‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 161 sur 234 · CHAPITRE PREMIER, — UES CEASSIFKIATIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER, — UES CEASSIFKIATIONS

Définition de ce que Von entend par caractères en général et par caractères naturels, artificiels, positifs, négatifs et SUBORDINATION des caractères pour paivenir a la conception et à V établissement d'une disposition méthodique des animaux.

On entend en histoire naturelle par caractwe la marque particulière à l’aide de laquelle on peut distinguer un être ou

une collection d’êtres, . / j i

ITn caractère est positif quand il indiaue une qualité dont le

ZOOLOGIE

corps est réellement pourvu; il est négatif quand il énonce une particularité (pii manque, ou contraire à ce corps, et se trouve dans ceux auxt|uels ou le compare. ^

Les caractères des classes ou de famille sont très difiérents y selon qu’il s’agit de systèmes artificiels ou de méthodes naturelles Dans les premiers, ils se réduisent à un seul mot, celui sur lequel le système est fondé. Dans les méthodes naturelles, la famille et même la classe étant considérée comme de grands genres, la (orme qa’on donne à leurs caractères ressemble plus è celle des genres. Ou peut distinguer deux sortes de caractères génériques, Tun qu’oii peut nommer essentiel, qui ne renferme que préchément ce qui est nécessaire pour distinguer le genre d’avec les autres renlerrnes dans la meme classe : ce caractère est artificiel*, l’autie que l’on nomme naturel contient une courte description de toutes les parties les plus essentielles de rorgauisation.

Les parties d’un être devant toutes avoir une convenance mutuelle, il est tels traits de conformation qui en excluent d’autres; il en est qui au contraire en néces>itent. Quand on connaît donc tels ou tels traits dans un être, on peut calculer ceux qui coexistent avec ceux-là , ou ceux qui leur sont incompatibles. Les parties, les propriétés ou les traits de conformation qui ont le plus grand nombre de ces rapports d’nicompatibililé ou de coexistence avec d’autres, ou, en d’autres termes , qui exercent sur .’ensemble de l’être l’influepce la plus marquée sont ce que l’on appelle les caractères importants, les caractères dominateurs', les autres sont les caractères subordonnés, et il y en a ainsi de différents degrés. La comparaison des caractères, sous le rapport de l’influence plus ou moins grave qu ils exercent sur l’ensemble de l’organisation, la détermination de 1 ordre de leur importance relative, est ce que l’on nomme la subordination des caractères. Celte étude est le fondement de la méthode naturelle.

Quelles sont les différences principales que présentent les ani-^ maux considérés sous le rapport de la forme generale et du 'volume ?

On peut établir dans le règne animal trois grandes divisions relativement à la forme ; animaux amorphes ou sans lorme

HISTOIRE NATURELLE

bien determinee (exemple : les éponges) j 2® animaux rayonnés^ dans lesquels les parties sont disposées en rayonnant autour d un centre (exemple: les zoophytes); 3^ animaux pairs ou symétriques , dans lesquels les parties sont symétriquement placées de part et d autre d un plan (exemple : les mollusques, les insectes et tons les vertébrés). Dans tout animal pair, on distingue une ligne médiane , ou plus exactement un plan médian ; une ligne dorsale et une ligne ventrale, qui sont les bords opposés de ce plan ; un coté droit et un côté gauche. Parmi les organes des sens et du mouvement, les uns sont placés dans la ligne médiane, et alors ils sont uniques; les autres sont situés en dehors de cette ligne, et alors ils sont doubles ou pairs. Le corps d’un animal pair se partage ordinairement en tronc^ tête et membres ou appendices, La tète est la partie antérieure du corps, qui sert de réceptacle aux principaux organes des sens : elle se présente ordinairement sous la forme d’un reufl^iment plus ou moins considérable : elle est séparée du tronc proprement dit, par un rétrécissement plus ou moins sensible, qui fest le cou. Le tronc se divise en deux parties : une antérieure, qui est le thorax ou la poitrine^ et une postérieure qu’on nomme abdomen. Celui-ci est souvent terminé par une sorte d’appendice médian , qui est la queue. Les membres, ou plus généralement les appendices ^ sont des organes extérieurs qui se développent par paires sur les parties latérales du tronc.

