ARBRES RÉSINEUX
3. Cyprès (Cupressus)f fournil plusieurs arbres du plus bel aspect, et qui méritent, sous tous les rapports t d'être placés en grand nombre dans les jardins bien plantes , à cause de leur beau port et de leurs masses touffues; ce n'est d'ailleurs que dans l'imagination des poêles qu'ils ont une teinte lugubre , et sont l'emblème de la tristesse et de la mort. Trois espèces peuvent se cultiver dans nos climats.
Le C. pyramidal, grand arbre à rameaux serrés, formant pyramide , toutefois flexibles et souvent pendans à leur extrémité, lorsqu'ils sont vigoureux ; les feuilles sont trés-petites , rapprochées, disposées sur plusieurs rangs, d'un beau vert foncé; les fruits sont des cônes à larges plaques f de forme presque ronde ; il offre une variété dont les rameaux affectent la disposition horizontale (i).
ht C à feuilles de thuya a les feuilles applaties , mais imbriquées et opposées , placées autour des rameaux ; ses fruits sont fort petits et assez semblables à ceux du genévrier de Virginie ; il ne vient guère qu'en touffe , et s'élève peu dans nos climats , tandis qu'il est un arbre trèsélevé dans le Canada; il aime, de môme que le précédent , les sols humides et tourbeux (a).
Le C. distique , chauve , d'Amérique , ne croît que dans les sols fangeux et inondés; c'est un très-gra/id arbre , mais dont la taille est en proportion du temps oà il est plongé dans l'eau ; sa croissance est fort rapide , son bois très-bon r aussi devrait-on le multiplier dans ces terrains , inutiles presque partout. Ce cyprès perd ses
rante pieds; feuilles ternées, linéaires, aiguës; fleurs d'un rouge pourpre* Cette espèce eiige l'orangerie sous le climat de Paris.
Genévrier du cap ( J. capensis ); rameaux courts f à feuilles de la base imbriquées, celles du sommet ternies , linéaires , aiguës. Orangerie.
(i) Quelques botanistes ont prétendu que c'était une espèce : mais des individus , offrant souvent une disposition intermédiaire entre ces deux extrêmes , prouvent bien que ce sont des variétés.
Note de V Auteur.
O) Cyprès ^«91* (Cupressus pendula ); arbrisseau de l'Inde , s'élevant à quinze pieds , à brandies et rameaux pendans; feuille* aiguës, petites , imbriquées sur quatre rangs. Orangerie.
feuilles chaque année , ce qui le distingue des autres espèces: elles sont d'ailleurs linéaires, plus longues, et d'un vert tendre ; il demande quelques soins dans sa jeunesse. On cultive encore le C. du Levant ou de Tournefort, (i).
4- Thuya. Deux espèces sont très-cultivées dans les jardins , où elles produisent un effet agréable par leur ' port élevé , leur forme pyramidale , leur vert gai , la disposition aplatie et comprimée de leurs rameaux et de leurs feuilles. Ces feuilles sont très-petites, très-courtes , imbriquées , aplaties, très- différentes de toutes les autres feuilles. Ces arbres peuvent être utilisés pour leur bois, et sont très-propres , ainsi que le cyprès pyramidal , à former des palissades et des abris , ainsi que des avenues et des bordures. On peut multiplier les tuyas assez facilement de boutures.
Le T. occidental , de Canada , dit cèdre blanc , arbre de vie , a l'écorce rougeâtre , les rameaux écartés en éventail, souvent pendans.
Le T. de la Chine a les rameaux plus rapprochés , plus serrés; les feuilles plus nombreuses , d'un vert plus foncé ; les fruits sont des cônes assez semblables à ceux des cyprès , dont les écailles ont des pointes recourbées et molles (2).
