‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 136 sur 234 · CARBONATE DE SOUDE ; SOUDE DU COMMERCE ; CARBONATE · texte numérisé non relu

CARBONATE DE SOUDE ; SOUDE DU COMMERCE ; CARBONATE

d’ammoniaque , etc.

L’acide carbonique peut se combiner avec certaines bases 011 trois proportions , et former des carbonates netjures , des sesquicarbouates et des bi-carboimtes ; dans ces sels , les quantités d’acides sont entre elles comme les nombres i, 1 1/2 et 2.

Les carbonates de potasse, de soude, de baryie et de liiliine , sont les seuls qu’une chaleur élevée ne décompose pas. Tous les autres perdent leur acide carboniipie; tous, à l’exception des carbonates de potasse, de soude et de lilhinc, sont insolubles, mais quelques uns de ceux qui sont insolubles se dissolvent dans un excès d’acide carbonique. Chauffes avec du bore . du phosphore ou du charbon, ils sont Ions décomposés, de là résultent divers produits faciles à prévoir.

CHIMfE.

Caraetères génériques. — Tous les acides les décompos+'nt eu dégageant leur acide carbonique avec «ne sorte de boursouflement qu’on nomme effervescence gaz qui se dégage est

sans couleur, n’a qu’une odeur légèrement piquante et ne répand point de vapeurs blanches dans l’air, le sel est un carbonate.

Les carbonates neutres sont formés de telle manière que l’oxigène de la base est à l'oxigène de l’acide comme i : 2.

CARBOIWTE DE POTASSE. \Sel de tartre, sel d'absinthe, de centaurée, potasse, etc.) — Ce sel est blanc, âcre, caustique, verdissant le sirop de violettes , très soluble, déliquescent à l’air, cristallisant difficilement en lames rhomboïdales; fusible à la chaleur blanche et ne se décomposant que par un courant de vapeur d’eau ; alors l’acide carbonique se dégage et il se fait un hydrate. Il est formé de i atome d’acide et de i atome de base = K O, G * O 2.

Ce sel lie se trouve pas dans la nature, mais il se forme toutes les fois qu’on brûle un végélal. Pour l’obtenir à peu près pur, on fait un mélange de bi tartrate de potasse et de sel de nitre pulvérisé; on les projette dans une bassine de fonte chauffée au rouge; le mélinge s’enflamme, les acides tartrique et azotique se décomposent en même temps que de l’acide carbonique prend naissance et se combine à la pota^^se du bi-lartrate et de l’azotate de potasse ; le résidu est du carbonate de potasse , qu’on sépare d’un peu de charbon en le lessivant et évaporant la liqueur à siccité.

Les chimistes l’emploient comme réactif, ou pour préparer riiydrate de potasse.

POTASSE D13 COMMERCE. — Ce produit, qui possède les mêmes propriétés que le sel précédent, est du carbonate de potasse, contenapl des quantités variables de sulfate de potasse, de chlorure de potassium , d’un peu d’alumine, de silice, de chaux, d oxides de fer et de manganèse.

On le prépare dans les pays où les bois sont abondants, comme en Russie, en Amérique, etc,; pour cela, on brûle les bois, on lessive à chaud la cendre qui en résulte , et la liqueur est évaporée à siccité ; dans cet état la matière solide est connue nus le nom de salin ; on calcine ce salin , pour détruire quelque matière combustible qui reste encore, et la matière refroidie est renfermée dans des tonneaux bien fermés , et livrée au commerce sous le nom de potasse du pays qui la

CHIMIE

fournit. De là les variétés de potasse, connues sous les noms de potasse de Russie , d' Amérique , de Trêves , des F oges, de

Dantzich,

Ou se sert de celte potasse dans la fabrication du verre, de Faluii , du salpêtre, du savon mou, des lessives, etc.

CARBON ATE DE SOUDE. — Blanc, âcre, légèrement caustique,très soluble dans Teau, plus à chaud qu’à froid, et cristallisant parle relroidissement eu prismes rliomboïdaux. Il est elfloresceiit. Chauffé , il fond dans son eau de cristallisation , la perd , puis subit la fusion ignée ; ne se décompose que par un courant de vapeur d’eau.

Il est formé de 2 atomes d’acide carbonique, 1 atome de base et 10 atomes deau = (NaO, C^O^) 10 H^O.

