FORMÉS PAR LES EAUX
Nous avons étudié, dans le paragraphe précédent, les divers terrains formés par les eaux et les roches qui les composent. J Nous avons indiqué comment ils s’étaient successivement dé-l posés, nous allons nous résumer en montrant quels sont les moyens précis de déterminer l’âge de ces terrains. Presque dans aucun lieu, on ne remarque la superposition complète de terrains formés par les eaux, il en manque souvent plusieurs; mais ce qui n’arrive jamais, sauf quelques cas exceptionnels, c’est de voir un terrain d’une époque antérieure, placé au-dessus d’un terrain , qui , dans l’ordre de leur succeiision , devait lui être supérieur. Ainsi , par exemple , on ne voit pas le terrain secondaire superposé au terrain tertiaire, on ne rencontre jamais le calcaire, à bâtir, de Paris au-dessous de la craie, ni la houille au-dessus du calcaire du Jura, etc. Mais il arrive souvent que , dans certaines localités, les terrains qui séparent deux époques antérieures peuvent manquer en totalité, de telle sorte que ces deux terrains extrêmes se trouvent immédiatement superposés. En effet, c’est sur la surface très inégale des terrains les plus anciens présentant des éminences et des enfoncements , des bassins et des saillies, que les autres se sont successivement déposés, il a dû arriver que lorsque ces bassins n’ont pas été entièrement comblés
GKOLOGIE.
par les premiers dépôts, leurs ;parties les plus saillantes se trouvaient encore à nu, quand une nouvelle cause est venue changer la nature des dépôts. Une cause très puissante a dû encore agir, celle des feux souterrains et des soulèvements; elle a dû soulever et meure à nii des portions de terrains anciens. Par suite de ces soulèvements de terrains les couches sédiraenteuscs qui primitivement avaient une portion horizontale, en ont pris une très inclinée et quelquefois mênie verticale; il résulte de cette disposition que ce ne sont plus les faces de ces couches, mais leurs côtés qui forment la superficie du sol.
Quoi qu’il eu soit, il est souvent très important de déterminer d’une manière positive la série chronologique des terrains. Cette connaissance donne les moyens de prévoir, d’après la nature de la surface du sol, les dépôts'qu’^»^ doit successivement rencontrer, en pénétrant dans un lieu donné, dans les entrailles de la terre, et quels sont ceux qu’ou ne peut pas logiquement espérer trouver.
Si toutes les couches se trouvai- nt superposées dans un même lieu, rien ne serait plus facile que la détermination de leur ancienneté, car les plus profondes devraient être regardées comme les plus anciennes et successivement. Mais s’il s’agit de déterminer l’âge relatif de trois couches, qui ne se rencontrent point réunies en aucun lieu de la terre, on comparera leur ancieunelé de formation, deux à deux, au moyen de ces comparaisons il sera facile d’élabhr leur âge relatif.
8® I.F.S mêmes moyens teuvent-ils servir tour classer, dans
l’ordre de leur ancienneté, les dépôts d’origine ignée.
On ne peut indiquer avec autant de certitude l’âge des depots ignés. On comprend sans peine que la meme roche, qui a été soulevée des profondeurs de la terre, et qui est venue, à 1 état liquide ou pâteux, s’épancher sur les couches déjà solidifiées, a pu s’intercaler entre ces couches solides, et se placer souvent à la fois au-dessus et au-dessous de la même roche. Ainsi on ne peut employer le principe de la superposition, si ceitainepour les roches d’origine aqueuse, qu’avec réserve lorsqu’il s’agit des roches d’origine ignées il ne prendra quelque valeur que lorsqu’il sera corroboré par plusieurs autres faits. Le plus important de tous, c’est le mode dont se coupent entre elles les roches d’origine ignée et les roches d’origine aqueuse. Si l’on reconnaît avec
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72Î ttîSTOJRB NàTÜRELLË.
certitude qu^une roche plutonique est venue de bas en haut tra verser et séparer en deux parties un autre dépôt quelconque, oij en conclura qu’elle est plus moderne que ce dépôt; les mineur;,! emploient ce mode d’observation pour déterminer 1 âge relati de deux filons qui se coupent, le filon coupant étant plus noud veau que le filon coupé. On peut encore, pour déterminer Tâgt relatif des roches d’origine ignée, employer, mais avec réserve les caractères tirés des propriétés physiques et chimiques des minéraux qui composent les roches d’origine ignée. On peut admettre que les minéraux les plus réfractaires et d’une composition plus stable ont été déposés les premiers.
'9O DONNER UNE IDEE DE LA COMPOSITION ET DE LA STRUCTUReI DU TERRAIN QUI RENFERME LA HOUILLE.
^ Nous avons déjà, en parlant du sol secondaire, indiqué Ie| gisement delà houille. Ce précieux combustible ne se trouve' que dans un seul terrain; c’est dans le grès hoiuUer qui occupe la partie inférieure du sol secondaire. Le^rèj se compose
de couches d’un grès quartzeux, micacé, grisâtre ou jaunâtre, et quelquefois de couleurs variables ; il renferme souvent des couches subordonnées de schistes argileux noirâtres qui présentent des empreintes végétales. Les couches du terrain houiller forment des bassins circonscrits; elles se présentent fréquemment rompues et repliées sur elles-mêmes. La houille est en amas ou en bancs plus ou moins étendus, alternant avec les couches argileuses. On trouve souvent, au milieu de ces argiles, des rognons d un carbonate de fer compacte et terreux. Eu parlant! du sol secondaire, nous avons indicjué la nature des fossiles végétaux et an. maux qui se rencontrent dans leterrain houiller. On distingue plusieurs variétés de houilles, laminaire, schistoïde , daloÏJe , compacte, baccillaire , irisée , etc. On n’est pas encore bien d’accord sur l’origine de la houille ; on peut supposer que les houillères ont une origine semblable à celle des tourbières 1 qui se forment journellement sous nos yeux. Les différentes es- ï pèces de houilles sont répandues dans la nature avec abondance ; il en existe de vastes dépôts en Angleterre» en France, en Aile- ' magne , en Belgique et à la Chine , où l’usage de la houille | parait tout aussi répandu qu’en Europe. |
GÉOLOGIE
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