‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 163 sur 234 · MÉTHODE DE M* DE BL A IN VILLE · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE M* DE BL A IN VILLE

M. de Blainville a fondé une méthode naturelle sur les caractères extérieurs des animaux ; il n’emploie jamais comme caractères les différences anatomiques qui tiennent aux modificalions des organes internes. Celles-ci, à cause du rapport qui existe entre les différentes parties d’uii même appareil , peuvent toujours selon lui être traduites rigoureusement par les modifications correspondantes de l’enveloppe extérieure, c’est-à-dire par la forme générale et par la disposition des organes des sens et du mouvement. Ces caractères, purement extérieurs, choisis de manière à reproduire les divisions fondées sur l ensemble de rorganisalion , sont ce qu'il regarde comme ies vrais caractères zoologiqiies. Ainsi, dans sa méthode, on peut déterminer la place qiFoccupe un animal dans la série , sans avoir besoin de recourir au scalpel pour s’assurer de la forme du cœur, du nombre de ses cavités, et de la couleur rouge ou blanche du sang.

ZOOLOGIE

Parmi les différences anatomiques , M. de Blainville place au premier rang celles que fournissent les appareils de la sensibilité et de la locomotion, parce qu'elles tiennent aux facultés les plus élevées et les plus caractéristiques de l'animalité. Celles que fournissent les organes de la reproduction, de là digestion, de la circulation et de la respiration, ne viennent qu en seconde ligne. M. de Blainville divise le règne animal en trois sousrègnes : les animaux pairs ou zygomorphes , les animaux rayonnés ou nctinomorphes ^ \ç.'s> animaux irréguliers Quamorphes. Le premier sous-règne se subdivise en trois types principaux ; les o%téozoaires ( animaux vertébrés ou articulés intérieurement ) , les entomozoaires ( animaux articulés extérieurement), et les molacozociires (animaux mollusques). Le type des ostéozoaires s'e subdivise, d’après les modifications de l’enveloppe extérieure, eu cinq classes: les animaux piUfères (ou mammifères ), les[ pennijéres (ou oiseaux) , les squamifères (ou reptiles), les nudipellif ères {on amphibies), les (ou poissons).

Le type des entomozoaires se partage en classes d’après les appendices ambulatoires (hexapodes, octopodes, décapodes, etc.); les classes se subdivisent eu ordres d’après les variations des systèmes locomoteur, dentaire et digestif. Les genres dans lesquels SC partagent les ordres sont établis d’après des différences d’organisation, toujours traduites extérieurement , et qui sont en rapport avec des différences dans les mœurs et les habitudes des espèces.

MÉTHODE DE CUVIERÎ

Cuvier a classé le règne animal d’après la méthode naturelle, en ne prenant pour base que son organisation. Si l’on embrasse d’un coup d’œil universel tout le règne animal, on voit qu’il exi'le quatre formes principales, quatre plans généraux, si l’on peut s’exprimer ainsi, d’après lesquels tous les animaux semblent avoir été modelés , et dont les divisions ultérieures , de quelque titre que les naturalistes lésaient décorées, ne sont que des modifications assez légères fondées sur le développement ou l’addition de quelques parties qui ne changent rien à l’essence du

HISTOIRE NATURELLE

Premier type ou embranchement. — Animaux ^vertébrés.

Dans la première de ces formes, qui est celle de l’homme' et des animaux qui lui ressemblent le plus . le cerveau et le tronc principal du système nerveux sont renfeimés dans une enveloppe osseuse qui se compose du crâne .et des vertèbres; aux côtés de cette colonne mitoyenne s’attachent les côtes et les os des membres qui forment la charpente du corps; les muscles recouvrent, en général , les os qu’ils font agir, et les viscères sont renfermés dans la tête et dans le tronc. On appelle les animaux de cette forme les animaux vertébrés. Ils ont tous le sang rouge, un cœur musculaire, une bouche à deux mâchoires placées l’une au-dessus ou au devant de l’autre; des organes distincts pour la vue, pour l’ouïe, pour l’odoiat e^pour le goût, placés dans les cavités de la face; jamais plus de quatre membres; des sexes toujours séparés, et une distribution très semblable des masses médullaires et des principales branches du système nei veux.

En examinant de plus près chacune des parties de cette grande série d’animaux, on y trouve toujours quelque analogie , meme dans les espèces les plus éloignées l’iine de l’autre, et l’on peut suivre les dégradations d’un même plan, depuis l’homme jusqu’au dernier des poissons.

Deuxième type. — Mollusques.

Dans la deuxième forme, il n’y a ]mint de .squelette; les muscles sont attachés seulement à la peau , qui forme nue enveloppe molle, contractile en divers sens, dans laquelle s’engendrent , en !)eanconp d'espèces , d(*.s plaques pierreu.ses appelées coquilles, dont la po.silion et la production sont analogues à celles du corps muqueux ; le système nerveux est avec les viscères dans cette enveloppe générale, ct.se compose de plusieurs masses éparses réunies par des filets nerveux, et dont les principales, placées sur Lœsophage, portent le nom de cerveau. Des f|uatre sens propres, on ne distingue plus que les organes de celui du goût et celui de la vue; encore ces derniers manquent-ils souvent. IFne seule famille montre les organes de l’onïe. Du reste , il y a toujours un système complet de circulation, et des organes i)articnlieîs pour la respiration. Ceux

ZdüLüGlK

ae la aigestiou «l sécrétions sont é peu prés aussi co.nplim,és que dans les animaux vertébrés. On appelle ces animaux de

la seconde forme animaux mollusques.

Quoique le plan général de leur organisation ne soit pas aussi uiXine, quant à la configuration extéi;ieure des parties, que cèliii des animaux vertébrés, il y a toujours entre ces parti une ressemblance au moins du même degre dans la structure et clans les fonctions.

Troisième

Animiiujc articulés.

l.a troisième forme est celle qu’on observe dans les insectes , les vers , etc. Leur système nerveux consiste en deux longs cordons régnant le long du ventre , renfles d espace en espace en nœuds ou ganglions ; le premier de ces nœuds, placé au-dessus de l’œsophage et nomme cerveau , n es guere ;,lus grand que ceux qui sentie long du ventre, avec lesquels il communique par des filets qui embrassent 1 œ.mphage comme un collier. L’enveloppe de leur tronc est divisee par des plis iransverses en un certain nombre d’anneaux dont les téguments sont tantôt durs tantôt mous, mais ou les muscles sont touioiirs attachés à fintérieur. Le tronc porte souvent a ses cotés des membres articulés, mais souvent aussi il en est depoimvu. Oa donne à ces animaux le nom à" animaux articules. parmi eux que s’observe le passage de la circulation dans les vaisseaux fermés à la nutrition par imbibition , et le passage correspondant de la respiration dans des organes circonscrits a celle qui se fait par des trachées ou vaisseaux aériens répandus dans tout Jfe corps. Le.s organes du goût et delà vue sont les plu.s distinm chez eux ; une seule famille en moiilre pour 1 ouïe. Leurs mâchoires, quaud ils en ont, sont toujours latérales.

