que l’air y est plus riche en oxigène , ce qui tient uniquement à ce que l’azote est moins soluble que roxigènc| L’hydrogène ne se dissout qu’en petite quantité.

CHIMIE

Parmi les métalloïdes il n’y a que l’azote, l’iode, le brome et le chlore qui se dissolvent dans l’eau. Le bore et le carbone ne la décomposent qu’à une température élevée, en donnant le premier de l’acide borique et de l’hydrogène , le deuxième de l’acide carbonique et du proto-carbure d’hydrogène. Cette expérience se l’ait en plaçant le corps dans un tube de porcelaine rougi où l’on fait arriver l’eau en vapeurs. Le charbon peut de plus absorber de l’eau et alors perdre les gaz qu’il contenait. L’iode chauffé avec elle la décompose , et forme de l’acide iodhydrique et de l’acide iodique; en continuant l’addition de l’iode il n’y a bientôt plus décomposition de l’eau, au contraire, par la concentration de l’eau les deux acides formés réagissent Fun sur l’autre pour reformer de l’eau et de l’iode. Le chlore dissous dans l’eau coiistitue le chlore liquide. Cette dissolution est chargée de une fois et demi son volume de chlore , à 20^ , et sous la pression ordinaire ; la chaleur ou la lumière solaire appliquée à cette dissolution détermine la décomposicion de l’eau , la formation d acide chlorhydrique, et la mise en liberté de l’oxigène, de plus la formation d’un peu d’acide chlorique par l’action de la lumière solaire.

Parmi les métaux, quelques uns décomposent l’eau, tantôt à la température ordinaire, tantôt à une température un peu plus élevée, d’autres fois à une température rouge. Aucun n’y est soluble.

La plu[)art des acides se dissolvent dans l’eau, en général ceux qui ont beaucoup de saveur y sont très solubles.

Les alliages agissent sur l’eau de la même manière que les métaux ; ainsi ceux qui contiennent des métaux capables de la décomposer pourront tout aussi bien la décomposer. Quelques oxides métalliques se dissolvent dans l’eau, tels sont ceux de la première section , de mercure, etc.; la plupart, au contraire, y sont insolubles.

L’eau est formée de deux volumes d’hydrogène et un volume d’oxigène , ou deux atomes du premier et un atome du second = H^O.

L’eau se trouve très abondamment dans la nature, à l’état solide, à l’état liquide, ou à l’état de vapeurs. A l’état solide elle constitue la glace ^ la grêle ^ la neige; elle se trouve communément dans les pays froids, aux environs des pôles, là elle conslilue ce qu’on appelle les glaciers y qui, venant à fondre par un temps pins chaud, donnent lieu à des rivières plus ou moins

CHIMIE

considérables, A Fétat liquide elle est irifiniment plus abondaafe, elle constitue les rivières, les lacs, les mers , mais elle n’est jamais pure ; elle contient plus ou moins de corps etrangers ( sel marin, sels de chaux, quelquefois* sels de ièr, de magnésie, acide carbonique, sulfhydriqne, etc.); quand IVau contient une assez grande quantité de sel marin elle est dite telles sont celles

des mers et de quelques sor.rces. Si la proporlion des autres corps est assez forte pour agir sur Fécoiiomie animale , ou lui donne le nom à" eau minérale. Quand, au contraire, elle a peu ou pas de saveur, et ne contient que très peu de sels, on l’appelle eau douce ou eau potable. Telles sont celles des rivières , des fontaines, etc. Enfin, à Fétat de vapeurs elle se trouve eu assez grande quantité dans Fatmcsphère. (Yoir l’article air atmosphérique pour le moyen de la démontrer.)

11 est inutile d’énumérer les nombreux usages de l’eau, tout le monde les connaît , mais il est important de connaître les propriétés qu’elle doit présenter pour être potable, d’abord elle doit être fraîche, vive, limpide, inodore et surtout aérée, ensuite elle doit dissoudre le savon sans former des grumeaux, et bien cuire les légumes. En effet, une eau qui formerait des grumeaux avec le savon, serait une eau riche en sulfate de chaux , alors par double décomposition il se formerait du sulfate de soude et du savon de chaux insoluble ; également le sulfate de chaux empêche les légumes de cuire parce que , selon M. Braconnot , une substance particulière, la légumine, se combine au sulfate de chaux , et forme une combinaison insoluble qui les durcit considérablement Enfin, Feau ne doit pas trop contenir de sulfate et d'hydro- chlorate, ce dont on s’assurera au moyen d’un sel de baryte et de nitrate d’argent.

Pour l’obtenir à Fétat de pureté et privée d’air, on la distille, et l’on ne recueille le produit qu’après avoir laissé perdre les 4/100^" de la quantité employée; alors on continue l’opération jusqu’aux 3^4. Dans les premières parties se trouve souvent du carbonate d’ammoniaque, provenant des matières animalisées que contient l’eau ; au contraire, à la fin, en continuant le feu, certains sels que contient l’eau , pourraient réagir les uns sur les autres, et former des produits volatils, dont serait chargée Feau que l’on veut purifier.

ACIDE BORIQUE. [Acide horaciqne ; sel sédatif de Homberg,) — Il est solide , blanc , inodore , rougissant faiblement la teinture de tournesol. Sa pesanteur spécifique =: i,8o3.

CMIMIÉ.

Soumis à tine tompôi aliire cVvée, il foml et donne lien a un verre incolore et transparent. En même temps il perd son eau de combinaison. L’air . t l’oxigètie ne l allèrent pas. L eau a loo» n’en dissout que la 35™' partie de .son poids. Quoique 1 acide borique .soit un des acides les jdiis fixes , cependant il se volalillse dans Teau bouillante, mais alors c’est la vapeur de 1 eau qui délerniiiie sa volatilisation. Il a été découvert par Homberg.^

Il est formé de deux atomes de bore et de trois atomes d oxigène, d’où O^. Il existe, dans plusieurs lacs de Toscane, libre, et à létal de combinaison avec la soude dans quelques

lacs des Indes. , i i

Pour l’obtenir, on fait dissoudre, à chaud, du borate de soude, et l’on y verse, nendaiit que la dissolution est encore chaude, de l’acide'sulhirique qui s’empare de la soude, forme du sulfate de .soude, et met l’acide borique en liberté, qui cristallise parie

refroidissement de la liqueur. ^

Cel acide se reconnaît à ce que, dissous dans l alcool , il communique à sa flamme une couleur verte.

On s’er^ sert pour analyser les pierres gemmes , et en médecine comme calmant et antispasmodique.

I I'> D£ T.’OXIUE DE CARBONE, DE I.’aCIDE CARBONIQUE ; DE I-’OXIDE DE rHosnioRF. ; des acides HYro-rno.sPHORiQUE , phosphohiouF. , etc.

Art. II. COMBINAISONS DU CARBONE ET DE l’oXIGÈNE.

L’oxigène s’unit au carbone pour former cinq composés,

savoir : .,■?•

L’oxide de carbone, l’acide carbonique^ l’acide l’acide croconique et l’acide meUitlquc. Nous-ne traiterons ici que des deux premières combinaisons.

