‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 133 sur 234 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Des sels.

21® et 22°. ÉTUDE gÉnÉKALE ; NATURE DES SELS ; LEUR DIVI- SION EN familles; GENRES ET ESPECES; PROPRIÉTÉS QU’oNT LES OXIDES DE s’oNIREN DIVERSES PROPORTIONS AVEC LE MEME ACIDE ; LOIS AUXQUELLES LES SELS SONT SOUMIS DANS LEUR COMPOSITION ; CONSÉQUENCES IMPORTANTES Qu’oN EN TIRE POUR l’analyse ; action de l’eau . DE LA GLACE SUR LES SELS; FROIDS artificiels; action HYGROMÉTRIQUE DE l’aIH; SELS EFFLORESCENTS, DÉLIQUESCENTS, CtC.

Pour qu’un métal puisse se combiner aux acides , il faut toujours qu’il soit à l’état d’oxide , là combinaison qui en résulte

ciiiMit:.

porte le nom "énéral de sel; niais comme il ij\ a pas que les oxides qui puissent se combiner avec les acides, qu’au contraire Tammoiiiaque , les acalis végétaux, (piinine, morpbiuc , etc. , se cornbijicnt aussi aux acides, on a éîeiidu le nom de sel à ces combinaisons, etaujourdhui on entend par sel, le composé qui résidte de la combinaison d’nn acide avec une base salifiable.

M. Berzélius, considérant que lorsqu’on met tn contact un hydracide avec un oxide métallique, il se forme toujours nu corps binaire possédant les mêmes propriétés; et, dans la plupart des cas, les mêmes réactions que les sels, donne au mot sel une extension pins grande, de là pour lui d(uix ordres de sels :

les sels binaires, qui, en dissolution dans l’eau, peuvent être considérés comme des sels ternaires; les sels ternaires.

Donnant le nom de corps halogènes aux métalloïdes, qui, en se combinant immédiatement à un métal, donnent naissance à des composés binaires ayant les propriétés dos sels, il désigne ceuxci sous le nom de sels halo'idcs.

Le chlore, par exeaiple, est un corps halogène qui, en se combinant au sodium, forme le sel marin, sel haîdiJc , qu’il serait difücile de ne pas considérer comme un sel.

Il appelle, au contraire, sels amphichs sels qui résultent de la combinaison de deux corps binaires, comme un acide avec un oxide, iin sulfure basique avec un sulfure acide, un séléniure basique avec un séléniure acide, etc.

Ceci défini , montrons que les sels liahiïdes se comportent comme les autres sels, et prenons pour excmjile le chlorure de sodium: en effet, dissous dans l’eau ou seniement mis en contact avec une petite quantité d’eau et traité par facide sulfurique, il se fait un dégagement d’acide chlorhydrique, et il se forme du sulfate de soude. D’un autre côté, si fou dissout du chlorure de magnésium, et si, à celle dissolution, on ajoute de la potasse ou de la soude , il se fait un prccijiilé d’oxide de magnésium , d’où il faut conclure que les chlorures offrent des réactions scnihlahles aux sels seulement quand ils sont en présence d’un petite quafUité d’ean. Ces propriétés ont fait élever des discussions tendant à prouver que ces sortes de sels dissous devaient ou ne devaient pas être considérés comme des comhinaisons d’oxides et d’iiydracides. Comme ce serait nous écartbr de notre but que d’entrer dans des discussions de celte nature, nous allons nous borner à démontrer que, 'selon que l’on envisage l’une ou l’autre manière de voir, la théorie a eu reste pas moins bicu claire

CNIMIE. Jo7

el J)ieii salisiaisaiilc. Soit en ciïeî le cliiorure de sodium dont

la formule est Na. Cli^ plus un atonie d’eau dont la formule est O. 11^ ;

on voit tout de suite, par cette disposition, que selon qu’on veut que l’eau soit ou ne soit pas décomposée, on a un chlorliydrale ou un chlorure. Ce que nous venons dire des chlorures, peut aussi bien se dire des lluorures, iodures, bromures, cyanures, sulfures, solubles, etc.

Ce qui va suivre s’appliquera plus spécialement aux sels ampliides oxigénés, quoique l’on puisse, dans beaucoup de cas, en faire l’application à tous les autres sels.

Nous avons vu, en traitant de la nomenclature , que les sels étaient neutres^ acides ou basiques.