Quatrième type, — Animaux rayonnes.

Enfin la quatrième forme , qui embrasse tous les animaux rounu.s lous le nom de zoophyles , peut aussi porter le nom ^'animaux rayonnés.

Dans tous les précédents , les organes des mouvements et des sens étaient disposés symétriquement aux deux côtés d’un axe. Il V a une face poslérienre et une antérieure dissemblables. Dans

HISTOIRE NATURELLE

ceux-ci, ils le sont comme des rayons autour d'un centre, et cela est vrai, même lorsqu’il n’y en a que deux séries, car alors les deux faces sont semblables. Iis approchent df» i’hornoijénéiîc des plantes; on ne leur voit ni système nerveux bien distinct, ni organes de sens particuliers; a peine aperçoit-on dans qntdcjues uns des vestiges de circulation, leurs organes respiratoires sont près que toujours à la surface de leur corps; le plus grand nombre n’a qu’un sac sans issue pour tout intestin, et les dernières familles ne présentent qu’une sorte de. pulpe homogène, mobile et .sensible;

PREMIER EMBRANCHEMENT. — VERTÉeRÉs.

Les vertébrés sont partagés eu quatre classes, dont voici les caractères principaux.

Les mammifères sont vivipares, ont des mamelle.s, le sang chaud à globules circulaires, la respiration puîmonaire et simple, la circulation double, complète, le cœur à quatre loges, la bouche armée de dents, la peau garnie de poil, et tous les meml)rcs organisés en général pour la marche.

Les sont ovipares, à sang chaud, ont la respiration

pulmonaire double, la bouche prolongée en bec, le corps couvert de plumes , et les membres extérieurs organisés pour le vol.

Les reptiles sont ovipares, à sang froid, ou mieux àr température variable, la circulation double, incomplète, le cœur ordinairement à trois loges, le corps nu ou écailleux, les membres organisés généralement pour la marche.

Les poissons %Q\i\ ovipares; ils respirent par des branchies, ont le cœur à deux loges , la circulation doid^Ie, complète, le corps nu ou écailleux, et les membres organisés pour la

Classe. — Des 'vertébrés mammifères.

Voici d’après quels principes on a établi dix ordres dans la clas.se des mammifères.

Le dixième , celui des cétacés , se reconnaît en ce qu’il n’a qu’une seule paire de membres, une nageoire horizontale à l’extrémité de la' queue et la peau nue.

Les mammifères à quatre membres forment deux sections : les espèces à sabot et celles à ongles.

ZOOLOGIE.'

Parmi les ongulés, ou distingue Tordre des ruminants , en ce <|u’il n’a que deux sahots et qu’il rumine, ce qui exige dans les organes digestii’s une disposition pariiculière. Les solîpèdes ont tous les doigts enveloppés dans un sabot uni(iue et ne ruminent pas Les pachydermes ^ privés également de la faculté de rutuiner, ont trois, quatre ou cinq sabots.

La section des onguiculés est plus nombreuse que celle des oiicîulés. Elle comprend d’abord les marsupiaux^ mammifères singuliers dont le bas^in supporte toujours deux os surnuméraires, set^aut ordinairement de soutien à un repli de la peau de Tabdomen, qui forme une espèce de poche {^mansupiumy^ leurs petits naissent de très bonne heure et à peine ébauchés. Les autres onguiculés ont la génération normale, et iTont pas d’os surnuméraire ; ils forment cinq ordres , dont les uns ont trois sortes de dents, elles autres manquent d’incisives ou de canines, ou même de toute espèce de dents.

On nomme édentés ceux qui sont privés d’incisives , ce qui fait jraraître au premier abord h ur bouche tout-à-fait privée de dents; plusieurs sont même réellement édentés.

Les rongeurs ont deux incisives séparées des molaires par un espace vide , et manquent par conséquent de canines.

Les ordres restant ont les trois sortes de dents; mais les car^ nassiers n’ont le pouce opposable aux autres doigts à aucun de leurs membres, tandis que les quadrumanes l’ont ainsi conformé aux quatre extrémités, et les bimanes à celles de devant seulement.

L’ordre des bimanes ne se compose que d’un seul genre, Tbomme. On en distingue au moins trois variétés bien caractérisées : I'* la race caucasique ou blanche : elle peuple l’Europe, le Nord de l’Afrique, et l’Asie occidentale; la race mongolique ou jaune ; elle habite la Cdiine et le Japon; 3» la race nègre ou éthiopique : elle habite le Midi de l’Atlas.

a” Quadrumanes. Cet ordre , très nomljreux, se divise en deux familles : les singes et les lémuriens ou makis. Tous ces quadrumanes vivent dans les forêts les plus profondes des contrées méridionales de TAncieii et du Nouveau Monde : l’Amérique du Sud, la Chine, les Indes et l’Afri(|iie, sont les pays où Ton en rencontre le plus; le Midi de l’Europe n’en nourrit qu’une seule espèce ; encore y est-elle rare et est-elle originaire d’Afrique. Leur nourriture consiste principalement eu fruits, en racines tendres, en cannes à sucre, melons etc. ; quelques espèces ne

MISTOUIK .NAlljliELLE.

dédaignent pas les coquillages, et surtout les insectes , dont elles sont très friandes.

3° L’ordre des carnassiers est divisé eu trois familles : les cheiropLèrcs , dont les côtés du corps sont garnis d’un repli de la peau étendu enlre leurs quatre membres, et dont les molaires sont à couronne plate ou hérissées de peintes coniques; les ini.ee-> tivores dont les molaires sont toutes garnies de pointes coniques, mais dont les quatre membres sont libres et propres à la marche ; les carnivores., dont les membres, d’ail/eurs diversement conformés, sont constamment libres de tout repli cutané, cl dont les molaires sont garnies de tubercules mousses ou tranchants.