OXIDE DE C\BBO-^E. — Considéré par Priestley comme de l’hydrogène carboné, il a été étudié et distingué par Cruikshanks, et MM. Clémcui et Désormes, au commencement de ce siècle.

Ce corps c.st gazeux, incolore, insipide, sans action sur le tournesol, iidlamniable , éteignant les corps en combustion, et impropre à la resj)iraliün. I/airou l oxigèiie ne le transforment en acide carbonique qu’à l’aide de la chaleur, onde l’étincelle électrique, en produi.sant une délounaliou plus ou moins \ive.

CHIMIE

Le potassium et le sodium seuls le décomposent en devenant protoxides , et mettant à nu le carbone.

Le chlore et foxide de carbone, exposés au soleil , en quantités égales, se contractent de moitié et forment une nouvelle combinaison que JohnDavy avait nommée phosgène , nom que les chimistes français ont remplacé par celui de gaz acide chlo^ roxhcarhonique . Il est incolore, d\me odeur analogue au chlorure d’azote, rougissant la teinture de tournesor, et éteignant les corps en combustion.

L’oxide de carbone est composé de deux atomes de carbone et un atome d’oxigène = G ^ O.

On l’obtient par divers procédés ; i^en faisant passer de l’acide carbonique sur du charbon exposé à une haute température dans un tube de fer. L’acide carbonique cède de son oxigène au charbon, et tous deux deviennent oxide de carbone.

2^ En chauffant fortement de Toxide de zinc, avec un excès de charbon , l’oxigène de l’oxide s’unit au charbon, forme l’oxide de carbone, tandis que le zinc libre se sublime.

ACIDE CARBONIQUE. {^Air fixe; acide méphitique ^ aérieuy crayeux.) — Découvert par Vanlielmont, l'acide carbonique fut étudié par beaucoup de chimistes, mais surtout par Lavoisier, qui, en 1776, nous en fit connaître la nature.

L’acide carbonique est incolore, d’une saveur légèrement aigre, d’une odeur un peu piquante; il ne rougit que très peu la teinture de tournesol, éteint les corps en combustion, asphyxie promptement les animaux , et pèse i,5245o. Il est plus pesant que l’air , aussi peut-on le transvaser comme un liquide. La plus f orte chaleur ne le décompose pas. Refroidi et comprimé il peut être liquéfié. Cette propriété, déjà connue, a été étudiée plus à fond, dans ces derniers temps, par M. Thilorier. Pour Tobtenir en grande quantité, il se sert d’un appareil disposé de telle manière que la production du gaz a lieu dans un vase très épais , qui communique à un autre vase de même nature, et où vient se condenser l’acide earbonique. Celui-ci continuant à se dégager du premier vase, comprime dans le second le gaz qui se produit d’abord, d’où résulte un liquide formé par une haute pression. Ce liquide est plus dilatable que les autres gaz, puisque de o® à 3o«, sa dilatation est quatre fois plus grande que celle des autres gaz, entre les mêmes limites de température. La force élastique de sa vapeur est de 36 atmosphères à et de 7 5 atmosphères à 3o^. En s’échap)pant sous forme de jet, cet acide liquide devient rapi-

CniMlE.

denieiit gazeux , aux dépens du calorique d’une portion d’acide carbonique , et absorbe tant de calorique que toujours une assez grande partie d’acide carbonique se solidifie.

L’acide solidifié est sous forme de flocons blancs, qui conservent cet état assez long-temps. La température qui produit la solidification de l’acide carbonique peut être évaluée à loo® audessous de oo. L’acide solide possède la propriété de cougéler promptement le mercure. Le potassium le décompose avec effervescence; le fer, le zinc, fétain n’ont aucune action sur lui.

Fxposé à une série d’étincelles électriques , il se décompose seulement en partie en oxigène et en oxide de carbone ; l’hydrogène et le carbone à une forte température : le premier en eau et oxide de carbone , le second en oxide de carbone seulement. Le potassium et le sodium le décomposent entièrement, passent à l’état de protoxide, en mettant à nu le carbone, et dégageant du calorique, et même de la lumière avec le potassium.

L’eau dissout l’acide carbonique , d’autant mieux qu’on opère à une pression plus forte; on peut arriver par ce moyen à l’en charger de cinq ou six fois son volume.

L’acide carbonique est toujours facile à reconnaître au moyen de l’eau de chaux qui est instantanément précipitée en blanc.

Cet acide est formé d’un atome de carbone et d’un atome d’oxigène = CO.

Il 'Nt abondamment répandu dans la nature; gazeux, il se trouve dans l’air et dans plusieurs grottes; ouïe trouve en dissolution dans certaines eaux minérales ; enfin il se rencontre très souvent à fêtai de carbonate.

C’est toujours à l’état de dissolution qu’il est employé en médecine, et constituant les eaux gazeuses, Sellz, Spa, Pyrmont, etc.

On l’obtient eu versant de l’acide chlorhydrique sur du marbre (carbonate de chaux). L’acide chlorhydrique s’unit à la chaux, forme de feau et du cîilorure de calcium , tandis que facide carbonique se dégage avec effervescence.

Art. III. DES COMBINAISONS DU PHOSPaOUB ET DE l’oXIGÎlNE.

On connaît cinq combinaisons de phosphore avec foxigène; ce sont l'oxide de phosphore, l’acide hjpo-phosphoretix , l’acide phosphoreux , VdiQ\^\e. j^hosphatique et phosphorique.

CH15IIE

OXÎDE DE PHOSPHORE. — Loiig-lemps on a cru qu’il existait deux oxides de plio-^phore, un blanc et un ronp ; mais M. Pelouze a démontré que le prétendu oxide blanc n’était qu’une combinaison de phosphore et d eau.

L’oxide de rdiosphore est rouge, insipide, inodore, insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther et les huiles; il n’est pas lumineux dans l’obscurité.

Chauffé dans un tube fermé, il se décompose en acide phosphorique et en phosphore; si le tube avait le contact de 1 air, il ne se formerait que de 1 acide pliosphorique.

On l’obtient en faisant passer un courant d’oxigène à travers du phosphore fondu dans de l’eau chaude.

ACIDES IIYPO-PHOSPHOUCUX ET PHOSPHOREUX.— Ces deux acides ont pour caractères communs d’être décomposables par la chaleur, et de donner lieu à de l'hydrogène protophosphoré, à du phosphore et à de l’acide pliosphorique. Dans ce cas l’eau est décomposée; sou oxigene se porle sur i’acide qui, abandonnant du phosphore, passe à l’état d’acide phnsphoriqiie; en même lemps , une partie du phosphore se \olaliiise , tandis que l’autre forme de l’hydrogène phosphoré par sîl combinaison avec riiydrogène de l’eau.

L’acide hypo-phosphoreux est liquide , incristallisable , 1res sanide ; les sels qu’il forme sont tous très solubles.

Il serait formé, d’après M. Rerzélius , de quatre atomes de phosphore et de trois atomes d oxigène = P i O 3.