Ce sel ne se trouve pas dans la nature, celui que l’on trouve et que l’on prenait. pour du carbonate de sonde n’est que du sesqui -carbonate. M. Gay-Lussac a prouvé que celui que Tou obtient en brûlant les plantes marines, ne provient que de la décomposition de l’oxalate de soude contenue dans ces plantes.

On l’obtient à l’état de pureté en faisant cristalliser à plusieurs reprises la soude du commerce.

On s’en sert quelquefois dans les laboratoires comme réactif , et quelquefois aussi dans les arts.

SOUDES DU GOMUIERCE. — Elles sont formées de carbonate de soude en quantité variable, de sulfate de soude, de sulfure de sodium, de sel marin, de carbonate de chaux, d’alimiine, de silice, d’oxide de fer, de charbon, etc.

On connaît dans le commerce deux sortes de soudes ^ la natif relie et V artificielle.

La soude naturelle se prépare en brûlant dans des fossés les plantes marines, de manière que la combustion soit entretenue plusieurs jours. Il en résulte une masse noire, compacte, vitrifiée, qui , concassée , constitue la soû le du pays où elle se fabrique.

On connaît des soudes de différents pays; celle que fournit l’Espagne, et qui est connue sous le nom de soude d'Alicante^ est la plus riche. Celles qu'on récolte en France, et qui portent les noms de soude de Narbonne , de Blanquette ou d* Algues- Mortes^ de warech ou soude de Normandie ^ sont beaucoup moins riches. Eu effet, la première contient de 20 à 40/100 de carbonate sec, tandis que les autres n’eu renferment que^ x4 à

CHlMiîi.

i5/ioo, telle que la soude deNarbouue, ou 3 à S/roo, comme la blanquette; enfin celle de warech en contient infiniment peu»

La soude artificielle s’obtient en calcinant fortement, dans un four à réverbère, un mélange fait a\ec les substances suivantes :

1,000 parties de sulfate de soude sec;

1,000 craie;

55o charbon.

Pendant que la masse est pâteuse, on la brasse avec un ringard , et quand il ne se dégage plus de gaz on retire la masse qu’on fait refroidir. Quand on veut s’en servir on doit la îraiter par l’eau froide, car l’eau chaude décomposerait l’oxi-sulfure de calcium et dissoudrait du sulfure. La théorie de ce qui se passe s’explique ainsi :

Le charbon réduit le sulfate de soude à l’état de sulfure de sodium, en passante celui d’acide carbonique et d’oxide de carbone. Le sulfure de sodium et la craie réagissent de manière à former du carbonate de soude et du sulfure de calcium, lequel , se combinant à une partie de la craie réduite à l’état de chaux , constitue l’oxi-sulfure de calcium que l’eau froide n’attaque pas.

Les soudes du commerce sont employées dans la préparation du savon, du verre, des lessives et dans quelques opérations de teinture.

CARBOiVAïE DE CHAUX. — Ce sel est blanc, sans saveur ni odeur, cristdlisani en une multitude de formes, pouvant toutes être réduites en un rhomboïde; il est complètement insoluble dans l’eau, à moins qu’elle ne contienne un excès d’acide carbonique; décomposable au feu en formant un résidu qui n’est que la chaux ordinaire.

Il est très abondamment répandu dans la nature, il s’y trouve à l’état de pureté et constitue le beau marbre blanc. Le plus souvent il est coloré par des oxides métalliques, ou mélangé d’autres substances. C’est lui qui constitue les différents maibres colorés, les pierres à bâtir ou pierres calcaires, l’albâtre, l’arragonite, le spath d’Islande, la craie, les madrépores, les coraux, etc.

Quand ou veut l’employer, on se sert de la craie ou du marbre blanc; cependant , pour les usages de la médecine, on le prépare quelcpjcfois par la voie des doubles décompositions.

OHlMlt. Î69

Il est formé de i atonie d’acide et i atome de chaux = Caü,C^O^.

On s’en sert communément pour faire la chaux, pour bâtir. A l’état de marbre on en fait des statues, des colonnes, des vases, etc.

SESQUI - CARBONATE D’AM3I0NIAQUE. ( Carbonate d'ammoniaque , sel 'volatil concret ou d' Angleterre. ) — Blanc, caustique et piquant , d’une odeur d’ammoniaque très prononcée, verdissant le sirop de violettes ; volatil , même à l’air libre, soluble dans 1 eau froide , mais pas dans l’eau bouiHante , tant il est volatil.