D’après la dilféreiice de développement de la peau des flancs , on divise les chéiroptères en deux tribus : les galéopithèqucs , chez lesquels la membrane latérale , pariant de la commissure des lèvres, s’étend entre les quatre membres, sans que les doigts de ceux de devant aient plus de longueur que ceux de derrière; et les chauves-souris , chez lesquelles le repli de la peau ne commence qu’au bas du cou , et se trouve étendu entre les doigts des membres antérieurs qui acquièrent pour cela une longueur démesurée, et qui sont propres au vol.

La famille des insectivores offre quatre genres principaux : les hérissons , les musaraignes , les desmans et les taupes.

La conformation des membres des carnivores , et les modiGcations qu’elle entraîne dans leurs mouvements, les ont fait diviser en trois tribus : les plantigrades dont les membres, disposés pour la marche, appuient leur plante entière sur le sol; les digitigrades qui, dans la marche, ne touchent la terre que par rextvémité de leurs doigts; et les amphibies., dont les membres , impropres à la marche , ressemblent à des nageoires , et ne peuvent servir qu’à la natation.

La tribu des plantigrades comprend des animaux qui se trouvent dans tous les pays du globe ; mais ils sont beaucoup plus connus dans les pays septentrionaux que dans ceux du Midi. Couverts d’une fourrure épaisse, ils peuvent résister avec avantage aux intempéries de l’air, et braver la rigueur des hivers; aussi la saison des amours, qui arrive au printemps pour la plupart des autres quadrupèdes, commence pour ceux-ci avec les premiers froids; ils sont généralement peu féconds, et ne produisent ordinairement que deux ou trois petits.

Cette tribu se compose de neuf genres, dont les plus impor-

/UOL(^GlK.

lants à coiinailrc soûl les ours, les ratons , les blaireaux et les gloutons.

La tribu digitigrades renferme les animaux les plus sauvages qu’on a divisés eu six genres : les martres, les loutres, les chiens, les civettes et les chats. Le genre chien a été partagé en deux sous-genres : les ehiens ou loups et les renards. Les civettes ont sous leur queue une (loche profonde, destinée à recevoir line humeur très odorante nommée civette. On compte plus de trente espèces pour le genre chat, si remarquable par ses ongles rétractiles, dont les principales, pour l’ancien continent, sont le lion, le tigre, la’ panthère , le léopard, le chai ordinaire, et pour rAmérique le jaguard.

La tribu des amphibies comprend toutes les espèces de mammifères à quatre pattes, dont les doigts sont réunis par une mem- Lrane , cl armés d’ongles distincts. Ce groupe est entièrement artificiel , tpioiqiie toutes les cspèct s qu’il rapproche se ressemblent par le milieu dans lequel elles vivent , puisqu’elles sc trouvent presque toujours dans l’eau , d'où elles ne sortent que pour se traîner avec peine sur le rivage; il faut avouer cependant qu’elles different beaucoup entre elles par leur organisation intérieure. On les a partagées en trois genres, d’après les dents : tantôt les dents .sont de trois sortes, comme dans les phoques; tanlôt d’une ou de deux sortes seulement, comme dans les morses et les lamantins.

Il ne faut pas confondre les amphibies avec les amphibiens dont nous parlerons plus bas, en traitant de la classe des reptiles.

4^ ordre des rongeurs se compose d’espèces nombreuses qui habitent toutes les parties du globe; celles qui vivent dans le Nord présentent en général une belle fourrure. On recherche celle du petit-gris , du hamster i.\. surtout du chinchilla.

L’ordre des rongeurs est tellement naturel, qu’il est très difficile d’y établir de grandes coupes; on les divise cependant en deux sections : la première est celle des claviculés, qui ont des clavicules complètes, s’articulant avec l’omoplate et le sternum, ce qui permet à leurs membres antérieurs des mouvements plus variés; la seconde coniprend les aeléidiens, qui n’ont point cet os, ou qui l’ont trop court pour servir à écarter l’épaule du sternum.

On compte neuf genres parmi les rongeurs claviculés : les écureuils, les inarmolles, les loirs, les cliinchillas , les taupes, les rats , les gerljoises et les castors. Ces derniers sont remarquables par l’art avec lequel ils construirent leur demeure, et par le

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produit qu’ils fournissent à la noiédecine , connu sous le nom de castoréum.

La section des rongeurs aciéidiens ne se compose que de trois genres principaux: les porcs-épics, les lièvres et les cabiais.

50 Les espèces composant l’ordre des édentés sosjt des animaux timides et paresseux; ils apparliennent exclusivement aux contrées méridionales de l’ancien et du nouveau continent, et se divisent naturellement en deux fc milles : les tardi^rades qui se distinguent par leur face courte et arrondie, et par la présence de canines; et les édentés propres ^ qu’on recpnnaît à leur museau allongé et pointu, et à l’absence de canines.

60 Les espèces qui composent l’ordre des marsupiaux appartiennent toutes, à ^exception d’uu genre, à la Nouvelle-Hollande ou aux îles qui en dépendent, fait non moins remarquable que l’existence exclusive des makis dans l’île de Madagascar. On dirait que chaque continent, ainsi que les îles d’une étendue considérable , ont des espèces d’animaux qui n’appartiennent qu’à eux seuls.

On divise les marsupiaux en cinq familles : les pédirnanes ou sarigues qui ont des canines également longues aux deux mâchoires, et le pouce opposable aux autres doigts, aux membres postérieurs; les thjlacinés ^ qui ont les canines des précédents sans avoir le pouce opposable; les phaîangers ^ qui manquent d’incisives inférieures ou qui les ont extrêmement petites, et qui ont les membres terminés en mains comme les pédirnanes ; les macrotarses , dont les membres postérieurs sont de beaucoup plus longs que ceux de devant, et qui sont dépourvus de canines ou les ont très petites; enfin les monotremes ^ qui manquent complètement de dents, et dont les pattes sont extrêmement courtes et les doigts ordinairement palmés.

70 L'ordre des pachydermes se divise en deux familles : les prcboscidiens et les pachydermes proprement dits.

On ne compte que deux genres dans la famille des proboscidiens : les mastodontes ^ qui ont disparu dans les révolutions du globe et qu’on ne rencontre plus qu’à l’état fossile, et les éléphants qui sont si remarquables par la longueur de leurs défenses et par la conformation singulière de leur nez qui s’allonge en forme de tube, et constitue une trompe cylindrique dont ils se servent comme organe de préhension. Il existe deux espèces dans ce genre ; l’éléphant des Indes et l’éléphant d’Afrique. Jadis il existait une troisième espèce ^ le mammouth , qui habitait les

ZOOLOGIE

pays les plus froids. La famille des pachj^dermes propres se compose d’espèces qui , à rexception du sanglier, n’habitent que les contrées méridionales des deux continents. Cette distriluîtioa géographique rendait inutile pour eux une fourrure bien fournie; aussi leur peau est-elle presque entièrement nue; en compensation, elle est d’une grande épaisseur; queUjuefois même il se trouve au-dessous d’elle une large couche de lard qui est bien suffisante pour garantir leur corps des vicissitudes atmosphériques auxquelles il peut être sujet.

