‹ Manuel complet théorique et pratique du jardinierChapitre 11 sur 111 · ORGANES · texte numérisé non relu

ORGANES

qu'outre les conditions nécessaires pour leur formation , leur naissance , leur premier développement, ils sont encore soumis à l'influence des circonstances extérieures au milieu desquelles ils se rencontrent ; ainsi , la chaleur et le froid, la sécheresse et l'humidité f les diverses natures de terres , ont sur eux une action puissante , tantôt en bien , tantôt en mal ; c'est cette action que le cultivateur, jaloux de ne pas marcher à tâtons et de ne pas s'écarter dans de fausses routes , ne saurait trop étudier dans tous ses détails.

Le cultivateur doit encore connaître , au moins d'une manière superficielle , les fonctions que remplit chacun des organes composant les végétaux; sans cette notion , comment saurait-il quand il y a danger, avantage, nécessité , d'enlever, couper, retrancher telle ou telle

!>artie d'une plante , ou bien favoriser , hâter son déve— oppement, sa production? Ce sont ces connaissances

Sue nous avons exposées succinctement, et cependant 'une manière assez complète, au commencement de la première partie , mais en évitant tout détail sur l'organisation interne , ainsi que sur les fonctions dont la connaissance ne conduit pas à des applications journalières et immédiates : nous ne ferons que les rappeler ici d'une manière encore plus abrégée , afin de les retracer à la mémoire.

Les organes particuliers des plantes servent les uns à leur développement, les autres à leur reproduction ; mais nous devons , avaut tout , dire quelques mots de la sève , véritable sang des végétaux, qui circule dans tous leurs organes et leur transporte les alimens qui doivent les réparer et les développer. Ce liquide , presque entièrement composé d'eau , et qui participe en outre des qualités des sucs propres dominans chez la plante , a deux mouvemens bien marqués qui remplissent chacun des fonctions particulières : l'un est ascendant , part des racines qui ont puisé dans la terre de quoi former celte sève , suit en général les parties intérieures de la plante, et vient aboutir aux extrémités des feuilles , après avoir fait sur son passage de continuels dépôts ; 1 autre est descendant , part des feuilles qui pompent dans l'air les élémens qui lui donnent naissance, suit en général les parties extérieures

DES VÉGÉTAUX. 19 des végétaux, et vient aboutir aux dernières ramification* des racines , ayant r'galement sur sa route déposé des couches successives» mais ordinairement moins épaisses que celles de la sève ascendante : telle est la marche générale de ce fluide. Nous ne pouvons entrer dans plus de détails à son égard ; voyons donc dans quels organes il circule (1).

Parmi ceux qui servent au développement de la plante, la partie designée sous le nom de collet de la racine parait l'organe qui joue le rôle le plus important pour la vie de ia plante. C'est le point central du végétal , celui qui parait renfermer la condition essentielle de son existence, puisque son enlèvement le fait aussitôt périr; il se trouve presque toujouis jdacé au niveau de terre , et il est quelquefois dangereux dans les plantations de changer cette position ; il est facile de le reconnaître, puisque c'est l'endroit duquel la tige aérienne et la tige radicale vont toujours en décroissant ou en se ramifiant (2).

La tige est tantôt herbacée f et alors le plus souvent elle donne des ramifications presque à son origine ; tantôt ligneuse , et alors , du moins en général , Tes ramifications ne se présentent qu'à une plus ou moins grande élévation au-dessus de terre. La lige est composée de la moelle , rjoi se trouve au centre , du corps ligneux ou bois , qui entoure la moelle et est formé par les dépôts successifs de la sève : il est lui-même entouré de l'aubier, qui n'est que le bois à moitié formé t et du cambium , qui est la sève dans un commencement d'épaississement, se préparant à devenir aubier , puis bois. Les végétaux herbacés n'ont souvent autour de la moelle que l'aubier ou le cambium ; ces parties doivent leur formation à la sève ascendante ; les suivantes la doivent à la sève descendante; ce sont le //6er qui s'unit au cambium, Vécorce qui est placée en dehors du liber et lui doit son existence comme le bois à l'aubier; le parenchyme qui commu-

(1) Voyti la note du premier volume , au chapitre de l'organisa lion des végétaux, page 86.