Ce sel n’existe que dans les urines pourries , car alors il provient de la transformation de Xurée^ qui, s’appropriant les éléments de l’eau , passe à l’état de carbonate d’ammoniaque.

On l’obtient en chauffant ensemble du chlorhydrate d’ammoniaque et du carbonate de chaux mélangés. Le carbonate se foi me et vient se condenser dans un récipient ordinaire en plomb , et d’où l'on peut le retirer facilement.

Ce sel résulte de la combinaison de i vol. d’acide carbonique et de I vol. 1/2 de gaz ammoniac == 3 Az IP, 2 C^ 0-*. Dans les laboratoires, il sert comme réactif, et en médecine , comme excitant.

BI-CARBONAÏE DE SOUDE ET DE POTASSE. — Ces sels que l’on emploie aujourd’hui assez souvent, et dont les propriétés sont analogues aux carbonates neutres de potasse et de soude, s’obtiennent en laissant en contact une dissolution concentrée de carbonate de soude ou de potasse, avec un excès d’acide carbonique, dans un appareil particulier, où est exercée une pression plus ou moins considérable. Il est remarquable que ces sels, moins solubles que les carbonates neutres, se précipitent à mesure qu’ils se forment.

24® CARACTERES GÉnÉrIQUES DES rHOSPHATES. {PhoSpliatC de chaux; phosphate d ammoniaque ; s'en servir pour rendre incombustibles les tissus les plus itjlammables , etc.)

Depuis que M. Graham a mis au jour son intéressant mémoire sur les modifications de l’acide phosphorique , modifications dont nous avons donné un aperçu en traitant de cet acide ,

CHIMIE

il en résulte que les phosphates d’autrefois doivent être divisés en trois séries qui sont :

Les phosphaies proprement dits.

Les pyrophosphates ,

Les métaphosphates.

Ayant dit, k VavXÀclQ acide phosphoiique , tout ee que nous devions dire des pyrophosphates et des mélaphosphates , il ne nous reste plus qu’à parler des phosphates proprement dits.

L’aeide phosphorique tri-hychaté ( Qs ^ 3 O) peut se combiner avec les liases en trois proportions et former des sels neutres 0% 2 R O, O ; des sels acides P^ R O, H 4 o» ; et des sels basiques P^ 3 R O. Remarquons de suite qu’en coîisidéraut l’eau comme jouant le rôle de hase, tons ces sels sont dans nn rapport tel que la quantité d oxigèue de racide est à celui de l’oxide comme 5 : 3 : et, dans ce cas, 1 acide Inimeme contenant 3 atomes d'eau, peut être considéré comme un véritable sel.

Exposés au feu, ces sels perdent Peau qu’ils contiennent, et passent aux différentes modifications que nous avons fait connaître; ainsi le phosphate acide devient P2 RO, ce qui le con titue métaphospbate. Le phosphate neiiire devient P2 a RO, ou pyrophosphate; enfin, le phosphate basique ne contenant pas d'eau, ne p» ut se transformer en Tun les deux autres addes, et reste par conséquent à l’état de phosphate. Quoi qu’il en soit, ces acides étant fixes et les hases aussi , nulle antre décomposition ne peut avoir lieu ; toutefois i!s fondent et se vitrifient. Mais y ajoute-l-on du charbon , alors divers phénomènes se présentent. Si le sel appaitienf à la ou la 2® section, l’acide n’est qn’en partie décomposé ; il se fait de l’acide carbonique et de Poxide de carbone qui se dégage, tandis que le sel devient avec excès de base. Avec les phosphates des quatre dernières sections , an contraire, tout l’acide est décümpo>é en même temps que l’oxide, d’où résulte du phosphore et du métal qui se combinent. Le dégagement de gaz est le même que dans l’expérience précédente.

L'eau ne dissout que ceux de ces sels qui sont à base de potasse, de soude ou d’ammoniaque; les autres ne le sont que dans un excès d’acide. Voilà pourquoi certains acides possèdent la propriété de les dissoudre; c'est que, s emparant d’une partie de la base , ils mettent de l'acide phosphorique à nu qui transforme le sel en un phosphate acide.

clirMiE.