On compte, dans la famille dont nous parlons, quatre principaux genres dont les espèces subsistent, et sept qui ont entièrement disparu de la surface du giobe et dont le sein de la terre recèle les ossements. Des quatre genres encore vlvaids, deux ont les doigts en nombre impair comme les éléphants : ce sont les rhinocéros et les tapirs^ deux autres les ont en nombre pair et se rapprochent un peu plus des ruminants : ce sont les cochons et les hippopotames.

8® L’ordre des solipèdes est peu nombreux et ne comprend qu’un seul genre, celui des chevaux [equus) , qui comprend les espèces d’auimaux les plus utiles à l’homme: le cheval, l’âue , le zèbre , le daw , etc.

9® L’ordre des ruminants se divise, d’après la présence on rahsence des cornes , en deux familles.

Les ruminants sans cornes ne contiennent que trois genres : les chameaux , les lamas et les chevrotains. Ce dernier genre contient une espèce, le moschus moschiferus^qui nous fournit le musc.

Les ruminants à cornes se divisent en trois tribus : ceux à

cornes caduques ; ceux à cornes persistantes et recouvertes par la ]îcan; ceux à cornes creuses, La prcmièi e tribu ne contient que le genre cerf ; la seconde que le genre gii afe. La troisième tribu, les ruminants à cornes creuses, se compose de quatre genres : les antilopes, les chèvres, les brebis et les bœufs.

lo” L’ordre des cétacés se divise en deux familles : les cé-

tacés herbivores qui se trouvent particulièrement dans les mers méridionales et dans les grands ücuves qui s’y jettent ; une seule espère fréquente l’océan boréal. La principale espèce de cette famdle est le lamantin. L s cétacés souffleurs se rapprochent plus encore de la forme des poissons; ils ne sortent jamais de l’eau : ils nous fournissent l’huile de poisson. On les divise en deux irilnts : les delpliinoïdes , qui comprennent les genres dauphin , marsoniu et les narvals, et les inacrocépliales 011 cétacés

H isiol ni-: N A r ü f. eu. k .

h grosse tête, qni comprennent deux genres împojiaals, la Imîeûie et le cachalot.

Deuxième classe. — Les oiseaux.

On a divisé la classe des oiseaux en six ordres, d’après la structure du bec, des pieds, la conformation des ailes : i" les rapaces ou oiseaux de proie ; 20 les passereaux ; 3*^ les grimpants ; 4" les gallinacés ; 5®, les échassiers; les palmipèdes.

Les oiseaux de proie ont les tarses courts, trois doigts en avant et un en arrière, tous libres et armés d’ongles forts et crochus; enfin le bec recourbé et très robuste ; tels sont Vaigle , Vautour, etc.

Les passcreûux, ou oiseaux chanteurs, ont aussi quatre doigts libres, t;>dis en avant et un eu arrière, les tarses faibles ou médiocre^ le bas de la jambe emplumé et le bec variable pour la form^ mais sans être jamais crochu comme celui des rapaces. Le merle, le moineau, le colibri, etc., sont dans ce cas.

Les grimpeurs se reconnaissent très aisément à leurs doigts dhigés deux eu avant et deux en arrière (le pic, le perroquet, le toucan, etc.).

/ gallinacés, ou oiseaux de basse cour, ont trois doigts devant et un en arrière, tous armés d’ongles forts et obtus, le bec voûté supérieurement et à pointe émoussée, les narines en partie recouvertes par une écaille molle et renflée, le corps lourd et trapu, et le vol pesant et difficile (le coq, le dindon, la perdrix, etc.).

Ces quatre ordres ne renferment que des oiseaux terrestres; les deux suivants sont aquatiques.

Les échassiers, ou oiseaux de rivage , ont les tarses généralement longs, les jambes dénuées de plumes à leur partie inférieure, et les doigts extérieur et médian garnis d’une petite membrane à leur base (V outarde, le héron, etc.).

Les palmipèdes, ou oiseaux aquatiques, ont le plumage lisse et serré, les pattes placées à l’arrière du corps, les tarses courts , et les doigts réunis par des membranes larges (le canard, la mouette, \hirondçlU-de-iner) ,

/OOiJUllE.

Troisième classe. — Les reptiles.

La classe des reptiles se divise naturellement en quatre ordres : les chéloniens ou tortues^ Xe.'S, sauriens ou lézards, les ophidiens ou serpents ^ et les batraciens ou grenouilles.

Les chéloniens ont le cœur à deux oreillettes, le corps enveloppé dans deux boucliers solides, les meml)res au nombre de quatre, les formes courtes et les mâchoires sans dents.

sauriens ont aussi le cœur à deux oreillettes; mais leurs formes sont toujours plus allongées et leurs mâchoires garnies de dents; leur corps est couvert d’ccailies et sans boucliers, et leurs membres sont au nombre de quatre ou rarement de deux seulement.

3''» ophidiens ont-, comme les précédenis , le cœur à deux oreillettes , les mâchoires garnies de dents , le corps allongé et presque toujours couvert d’écailles* mais ils manquent complètement de membres.

4*^ Les batraciens ont le cœur à une seule oreillette, le corps sans écailles et simplement enduit d’un liquide visqueux et gluant, les mâchoires tantôt garnies, tantôt dépourvues de dents, les mend)res le plus souvent au nombre de quatre, mais quelquefois de deux seulement.

L’ordre des chéloniens comprend trois principaux genres: les emydes, les chélonées et les tortues. On connaît plus de vingt espères de ce dernier genre ; deux existent sur tous les rivages de la Méditerranée : la tortue grecque et la tortue géométrique. Il y a aux Indes une espèce qui pèse jusqu’à 200 livres. On se sert de la chair des tortues pour composer un bouillon médicinal; leurs œufs, qu’ils {ilaceiit dans le sable, peuvent être employés comme aliments.

ordre des saunetis ne formait jadis qu’un seul genre; on le divise maintenant en sept familles : les crocodjîiens, les lacertiens ou lézards, les iguanien*-, les geksofiens, les camcléonjens, les sciiicoïdicns cl les paléosaures : ces derniers ne se trouvent pins qu’à l’élat fossile.