Ou l’obtient en traitant par l’eau le phüS[)hure de baryum : l’eau se décompose, l’hydrogène s’unit à mie partie du phosphore ; il en résulte de i’hydiogcue sesqui-phosphore, tandis que l’oxigène se combine avec une autre partie de phosphore pour forcer l’acide hypo-phosphoreux, qui se comliiiie à la baryte. On dissout l’hypo-phosphile de baryte , ou le décompose par l’acide sulfurique qui s’empare de la baryte et laisse à nu l’acide hypo-phosphoreux eu dissolution; on ültreet on concentre

dans le vide. • .

L’acide phosphoreux est solide , cristallise , blanc , inodore et très sapide; il forme avec les bases des sels qui sont eu général moins solubles que les hypo-phosphiles, quelques mis même ne le

sont pas. , . , Il

D’après M.Bcrzélius, il serait iorme de deux atomes ae phos-

phore , et de trois atomes d’oxigèiie = P = O

On l’obtient eu traitant jiar i’eau le proto-ehlomre de phos-

CniMIK.

t)liore- l’hydrogène de Teau se combine au chlore, forme de 1 a* Le chlorhydLue, son oxigène au phosnhore PO“; l’acide phosphoreux ; en évaporant convenablement, 1 acide chlorhvdritiiie se dégage et Tacide phosphoreux cristallise.

■.\CIDE IIYPO-riIOSPHORIQL'E OU PHOSPHYTIQUE. -D’après M. Dulong, il paraît n’ètre qu’un compose d acide phosphoreux et d’acde phosphorique dans la propoitmn d ua atome du premier, et de deux atomes du second, d ou la formule Pti O ■*. Ce qu’il y a de certain, c’est que cet acide, combiné avec les bases, donne heu à des phosphates et a des phos-

*’''c,et acide est toujours liquide, visqueux, incolore, très sapide,

d’uiie odeur faible de phosphore, d’une densite plus grande que

celle de l’eau. Exposé à la chaleur, il se décomposé de la mem manière que les deux acides précédents. L’eau le dissout en tou-

Lide est toujours un produit de l’art ; pour l’obtenir on disuose plusieurs tubes de verre dans un entoiinoii, qui sur un flacon Dans chaque tube on place un bâton de phosphore, et l’on recouvre le tout d’une cloche percee accès à l’air. Peu à peu le phosphore brûle et formel phatique qui , en raison d’un peu d humidite que doit contenu l’air, coule dans l’entonnoir, et de là dans le flacon.

ACIDE PHOSPHOttlQUE. — Découvert par Margratl , u fut examiné par plusieurs chimistes, mais surtout par MM. lierzélius, Dulong, Gay-Lus.sac et Grahani. ^ ^

Cet acide est solide, très acide, inodore, incolore, rougissant forlemrnl la teinture de tournesol, d’une pesanteur spécifique plus grande que celle de l’eau; il peut cristalliser mais difùcileinent. Exposé à une chaleur rouge, il fond et donne heu a un verre iran.sparenl ; à une température très élevee, il se vaporise; exposé à l’action de la pile, il est décompose en phosphore et en

* '"L’I'iret l’oxigène n’ont aucune action sur l’acide phosphorique si ce n’est quand ils sont humides ; alors l’acide absorbe leur

humidité. ^ . iv j evo..

Parmi les métalloïdes on ne connaît bien que 1 action du carbone : à une température, élevée, il décompo^^e l’acide phosphorique en phosphore et en oxigène qui, combiné an caarboii , constitue de l’acide carbonique ou de l'oxide de carbone.

L’eau dissout facilement l'acide phosphorique ; cette dissolu-

CHIMIE

tion est appelée acide pkosphorique liquide. L’alcool le dissout également.

La composition de l’acide phosphorique a été long-temps un sujet de contestation. Les plus habiles chimistes ne pouvaient pa*» tomber d’accord , soit pour expliquer sa composition , soit pour expliquer les raisons qui faisaient que telle ou telle circonstance déterminait en lui des propriétés nouvelles. En effet, tantôt l’acide phosphorique précipitait le nitrate d’argent en jaune, tantôt il le précipitait en blanc ; mais pour expliquer la cause inconnue de ce phénomène on créa le mot isomérie, et l’on disait que ces deux acides étaient isomères , c’est-à-dire que, possédant la meme composition atomique, ils piésentaient des propriétés différentes.

Des travaux furent entrepris par MM. Stromeyer, Clark, Enghellart et Gay-Lussac , et le résultat de ’ces 'jtravaux fut pour qu'on distinguât deux acides phosphoriques, l’un possédant une capacité de saturation plus grande que l’autre, et la propriété de précipiter le nitrate d’argent en jaune: c’est l’acide phosphorique; l’autre d’une capacité de saturation moindre , précipitant le sel d'argent en blanc : on donne à cet acide le nom d’acide paraphosphorique.Les connaissances en étaient là lorsque M. Graham, dans un fort beau Mémoire, vint jeter un jour tout nouveau sur cette question, et faire connaître quatre modifications de l’acide phosphorique, en même temps qu’il fit voir que les modifications étaient influencées par la présence d’une plus ou moins grande quantité d’eau, ou de base.

Selon M. Graham, quand on brûle du phosphore dans de l’oxigène sec , on obtient de l’acide phosphorique anhydre P ^ q 5 Cet acide dissous dans l’eau s’hydrate immédiatement et forme un composé contenant un atome d’eau = P2 05-|-H2 0. Cet acide possède la propriété de précipiter l’albumine en si petite ^ quantité qu’il devient un excellent réactif pour déceler la présence de ce corps. Si l’on abandonne la dissolution, au bout de quelque temps l’acide a absorbé trois atomes d’eau et est devenu C’est là l’acide phosphorique ordinaire,

qui, au lieu de précipiter l'albumine , la dissout quand elle est coagulée. Cet acide, ou ses sels, précipitent le nitrate d'argent eu jaune. Enfin, M. Graham a découvert un autre acide qui ne précipite pas l’albumine, mais qui précipite le nitrate d’argent en blanc et qui est représenté par P^ 05-|-H40 2.

Maintenant , quand l’on chauffe au rouge l’acide P 2 -j-

CHIMIE

O^, il perd un atome d’eau et devient H4 O^. Si

on le chauffe avec deux atomes de base, l’eau se dégage. Quand au lieu de deux atomes de base on ne le chauffe qu’avec un atome de base , il perd encore toute son eau , se combine avec la base et constitue alors l’acide QS O.

On voit, d’après ce que nous venons de dire, qu’il existe quatre modifications de l’acide phosphorique.

p2 acide phosphorique anhydre,

pa O'» -{■ ^ ^ ^ (i) acide méta-phosphorique.

pa ^ 2 RO acide pyro-phosphorique, ou para-

phosphorique,

pa o'» 3 H? O , ou 3 R O acide phosphorique ordinaire.