C\H\CTèRES GÉNÉRIQUES. — Si l’on cliaiifte un phosphate avec un excès de potassium, puis qu’on mette le résidu en contact avec de l’eau, il se dégage du gaz phosphure d’hydrogène que l’on peut enflammer, et si, d’ailleurs, chauffé avec l’acUe sulfurique, le sel ne donne pas lieu à un dégagement de gaz hydrogène pho^phoré qui s’enflamme , ce sel est un phosphate ou sa modification. ,

Nous ne traiterons ici que des phosphates neutres de chaux, de soude et d’ammoniaque.

l»llOJ^'Pn\TE DK SOUDE. — Cc sel est blanc, d’une saveur douce; verdit le sirop de violette; fond dans son eau de cristallisation, puis éprouve la fusion ignée et se transforme alors en uu verre transparent de pyroidiosphate. Exposé à l’air, il tombe en efflorescence. Il est très soluble, plus à chaud qu’à froid, tt cristallise en prismes obliques, à bases i bombes.

Il contient t atome d’acide, 2 atomes de ’oase et i atome d’eau = 05, 2 N A O, H* O.

(j’est un purgatif léger que l’on obtient en décomposant le phosjdiate acide de chaux par du carbonate de soude , filtrant la liqueur et l’évaporant.

PHOSPHATE DE CHAUX. — Nous avons à étudier ici trois des combinaisons que forment la chaux et l’acide phosphorique.

PHOSPHATE NEUTRE. — Ce sel est blanc , inodore, insipide, Indécomposable par la chaleur , mais se fondant eu im émail blanc, si la température est très élevée. Il est insoluble daii' IVau et l’alcool , soluble dans les acides azotique , chlorhydrique et pbo^phorique, et obtient par la voie des doubles décompositions. .

Nous lui avons conservé le nom de phosphate neutre , bien que ce soit un phosphate basique = à O^, 3 Ca O. Il est peu employé.

PHOSPHATE BASIQUE D-ES OS. — Tous les os des animaux paraissent formés en grande partie par un sel composé de 3 atomes d’acide phosphoriqne et de 8 atomes de chaux. On peut l’obi cuir en calcinant à l’air libre les os, les traitant par l'acide chlorhydrique ou nitrique, et précipitant la liqueur par un excès d'amiooniaque. On recueille le précipité gélatineux , on le bive et on le calcine.

Il joue un très grand rôle dans l’économie animale ; on Tem-

CHIMIE

ploie dans les laboratoires , dans les arts et en médecine , dans les diarrhées chroniques. Il est surtout employé pour faire le phosphate suivant.

BI-PHOSPH\TE. — On l'obtient en traitant les os calcinés, pulvérisés et délayés dans l’eau par l’acide '■ulfurique concentré qui s empare d une partie de chaux et met l’acide phosphorique à nu ; celui-ci , en se combinant à urcj portion du phosphate des os, constitue le phosphate acide très soluble. On décante, ou évapore en consistance sirupeuse , et par le refroidissement il se forme de petites lames micassées de peu de consistance qui sont le bi-phosphate. C’est ce sel qui , calciné avec le charbon, produit le phosphore.

PHOSPHATE D’AMMONIAQUE. — Blanc, sans odeur et d’une saveur piquante. Il verdit le sirop de violettes; à l’air, il ne salière pas. Chauffé, il fond, se décompose en perdant son ammoniaque, et passe à l’état d’acide pyrophosphorique vitreux, qui coutient toujours un peu d’ammoniaque.

L’eau le dissout mieux à chaud qu’à froid. La liqueur cliaude donne, par le refroidissement, des cristaux qui sont des prismes à quatre pans, terminés par des pyramides à quatre faces.

Ce phosphate se trouve uni aux phosphates de soude et de magnésie dans les urines de certains animaux.

Pour l’obtenir, on emploie le même procédé que celui qui sert à la préparation du phosphate de soude, si ée n’est qu’ici on emploie Fammoniaque liquide.

Ce phosphate possède la singulière propriété de rendre incombustibles les étoffes que l’on plonge dans sa dissolution. Pour s’en servir, on fait une dissolution concentrée de ce sel , on y plonge le tissu, la gaze, par exemple, et on la fait sécher; on peut ensuite l’exposer à la flamme d’une bougie sans qu’elle prenne feu. Cet effet est facile â concevoir : le sel , en se décomposant , laisse à nu l’acide phosphorique qui recouvre le tissu , et s’oppose ainsi à l’action de l’air. Cette propriété est commune à tous les sels solubles capables d’éprouver la fusion ignée à la chaleur rouge obscure.

CARACxilRES GENERIQUES DES SULFATES. — SlllfatCS de

chaux, de soude, de magnésie; alun; sulfates de fer, de

cuivre, etc.