Par rapport à leur volume, il existe parmi les animaux de grandes différences; il en est. comme des infusores, qui ne peuvent être aperçus qu’à l’aide du microscope; il en est d’autrés qui , comme les baleines et les éléphants , atteignent des dimensions colossales.

C’est parmi les animaux aquatiques (cétacés et poissons) que se rencontrent les animaux les plus volumineux ; c’est dans les contrées chaudes des tropiques qu’habitent les mammifères et les reptiles les plus gigantesques : les éléphants, les girafes, les hippopotames, les boas; les oiseaux de haute stature, tels que les autruches et les casoars. A mesure que l’on se rapproche des pôles, les espèces, en même temps qu’elles deviennent moins nombreuses , diminuent de taille d’une manière très sensible.

ZOOLOGIE

Qu* entend-on par série ou écheh.e AWimLE ?

Avant de décrire les principaux systèmes de zoologie et les principes sur lesquels ils reposent, nous allons montrer quelles nombreuses variétés les animaux préseiiteut sous le point de vue de leur organisation. On entend par série ou échelle animale le passage successif et gradué qu’on peut parcourir en étudiant les animaux , en partant de l'organisation la plus simple pour arriver aux animaux pourvus des organes les plus compliqués. Nous allons suivre la gradation que les animaux présentent par rapport aux organes de la nutrition. Ou pourrait établir une série semblable en prenant pour base, comme nous le verrons en parlant des classificalioos, le sy>tème nerveux, les organes du mouvement, etc. Le plus simple de tous les animaux serait la /«onade.^m n'est qu une cellule animée qui n’offre qu’une surface exhalante# et absorbante, sans traces d’organes internes. Immédiatement après, viennent les polypes, chez lesquels une portion de la surface du corps rentre à l’intérieur pour former un sac alimentaire à une seule ouverture qui est à la fois la bouche et l’anus. Mais ici l’absorption des molécules nutritives peut encore avoir lieu à l’extérieur et par toutes les parties du corps uniformément. Bientôt cette fonction de l’absorption , au lieu de rester commune à tous les points du corps, s’isole en un lieu particulier qui est toujours une portion de surface rentrée; celle-ci devient alors un organe spécial de nutrition , un canal intestinal à deux ouvertures (bouche et anus) ; elle présente des caractères tout autres que la surface extérieure de l’animal , qui s’en distingue sous le nom de peau. En meme temps s’ajoutent quelques organes secondaires pour des fonctions préparatoires, tels que des organes de mouvement et de préhension (suçoirs ou tubercules), des pièces dures en forme de dents, ou des mâchoires pour une sorte de mastication : c’est ce qu’on observe dans le groupe des oursins. Dans un degré plus élevé , celui des insectes , l’animal acquiert des facultés nouvelles; il va chercher lui-meme sa nourriture; il la choisit, la prépare et l’introduit dans son estomac ; de là nouvelles fonctions, et partant de nouveaux organes : organes spéciaux de locomotion , de préhension, de manducation et de sensibilité (pieds articulés, tête pourvue d’yeux et de mâchoires, muscles, nerfs et moelle longitudinale). Dans un degré au-dessus, le groupe des nwllus--

HISTOIKE jSATÜKELLE.

ff ues,, la surface d’absorption se dédouble en quelque sorte, et se sépare en deux l^arties, dont l’une est toujours la cavité di^estive , propre à l’absorption de matières solides et liquides (estomac et intestins), et l’autre est la surface respiratrice ^ propre à l’absorption des p;az ( branchies ou poumons). Le fluide nourricier, absoi bé parles parois du canal intestinal, et qui , par son mélange avec d’autres liquides de l’inténeur, prend le nom de sang, a besoin d'être porté dans l’organe respiratoire pour v être élaboré par l’action de l’air; de là il est conduit par des canaux ou vaisseaux fermés vers toutes les parties du corps, d'où il revient par d’autres vaisseaux pour re])asser par l’organe respiratoire, et recommencer la même circulation. Ces nouvelles Ibnctious de la circulation et de la respiration, nécessitent de nouveaux organes : un cœur pour donner rimpulsion au fluide; èi^^arteres et des 'veines pour le contenir et le diriger, des branchies ou des poumons pour le mettre en contact avec l’air ; à ces parties s’en joignent d’autres, telles qu’un Joie, Oi*gane interne de digestion , et un cerveau , organe central de sensibilité. Dans les animaux supérieurs ( les vertébrés) , complication toujours croissante de l’organisation, et en même temps multiplication ou développement des facultés. Outre les organes propres au groupe précédent, on voit paraître un nouvel organe de la locomotion ( squelette articulé) ; les organes des sens de\ iennent plus nombreux ou plus parfaits ; l’appareil de la nutrition se complique graduellement d’organes relatifs à la mastication, l’insalivation et la déglutition des animaux salivaires,