De toutes ces modifications , il n’y a que l'acide phosphorique très hydraté qui soit employé. Pour l’obtenir, on brûle à l’air du phosphore, et l’acide qui eu résulte, mis quelque temps en contact avec l’eau , devient acide phosphorique ordinaire. Le plus souvent on obtient cet acide en traitant le phosphore par l’acide nitrique ; l’oxigène de l’acide acidifie le phosphore pendant qu’il se dégage de l’azote et du bi-oxide d’azote. On peut encore décomposer du phosphate d’ammoniaque par le feu : dans ce cas c’est l’acide phosphorique anhydre ; mais l’eau le transforme bientôt en acide phosphorique ordinaire. Enfin, on peut l’obtenir en décomposant le phosphate de baryte par l’acide sulfurique.

Cet acide est peu employé , quelquefois seulement dans l’analyse des pierres gemmes, et en médecine pour faire des limonades.

Art. rV. — DES combinaisons du soufre avec d’oxigkne,

12® DES ACIDES SULFUREUX, SULFURIQUE, etC.

Les combinaisons du soufre et de l’oxigène sont au nombre de quatre, ce sont : les acides hypo-sulfureux, sulfureux, hyposulfurique et sulfurique.

ACIDE IIYPO-SLLFUREUX. — Il n’existe qu’en combinaison avec les bases ; aussitôt que l’on cherche à l’obtenir , il se décompose en soufre et en acide sulfureux.

(i) RO est employé là pour désigner un oxide quelconque*

CHIMIE

Il est formé de i atome de soufre et i atome d’oxigène — S O. ACIDE SULFUREUX.— Distingué par Slhal, cVst un gaz invisible, d’une saveur forte et désagréable, d’une odeur piquante suiseneris, qui excite la toux, resserre la poitrine et suffoque lea aniLiuxquile respirent. Il rougit d’abord U teinture de tournesol puis la jaunit. Sa pesanteur spécifique, d apres M. Ihe- „ard ^ 3,234. La plus forte chaleur ne le décompose pas, le froid’ le liquéfie facilement; il suffit, pour cela, du froid que produit un mélange de deux parties de glace et d une de sel commun; alors il est incolore,transparent, 1res volatil et bouillant

à lo® En se volatilisant il produit un froid tel qu il peut soli-

difier le mercure, liquéfier le chlore, l’ammoniaque, le cyanogène; celui-ci même finit par se solidifier. L’oxigene n a aucune action sur lui , soit à froid , soit à chaud, ... , »

L’hydrogène et le carbone décomposent cet acide a une temperature élevée; dans le premier cas il en résulte de leau et du

soufre, et de plus de l’hydrogène sulfure si 1 hydrogéné est en

excès; dans le Lcond il y a dépôt de soufre et formation d acide carbonique ou d’oxide de carbone, et peut-etre un peu de su fuie de carbone; le chlore liquide le transforme en acide sulfurique parce que, s’emparant de l’hydrogene de leau, loxigene de celle-ci se combine à l’acide suUureux.

L’eau dissout 3? fois son volume de gaz sulfureux a la temperature de 20» et à la pre.ssion deom. De plus, M. Larive a observé que l’eau pouvait former un hydrate cristallin dans Lmel l’eau y entraiï pour 4 fois le poids de l’acide sul ureux. La dissolution constitue ce que l’on nomme liquide. L’acide sulfureux décompose tou(-a-coup l acide sullhy drique, et il eu résulte de l’eau et du soufre qui f ^ .

Le potassium et le sodium décomposent ce gaz a fioid, 1 action est lente, mais par une légère élévation de température la décomposition se fait beaucoup plus vite; quelques ^litres métaux sans aucun doute doivent aussi , a chaud, en operer la déco

^“sTlon M. Berzéüus, l’acide sulfureux serait formé de

I at. de soufre et de 2 at. d’oxigène, donc = SO^

Cet acide ne se trouve qu’aux environs des volcans. Pour

l’obtenir ou traite à chaud l’acide sulfurique par du mereure,

l’acide est décomposé en oxigène qui forme avec 1® ““

oxide qui se combine avec de l’acide sulfurique et forme du

CIliAilK. 507

sulfate de mncurc, et eu acide sulfureux qui se dégage. C’est CCI acide qui se produit quand ou brûle le soufre à l’air. On rempl{)ie pour décolorer les tissus, blanchir la soie, la laine, etc. ; et en médecine pour les maladies de la peau.

ACIDE HVPO-SüLFCKIQlIE. — Découvert par MM. GaV- Lussac et Wailor. Il est liquide, incolore, inodore, susceptible de se décomposer, par la chaleur, eu acides sulfureux et sulfuri- (|ue. Il ne peut exister sans eau, car si on le concentre trop dans le vide, il se décompose égalemeut comme par la chaleur.

Il est composé de 2 atomes de soufre et de 5 atomes d’oxigène

On l’oblient en faisant passer un courant d’acide sulfureux à travers du peroxidc de manganèse, tenu en suspension dans l’eau. L’acide sulfureux s’empare d une portion d’oxigène de l’oxide cl forme de l’acide sulfurique et hypo-sulfurique qui se combinent à l’oxide ramené au premier degré d’oxidaliou ; on décompose le sel dissous par le baryte, qui précipite l’acide sulfurique et l’oxide de mani^anèse et forme de I hypo-sulfate de baryte soluble; si la baryte était en excès, on l’enlèverait par un courant d’acide carbonique. Enfin on décompose l’hypo-sullate de baryte par l’acide sulfurique qui s’empare de la baryte et met à nu l’acide hypo-sulfurique.

ACIDE SCLFURIQLE. — Découvert par Bazile Valentin, à la fin du xv*-* siècle. Il peut se présenter sous deux étals : dans l’un il est solide, anhydre: dans l’autre il est liquide et hydraté.

ACIDE SULFURIQUE SEC OU ANHYDRE. — Cet acide, au-dessous de 25“, est solide, blauc , opaque, se fondant à 25» et formant alors un liquide qui réhacte fortemeutla lumière et qui, refroidi lentement, se prend en houppes soyeuses. Quelques degrés au-dessus de 25°suflisent pour le volatiliser. Il est très caustique, rougit fortement la teinture de tourner, oI ; sa pesanlcnr spéc’Tiqtie = 1,57. Il a beauccuj) d’alhuilé pour l’eau, aussi à l’air répand-il d’épaisses vapeurs ducs à j’aljsorpîion de riiiiniiditc. Mis en contact avec l’eau, il s’y combine en produisant beaucoup de chaleur, lléduil en vapeurs et traversant un tube de porcelaine rougi, il est décomposé en oxigène et en acide sulfureux. On obtient cct acide eu chauffant doucement l’acide de jN'ordhausen , qui n’est autre chose qu’une dissolution d’acides sulfureux et sulfurique anhydre dans de l’acide sulfurique ordinaire.

598 CHIMIiE.

ACIDE SULFURIQUE HYDRATÉ. — Cet acide est toujours liquide , blanc, inodore, d'une consistance oléagineuse, rougisant le tournesol très fortement, et d’une densité de 1,842. C’est un des plus violents caustiques; il désorganise sur4e-champ les matières animales et végétales que l’on met en contact avec lui ; aussi est-il un poison des plus énergiques.