Lordre des ophidiens^i été divisé par Cuvier en trois familles : ï les anguisou orvets; 2'’ les seiqients vrais; S'’ les serpents nus. La deuxième famille a été divisée en trois tribus : celle des doubles marcheurs, celle des serpeiUs sans venin, les boas, les couleii-

HISTOIRE NATURELLE

o'iS

vres, et celle des serpents venimeux, les serpents sonnettes, les vipères. Les serpents venimeux sont pourvus d’une glande particulière, située de chaque côté de la tête , qui verse au-dehors le venin quelle sécrète par un conduit excréteur aboutissant a Tune des dents maxillaires de la mâchoire supérieure , dont la conformation est modifiée pour être en rapport avec les usages auxquels elle est destinée. Cette glande est placée sous les muscles temporaux , de manière à être comprimée par leur contraction , et cette dent, plus gtande que les autres, est tantôt percée d’un canal, et tantôt creusée d’un sillon seulement; mais, dans l un et l’autre cas , le conduit qu’elle présente est en communication avec le canal excréteur de la glande vénimeuse, et sert à verser le venin au fond de la plaie faite par la dent elle-même. Ce venin est un des poisons les plus violents. Il i/est ni âcre, ni brûlant , ne produit sur la langue qu’une sensation analogue à celle occasionnée par une matière grasse, et peut être avalé impunément ; mais, introduit en quantité suffisante dans une plaie , il donne la mort avec une rapidité effrayante.

Son énergie varie suivant les espèces et suivant les circonstances dans lesquelles le serpent se trouve. La même espece paraît être plus dangereuse dans les pays chauds que dans les pays froids ou tempérés.

\] ordre des batraciens if est pas nombreux ; il forme cependant troi-. familles bien disiinctes : les anoures , qui respirent par des poumons, et qui manquent de queue comme les grenouilles; les uroJcles,i\\i\ respirent également par des poumons, mais qui ont nue queue comme les salamandres; et enfin es pneumobranches , qui ont une ipieue comme les urodeles , mais qui ont des poninons et des branchies en même temps, tels sont les protées et les sirènes.

Ce qui dlAiugue surtout les batraciens de tous les autres vertélu’és, ce sont U s métamorphoses ou changements qu ils éprouvent dans leur forme extérieure et dans leurs organes intérieurs durant les premiers temps de leur existence. Au moment ou Us sortent de l’œuf, où ils oui pris naissance, ils respirent par des branchies; leur corps est piriforme, dépourvu de membres et terminé par une nageoire semblable à celle d un poisson, et euis habitudes sont exclusivement aquatiques; ils portent alors le nom de têtards. Mais peu à peu ces formes s’allèrent, les branchies disparaissent pour faire place à des poumons, et leur respira ion devient aérienne. Quelquefois cependant le batracien conserve

ZOOLOGIE

ses braiK'hies en même temps qu’il prend des poumons. Dans ce cas, l’auimal a la respiration aquatitjue et la respiration aérienne en même temps.

On donne encore le nom à\iJ7',pJiibiens à cette classe de reptiles, qii’il ne faut pas cowfondre avec les amplidnes qui forment une tribu de l’ordre des cétacés. ( page 553.J

Quatrième classe, — Les poissons,

La classe des poissons se partage en deux séries principales , mais très différentes en nombre, d’après la nature du squelette: la plus petite est celle des chondroptérygiens ou poissons cartila~ guieux ^ qui n'ont pas de véritables os, mais de simples cartilages; la seconde est celle des ostéoptérygiens poissons osseux, poissons proprement dits qui sont pourvus d’arêtes osseuses. Chacune de ces séries se subdivise en ordres et en familles , d’après différents caractères tirés de la nature des branchies, de l’appareil qui les recouvre (opercule et membrane braiichiostège), de la nature et de la position des nageoires , etc.

Preuiière série. — Poissons carlilagirieux.

Les poissons cartilagineux se partagent en deux ordres , selon qu’ils ont les branchies libres par leur bord externe , et ouvertes par une fente garnie d’un opercule , ou bien des branchies fixées de ce côté à la peau , et ouvertes par plus eurs trous percés dans celte peau. L’ordre des cartilagineux à branchies fixes comprend deux familles : les suceurs ou cyclostomes à bouche ronde au bout du museau, et les sélaciens ou plagiostomes à bouche transverse sous le museau. Les poissons cartilagineux à branchies libres ne comprennent qu’une famille, les sturioîiiens. Nous citerons comme genres principaux, parmi les suceurs , les lamproies-, parmi les sélacjens, les squales , genre qui renferme les plus gros poissons connus ; on leur donne ordinairement le nom de cJiiens de mer, de requins. Les raies, qui ont le corps plat et semblable à un discpie, terminé par une queue grêle ; la torpille, poisson célèbre [)ar la propriété de donner à volonté une comniotion électrique aux hommes et aux animaux qui la louchent ; les sturiouiens ne forineul que deux genres, dont l’im est celui des esturgeons, poissons dont la forme générale est celle des

niSTOiUE NATÜRELEE.

mo

squales, mais dont le corps est plus ou moins garni d\'cussoiis osseux, implantés sur la peau en rangées longitudinales.

Deuxième série, — Poissons osseux.

Les poissons osseux se partagent en six ordres, qui sont : les plectognates , les lophokranch.es , les malacoptérygiens abdojninaux , les malacoptérygiens subrachiens ^ les malacoptérygiens apodes, les acanthoptérjgiens. Ceux du premier ordre, les pleclognates, se rapprochent des chondroptérygiens par le durcissement tardif du squelette, et par leurs mâchoires incomplèîes ; leur caractère consiste en ce que l’os maxillaire et l’arcade palatine sont soudés avec le crâne, et par conséquent incapables de mouvement. On en fait deux familles: les gymnodoiites à