Long-temps on a dit qu’un sel était neutre quand sa dissolution ne rougissait ni ne verdissait le sirop de violette; que tous ceux qui le rougissaient étaient acides ou à l’état de sur-sel, et que ceux qui le verdissaient étaient basiques; mais celte manière de déterminer l’état de saturation d’un sel est très rarement exacte, et il en résulte que souvent on considérait comme sel acide ou comme sel basique, un sel véritablement neutre. Eu effet, la neutralité est une propriété relative, qui dépend de l’affinité de l’acide pour i’oxidc, et l’on doit considérer comme neutre, l’état de saturation dans lequel l’acide et l’oxide perdent le plus leurs propriétés.

Mais si, au lieu de procéder ainsi pour déterminer la iieulra' lilé d’un sel, on les distingue d’après leur composition, qui, comme nous le verrons, est soumise à des lois remarquables , il est évident que l’on aura une manière sûre de trouver la neutralité d’un sel. En effet, supposons que nous ayons un acide énergique, l’acide sulfurique, el une base puissante, la potasse : eu mêlant convenablement ces deux corps, il arrivera un point où le mélange n’aura aucune action sur le sirop de violettes, alors la combinaison sera neutre, et le sel obtenu sera le sulfate neutre de potasse. Maintenant en chauffant ce sulfate au rouge obscur avec un excès d’acide sulfurique , on obtiendra un sel qui rougira le sirop de violettes , ce sera le sulfate acide ou bi sulfate de potasse. Si l’on vient à faire l’analyse de ces sels, on trouve que dans le sulfate neutre la quantité d’oxigène de la base est à la quantité d’oxigèue de l’acide, comme i : 3, et dans le sulfate acide, comme i : 6. Or, si l’on considère comme neutre celui

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dans lequel les rapports sont comme i : 3 , il est évident qu’il faudra appeler sulf.aes neutres tous ceux qui offriront cette composi ion. On arrivera de la même manière à déterminer la neutralité de tous les genres de sels.

CLASSIFICATION. — Les sels sont de la même esjjèce lorsqu’ils sont formés des mêmes bases et des mêmes acides dans les mêmes proportions; les variétés sont déterminées d’après les différences dans la forme cristalline ; les genres sont formés de la réunion des espèces ayant pour principe commun l’acide ou le principe éleclro-négatif; les familles peuvent être formées par la réunion de genres ayant entre eux beaucoup de rapport : ainsi les chlorures, les iodures, les bromures, les fluorures, devront former une même famille; il en est de meme des arséuiates et des phosphate, des sulfates et des séléniates, etc.

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES. — Tous les sels sont solides, excepté le sous-fluoborate d’arnmoniaque et l’acétate d’ammoniaque qui sont liquides. Tous peuvent prendre des formes cristallines; leur pesanteur spécifique est plus grande que celle de l’eau, et en général dépend de la nature de Toxide ; leur couleur est très variable; il en est de même de leur cohésion ; leur saveur est ordinairement déterminée par la nature de l’oxide ou de la base : ainsi les sels de plomb sont sucrés, ceux de quinine amers, etc.; leur odeur est nulle, cependant quelques sels ammoniacaux avec excès de base ont une odeur ammoniacale , tels sont les carbonate neutre et sesqui carbonate d’ammoniaque.

COMPOSITION. — Tous les sels d’un même genre et au même état de saturation sont composés de telle manière que la quantité d’oxigène de l’oxide est proportionnelle à la quantité de l’acide : il existe même entre la quantité d’oxigèue de l’acide et la quantité d’oxigène de la base , un rapport simple tel que l’oxigène de l’un est un multiple par un nombre entier de l’oxigène de l’autre ; par exemple , on sait :

que le carbonate de carboniq. loo, contenant 72,82 d’oxigèn. pj)m est plomb 5o6,o6,cont. 36,29 doxig.

que le caibonate de^ ç3j,[jonîq. 100, contenant 36,i5d’oxigèn. joude est forme S 141,387, contenant 36, 1 5 d’oxigène.,

CHIMIK.

En jetant un conp-d’œil sur les quantités d’oxîgène des bases et de l’acide, on voit facilement la vérité de ce que nous avons avancé. On peut voir encore qoe dans les carbonates, Toxigèoe de l’acide est à l’oxigène de la base comme 2 ; i. Mais comme les acides possèdent la propriété de se combiner aux bases, d’après la loi énoncée page35r, il en résulte que, dans les bi-carbonates, l’oxigène de l’acide est à celui de la base comme 4:1, etc. On peut en dire autant de tous les gçnres de sels.