Soumis à un froid de 10 à 12® , il se congèle et cristallise, à moins qu’il soit étendu d’eau, car alors sa congélation peut avoir lieu à o®. Quand on le chauffe peu à peu il se dilate , bout et se vaporise sans décomposition. Cependant si l’on fait passer sa vapeur à travers un tube incandescent il se décompose tout comme l’acide sulfurique sec.

L’oxigène et l’air ne l'altèrent pas; seulement il s’empare de rhumidité qu’ils peuvent contenir. Il est vrai que l’air le noircit à la longue, mais ce n’est que parce que l’air contient des matières organiques; celles-ci se trouvent décomposées en eau qui se combine à l’acide et en carbone qui le colore.

L’hydrogène, le bore, le carbone,* le soufre, le phosphore, ne le décomposent qu’à une température plus ou moins élevée; il eu résulte toujours dans les deux derniers cas de l’acide sulfureux et de l’oxigèue qui s’unit au métalloïde , c’est ce qui arrive encore dans les autres cas si le métallo'ide n’est pas en assez grande quantité; dans le cas contraire, l’acide sulfureux peut lui-même être décomposé en oxigène qui se combine au métalloïde, et en soufre qui souvent peut contracter combinaison avec le corps décomposant.

L’acide sulfurique hydraté se combine à l’eau avec dégagement de beaucoup de chaleur et diminution de volume. La chaleur produite est telle qu’un thermomètre plongé dans un mélange de 4 parties d’acide et de i partie d’eau, s’élève à 10 5»; si au lieu d’eau on se sert de neige ou de glace dans les mêmes proportions, le thermomètre s’élèvera encore; mais si le mélange est fait avec les proportions inverses,' le thermomètre descendra à — 170. Quand l’acide est étendu d’eau, en le chauffant il abandonne un excès d’eau jusqu’à ce qu’il soit arrivé à n’en plus contenir qu’un atome; alors il se volatilise.

Les métaux le décomposent assez facilement , les uns à la température ordinaire , les autres à l’aide de la chaleur; il en résulte des sulfates et de l’acide sulfureux qui se dégage. Le potassium, le sodium, le zinc , le fer, le manganèse, sont les seuls qui le décomposent à froid. L’analyse de cet acide a montré qu’il .était

CHIMIE

formé (le i atome de soufre et de 3 atomes d'oxigène = SO^ pour l’acide anhydre; mais comme l’acide liquide le plus concentré contient i atome d’eau, sa formule devient S 05, H^O.

On trouve, dit-on, l’acide sulfurique libre dans certaines grottc^s aux environs des volcans, mais c’est surtout combiné aux bases qu’on le rencontre plus communément. On le prépare de plusieurs manières. Anciennement on le préparait, et on le prépare encore ainsi à Nordliausen , en distillant du sulfate de fer calciné. Dans ce cas, en même temps que l’acide sulfurique distille, il passe dans le récipient un peu d’acide sulfureux et d’acide anhydre. Dans les laboratoires on l’obtient comme il suit : on prend un grand ballon à robinet, on y fait le vide, et, au moyen d’une cloche graduée, on y fait arriver 3o décilitres de gaz sulfureux , puis 1 5 décilitres (ie gaz oxigène et enfin 5 décilitres de bi-oxide d’azote; alors on ferme le ballon, et, si on l’examine, on voit que bien que les gaz étaient incolores , ils sont cependant devenus rouges : c’est qu’alors il n’y a eu de combinaison qu’entre le bi-oxide d’azote et l’oxigène; de là est résulté de l’acide hypo-azotique; jusque là point d’acide sulfurique ne s’est formé. Si l’on rouvre le ballon pciur y verser très peu d’eau, aussitôt l’on voit l’intérieur du ballon se décolorer et sur ses parois se déposer des cristaux formés , selon M. Gaultier de Claubry , de

5 atomes d’acide sulfurique sec,

4 atomes d’eau,

1 atomes d’acide azoteux.

Suivant M. William Henry, il ne contiendrait que i atonie d’acide azoteux et 5 atomes d’eau.

Si dans le ballon on ajoute une nouvelle quantité d’eau, les cristaux se décomposent et l’atmosphère du ballon rougit s’il y a encore de l’oxigène. C’est qu’alors l’eau s’empare de l’acide sulfurique, et comme l’acide azoteux hors de combinaison ne peut exister, il se décompose en acide hypo-azotique et en bioxide d’azote, qui, se recombinant avec de l’oxigène, reforme de l’acide liypo-azolique qui colore le ballon en rouge. On conçoit des lors, qu’avec de nouvelles quantités d’acide sulfureux, d’oxigène et d’eau, on puisse indéfiniment faire de l’acide sulfurique, puisque le bi-oxide d’azote se dégage toujours. Remarquons cependant (ju’il se forme toujours un peu d’acide nitrique qui provient de l’action de l’eau sur l’acide hypoazotique.

CHIMIE

Dam les arts on remplace le ballon par une chambre de plomb , on y fait arriver l’acide snlfiireiix et l’oxide d’azote qui proviennent de la combustion de 8 parties de soufre et de i de nitre ; la plus grande partie du soufre devient acide sulfureux aux dépens de i’oxigèiie de l’air , taudis rjiie l’autre partie, se combinant à I oxigèîîe de l’acide nitrique qui devient bi-oxide d’azote, passe a 1 état d’aeiue sullui'ujue qui s’unit à la potasse du nitre. Le bi-oxide d azote et l’acide sulfureux, trouvant dans la chambre de 1 air et de l’iiumidilé, réagissent i’un sur l’autre de la rnérne manière que dans le ballon et forment des cristaux qui se dissolvent clans l’eau tuie contient le sol de la chambre, sol qui est iégèrement incliné pour l écoulement de l’acide sulfurique. On le retire et on le concentre dans des chaudières de plomb. Cet acide n’est pas pur, il contient un peu d’acide nitrique et de suUate de plomb, mais en le distillant on peut l obtenir très pur.

Les chimistes l’emploient souvent comme réactif. H sert pour faire presque tous les acides, pour dissoudre l’indigo. En médecine on en fait des limonades, etc.; combiné avec l’alcool, il forme Ÿcau de Rabd,

Art. YI. — .des combinaisons de l’iode et de l’oxigène.

L’iode en se combinant avec l’oxlgène forme des composés sur le nombre desquels ou n’est pas eniièremcnt d’accord. M. Sementiiii admet iin oxide d’iode et un acide iodeux, ce dcrnif'r acide est également admis par M. Milscherlich. Quant à l’acide hy périodique , il a été déecuvert récemment parM. Magniis. L’acide indique a clé beaucoup mieux étudié.

ACIDE lODiQUE. — La découverte de cet acide est due à M. Gay-Lussac; il est solide, blanc, inodore, d’une saveur aigre et astringente , rougissant le tournesol qu’il détruit ensuite, plus pesant que l’acide sulfurique. La clialeur le décompose assez facilement en oxigène et eu iode. Il brûle avec délonnation la plupart des métalloïdes. Les acides peu oxigénés le décomposent en passant à un degré plus avancé d’oxigénalion ; à l’air humide il tombe en déliquescence, il est donc très soluble dans l’eau. Il est formé de 2 atomes d’iode et de 5 atomes d’oxigène = 12 0^*'.