mâchoires garnies d’ivoire au lieu de dents, tels soûl les genres diodon , tétradon et mole', 2® les sclércdennes , qui ont des dents , la. bouche au fmul du museau, et la peau généralement âpre, revêtue d’écailies dures ou de pièces osseuses; ils forment deux genres : les balistes et les cofres. Tous les poissons des ordres suivants ont des mâchoires complètes, où le maxillaire et l’arcade palatine jouissent chacun d'une mobilité distincte. L’ordre des lophobranches se distingue par ses branclùes, qui, au lieu d’avoir la forme de dents de peigne , ont celle de petites houppes. Les trois ordres qui suivent renferment les poissons osseux malacoptérygiens, c’est-à-dire à rayons mous, que l’on subdivise, d'après la position des ventrales, en abdominaux , sitbhrachicns et apodes. Le premier ordre, celui des malacoptérygieus abdominaux , est le plus nombreux des trois ; il contieut la plupart des poissons d’eau douce. Ou le subdivise eu cinq familles; la première est celle des saumons qui ont deux dorsales, l’une à rayons mous et l’autre adipeuse ; ce sont des poissons écailleux très voraces, qui remontent presque tous dans les rivières. Principaux genres: les saumons ou les truites, les éperlans , les ombres. La deuxième famille ,• celle des harengs ou des dupes diffère de la précédente en ce qu’elle n’a point de dorsale adipeuse : elle comprend un grand nombre de poissons de rivière et de poissons de mer, dont une p.artie remontent dans les llt^uves vers le temps du frai. Principaux genres : les harengs proprement dits , auxquels se i apportent les sardines et les aloses. La troisième famille , celle des ésoces , renferme des poissons voraces, dont plusieurs remontent dans les eaux douces; elle se

Z()oî.( gh:.

divise en trois genres : les brochets , qui sont connus de loiit le jnonde ; les exocets ou poissons 'volants, dont les nageoires pectorales sont assez grandes pour les soutenir queUpies moments en l’air lorsqu’ils s’élancent hoesdeTeau; les morinjres à\\ Nil. La quatrième famille, celle des cyprins, se compose de poissons d’eau douce, qui sc tiouvent sous ,outes les latitudes. Principaux genres : les carpes, La cinquième famille est celle des silu^ roides, poissons qui n’ont point d’écaiiles, mais une peau unie ou de grandes plaques osseuses ; presque tous vivent dans les rivières des pays chauds. Principaux genres: les silures. L’ordre des malacoptérygiens subbrachiens, renferme les genres à rayons mous , qui ont les ventrales adhérentes à l'appareil de l'épaule, c’est-à-dire qui les ont jugulaires ou thoraciques. Il se subdivise en trois familles ; les gades, les pleuroneclcs et les discoboles \ aux gates appartiennent la morue, le merlan, la lotte; aux pieu» ronecles, vulgairement dits poissons plais, le carrelet, la limande, les soles ; aux discoboles les porte- écuelles.

L’ordre des malocoptérygiens apodes ne forme qu’une famille, celle des anguilliformes, poissons qui ont tous une forme allongée , comme le serpent ; à ce genre appartiennent les anguilles, les gymnotes dont une espèce est douée d’un appareil électrique si formidable qu’il peut renverser les chevaux.

Le dernier ordrejdes poissons, celui des acanthoptérygiens qui ont les rayons du dos épineux au moins en partie, est le plus nombreux de tous ; il a été divisé en huit familles : i ® les tœniodes comprenant les rubans, les sabres ; 2° les exemple :

hlenni, bonlereaux ; 3« les lahrdidcs, exemple : labres, scares; 4 O les spardides, exemple : les sparres, les serrants; 5® les perches, exemple :mulles, surmulets, rougets; 6® les scombéro'ides, exemple: scombes, espadon; 70 squammipennes , comprenant l’anabas qui peut garder de l’eau dans la cavité de ses branchies et qui peut sortir de l’eau et grimper sur les palmiers; 8® les bouches en Jlûte , exemple : fislulaires eteentrisques.

UEUXIKME EMBRANCHEMENT. MOLLUSQUES. [T'oy. page 5

Ou a divisé les mollusques en cinq classes :

I® Les céphalopodes se reconnaissent en ce qu’ils ont une teto distincte, la bouclic entourée de tentacules ou bras au nombre de huit ou dix, et la cofpiiile svmélriquc, (junnd elle existe (le poulpe, la seiche).

HISTOIRE NATTJBKLLE.

Les ptéropodes ont aussi une tête distincte; mais au lieu de tentacules, ils ont des espèces de nageoires placées, comme des ailes, de chaque côté de la bouche; leur coquille, quand ils eu ont, est très frêle et très délicate (les hyales).

3® luts, gastéropodes ont encore la tête bien distincte, mais ils n’ont ni ailes ni tentacules comme les précédents, et ils rampent sur un disque charnu ou pied placé à la partie inférieure de leur corps; leur coquille est toujours imivalve et plus ou moins contournée en spirale (la limace^ le colimaçon ^ le buccin).

4^ Les manquent de tête, ainsi que l’indique leur

nom ; leur bouche est cachée au fond de leur manteau^ dans lequel on trouve aussi les principaux viscères de l’animal {Xhuitre^ la moule).

5*^ Enfin les chrhopodes ressemblent aux acéphales par le défaut de tête et parla disposition de leur manteau; mais ils en diffèrent en ce qu’ils ont des espèces de membres cornés et articulés , avec UH système nerveux analogue à celui des animaux de rembranchement suivant (les anatifes).

TROISIEME EMBRANCHEMENT. — ARTICULES. ( O/, page 549*)

On divise les animaux articulés en quatre grandes classes : les annélidcs , les crustacés , les arachnides et les insectes.

•Les annélides, ou vei's à sang rouge, constituent la première; leur sang, généralement coloré en rouge comme celui des animaux vertébrés, circ^nle dans un système double et clos d’artères et de veines, qui a quelquefois un ou plusieurs cœurs ou ventricules charnus assez marqués; ils respirent dans des organes qui tantôt se développent au dehors tantôt restent à la suriace de la peau ou s’enfoncent dans son intérieur. Leur corps , plus ou moins allongé , est toujours divisé en anneaux nombreux, dont le premier, qui se nomme tête, esta peine différent des autres, si ce n’est par la présence de la bouche et des principaux organes des sens. Plusieurs ont leurs branchies uuiformémeiit répandues sur la loî)guenr de leur corps ou sur son milieu; daulresj et ce sont en géi'.éral ceux qui habitent des uiyaux, les ont toutes à la partie antérieure. Jamais ces animaux n'ont de pieds articules; mais le plus grand nombre porte au lieu de pieds des soies ou des faisceaux de soies roides et mobiles. Ils sont généralement hermaphrodites et queitjues uns ont besoin d un accouplement réciproque. Iieurs organes de la bouche consiteiit , tantôt eu

ZOOLüGlt;.

mâchoires plus ou moins fortes, tantôt on un simple tube ; ceux des sens extérieurs en leutacules charnus et quelquefois articulés, et en quelques points noirâtres, que Ton regarde eoiinne des yeux, mais qui n’existent pas dans toutes les espèces.