langue, etc.), à la conversion du bol alimentaire en matière propre à être absorbée (foie et pancréas) à la sécrétion des urines (reins), etc. Cette gradation dans la complication ou le développement des organes se fait sentir dans les diver>es classes des vertébrés, lorsqu’on s’élève des poissons aux reptiles, des reptiles aux oiseaux , et des oiseaux aux mammifères.

Z()ou>t;iE.

rcMOsUiou de. principe. <les clifférenU. sortes de distribution Ikhodiqne des animaux, connues sous le nom de systèmes

nE MÉTHODES SYSTEMATIQUES, DICHOTOMIQUES, DE METHODES

SATUREixr.s, et, par suite, de ce qu’on entend par individu,

VIEIÉTÉ, OENRE,lAMII.I.E, ORDRE , CLASSE , EMER.ANCHRMENT,

type et KÈCSE. Donner la définition et les principes de ta nomenclature appliquée à la dénomination et a la classification méthodique des animaux.

L’iiistoire ualuielle doit avoir iioiir base, ce que l oii nomme un système de la nature , ou un grautl calologue dans lequel tous les êtres poiTaut des noms convenus puissent ctre reconnus par des caractères distinctifs, et soient dlslribués en divisions et subdivisions, elles-mêmes nommées et caractérisées ou l’un puisse

les cherclier. ^

Pour que chaque être puisse toujours se reconiiaitre dans ce

catalogue , il laul quM porte son caractère avec lui : on ne peut donc prendre les caractères dans des propriétés ou dans des habitudes dont Texeicice soit niomenlané ; mais ils doivent être tirés de la contomiation.

Presque aucun être n’a de caractère simple , ou ne peut être reconnu par un seul des traits de sa confoimatiou , il faut presque toujours la réunion de plusieurs de ses traits pour dislin- «^uer un être des êtres voisins qui en ont bien aussi quelques uns, mais qui ne les ont pas tous, ou les ont combinés avec d’autres qui manquent au premier être, et plus les êtres que Ton a à distiuj^uer sont nombreux , plus il tant accumuler de tiaits^ en* sorte que, pour distinguer de tous les autres un être pris isolément, il faut faire entrer dans son caractère sa desciiptioii

complète. ..... ,

C’est pour éviter cet inconvénient que les divisions et subdivisions ont été inventées. L’on compare ensemble seulement un certain nombre déliés voisins, et leurs caractères n’ont besoin que d’exprimer leurs diftérenecs, qui, par la supposition même, ne sont que la moindre partie de leur coiitormalion. Une telle réunion s’appelle un genre.

On retomberait dans le même inconvénient pour disiingiiev les genres entre eux, si l’on ne répétait l’opération en réunis-

HISTOIRE INATURELLE.

sant les genres voisins pour former un ordre , les ordres voisins pour former une classe.

Les classes sont elles-mêmes des divisions des grands embniit^ ckements ou t^pes dont le règne animal se compose. Cet échafaudage de divisions, dont les supérieures contiennent les inférieures, est ce qu’on appelle une classification.

Avant de classer les êtres dont le règne animal sc compose , il faut connaître ce qu'on entend par individu ou espèce , et par variété. On définit Vespéce , la réunion des individus descendus l’un de l’autre, ou de parents communs, et de ceux qui se ressemblent autant qu’ils se ressemblent entre eux. Il existe des circonstances , comme la chaleur, rabondaiice, ou l’espèce de nourriture , etc. , qui peuvent influer'sur le développement plus ou moins prompt et plus ou moins étendu des individus. Ces influences peuvent être générales sur tout le corps , ou partielles sur certains organes , de là vient que la similitude des descendants avec leurs parents ne peut pas être parfaite. Les différences de ce genre entre les êtres organisés sont ce que l’on appelle des 'variétés^

Principes de la nomenclature appliquée a la dénomination des

animaux.