On peut l’obtenir en traitant l’iode par un mélange d’acide azotique et d’acide hypo-azotique : ces acides sont décomposés, leur oxigène se combine à l’iode, et du deutoxide d’azote se dégage; pendant la réaction on aperçoit l’acide iodique se

CHIMIE. 401

dépo«er peu à peu. On le recueille, on le dissout dans l’eau pure, puis ou y ajoute de l’acide nitrique concentré qui, s’emparant de l’eau, précipite l’acidc à l’état de pureté.

ACIDC lîYPERIODIQUE. — Correspondant à l’acide perclilorique; il e t ronné comme lui de 2 atomes d’iode et de 7 atomes d’üxigcîic = I’07.

Cet acide ne prend naissr.nce que de la manière suivante : on dissout de l’iodale de potasse, on y ajoute de la potasse caustique et ou y fait ai river un courantde chlore; celui-ci , pour former du chlorure de potassium, chasse l’oxigène de la potasse, lequel se combine avec I iodafe et constitue l’hyperiodate de potasse qui se précipite en petits cristaux.

Mais pour obtenir cet acide il faut (ransfurrner cet hyperiodate en hyperiodate neutre d’argent. Pour cela on mêle une dissolution ü’hyperiodate de potasse avec une dissolution de nitrate d’argent, et aussitôt il se fait im précipité d’hypeiiodote d’argent avec excès d’argent; eu versant sur le précipité de l’acide iiitriune faible, celui-ci dissout l’excès d’oxide et laisse à l’état neutre i’hyperiodale d’argent.

Enfin on n’a plus qu’à traiter ce sel d’argent par l’eau qui le décompose en acide hyperiodiqiie libre et eu hyperiodate basique insoluble que l’on sépare. On évapore la dissolution d’acide, et, par le refroidissemeiit , les cristaux se déposent.

Cet acide n’esl pas déliquescent, la chaleur le décompose en oxigène et iode; l’acide chlorhydrique le décompose en ne le laisant passer qu'à l’état d’acide iodique.

ACIDE iiltO'tlîQlJE. — Cet acide est encore trop peu étudié et trop peu employé pour que nous nous y arrêtions.

A?..T. ami. DES COMBINAISONS DU CHLORE AVEC l’oXIGÈNE.

L’oxigene et le chlore, par leur combinaison , donnent lieu à quatre composés connus : ce sont l’acide iiypo-cliîoreux, le deulüxide de clilore, 1 acide clilorique et l’acide hypes chlorique. Il n’y a pas long-temps que l’on admettait un protoxide de chlore; mais les réactions qu’il offrait avec l’cuu, avec le proto-chlorure de mercure, et surtout la contraction de ses éléments, firent élever des doutes sur son existence réelle. MM. Davy et Soubeiran admirent que ce ifétait qu’un mélange de chlore et de deutoxide de chlore. Depuis un travail de M. Balard sur l'acide hypo chlortmx, dans lequel il prouve que cet acide possède la

CHIMIE

même composition que celle qu on attribuait à ce prétendu proloxide de chlore, les chimistes n admettent plus son existence.

ACIDE HYPO-CHLORECX. — Ou a cru long-temps que l’acide qui se formait lorsque l ou fait passer un courant de chlore dans une dissolution de potasse ou de soude, était le deiitoxide de chlore ; M. Soubeiran avait admis que c était un acide particulier, formé de 2 atomes de chlore pour 3 atomes d’oxigène. Mais dans ces derniers temps M. Balard a démontré que l’acide qu’il a pu isoler était bien différent par sa composition de celui qu’admettait M. Soubeiran, puisqu’il correspond entièrement à l’acide bypo-sulfureux et qu’il est formé de 2 atomes de chlorure et de i atome d oxigène.

L’acide hypo-chloreux est un gaz d’un jaune un peu plus foncé que le chlore, d’une odeur vive et pénétrante, analogue a celle de ce dernier corps; exposé à la lumière solaire il se décomposé sans délonnation; une lumière diffuse ne l altéré pas. Soumis à une chaleur un peu élevée, il détonne fortement en produisant une vive lumière. Presque tous les métalloïdes le décomposent, l’hydrogène à chaud, le carbone a Iroid et avec détonnation; il en est de même du soufre, du phosphore, de l’arsenic; seulement le chlore se combine avec le métalloïde pour former un chlorure, pendant que cela na pas lieu avec le carbone. L’iode et le brome le décomposent aussi, mais lentement. Presque tous les métaux le décomposent, les uns avec délonnation, les autres sans détonnation; mais louiours il se forme un chlorure et un oxide.

L’eau dissout abondamment cet acide. Cette dissolution coucentrée ne peut que difficilement se conserver.

C’est l'im des oxigéuaiits les plus énergiques queToii oonnaisse, voilà pourquoi il agit si vivement sur les couleurs végétales; en effet son oxigène enlève le carbone à la matière colorante, ce

qui produit la décoloration. . , j

Pour l’obtenir on met dans un flacon du bi-oxide de mercure délavé dans de l’eau , avec du chlore gazeux. On agite , le gaz est absorbé, et donne lieu à du 6i-oxido-chlorure de mercure insoluble et à de l’acide cbloreux qui reste en dissolution On n a plus qu’à distiller dans le vide. Pour robtemr a lytal de gaz on le met en contact avec de l’azolate de chaux sec. Ce sel s empare de l’eau et met le gaz à nu; il n’est employé qu a 1 étal dbypo-

'^DEÜ’TOXIOK DE CHLORURE. — Cet oxide, qui est gazeux.

CHIMIE

, élé découvert par Davy, puis étudié par M. Frédéric Stad.on ôii a “ ug-te«nps que c’était lui qui se trouvait combme aux £sés dans le! chlorures d’oxides, de là est venu le nom d aozd.

est jaune, son odeur est aromatique et différente de cell^ du chlore ; il délruil la teinture de tournesol sans la rougir,

1 3, 3t55. Il peut être liquéfie comme plusieurs au-

fj i d, il »

transforme en chlore et en oxigène; l’eau le dissout facilemen . Il ne peut se combiner aux gaz sans décomposition , avec la potasse n eu résulte toujours un hypo-chlonte, un chloiate et un I 1 riire • il est composé d’un atome de chlore et de deux atomes yo!i''ènè = Ch. Oi'. On peut l’obtenir en traitant du chlorate de notasse fondu, par de l’acide sulfurique étendu; on chauffe K-

îèr^ment etle ga^ se dégage; l’acide Y^hlore" en'oS:

\ nu qui se décompose en deutoxide de chlore et en 0x1

cèle - celui-ci se combine avec une partie de l’acide calorique

!t de’la potasse pour former de l’hyperchlorate de potasse; il est

'IruiE CllhOltlQUE. — C’est M. Berthollet qui adécowert

cet acide, niais en combinaison avec- les bases, et c’est M.Gay-

Lussac qui l’a isolé le premier. caveur très

Cet acide est liquide, incolore, inodore, d une saveur très

acil • il rougit d’abord le tournesol, puis finit par le decolorei.