Les crustacés constituent la seconde forme ou classe des animaux articulés. Ils ont des membres articulés et plus ou moins compliqués, attachés aux côtés du corps. Leur sang est blanc et circule par le moyeu d’un ventricule charnu placé dans le dos , qui le reçoit des branchies situées sur les côtés du corps, ou sa partie postérieure, et où il retourne par un canal ventral quelquefois double. Dans les dernières espèces, le cœur ou ventricule dorsal s’allonge lui-même en canal. Ces animaux ont tous des antennes ou filaments articulés, attachés au-devant de la tcte, presque toujours au nombre de quatre, plusieurs mâchoires transversales et deux yeux composés. C’est dans quelques unes de leurs espèces seulement que i’on trouve une oreille distincte.

La troisième classe des animaux articulés est celle des arach^ nides^ qui ont, comme un grand nombre de crustacés, la tête et le thorax réunis en une seule pièce, portant de chaque côté des membres articulés , mais dont les principaux viscères sont renfermés dans un abdomen attaché en arrière de ce thorax; leur bouche est armée de mâchoires, et leur tète porte des yeux simples en nombre variable , mais ils n’ont jamais d’antennes. Leur circulation se fait par un vaisseau dorsal qui envoie des branches artérielles et en reçoit de veineuses; mais leur respiration varie, les uns ayant encore de vrais organes pulmonaires qui s’ouvrent aux côtés de l’abdomen , les autres recevant l’air par les trachées comme les insectes. Les uns et les autres ont cej)eijda!it des ouvertures latérales, de vrais stygmates.

Les insectes sont la quatrième classe des animaux articulés, et en même temps la plus nombreuse de tout le règne animal. Excepté quelques genres ( les myriapodes) dont le corps se divise en un assez grand nombre d’articles à peu près égaux, ils l’ont partagé en trois parties : la tête qui porte les antennes, les yeux et la bouche; le thorax ou corselet qui porte les pieds et les ailes, quand il y en a; et labdomen qui est suspendu en arrièi e du thorax et renferme les principaux viscères. Les insectes qui ont des ailes ne les reçoivent qu’à un certain âge, et passent sou vent par deux foraies plus ou moins difléreutes avant de prendre celle d’insecte aüé. Dans tous leurs

lllSTüiriK NAi'biiüLLfe.

états ils respirent par des trachées , c’est-à-dire par des vaisseaux élastiques qui reçoivent l’air par des stygmates percés sur les colés et le distribuent en se ramifiant à l’infini dans tous les points du corps. On n’aperçoit qu’un vestige de cœur, qui est un vaisseau attaché îe long du dos, et éprouvant des contractions alternatives, mais auquel on ifa pu découvrir de hrauehes; en sorte que l’on doit croire que la nutrition des parties se lait par imbibition. C’est probablement cette sorte de nutrition qui a nécessité l’espèce de respiration propre aux insectes, parce que le üuide nourricier qui n’était point contenu dans des vaisseaux , ne pouvant éire dirigé vers des organes pulmonaires circonscrits pour y chercher 1 air, il a fallu que l’air se répandît par tout le corps pour y allcindre le fluide. C’est aussi pourquoi les insectes n’ont point de glandes sécrétoires, mais seulement de longs vaisseaux spongieux qui paraissent absorber , par leur grande surface dans la masse du fluide nourricier, les sucs propres qu’ils doivent produire.

Les insectes varient à l’infini par les formes de leurs organes, de la bouche et de la digestion, ainsi que par leur industrie et leur manière de vivre; leurs sexes sont toujours séparés.

Les crustacés et les arachnides ont été long-temps réunis avec les insectes sous un nom commun , et leur ressemblent à beaucoup d’égards pour la forme extérieure et pour la disposition des organes du mouvement, des sensations et meme de la manducation.

Première classe, — ÀnnelideS,

La classification des annélides est fondée Sur la présence oü l’absence des branchies, des soies et du tube calcaire dans lequel leur corps se trouve renfermé. D’après cela, on divise ces animaux en trois ordres ou familles : les tubicoîes ^ les dorsibran^ ches et les abranches,

I* Les tubicoîes habitent un tube tantôt calcaire, tantôt simplement membraneux, ont leurs branchies sur la partie antérieure du corps et leurs soies locoino!rices un peu derrière ces organes. Ils sont tous sédentaires.

2® Les dorsibranclics ont le corps mi , les branchies sur le dos ou sur les côtés, et leurs soies disposées parfois tout le long du corps. Ils errent librement dans le sein des eaux.

3^^ Les abra?ichcs n’ont pas de branchies apparentes cl leurs

ZOOLüGli:.

soies sont très courtes et souvent nulles. Ils se tiennent dans la vase et se meuvent par les ondulations de leur corps.

Parmi les annélides les plus intéressants sont le lombric ou ver de terre et les sangsues.

Deuxième classe. — Cnislacés,

On divise les crustacés en trois ordres.

Les uns ont le test dur et calcaire , de dix à cpiatorze pieds , articulés et ambulatoires, deux yeux bien distincts et supportés par un pédicule mobile ; ce sont ecj'eeisses , les crabes,^

•2” Les autres ont le test et les pieds des précédents; mais leurs veux , cjui sont aussi parfaitement distincts, sont sessiles, c est- Ldire placés à fleur de tête; on les appelle hédriophtkalmes , mot "rec qui *’eut dire yeux sessiles (les crevettes., les cloportes).

^ 30 Les autres enfin ont le test généralement mince et corné , les pattes natatoires et aplaties à leur extrémité, et le plus souvent un seul œil; ou, quand ils en ont deux, ils ont plus de vingt pattes; ce senties entomostracés , animaux bizarres ou microscopiques.

Iroisièrne classe. — Arachnides,

On divise les arachnides en deux ordres.

Les pulmonaires qui ont des poumons, un cœur et des vaisseaux; leurs yeux sont lisses et au nombre de six ou huit; cet ordre comprend les mycales, les araignées, les lycoses et les tarentules.

Les trachéennes manquent d’organes pour la circulation et ont des trachées qui s’ouvrent sur les côtés de rabdomen par des stygmates; elles n’ont que quatre yeux lisses; ces espèces comprennent les faucheurs, les acarus, le ciron , etc.

Quatrième classe, — Insectes,

La classe des insectes est la plus nombreuse du règne animal. Latreille la divise en douze ordres.