4- PlN ( Pinus) renferme un grand nombre d'espèces, toutes fort remarquables , et très-propres à décorer les
grands jardins , mais qui sont encore plus précieuses en ois d'utilité : leur croissante rapide , la facilité de les semer trés-serrés , et d'obtenir ainsi des produits annuels, par l'abatis des pieds médiocres , depuis l'âge de huit ans jusqu'à l'entière destruction de la plantation , les nombreux usages et l'excellence de leur bois, la facilité avec laquelle ils croissent dans toutes sortes de terrains, rendent inconcevable la négligence de la plupart des
(1) L'espèceC. distique de notre auteur appartient* un autre genre. C'est la Schubertie distique ( Schùbertia disticha ),
(a) Thuya articulé ( Thuya articutata); tige droite; rameaux articules; feuilles glanduleuses. Cette espèce, ainsi que le Thuya ancrai (T. australis) , se cultive en pleine terre,
propriétaires, rjui devraient s'empresser d'exploiter une mine aussi riche que facile. Mais nous ne pouvons entrer dans aucun détail sur cette matière , cela nous conduirait trop loin. Bornons-nous à notre sujet , qui n'embrasse que les jardins.
Tout ce que nous avons dit des arbres résineux , en général, est applicable au pin; mais, plus encore que tous les précéacns , il demande à ne point être touché dès qu'il est en place. Ses racines sont peu nombreuses et peu considérables ; en sorte qu'il a souvent besoin , dans un terrain meuble, d'être défendu contre les vents. L'exposition du nord est celle qui lui plaît davantage.
Tous les pins ont les rameaux vetticillés eu plus ou moins grand nombre, et par étages, autour du tronc. Ces rameaux portent sur les bourgeons , dispersés ça et là, des feuilles linéaires, filiformes, plus ou moins longues, réunies dans une gaine membraneuse, au nombre de deux à cinq , rarement solitaires ( voyez pl. I , fig. a ). Les fleurs mâles , le plus souvent très-nombreuses , formant grappes jaunes par leurs anthères , fournissent une immense quantité de pollen , dont la chute , souvent à de grandes distances des forêts de pins , a donné lieu à la fable populaire des pluies de soufre. Les fruits sont des cônes composés d'écaillés im!»riquées, épaisses et serrées au sommet , recouvrant deux graines ailées. La forme générale des cônes varie beaucoup , selon les espèces.
Parmi les espèces à deux feuilles dans chaque gaine , on remarque surtout :
Le P. d Ecosse ( Rubra) , l'un des plus forestiers de nos pays , qui s'accommode de tout terrain et de toute exposition , et se distingue par ses feuilles très-glauques, longues d'environ deux pouces, les unes solitaires, la plupart réunies deux à deux, très-nombreuses; ses boutons sont très-résineux , ses cônes pointus , d'un vert tendre , mettent deux ans à parvenir à maturité.
Le P. sylvestre , de Russie , de Riga , diffère peu du précédent, il a les boutons plus petits (i).
(i) Le pin nain et le pin mugho ne forment qu'une espèce
r. aeyeneve, ae larare, est, sous tous les rap-
Eorts, inférieur aux précédons; ses feuilles, peu nombreuses, sont courtes et peu glauques.
Le P. laricio, de Corse, l'un îles plus beaux du genre, h grandes feuilles d'un vert clair, à petits cônes recourbe's , dont les écailles sont larges et rougeâtres.
Le P. maritime , pinastre , de Bordeaux , également fort beau et remarquable par les feuilles longues souvent d'un demi-pied , d'un vert tendre ; ses cônes sont fort grands et ses jeunes pousses légèrement teintes de rouge ; il recherche les terres sablonneuses et caillouteuses (1).
Le P. d'Alep ou de Jérusalem , à feuilles asse* longues , très-fines , d'un vert foncé , à jeunes pousses blanchâtres ; il est fort élégant.
Le P. à pignon, à feuilles courtes, très-glauques, à cônes fort gros, dont on mange les amandes comme les châtaignes ; elles sont entourées d'une enveloppe osseuse ; cette espèce craint les gelées dans sa jeunesse , et doit être rentrée en orangerie pendant quelques années.
