DE LA VOIX
On ne trouve chez les animaux inférieurs aucun instrument particulier pour la voix; le bruit que l’on nomme chant des in-
ZOOLO(;iK.
sectes ne résulte que du frottement de leurs ailes ou d’autres parties de leur enveloppe légumentâire les unes contre les autres.
Chez les mammifères ce phénomène a lieu dans la portion du conduit aérifère qui est situé au haut du cou et qu’on n^mme larynx.
Le larynx est un tube large et court qui est suspendu à l’os hvoïde et qui se continue inférieuremant avec la trachéeartère. Ses parois sont formées par diverses lames cartilagineuses, désignées sous les noms de cartilage thyroïde ^ de cartilage cricoïde et de cartilage arythénoïde. En avant on y remarque la saillie connue sous le nom vulgaire de pomme d* Adam ; et à l’intérieur, la membrane muqueuse qui le tapisse forme vers son milieu deux grands replis latéraux, dirigés d’avaiit en arrière, et disposés à peu près comme les lèvres d’une boutonnière. Ces replis sont appelés les cordes 'vocales ou ligaments inférieurs de la glotte. Ils sont assez épais ; leur longueur est d’autant plus considérable que la partie antérieure du cartilage thyroïde (ou pomme d’Adam) est plus saillante, et, à l’aide des contractions d'un petit .•auscle logé dans leur épaisseur et des mouvements des cartilages arythénoïdes auxquels ils sont fixés en arrière , ils peuvent se tendre et se rapprocher plus ou moins, de façon à agrandir ou à diminuer l’espèce de fente (l’ouverture de la glotte) qui les sépare. IJn peu au-dessus des cordes vocales se trou\ent deux autres replis analogues de la membrane muqueuse du larynx; on les nomme ligaments supérieurs de la glotte^ et ou appelle 'ventricules du larynx les deux enfoncements latéraux qui les séparent des ligaments inférieurs. L’espace compris entre ces quatre replis constitue ce que l’on nomme \di glotte. Enfin, on remarque encore, au-dessus de cctie ouverture, une espèce de languette fibro-cartilagineuse appelée épiglotte.
L’organe de la voix chez les mammifères est un instrument à veut ; quand il existe une plaie permettant à l’air de sortir sans passer parle larynx, la voix est perdue; on la rend immédiatement en rapprochant les lèvres de la plaie. Si celle-ci existe audessus du larynx, la voix subsiste sans que Tair ait besoin de fwisser par la Imucbe ; ainsi il est évident que c’est dans le larynx, et non ailleurs, que se forme la voix.
Ces observations nionlrenten même temps la nécessité de l’air; et une preuve qu’il est ici le corps sonore, comme dans les
HISTOIRE NATÎIRELLE.
instruments à vent, c’est qu*eu le remplaçant, par exemple, par de I hydrogène, on change complètement le timbre de la voix. Pour taire cette expérience , on chasse par une forte expiration Pair contenu dans la poitrine, puis on aspire de l’hydrogène pur ccnteBu sur l’eau dans une cloche à robinet.
Pour que le son se produise, il ne suffit pas qu’il y ait de Pair dans le larynx , il faut que cet air soit en mouvement ou ponr sortir de la poitrine ou pour y entrer; on peut en effet produire des sons en aspirant. Il ne suffit pas non plus qu’il y ait un courant d’air; il faut que les muscles du larynx aient le degré de tension convenable . aussi en général ne produit-on pas de son quand on fait passer artificiellement de l’air par le larynx d’un cadavre ; la section de certains nerfs entraîne immédiatement la perte de la voix. Ainsi un chien ne peut pins aboyer dès qu’on ir.i â coupé les nerfs laryngés.
Quand on examiue le larynx , il devient évident , ainsi que Pa reconnu M. Savart, que le son s’y produit comme dans un appeau.