Dans le principe de la science, les savants se contentèrent de décrire les animaux connus du peuple , et de leur donner le nom vulgaire; mais s’il avait fallu un nom distinct pour chaque animal, le nombre en eût été prodigieux, et aucune mémoire n’eût pu y suffire. Pour obvier à ce double inconvénient, les fondateurs de la science prirent l’usage de désigner certaines espèces par (jes noms composés qui indiquaient leurs rapports avec d’autres déjà' connues. A mesure que le nombre des especes augmentait, on fut obligé d’allonger ces noms comparatifs , et on les changea peu à peu en de véritables phrases. De pareils noms ne pouvaient plus être usuels; leur longueur était telle que la mémoire la plus habile ne pouvait les retenir qu’à peu près; leur texture ne les rendait accessibles qu’à ceux qui possédaient le latin; enfin, surtout, le moindre livre, le^inoindre catalogue devenait teib ;aent vaste, que la science courait risque de s’ensevelir sous des tas de volumes. Linnée, frappé de ces grands inconvénitnts , proposa, et Tuniversalité des naturalistes admit, que le nom d’un être compas? deux à nos

ZOOLOGIE

noms de famille , qu’il appela le nom générique , serait commua à tontes les espèces d’un j^enre ; le second, analogue a nos noms de baptême, qu’il nomma spécifique, devait être propre a chaque espère d’un genre. Par cette ingénieuse disposition , le nombie immense des'norns se trouva tout d’un coup réduit a un terme peu considérable, si on le compare au nombre des elres. Ainsi, pour désigner le lou{), on se sert des deux moX^ canis lupus.

cauis sera ie nom générique, et lupus le .

On peut classer les animaux de trois maniérés dilferentes. Si on les étudie, quant à leurs rapports avec un autre ordre de con- ,.aissauccs, alors on les classe en ayant égard à leurs usages, a leurs propriéiés, à leur patrie. On désigne ces classifications sous le nom Ôl usuelles ou de pratiques. ^ ^

Si on a pour luit de donner à ceux qui ne connaissent point le nom des animaux un moyen facile de découvrir dans les livres par i’iiispettioii de l’animal lui-même, ces classifications ontrecu le nom de méthodes artifcielles , ^

Si cnûn on veut étudier les animaux, soit en eux»memes, soit dans le rapport réel qu’ils ont entre eux, et de les classer de manière que ceux qui sont les plus voisins dans l’ordre de la nature soient aussi les plus rapprochés dans nos livres, ces classifications ont reçu le nom de méthodes naturelles. ^

Le pins grand avantage des classifications artificielles, cest e faire trouver facilement le nom de l’individu que l’on examine. Parmi les auteurs qui ont donné des classifications artificielles, les uns ont pensé qu’il convenait de tirer tous les caractères d’un seul organe, et les classifications fondées sur ce piincipe ont reçu le nom spécial de systèmes ; d’autres ont fait remarquer, au contraire, que cette obligation de tirer tous les caractères d’un seul organe obligeait à employer des considérations trop minutieu-ics et souvent incertaines, et ont déduit leurs classifications de tous les organes, (ies sortes de classifications ont reçu le nom partn nlier de méthodes systématiques.

Parmi les méthodes destinées à donner avec facilité le nom des animaux , la plus facile de toutes est la méthode analylifpic ou (lirhotomiqne. Lamarche naturelle de l esprit dans la I erbercht" du nom d’un amimal est de séparer d abord le règne animal en deux grandes classes, ce qui réduit la dilficulté du choix à moitié ; de diviser de même chacune de ces parties en deux autres , et ainsi de suite jusqu’à ce qu on arrivât à n avoir à comparer eiisenihle que deux animaux que l’on sépare par un

MA

HISTOIRE NATÏ'KKI.EE.

caraclèi-e cllstlnrtif. Dans ccHo suite de hifuvcalions , on doit toujours présenter en regard des caractères contradictoires, c’est-à-dire que la vérité de l’un entraîne nécessairement la fausseté de l’autre.

Toutes les classifications arîiticielles des animaux sont abandonnées. Il ne peut y avoir qu’une méthode , qui est la méthode naturelle. On nomme ainsi un arrangement dans lequel les êtres du meme genre seraient plus voisins entre eux, que de ceux de tous les autres genres; les genres du même ordre, plus que de ceux de tous les autres ordres, et ainsi de suite. Celte méthode est l’idéal auquel fliistoire naturelle doit tendre; car il est évident que si Ton y parvenait, l’on aurait l’expression exacte et complète de la nature enîière. En cilet, chaque cire est déterminé par ses ressemblances et ses dilfcreiices avec d’antres, et tous ces rapports seraient parfaitement rendus par l’arrangement que nous venons d’indiopier.