Le P. mugho et le P. nain , s'élevant fort peu et formant touffe par leurs rameaux traînans (2).
Parmi les espèces qui ont ordinairement plus de deux feuilles dans chaque gaine , on remarque :
Le P. d'encens , à feuilles fort longues, d'un vert tendre , au nombre de trois dans une gaine fort grande , à cônes très-allongés.
Le P. échiné a , de même que le précédent, les cônes allongés et brunâtres , les écailles épineuses et les feuilles au nombre de trois dans les gaines , mais elles sont courtes et roides.
Le P. du lord TVeymouth , blanc ( Strobus ) , l'un des plus beaux, à écorce lisse et unie , à feuilles nombreuses , d'un beau vert, à raie blanche longitudinale, au nombre de cinq daus les gaines; ses cônes allongés
(t) Le pin sylvestre et le pin de Russie ou de Riga forment deux espèces. La première a pour variété les Pinus sylvestris, montant , divarie et a ou bancksiana.
(a) Le pin maritime a pour variété It Pinus maritima minor et la Pinus maritima raeemosa.
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ont les e cailles lâchas; c est un tres-grana arore , qui croît rapidement et offre le plus bel aspect.
Le P. cimbro , égal émeut à cinq feuilles dans la gaine, mais d'une forme peu ele'gante , à feuillage foncé; ses cônes arrondis renferment des amandes que l'on mange, et dont on tire de l'huile (l).^
L'Amérique nous a fourni plusieurs espèces de pins fort remarquables , et qui commencent à se répandre dans les jardins ; ce sont : le P. austral, ou de marais , oui se plaît dans les sols humides, à croissance rapide, à grandes feuilles , du plus bel effet; le P. jaune f espèce également très-belle ; les P. d'encens ( Tœda ) , et échiné ( Inops ) , dont nous avons parlé plus haut, sont encore d'Amérique.
6. Sapin (Abies ). Tout ce que nous avons dit des autres arbres verts, et particulièrement des pins, est applicable à ce genre, qui affecte encore plus généralement la forme pyramidale, au moyen de ses forts ra-
( i ) Pin dt Tartane (Pinus tartarica) ; il ressemble au pin sylvestre , mais ses feuilles sont larges , obtuses , glauques.
Pin de Calabre ( P. calabra ) ; grand arbre vigoureux et rustique , ayant de l'analogie avec le pin de Corse et le pin de Romanie. Nouvelle espèce.
Pin de Romanie ( P. romania ) ; arbre vigoureux et élevé ; feuillet d'un vert foncé , plus larges que celles des autres espèces.
Espèces à deux et trois feuilles dans chaque gaine.
Pin résineux ( P. resin osa); arbre de quatre-vingts pieds; feuilles longues de cinq à six pouces; fruits coniques , arrondis à la base.
Pin doux ( P. mit is ) ; de soixante pieds ; feuilles de quatre à cinq pouces , molles, creusées en gouttière.
Pin de Monthetey ( P. aduuca ) ; feuilles finement denticolées ; cônes très-longs.
• Pin rude ( P- rigida ) ; de quatre-vingts pieds; feuilles longues et menues ; écailles des cônes terminées par une épine.
Espèces a trois feuilles dans chaque gaine.
Pin tardif (P. serotina); de soixante pieds; feuilles très-longues, corcs cylindriques. En orangerie sous le climat de Paris.
Pin des Canaries (P. canarieusis ); feuilles filiformes , longues de sis à sept pouces. Orangerie.
Pin ?i longues feuilles ( P. longijfolia ); feuilles très-longues , un peu glauques. Ornngerie. Il faut reporter le pin ccrabro et le pin du lord Weymouth dans la division dt ceux qui ont cinq feuilles à ans la mtipt gaîne.
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meaux disposés horizontalement et de s* flèche indispensable.