11 pe.’.t être concentré sans décomposition ; mais, si on essayait de le distiller, il se transformerait en chlore et en -de l^percbloriqne. Il s’unit trqs bien aux bases et forme des sels , dont les prapriélés sont bien remarquables.

^ S, on le coneentre suffisamment pour qu .l

iaunâtre il possède alors la propriété de décomposer 1 alcool , en lui enlevant de l’iiydrogène et le transformant en acide acetiquer» agit de la mênle manière sur l’éther; verse sur du papier hrmiillard sec, il l’enflamme aussitôt. .

Il est formé de deux atomes de chlore et de cinq atomes d oxieene = Ch. " 0!i. On l’obtient ordinairement en dissolvant le Hilorate de barvte dans l’eau et le décomposant par acide su fnrique; ceUii-ei s’empare de la baryte et met a un 1 acide que l’on sépare dn précipité et que l’on concentre par une douce ch

'^'aCIDE HYPEnCin.OUIQl)E. {MiJe chlorique oxlgéné ) — C’est au comte Stadion qu’est due la découverte de cet acide ,

CHIMIE

ü est liquide , incolore , inodore , rougissant le tournesol sans le détruire. Exposé à une douce chaleur, il perd l’excès d’eau qu’il peut contenir et se volatilise, sans décomposition , à 140®; il n’est décomposé ni par l’acide chlorhydrique, ni par l’acide sulfureux, ce qui le distingue de l’acide chlorique; il ne trouble point la dissolution d’azotate d’argent et se combine très bien aux bases. Cet acide est un excellent réactif pour distinguer la potasse de la sonde; avec la première il forme un sel très peu soluble, le contraire a lieu avec la seconde. Il contient sept atomes d’oxigène pour deux atomes de chlore, donc : Ch^ 07. On l’obtient en chauffant, dans une cornue, l’hyperchlorate de potasse avec de l’acide sullnrique. Cet acide s’empare de la potasse, forme du sulfate de potasse fixe, et met à nu l’acide hyperchlorique qui se volatilise et vient se rendre dans un récipient.

En concentrant cet acide jusqu’à ce qu’il répande des vapeurs blanches, puis le distillant avec quatre à cinq fois son volume d’acide sulfurique concentré , on peut l’obtenir sous forme de longs cristaux qui fondent à 450, et attirent fortement l’humidité de l’air en répandant d’épaisses vapeurs; lorsqu’on le verse dans l’eau, après l’avoir fondu, il produit, en tombant, un bruit semblable à celui qui résulte de l’immersion d’un fer rouge.

Art. YIII. — des combinaisons de l’azote et de l’oxigene.

I DES OXIDES d’azote , DES ACIDES AZOTEUX , AZOTIQUE , CtC,

Quoique l’azote ait fort peu d’affinité pour l’oxigène, on connaît cependant cinq combinaisons de ces deux corps, savoir; le protoxide d’azote, le bi-oxide d’azote, l’acide azoteux, l’acide hypo-azotique et l’acide azotique. Parmi ces composés le bi-oxide d’azote, l’acide bypo azotique et l’acide azotique méritent plus particulièrement notre attention.

PîlOTOXIDE D’AZOTE. {Oxide d'azote^ oxide nitreux^ gaz nitJ'âux déphlogistiqué , oxidule d'azote , gaz hilariant.'j — Découvert par Priestley, ce gaz est incolore , inodore, d’une saveur un peu sacrée, d’une densité — 1,5269. Comprimé et en même temps refroidi, il se liquéfie. Ce gaz entretient très bien la combustion, et allume lès bougies qui présentent quelques points en ignition.

CHIMIE

Exposé à une très haute tempéralnre, il se transforme en azote et en acide liypo-azütiqne. L’oxigène et l’air ne lui font rien éprouver. Presque tous les métalloïdes le décomposent en lui enlevant son oxigène. Tl est un peu soluble dans l’eau, celle-ci en dissout la moitié de son volume. Certaines personnes qui ont respiré ce gaz ont éprouvé un sentiment de gaieté extraordinaire et un rire insolite; de là son nom de Jdîariant ; mais d’autres, au contraire, n’out éprouvé que de Tivresse , des céphalalgies, des syncopes, suivies même d’asphyxie. Ce gaz est composé de deux atomes d’azote et d’un atome d'oxigène — Az 2. O.

C’est en chaulïant doucement l’azotate d’ammoniaque que l’on se procure ce gaz : en effet, riivdrogène de l’ammoniaque se combine à une grande partie de l’oxigène de Tacide, pendant ((ue l’azote de rammoniacpie, ainsi que celui de l’acide combiné à mie certaine quantité d’oxigène constituent le gaz protoxide d’azote; il n’est pas employé.

BI-OXIDE d’azote. Gaz nitreux ^ oxide nitrique ^ oxide d* azote.) — Ce gaz a été découvert par Haies, et étudié par Priestley, Ddvy et M. Gay-Lussac ; il est incolore , sans action sur le touruesol ; son odeur et sa saveur ne peuvent nous être connus , car aussitôt qu’il a le contact de Pair, il passe à l’état d’acide bypo-azotique. Il éteint les corps en combustion et asphixie les animaux (jui le respirent. Sa pesanteur spécifique = 1,0390. Exposé.jdans un tube, à faction du l'eu, il se décompose comme le protoxide d’azote. Il est décomposé par la plupart des métalloïdes. L’eau en dissout la vingtième partie de son volume; il est composé de deux atomes d’azote et de deuxatomes d’oxigèiie=Az2 O^. Il ne se trouve point dans la nature. On foblient en mettant en contact de la tournure de cuivre ou du mercure, avec de l’acide azotique; celui-ci, en perdant de son oxigène qui oxide les métaux , devient bi-oxide d’azote qui se dégage , pendant que l’oxide formé se combine à une partie d’acide azotique.

ACIDE AZOTEUX. — Selon M. Gay-Liissac, en mettant en contact une dissolution de potasse, avec du bi-oxide d’azote et un peu d’oxigène, il se forme un acide composé de 2 atomes d’azote et de trois atomes d’oxigène, c’est l’acide azoteux. Cet acide ne peut être isolé, car sa propriété est de se décomposer en bi-oxide d’azote et en acide bypo-azotique, ou azotique, quand on clierche à le séparer de ses combinaisons.

ACIDE HYPO- AZOTIQUE. ( Gaz acide nitreux, ) — On a cru, jusque dans ces derniers temps, que cet acide était

CHIMIE

gazeux à toutes les températures : cependant à la température et la pression ordinaires il est liquide, d’une couleur qui varie avec la température; ainsi il est jaune orangé de i5 à 280, Jaune fauve à o®, presque incolore à — lo^ et incolore à — 20O; il se prend en masse blanche au-dessous de — 40^. Il possède une saveur caustique, une odeur très forte, caractéristiqrie, et une densité = à i,45i. Il rougit fortement le tournesol , tache la peau en jaune et la désorganise.