Le premier ordre, les myriapodes, a plus de six pieds (vingtqualreet au-delà), disposés dans toute la longueur du corps, sur unesuite d’anneaux qui en portent chacun uneoii deux paires,dont la première, et même, dans plusieurs, la seconde, semblent faivj

HISTOIRE NATURELLE

partie de la bouche; ils sont aptères. Cet ordre comprend les scaligères et les scolopendres. Quelques auteurs en font une classe à part des insectes.

Le second ordre, les thysanoures ^ a six pieds, et l’abdomen garni sur les côtés de pièces mobiles en forme de fausses pattes, ou terminé par des appendices propres pour le saut. On trouve dans cet ordre les podures et les lépismes.

Le troisième ordre, les parasites , a six pieds , manque d’ailes, n’oftre pour organe de la vue que des yeux lisses; leur bouche est, en grande partie, intérieure, et ne consiste que dans un museau renfermant un suçoir rétractile, et dans une fente située entre deux lèvres avec des mandibules en crochet. Le pou et le ricin se trouvent dans cette famille.

Le quatrième ordre, les suceurs , a six pieds, manque d’ailes; leur bouche est composée d'un suçoir renfermé dans 'une gaine cylindrique de deux pièces articulées. Exemple : la puce.

Le cinquième ordre , les coléoptères , a six pieds ; quatre ailes, dont les deux supérieures en forme d’étui; des mandibules et des mâchoires pour la mastication ; les ailes inférieures pliées simplement en travers, et les étuis crustacés (toujours horizontaux); ils subissent une métamorphose complète. Cet ordre est des plus importants; il se divise en un grand nombre de sections et de tribus. Les insectes les plus connus de cet ordre sont : les hannetons , les lucanes ou cerfs-volants , les cantharides , les charançons, les coccinnelles.

Le sixième ordre, les orthoptères, a six pieds ; qualî’e ailes, dont les deux supérieures en forme d’étui ; des mandibules et des mâchoires pour la mastication ( recouvertes à leur extrémité par une gaiète) ; les ailes inférieures, pliées en deux sens, ou simplement dans leur longueur , et les étuis ordinairement coriaces , le plus souvent croisés au bord interne ; ils ne subissent que des demi-métamorphoses. Cet ordre comprend le perceoreille , le grillon, la sauterelle, le criquet.

Le septième ordre, les hémiptères ^ a six pieds; quatre ailes, dont les deux supérieures en forme d’étui crustacé , avec l’extrémité membraneuse, ou semblables aux inférieures , mais plus grandes et plus fortes; les mandibules et les mâchoires remplacées par des scies formant un suçoir renfermé dans une gaine d’une seule pièce, articulée, cylindrique ou conique, en forme de bec. On trouve dans cet ordre les punaises, les cochenilles, etc.

Le huitième ordre, les névroptères , a six pieds ; quatre ailes

/,(M)1,0GIK,

membraneuses et mies; des mandibules et des machoiies ,.our

la mastication; leurs ailes sont finement reliciilees , et les inferieures sent ordinairement de la grandeur des supérieures ou plus étendues dans un de leurs diamètres. Ex. : fourmilion ,

^l,e ueuvièonc ordre, les hymé/ioptères , a six pieds, quatre ailes membraneuses et unes; des mandibules et des mâchoires pour la mastication; les ailes inférieures plus petites que les supérieures ; l’abdomen des femelles presque toujours termine par Ime taricM-e ou par un aiguillon. Cet ordre important e nombreux comprend les eymps, les fourmis, les guepes, les

“'‘Le* dixiéme ordre, les lépidoptères, a six pieds; quatre ailes membraneuses, couvertes de petites écailles colorées, semblables à une poussière; une pièce coriiee . en forme d epaulette, rejetee en ariiére, insérée au devant de chaque aile supérieure; les mâchoires remplacées par deux filets tubulaires, réunis et composant une espece de langue roulée en spirale .sur elle meme. Cet oi'.lre comprend les papillons.

Le onzième ordre, les rhipiptères , a six pieds; deux ailes meinbraneiises et plissées en éventail ; deux corps crustacés, mobiles, en forme de petits élytres , situes a 1 extrémité anterieure du thorax; et pour organes de la manducation, simples maehoires, en forme de soles, avec deux pulpes. Ordre très court

.formé du genre ténos et stylop. . . , -i

Le douzième ordre, les diptères, a six pieds; deux ailes inei braneuses étendues, accompagnées , dans presque tous, de deux corps mobiles, en forme de balanciers, situes eu arneie déliés; et pour organes de la manducation un siieoir d un nombre variable de soies , renfermées dans une gaine articulée le plus souvent sous la forme d’une trompe , terminée par deux levres. Cet ordre, extrêmement nombreux, comprend les cousins, les mouches, les taons, etc.

QUATRIÈME EMBR ANCHEMENT.— ZOOPHYTES. ( To/CZ SÜO.)

On divise les zoopbvtes en cinq classes, d après le plus ou moins de complicalion'de leur organisation ; ce sont les echinodermes , les entozoaires , les acalèphes, \e.?t polypes e es wicrozoaires ou infusoires. •

I" Les échinodermes se reconnaissent à lem- forme rayonnee,

TlISfOlRE NAïriilELLE.

à leur peau solide et généralement garnie d’épines , à leur canal intestinal presque toujours pourvu de deux ouvertures , et à la présence d’organes pour la respiration et la circulation. Exemple : les astéries.

2*’ Les entozoaires ont le corps allongé comme les vers , sans rayons bien marqués, excepté à la bouche, et un canal digestif à deux orifices, comme les précédents ; mais ils manquent d’organes distincts pour ta circulation et la respiration. Exemple : les ascarides, les ténias.

jo Les acaltphes manquent, comme les entozoaires, d’organes circulatoires el respiratoires ; mais leur forme rayonnée et leur cavité digestive à un seul orifice, jointes au peu de solidité de leur peau, suffisent abondamment pour les distinguer des animaux des deux classes précédentes. Exemple: les méduses, les phyjalies.

4® Les polypes sont de petits zoopliytes remarquables par la mollesse de tous leurs organes et par les bras ou tentacules qui entourent leur bouche. Exemple : les aclinies, les hydres, les corallines, les coraux, les madrépores.

50 Enfin les infusoires sont tous ces êtres microscopiques qui vivent en quantités innombrables dans les eaux dormantes, et dont la plupart ne montrent aucun organe bien distinct pour l’accomplissement de leurs différentes fonctions. Exemple : les vibrions, les monades.

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