L’acide sulfurique peut, en se combinant avec les bases, donner naissance à des sels acides neutres , ou avec excès de base. Nous nous occuperons seulement des sulfates neutres.

Exposés à l’action d une forte chaleur, il n y a que ceux de la première section et celui de magnésie qui ne se décomposent pas; tous les autres se déconiposent en donnant lieu à de l’acide sulfureux, de l’oxigène et plus ou moins d’acide sulfurique anhydre, qui se dégagent ; taudis que l’oxide mis à nu absorbe de l’oxigcne, s’il en est susceptible ; ou en perd et se réduit , si le métal appartient aux deux dernières sections. Chauffé avec le charbon, leur acide est toujours décomposé, et il n’y a que les oxides de la deuxième section qui ne le soient pas. Dans tous ces cas, le sulfate passe à l’état de sulfure; tandis qne le charbon, combiné avec l’oxigène, se dégage à l’état d’acide carbonique ou d’oxide de carbone.

L’eau dissout beaucoup de sulfates. On ne connaît que les sulfates de barjte, de plomb , et les sous-sulfates d’antimoine , de bismuth et de mercure, qui soient insolubles ; les autres, au contraire, sont plus ou moins solubles.

CARACTÈRES GÉNÉRIQUES. — Lorsqu’un sel donné, traité par l’acide sulfurique, ne laissera pas dégager d’acide sulfureux ; que, traité par une dissolution d azotate de baryte, soit à froid, soit à chaud, il donnera lieu à un précipité blanc, qui, lavé, séché et calciné avec du charbon, se transformera en sulfure dont la saveur est la même que celle des œufs pourris, ou qui donnera un abondant dégagement de gaz sulfhydrique par l’acide chlorhydrique , ce sel sera toujours un sulfate. Ajoutons de suite que le réactif le plus sensible pour reconnaître un sulfate en dissolution est l’eau de baryte, qui y fait naître instantanément un précipité blanc, insoluble dans l’acide nitrique.

Les sulfates neutres sont composés d’un atome d’acide et d’un atome base, contenant un atome d’oxigène = KO, SO^. On peut voir que le rapport de l’oxigène de l’acide est à celui de la base comme 3 : i.

SULFATE DE POTASSE. (^Sel de Duobiis, arcanum dupli-

CUïMlE.

catum, tartre 'vitriolé^ etc.) — Blanc, amer, cristallisant en prismes, inaltérable à l’air, ne coniîeni pâs d eau dé cristallisation, njàis bien de l’ean d’interpo>ition , ce qui le fait décrépiler au leu, fusible au-dessus du roui^e cerise.

Il est formé d^un atome d acide et d’un atome de potasse — K0,S03.

On remploie en médecine pour purger légèrement , et dans les arts pour faire l'alun. On peut l’obtenir directement; mais, le plus souvent, on l’obtient en calcinant au rouge le résidu de la décomposition du nitre par 1 acide sullurique.

STLFATE DE SOUDE. i^Sel de Glniihert^ sél admirâblè ^ soude 'Vitriolée f etc.) — Incolore, très ariier, cristallisant en longs prbmes, très transparents, s’t ffleiirissant facilement à l’air, fusible au-dessus de la chaleur rouge, il très soluble; mais, ce qu’il faut remarquer, c’est que l’eau à loo® dissout moins de ce sel que l’eau à 33^; en sorte que son maximum de solubilité est

On le rencontre dans les cendres des plantes marines, dans certaines eaux de source^ etc. Ôn peut l’obtenir directemeut, mais on en obtient d'énormes quantités qui servent à la fabrication de la sonde artificielle, en traitant lë chlorüfe de sodium par l’acide sulfurique ; il est composé d’uii atome d’acidè, d’un atome de base et de dix atomes deaii = NA, O, SO^ 10 H => O.

Il est employé comme purgatif.

SULFATE DE CHAUX. {Plâtre, gypse, sèlénite , cilhaSte gypseux, ) — Incolore, insrpide, tantôt amorphe* tantôt cristallisé, attirant 1 humidité sans être déliquescent; soumis à l’àction d’une forte chaleur, il se fond en un émail blanc; il est peu soluble dans l'eau , il se dissout mieux si l’on y ajoute de l’acide sulfurique. On pei»t le préparer directèmënt, mais la nature nous l’offre eu abondance, tantôt hydraté, tantôt anhydre; dans le premier cas , sa formule est f Ca, O , SO ^ ^ K ^ O; dans le

second (Ca, 0,S0^). Ou le trouve aussi ert dissolution dans beaucoup d'eënx.