Soumis à la température de 280, il bout et forme ce que l’on connaît sous le nom de ^az rutilant. Ce gaz se produit meme à la température ordinaire, c’est cet acide qui se formé aussitôt que l’on met en contact de l’oxigène avec du bi-oxide d’azote. Il est irrespirable et fait éprouver à la poitrine un sentiment pénible de constriction.

L’oxigène et l’air ne lui font éprouver aucune altération , à moins qu’ils ne soient humides : alors il se produit un peu d’acide azotique. Presque tous les corps combustibles le décomposent en s’emparant d’une plus ou moins forte proportion de son oxigène.

L’eau et cet acide par leur contact présentent des phénomènes remarquables. Si on l’agite dans une grande quantité d’eau , il se transforme presque entièrement en bi-oxide d’azote qui se dégage et en acide azotique qui reste dissous dans la liqueur, uni à un peu d’acide hypo-azotique non décomposé. Si la quantité d’eau est faible, il se dégage peu de gaz et la liqueur devient verte foncée. Enfin , si l’on n’ajoute que successivement à l’eau diverses quantités d’acide, on voit que le dégagement du bi-oxide d’azote, produit par le meme poids d’acide, décroît jusqu’à ce qu’il n’ait plus lieu, et cependant le liquide continue à absorber de l’acide hypo-azotique. Dans cette expérience l’eau se colore successivement en bleu veidàtre et en jaune orange. Ces variations de couleurs sont analogues à celles qui se produisent quand on fait passer un courant de bi-oxide d’azote dans de l’acide azotique plus ou moins concentré.

Mis en contact à la température ordinaire, avec l’acide sulfurique concentré, il est décomposé en acide azotique, retenant un peu d’acide hypo-azotique, et en acide azoteux qui se combine à l’acide sulfurique pour former des cristaux semblables à ceux dont nous avons parlé à l’article acide sulfurique.

Eu se dissolvant dans l’acide azotique, il le colore en jaune.

CHIMIE. *^07

Chaque fois que l’on cherche à la combiner aux bases, il se décompose et forme avec elles des azotates et des azotites.

Il est composé de deux atomes d’azote et de quatre atomes d’oxigène =n Az2.04 ou AzO^. Le meilleur moyen pour obtenir cet acide, consiste à chauffer dans une cornue une certaine quantité d’azotate de plomb sec, on fait arriver le gaz dans un petit récipient entouré de glace et de sel. Par la chaleur 1 acide azotique de l’azotate se sépare, mais se décompose en oxigène et en acide hypo-azotique anhydre.

ACIDE AZOTIQUE. [Acide nitrique , eau forte , esprit de nitre.) — Cet acide fut découvert, par Raymond Lulle, vers l’année 1225, en distillant de l’argile avec du sel de nitre. Il a été depuis étudié par divers chimistes ; aussi ses propriétés sont-elles parfaitement connues.

L’acide azotique le plus concentré est liquide, blanc, odorant, très acide et corrosif. Il tache la peau en jaune et la désorganise sur-le-champ , ce qui en fait un des plus violents poisons. Il rougit très fortement le tournesol; sa pesanteur spécifique = i,554, ou i,5i3, d’après M.«Thénard.

Soumis à une température de 86®, il entre en ébullition, se volatilise et se condense, après s’être coloré par un peu d’acide hypo-azotique provenant delà décomposition d’une certaine quantité d’acide azotique. A une chaleur rouge, il se décompose totalement et se transforme en acide hypo-azotique et en oxigène. Exposé à un froid de So», il se solidifie et prend une consistance de l>eurre. Les rayons solaires le décomposent, quand l’acide offre un certain degré de concentration; alors il se dégage de l’oxigène et il se produit de l’acide hypo-azotique qui colore en brun l’acide azotique. Selon M. Gay-Lussac, celui dont la densité n est que de 1,82 ne se colore plus. Cet acide n’a aucune action sur l’air et l’oxigène secs ; si ces gaz sont humides , il y répand seulement des vapeurs dues à la combinaison de la vapeur de l acide avec l’eau.

Le plus grand nombre de corps combustibles le décomposent en lui enlevant de son oxigène , d’autant plus qu’ils ont plus de propension à s’y combiner, que la quantité est plus grande et que la température est plus élevée; voilà pourquoi on obtient tantôt de l’acide hypo-azotique, tantôt du bi-oxide ou du protoxide d’azote, ou bien encore de l’azote libre. L’eau dissout toute espèce de proportions d’acide azotique , en donnant lieu à un dégagement de calorique. Cette dissolution présente les mêmes

propriétés que l’aeide concentré, seulement elle agit avec moins d’in'ensilé.

L’acide azotique ne pouvant exister sans eau, aussitôt qu’on le mêle avec un corps ayant pour elle une grande affinité, il en résulte un dégagement d’acide hypo-azotique et d’oxigèiie dus à la décomposition de l’acide. Telleestîa manièred’agirfiel’acide suL furique concentré et probablement celle de l’acide phosphorique. Le bi-üxide d’azote se dissout dans l’acide azotique et le colore en vert ou en jaune si Tacide n’est pas concentré et en brun dans le cas contraire; si l’on chauffe la dissolution, il ne se dégttge que de l’acide hypo-azotique, parce que le bi-oxide, en s’emparant de l’oxigène d’une portion de l acide azotique , l’a fait passer à l’état d’acide hypo-azotique en le devenant lui-mème. Nous avons vu , à l’occasion del acide clilorliydrique, l’action que cet acide présente sur l’acide azotique pour former l’eau régale.

Cet acide résulte de la combinaison de deux atomes d’azote et de cinq atomes d’oxigène =Az^ ; mais comme le plus concentré contient toujours un atome d’eau ; sa formule devient Az^ -f H2 O.

L’acide azotique n’existe dans la nature qu’en combinaison avec la magnésie, la chaux, la soude et la potasse.

On le prépare en distillant dans une cornue six parties d’azotate de potasse avec une partie d’acide sulfurique du commerce, ou mieux étendu d’un peu d’eau. Dans le cas où l’acide est concentré, on voit apparaître au commencement de l’opération des vapeurs rutilautes dues à ce que le peu d'acide azotique mis à nu est privé d’eau par l’excès d’acide sulfurique; plus tard, l’acide passe incolore, on le recueille à part. Enfin, vers la fin de l’opération, les vapeurs rutilantes reparaissent, parce que le mélange ne contient plus assez d’eau pour fournir, à l’acide nitrique qui se dégage, l’atome d’eau nécessaire à sa constitution. Dans le cas où l’acidc est étendu , il arrive qu’il y a moins de vapeurs rîjtilantes, pourvu, toutefois, ce qui est rare, que le sel de uilre ne contienne nas de chlorure, car alors l’acide chlorhydrique mis a ou, en réagissant sur l’acide nitrique, produirait le même ])hênom€ne que dans la préparation de l’eau régale. On le purifie sur iinpitit excès d’azolale d’argent qui s’empare du chlore et de l’acide sulfurique que contient le plus souvent l’acide azotique.

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