‹ Manuel complet du baccalauréat ès-sciences physiques et mathématiquesChapitre 169 sur 234 · ACCROISSEMENT DES TIGES · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT DES TIGES

Tous les végétaux se développent en deux sens, en hauteur et en diamètre ; mais comme la manière dont s’opère cet accroissement diffère dans les dicotylédones et les monocotylédones^ nous étudierons chacun à part le développement de ces deux tiges.

ACCROSSSEMENT DE LA TIGE DES DICOTYLEDONES.

Accroissement en diamètre.

Parmi les opinions qui ont été émises pour expliquer le mécanisme par lequel cet accroissement a lieu, nous rapporterons seulement celles de MM. Duhamel, Dupetit-Thouars et Mirbel.

M. Duhamel ayant observé qu’au printemps , si l’on enlève une plaque d’écoice sur un arbre vigoureux, en ayant le soin de recouvrir la plaie d’une plaque de verre, on ne tarde pas à voir suinter un liquide visqueux, transparent, qui s étend sur toute la plaie. Cl’està ce liquide que Grew donnait le nom de cambium, Gelui-ci s’organise peu à peu, et finit par remplacer le liber qui avait été enlevé. De cette expérience , Duhamel conclut que tous es ans il se formait, au moyen de ce cambium, une nouvelle

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couche de liber pour remplacer celle qui s’étall cünverue eu aubier, en même temps <ine celui-ci s’est transformé en bois. On peut ainsi expliquer la formation des zones concentriques que présente le tronc des dicotylédones, mais il est loin delre prouvé que le liber se transforme bien en aubier. Quoi qu’il en soit, les couches sont souvent, pins épaisses d’un côté, ce qui s’explique l)ieii par le développement des racines du même côté, racines qui absorbent une pins grande quantité de sucs nourriciers.

Dans la théorie de Tv». Diipelit-Thonars, on admet que la formation successive des couches ligneuses est duc au développement des bourgeons, que ceux-ci puisant les matériaux de leur nutrition dans le parenchyme intérieur, sont, dès l’instant où ils se manifestent, animés, comme rcmhryon de la graine, de deux mouvementsopposés, l’un ascendant et faiitre descendant ; le premier produit la jeune branche elle second forme la couche ligueuse , en envoyant des fibres vers la partie inférieure de la plante; celles-ci glissent entre le liber et l’aubier , et s’y anastomosent avec les fibres des autres bourgeons. Considérant les bourgeons comme de véritables embryons, M. Diipelit-Thouars les désigne sous le nom {VefnOrjofis Ji.i'es, pour les distinguer de ceux qui sont dans la graine et qu’il nomme embryons libres. La base de la théorie du physiologiste que nous citons, repose sur les phénomènes de la greffe en écusson et sur le fait suivant : si l’on fait une forte ligature au tronc d’un arbre dicotyiédone, il se forme im bourredet circulaire au-dessus de la ligature et audessous; l’arbre cesse de ci uîlre en diamètre. Selon lui, le bourrelet ne se forme (pie par raccumulatioii des fibres qui ne peuvent descendre en raison de l’obstacle que présente la ligature. Cette théorie, qui n’est pas entièrement admise, a donné lieu à beaucoup de discussions qu’il n’entre pas dans noire sujet de rapporter.

M. Mirbel explique d’une autre manière la formation annuelle des couches ligneuses. Selon lui, elles sont produites par le cambium, qui, chaque année, forme à la fois une couche d’aubier et une couche de liber. Si, en effet, on examine une jeune branche à l’époque de la végétation, ou observe entre le liber et l’aubier une cou(die d’un fluide d’abord clair et limpide, qui peu à peu s’épaissit et prend de la consistance : c’est le cambium formé par la sève descendante, et mêlé à une partie des sucs propres du végétal ; ce fluide s’organise et fournit une nouvelle couche au liber et une nouvelle à l’aubier,

iîOTAMQlJK.