C’est en calcinant le sulfate de chaux hydraté que l’on se procure le plâtre. On l’emp'oie pour les objets de sculpture ; quand il coniieiit un peu de carbonate dé chaux, on le recherche pour les travaux de construction ; combiné à quelques matières colorantes et gâché avec de la colle- forte, il constitne le stuù, ma-

CHIMIE. 4T5

^ière qui imite le marbre; enfin, on s’en sert pour amender les ten-fs, etc.

SUbPATE DE MAGIVÉSIE. {Sel d^Epsiim , de Sedlitz , d*Epra , d'Angleterre^ etc. ) — Blanc, très amer, cristallisant en prismes rectangulaires, efflorescent, contenant de l’eau de cristallisation; soumis à faction de la chaleur, il éprouve la fusion aqueuse et non la fusion ignée. La potasse et 1a soude le décomposent entièrement; n'est précipité parles bi-carboaates alcalins qu’à l’aide de la chaleur.

Il contient sept atomes d’eau = (Mg. 0,S0^) -f- 7 H^o.

Ce sulfate se trouve dans les eaux de plusieurs fontaine^i, de la mer, etc. On l’obtient en évaporant et faisant cristalliser les eaux qui le contiennent, ou bien en traitant 'lirectement la magnésie, ou certaines matières magnésifères par l’acide sulfurique.

On l’emploie très souvent en médecine comme purgatif.

SULFATE D’ALUMINE ET DE POTASSE OU D’AM- MONIAQDE, {Alun de Roine^ alun de roche.^ Ce sel, considéré long-temps comme un sulfate d’alumine simple, fut reconnu pour être un sel double, par MM. Vauquelin, Ghaptal et Descroizille; ils ont prouvé, de plus , qu’il avait pour base, tantôt du sulfate de potasse et tantôt du sulfate d’ammoniaque.

L’alun à ba.'îC de potasse est blanc, astringent, rougissant la teinture de tournesol; il est soluble dans l’eau, mais beaucoup moins à froid qu'à chaud; il cristallise ordinairement en octaèdres, qui sont transparents et légèrement efflorescents. Si la dissolution contient un excès d’alumine, alors il cristallise en cubes, ce qui le faisait nommer alun cubique.

Expo-é à une chaleur un peu au-dessus de loo®, il fond dans son eau de cristallisation et forme, après son refroidissement, ce que fou connaît sous le nom d'alun de roche ; à quelques degrés de plus, il perd son eau, devient opaijue et constitue l'alun calciné. Chauffe à une chaleur rouge, il laisse dégager de l’oxigèue et de l’acide sulfureux; enfin, le résidu formé d’alumine et de sulfate de potasse peut lui-même être décomposé si la températuie est très élevée, car alors l’alumine à cette température chasse l’acide sullur.que et forme avec la potasse un aluminate. Si l’on verse dan> une dissolution bouillante d’alun , de la potasse, de la soude on de l’anmioniaque, il se précipite un soussulfate double, qui est très analogue à celui qu’on trouve dans la rature.

Calciné avec du charbon, il se forme un composé qui est formé

CHIMIE

de âulfare de potassium , d’alumine et de charbon , et qui , en raison de la pi’opriété qu’il a de s’enflammer à l’air, a été nommé pj rophore. Celte matière s’enflamme d’autant plus vite que l’air est plus humide.

L’alun , à base d’ammoniaque, possédant les mêmes propriétés ' que le précédent, s’en distingue en ce que, calciné, toute l’ammoniaque se dégage et il ne reste plus que de ralumine , et en ce que traité par la potasse ou la soude , il se fait un dégagement d’ammoniaque facile à reconnaître par son odeur.

L’alun existe tout formé dans quelques eaux et aux environs des volcans. Pour l’obtenir, on lessive les matières qui le contiennent tout formé et on évapore les liqueurs pour les faire cristalliser. On peut encore calciner certaines argiles, les traiter par l’acide suH’urique et ajouter au sulfate d’alumine qui se forme du sulfate de potasse ou d’ammoniaque, puis faire cristalliser.

Ce sel est formé d’un atome de sulfate d’alumine, d’un atome de sulfate de potasse et de vingt-quatre atomes d’eau, d’où la formule (KO, SO^») ^.1.^ O^, 3 SO^^) -f 24 H" O.