En un mot, la méthode naturelle serait toute la science, et chaque pas qu’on lui fait taire approclie la science de son but.

J') Olin er une idée gciieraie de ce ij^u on entend par DiSfRiBUiiox GKOGii AriïiQXJE DES ANIMAUX (1 la suifcicc de la teri e ^ ou ue

LA uÉOGR.VriIIE ZOOEOGIQUE.

tes aiiimaux sont souniis dans leur dislrilnition a la sni lace du irlobe à nn certain iiotnbre de lois dont la reclicrone est ohiet de la géographie zoologique. On s’occupe, dans cette partie delà science^ des stations, des habitations des .animaux, de la prépondérance ou de l’existence exclusive de certaines especes, de certains genres ou de certaines familles, dans telle ou telle

Chaque animal est appelé par son organisation a se développer dans de certaines conditions que la ualiire lui destine; il ne lient vivre et se propager que dans les milieux et les localités ou l’influence des circonstances extérieures favorise 1 action de la vie. Ainsi, il doit v avoir un rapport nécessaire entre les stations des animaux, c’est-à-dire les conditions spéciales des lieux ou ils vivent, et l’espèce de séjour qui leur est destine et impose par la nature de leur organisation. On voit, en effet, beaucoup de genres confinés dans de certaines légions dont ils ne sortent

ZOOLOGIE

jamais; ils paraissent appartenir exclusivement à certaines zones ou à une réunion particulière de conditions climatériques. Dans plusieurs familles, le nombre des espèces semble partir d’un lieu central et diminuer à mesure que l’on s’en éloîgne, en sorte qu’il est possible d’assigner les limites qui circonscrivent leurs habitations. La plupart des races sont demeurées dans les environs de leur berceau, à rexception de celles que riiornme a réduites en domesticité. Ce n’est que parmi les animaux qui possèdent des moyens de déplacement favorables, comme les oiseaux et les poissons, que l’on trouve quelques espèces auxquelles ou peut donner le nom de cosmopolites. Si les espèces cosmopolites sont rares, il y a un grand nombre de genres, au contraire, qui ont des représentants sous toutes les zones, surtout parmi les mollusques, les poissons et les oiseaux. Chez les reptiles et les mammifères, la patrie des espèces a généralement des limites assez resserrées, et il en est souvent de meme de celle de familles entières. Ainsi , notre crapaud commun ne se trouve plus hors de l'Europe occidentale; les civettes, les roussettes, les singes à callosités, sont exclusivement propres a l’ancien continent; les qviadriimanes à queue prenante, les coatis, les sarigues , les oiseaux-mouches, appartiennent, au contraire, à l’Amérique; les monotrèmes à l’Australie, etc. Bufton a remarqué le premier que les animaux du midi de l’ancien monde et ceux de l’Amérique du Sud diffèrent toujours spécifiquement, et que ce n’est que dans le nord que les espèces sont communes à l’im et à l’autre contineiil.

Analyser les principaux systèmes de zoologie et les principes sur lesquels ils reposent. — Faire connaître les principales diffe^ vences extérieures et intérieures qui distinguent les grandes divisions du règne animal ^ mammifères , oiseaux, reptiles,

AMPUIBIENS, POISSONS, INSECTES, MOLLUSQUES Ct ZOOPHYTES, Ct

les principes de distribution systématique des espèces quelles reri ferment. — Donner enfin quelques exemples de V emploi de la méthode naturellé appliquée à la distribution geogra-^ phique des animaux et a l’économie domestique.

Les trois classifications d’animaux qui sont le plus généralement suivies en France, sont celles de MM.Duméril, de Blainville,

HISTOIRE NATURELLE

et de Cuvier. Nous exposerons seulement les principes sur lesquels reposent les deux premières.

MÉTHODE DE M. DUMÉRTE.

M. Diiméril partage le règne animal en neuf classes, qui sont établies d’après le résultat essentiel de l’ensemble de leur organisation ; si l’on considérait chacune de leurs fonctions en particulier, cet ordre serait interverti.

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