(a) Voyez ia note du premier volume , page 85.

e ORGANES nique avec la moelle et donne naissance aux bourgeons- Enfin , toutes les parties du végétal sont enveloppées par Yepiderme , membrane très-mince , diaphane , qui leur sert de vêtement.

Parmi les organes qui dépendent de la tige et en sont les accessoires ou appendices , il est inutile de parler des

C- ndes 9 poils, épines , vrilles; les autres, qui sont les tons , bourgeons et feuilles , sont saffisamment connus (i).

La racine remplit une double fonction également im-

()ortante , et qui consiste d'abord à soutenir le végétal , à e fortifier contre les attaques extérieures, à le fixer, et , en second lieu , à le nourrir en fournissant les alimens nécessaires pour former la sève ascendante : les racines sont à-peu-près composées des mêmes parties que la tige, et se ramifient comme elles ; les fibrilles , brindilles ou chevelu remplacent les feuilles ; mais leur forme est modifiée d'une manière analogue à la fonction qu'elles ont à remplir , qui est de pomper dans la terre les sucs nourriciers, et elles ressemblent à de petits syphons capillaires (2).

Les organes qui servent à la reproduction des ve'ge'taux, sont :

i°. La fleur , renfermant les sexes destinés \ assurer la production du germe qui doit reproduire la plante : on y distingue le réceptacle, le calice, la corolle , qui ne sont que les supports et les enveloppes; les étamines , qui sont l'organe mâle , et le pistil , qui est l'organe femelle des végétaux. Le plus ordinairement ces deux organes sont réunis dans la même fleur, mais quelquefois ils se trouvent dans des fleurs séparées sur le même pied et même sur des pieds différens; on les appelle, dans le premier cas , hermaphrodites , dans le second , monoïques , dans le troisième , dioïçues.

(1 ) On peut d'ailleurs se reporter à la première partie.

JVote de V Auteur.

(a) Pour pomper les sucs nourriciers de la terre , elles sont munies, à leur extrémité' f d'une petite bouche ou suçoir, ayant l'apparence d'une glande orale et le plus souvent roussàtre , qui ne renaît »lu*

DES VÉGÉTAUX. ai

2°. Te fruit y résultat fie la fécondation des sexes et renfermant les graines : on y distingue Y enveloppe ou péricarpe , tantôt charnue , tantôt sèche , et la graine ou semence qui est contenue dans la première. {Voyez, pour les organes des végétaux , la pl. 1 du premier vol. ; et , pour la forme et la disposition des feuilles et des fleurs, la pl. I de celui-ci. )

Nous avons déjà vu qu'il n'importait rien tant au cultivateur que de connaître l'action des corps qui l'entourent sur les végétaux. Les uns agissent comme alimens des plantes , d'autres comme stimulans , d'autres comme soutien , support , d'autres enfin réunissent plusieurs de ces qualités. Nous ne parlons que de ceux dont l'étude est indispensable au cultivateur; ce sont l'eau , l'air, la lumière 9 la terre et les engrais , sans lesquels il est impossible d'obtenir aucune végétation , et dont l'action , simultanée clans certaines proportions, produit l'abondance et la fécondité.

L'eau est utile aux végétaux de deux manières , et est aussi absorbée par eux sous deux états difTérens , savoir: sous son état ordinaire de liquide , par les racines , et sous celui de vapeurs répandues dans l'air, par les feuiJJcs. L'eau ainsi absorbée sert en partie d'aliment aux plantes; une autre partie est rejetée par la transpiration des feuilles, laquelle a lieu surtout par leur surface supérieure ; l'eau liquide sert de plus à transporter aux divers organes des végétaux d'autres matières nutritives qui leur sont nécessaires et n'y parviendraient pas sans elle. Le but des arrose m cas est d'entretenir les plantes dans le degré d'humidité que l'expérience a prouvé être le plus favorable.

Uades élémcns de Voir est le principal aliment des plantes ; mais , comme sa composition est à-peu-près hors de la puissance du cultivateur , c'est sous le rapport de ses variations de température , d'humidité , etc. , qu'il doit surtout l'étudier. Les vents , les nuages , les pluies,

«juand elle a été enlevée. Ceci prouve suffisamment I1 excellence du principe ét l'auteur , quand il recommande de ne jamais rien retrancher aux racines saines.

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