L’alun est très employé dans la teinture comme mor-ant, on préféi ait à cet usage celui de Rome; mais, depuis qu’on est parvenu à obtenir de l’alun exempt d oxide de fer, celte préférence n’existe plus. Il possède la propriété de rendre le suif plus dur, aussi y en introduit-on un ‘peu; il sert à fabriquer plusieurs laques, etc.

SULFATE DE PROTOXÏDE DE FEU. {Vitriol o)ert, couperose 'verte ^ etc.) — Si}ptique, non vénéneux, vert, transparent; cristallisant en prismes rhomboïdaiix obliques, qui contiennent’ de l’eau de cristallisation et sont elflorescents. Chauffes ils fondent dans leur eau de cristallisation, la perdent, et deviennent blancs; à mie chaleur rouge, ce sel se décompose, il se dégage de l’acide sulfureux, un peu d’oxigène et de l’acide sulfurique anhydre. Le résidu de celte décomposition est du protoxide de fer qui s’est emparé de l’oxigène d’une partie de l’acide et est devenu sesqui oxide que l’on connaît sous le nom de colcothar.

Exposé à l’air un peu humide, l oxide de ce sel absorbe l 0x1cène de l’air seulement à sa surface, et cet excès d’oxide qui en résilie recouvre le sel de taches Si on l’expose a 1 air

à l’état de dissolution, son oxide absorbe encore loxigene, et alors il se forme un sulfate basique de sesqui-oxide qui se précipité, et un composé double de sulfate de protoxide et de sulfate de sesqui-oxide qui reste en dissolution.

Ce sel contient six atonies d’eau = (Fe. O, S ) 4- 6 H ^ O.

On trouve du sulfate de fer partout où il existe du sulfure de fer en contact avec Tair; on peut le préparer directement en traitant le fer par l’acide sulfuri<|ue étendu d’eau. Dans les arts on le prépare en exposant à Pair humide le sulfure de fer Le soufre et le fer absorbent l’oxigène, d’où résulte du sulfate de fer qui s'effleurit et cfue l’on extrait par lixiviation , évaporation et cristallisation.

On se sert de ce sel, dans la préparation des teintures en noir, de l’encre, du bleu de Prusse, du colcothar, et à précipiter l’or en pondre de sa dissolution dans l’eau régale, poudre qui est employée pour dorer sur la porcelaine, etc.

SLLFATE DE SESQUI - OXIDE. — Jaune orangé, très acerbe, très styptique, non cristallisable, rougit la teinture de tournesol ; s’obtient en traitant l’hydrate de sesqui-oxide par l’acide sulfurique, n’est employé que combiné en petites proportions avec l’autre par les teinturiers, ou par les chimistes quelquefois comme réactif.

Sa formule est (Fe. ^ O 3 SO^).

SLLFATE DE Bl-OXIDE DE CUIVRE. {Couperose bleue, '\ntriol bleu , 'vitriol de Chypre , etc. ) — Il paraît que le protoxide de cuivre ne peut pas se combiner à l’acide sulfurique sans se décomposer en cuivre et en bi-oxide qui se combine à l’acide.

l.e sulfate de cuivre est d’une belle couleur bleue , d’une saveur très styptique; cristallisant en beaux prismes obliques, à base de parallélogramme obliquangle, transparents, qui contiennent de l’eau de cristallisation, s’effleurissent un peu, se fondent à une douce chaleur, puis blanchissent en se desséchant; enfin, se décomposent à une chaleur plus forte; la potasse, la soude, l’ammoniaque, etc., décomposent ce sel; cette dernière redissout sur-le-champ le précipité blanc bleuâtre et forme la liqueur d’un beau bleu que l’on connaît sous le nom d’eaw celeste.

Ce sulfate se trouve dans les eaux qui coulent à travers les mines de cuivre. On peut Fen extraire par üévaporation. Le plus souvent on se le procure en traitant le sulfure de cuivre par le procédé que nous avons indiqué pour la préparation du sulfate de fer.

Ce sel est formé de i atome de bi-oxide de cuivre, de i atome d’acide et de 5 atomes d’eau ==(CuO,SO^)-4-5H2 O.

-îté ciiiMiE.

Il «ert poor préparer lé vért de Schéeîe et les cendres blêues; en médecine on l’emploie comme escarrotique.

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