Celte iliéorle, (jul paraît la plus satisfaisante, explique parfaitement aussi Tor^anisation du liber, que nous avons vu être composé de plusieurs feuillets réunis les uns aux autres par une rouelle très mince de tissu cellulaire.

Jc'C/'oisseme/i£ en hauteur.

C‘esl encore à Taide de la théorie de M. Mirbel que l’on peut expliquer raccroissemeiit en hauteur des tiges dicotylédones. En effet, quand on soumet une graine à la germination, la plumule s’élève vers le ciel, le camliium s’organise et croît en hauteur jusqu’à rautomne; alors il s’arrête, et l’on a ainsi une tige formée d’un cône allongé. Au printenijjs suivant, l’exlrémite deda moelle que contient ce cône s’allonge, une nouvelle couche de cambium s’organise et forme un second cône d'anhier et de bois; à oeluî-ei <‘haqne année en ajoute un autre, de sorte que le tronc n’est formé (joe d’une séiie de cônes emboîtés les nus dans les antres, dont la offre autant de couches que l’arbre a d’aimées.

ACCKOISSKMEXT DE LA TIOE OES MÛNOCOTVLÉDONES.

Ti’accruissement de cos végétaux est très peu marqué en diamètre. Par exemple, après la germination d’un palmier, on ne voit point de ligelle; mais les feuilles qui forment la pliimule, d’abord plis'<ées ‘'ur eües-mèrnes, se déroulent et se déploient eu formant un faisceau eireulaire a\i-dessus du collet de la racine, iiu rentre de ce taiscraii, s’élève l’année suivante un autre bouquet de feuilles entièrement semblable au premier. Alors les letiilb s anciennes sont ie{)onsu'‘es à la ci rcoiii’é ronce, se dessèchent et tombent; mais leur base persistant et se soudant, constitue un anneau solide qui devient la base du stipe chaque année augmente d’un semidabie anneau, de sorte que le stipe se trouve eoinposè d'anneaux superposés les uns aux autres, au beu de l’èlre de couches concentriques,

Pour terminer tout ce (jui a rapport à l’accroissement des tiges et à la foruialion des (il)res du j)a!mier, et peut-être de toutes les tiges mouocotylédones, il ne nous reste pins qu’à rapporter t‘ii abrégé les oliservations queM. MobI a faites sur la disposil ion des fibres du palmier, et sur la tliéorie par laquelle ou peut expliquer dans le stipe une densité plus grande à l’extérieur qu’à riiilérieur.

HISTOIRE NATURELLE

Si l’on coupe transversalement une tige de palmier, nous avons vu que l’extérieur offrait un épiderme épais, contenant à l’intérieur une masse de tissu cellulaire dans lequel se trouvait une multitude de faisceaux de fibres qui vont cm diminuant de la circonférence au centre. Si au lieu d’une coupe transversale on en fait une longitudinale, ou aperçoit la même composition, mais les fibres sont entrecroisées de manière à former un lacis inextricable. On a cru long temps que ces faisceaux se formaient de telle sorte, que ceux qui correspondent aux feuilles les plus intérieures étaient aussi les plus intérieurs , et qu’en se formant ainsi elles descendaient parallèlement à l’axe et en droite ligne. Dans cette hypothèse, les fibres les plus anciennes se trouvaient repoussées; de là venait la plus grande densité du boisa l’extérieur. On donna aux végétaux qui offraient ce mode d’accroissement le nom endogènes. Mais si l’on suit les fibres avec beaucoup de soin, en les prenant du côté des feuilles, on voit que d’abord elles se dirigent en dedans, puis marchent verticalement, et après quelque temps reviennent du côté de la circonférence pour se perdre dans la partie la plus extérieure, en sorte que la fibre qui correspond à la feuille fa plus intérieure ou la plus nouvelle est justement la plus extérieure.

Cette remarque a été faite depuis sur quelques autres végétaux, notamment de la famille des graminées.

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