Il doit résulter de ce qui précède, que les différentes quantités de bases salifiables qui se combinent à un acide pour former un g»mre de sels, doivent être dans le même rapport que celles qui s’unissent à un autre acide pour former un autre genre de sels. Si donc on met en contact deux seU neutres, capables de se décomposer mutuellement, il doit en résulter deux nouveaux sels au même état de saturation ; c’est ce que l’exemple suivant prouve. Soit le sulfate de soude

formé de :

I d’acide . .

I de soude

et l’azotate de baryte

j I d’acide.

formé de ;

^ 1 de baryte |

5oi,i

I de sodium 290,9 I d’oxigène. 100,0

I baryum. 856,9 I oxigène. 100,0

il est clair que, comme il faut à 5oi,i d’acide sulfurique une quantité d’oxide qui contienne 100,0 d’oxigène et à 677,0 d’acide azotique une quantité d’oxide contenant également ïgo,o d’oxigèiie; il est clair, dirons-nous, que, quelle que soit l'une des bases qui soit combinée à l’un des acides, le sel qui en résultera sera neutre, puisque les quantités d’acides et d’oxides sont dans les proportions voulues pour constituer un sel neutre. Maintenant il est clair que 677,0 d’azide azotique pouvant remplacer, 5or,i d’acide sulfurique, et 'vice 'versa ^ ces quantités représentent le nombre proportionnel des deux acides ; de meme que 956,9 de baryte et 390.9 de sonde sont les quantités qui représentent les équivalents des deux bases, puisque mutuellement elles peuvent se remplacer pour constituer un sel au même état de saturation.

Ou peut encore déduire de la loi précédente les deux conséqiiencfs .suivantes :

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i® La composition des oxides et celle d’une espèce de sel d’im genre quelconque nous étant connues, on peut en conclure celle de toutes les espèces de ce genre. En effet , on sait que le sulfate neutre de plomb est formé de loo d’acide sulfurique, et de 279 de protoxide de plomb, contenant 20 d’oxigèiie, il n’y aura donc qu’à remplacer celle quantilé d’oxide de plomb par une quantité d’un autre oxide contenant aussi 20 d’oxigène; pour avoir la composition de ce nouveau sulfate, que ce soit, par exemple, lebioxide de cuivre, comme if en faut 99,1 3, pour former un sel neutre, on trouvera que le sulfate est formé de 100 d’acide et de 99,1 3 d’oxide de cuivre.

" 2® On peut encore à l’aide de cette loi arriver à connaître la quantité d’oxigène que contient un oxide qui serait irréductible. Supposons, en effet, que ce soit la baryte dont on veuille connaître la composition, il faudra commencer par la combiner à l’acide sulfurique , et l’on verra que 100 d’acide exigent 191,39 de baryte. Or, on sait que pour former un sulfate neutre 100 d’acide sulfurique exigent une quantité de base qui contient 19,99 d’üxigène;ii faut donc en conclure que les 191,39 de baryte contiennent 19,99 d’oxigène.

PROPRIÉTÉS ClïmiQUES. — Soumis à l’action de la chaleur, certains sels se volatilisent sans décomposition ; d’autres, au contraire , sont entièrement fixes ; seulement , ceux-ci fondent d’abord dans leur eau de cristallisation, quand ils en contiennent, se dessèchent, puis éprouvent une nouvelle fusion qu’ou nomme ignée. Enfin, d’autres se décomposent en perdant leur acide, et quelquefois les oxides se siiroxident, d’autres fois ils se désoxident , ce qui arrive aux sels des deux dernières sections. Quelquefois, enfin , l’eau qui contient un sel n’y est qu’à l’état d’interposition ; alors le feu , en vaporisant celte eau , fait briser les parties salines , avec un bruit particulier qu’on nomme décré^ pitation.

Tous les sels , pourvu qu’ils soient liuineclés ou dissous , sont susceptibles de décomposition par un courant volta’ique; alors le métal se rend au pôle négatif, et l’oxigène et l’acide se rendent au pôle positif.

L’eau dissout une grande quantité de sels , cette solubilité dépend de l’affinité du sel pour l’eau , et de sa cohésion. En général, elle est en raison directe de la première cause et en raison inverse de la seconde. On remarque que l’ébullition de l’eau saturée d’un sel se fait à une température d’autant plus lélevée que

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