Les uns ont quelque analogie avec les îfs , c'est-àdire les feuilles aplaties et placées sur deux rangs; de plus, leurs cônes ne sont pas pendans , ce sont :
Le S. commun , argenté, à feuilles a"if ( Pinus pinça. Lin. ) , à feuilles linéaires , aplaties , échancre'es à leur extrémité , blanches en dessous ; les cônes , très-longs , sont composes d'écaillés obtuses , imbriquées.
Le S. baumier , dit baumier de GÙead, ressemble beaucoup au précédent; ses feuilles sont un peu moins étroites et plus argentées; ces deux espèces fournissent la térébenthine , et la suivante la poix.
Les espèces dont nous allons parler , connues sous les noms de sapinettes ,faux sapins , ont les feuilles cour tes, éparses autour des rameaux , les cônes pendans ; on distingue surtout :
Le S. picéa , pece de Norwege , dit épicéa, très-grand arbre à feuilles piquantes , d'un vert foncé , disséminées en grand nombre autour des rameaux; ses cônes fort grands et pendans.
Le S. blanc ou sapinette , diffère du précédent par ses feuilles glauques, sa nuance argentée et ses cônes nombreux, fort petits; il offre une variété à feuilles moins glauques, qu'on appelle S. fioir.
Le S. du Canada, épine t te 9 présente un port tout différent des autres sapins , à cause de l'absence de flèche tt de ses rameaux plus longs et plus grêles; les feuilles sont étroites et piquantes , souvent sur deux rangs (i).
7. MÉLÈZE ( Larhc ) , arbres résineux qui perdent leurs feuilles chaque année, mais doivent néanmoins être recherchés dans les jardins pour leur port élégant;
(1) Sapin noir ( A Lies nigra ) ; arbre de quatre-vingts pieds; feuilles petites, roides , d'un vert foncé. 11 a une variété a bois rouge.
Sapin a feuilles lancéolées (h. lanceolala) ; grand arbre dans la Chine, arbrisseau dans nos pays. Feuilles distiques , linéaires lancéolées, trèsaiguè's. Orangerie.
Sapin eohmbaire ( À. columbaria ) ; arbre charmant , pyramidal , à rameaux hérissés de feuilles nombreuses , petites , se su le i et rodes* Orangerie,
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ils ne sont pas difficiles sur le sol et l'exposition , maïs préfèrent le nord et un terrain sablonneux; les mélèzes s'élèvent directement et se terminent ordinairement par une flèche ; les rameaux sont flexibles , e'tendus ; pepdans , garnis de faisceaux de feuilles divergentes, courtes, moites , sortant d'une gaine commune , d'un vert tendre ; les cônes sont pédoncules» de forme ovale, violets lors de leur développement, gris lorsqu'ils sont mûrs : tel est le M. d'Europe ; on connaît encore le M. rouge d'Amérique , le M. noir ou à branches pendantes et le M. à petits fruits , qui diffèrent fort peu du premier.
8. Cèdre ( Cedrus ) , réuni avec les deux précédera dans le genre pin par Linnée , et dans celui des t/iélèzes par la plupart des botanistes; mais la permanence de son feuillage, la disposition particulière de ses rameaux, enfin la forme de ses cônes , nous ont semblé motiver sa séparation, malgré qu'on ne connaisse que l'espèce désignée sous le nom de cèdre du Liban ; c'est un des plus beaux arbres connus , tant à cause de son élévation et de la grandeur de ses branches , qu'à cause de son port majestueux ; c'est aussi un de ceux qui fournit le meilleur pois : cet arbre demande uk sol sablonneux et pierreux; il craint les gelées dans sa jeunesse. Ses rameaux ont constamment une direction horizontale, et sont placés par étages, ils sont garnis de nombreuses feuîUes assez semblables à celles des mélèzes , mais d'un vert plus foncé ; ses cônes sont fort gros , ressemblent à ceux des pins, et sont constamment dirigés vers le ciel. Le rèdre ne produit tout son effet dans les scènes de paysages que iprsqu'il est placé isolément et mis en évidence,