‹ Manuel complet théorique et pratique du jardinierChapitre 12 sur 111 · ORGANES · texte numérisé non relu

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les sécheresses, la chaleur, le froid, proviennent presque toujours de l'état de l'atmosphère, et l'action de ces phénomènes naturels sur les végétaux est telle , qu'il est de toute importance de connaître leur marche ordinaire dans le lieu où Ton se trouve. Malheureusement on ne possède encore aucun principe général qui puisse servir de guide : les phénomènes varient souvent d'un canton à l'autre , et l'observation attentive est le meilleur précepte qui puisse diriger. Au surplus, c'est par le moyen des couches et des serres que l'on cultive des ve'ge'taux qui ont besoin dune température bien supérieure à celle de nos climats. ,

La terre, pour être favorable à la végétation, doit réunir plusieurs qualités: servant de point d'appui aux végétaux qui y pénètrent par leurs racines , elle doit , sous ce rapport, n'être ni trop compacte, ce qui empêcherait les racines de se ramifier, ni trop légère , car elle ne leur offrirait plus qu'un vain appui ; mais chaque plante % d'après sa nature , exige une différente proportion dans ses qualités. La terre, en second lieu , servant de dépôt aux substances nutritives des végétaux, lesquelles leur sont transportées par l'eau , doit, sous ce rapport, contenir une assez grande quantité de ces sucs nourriciers, qui sont les engrais , et ensuite ne pas les laisser échapper trop promptement, ni les retenir de façon a les rendre inutiles aux plantes : la nature des végétaux demande encore des différences dans ces qualités, tel sol bon pour une plante étant infertile pour une autre. Mais , en général , toute terre friable , perméable à l'humidité, à la chaleur et à l'air, et ne se desséchant pas trop promptement, est favorable à la culture de la plupart des végétaux cultivés pour agrément ou pour utilité. Trois terres qui , sé-

! rarement sont infertiles , composent tous les sols, et c'est eur mélange plus ou moins bien combiné qui constitue leur qualité bonne ou mauvaise ; on les désigne par le nom de la terre qui y domine. La terre siliceuse est celle où dominent les sables , les cailloux, etc.; elle est trop légère, ne présente pas d'appui solide et laisse échapper trop rapidement les engrais et l'humidité ; on l'amende avec des terres compactes, argileuses, marneuses. La terre argileuse , où domine l'alumine , est souvent trop

DES VÉGÉTAUX. a3 compacte, et a les défauts contraires de la précédente qui sert à l'amender; mais plusieurs sortes de terres, qui sont vraiment argileuses , telles que la terre franche , la terre limoneuse , sont d'cxcellens sols, l'argile n'y riant pas en excès. Les terres calcaires sont les plus difficiles à corriger, leurs qualités étant moins tranchées ; cependant elles ont de l'analogie avec les siliceuses ; mais, de plus, un de leurs défauts étant leur couIcur|blanche, il faut, autant que possible , l'atténuer par des amendemens de couleur foncée. Outre la nature de la terre , le jardinier doit encore considérer le climat , l'exposition , la couleur et la profondeur du *ol ; mais il suffit d'indiquer ces objets.

Les engrais sont l'aliment spécial des végétaux , leur pain nourricier ; sans eux point de végétation. La fertilité d'un sol est toujours en raison de leur abondance ; on ne doit donc rien négliger pour s'en procurer de bons et d'abondans; surtout en jardinage, on fait tout avec des engrais. Toutes les substances végétales et animales ,.dans un certain degré de décomposition , forment des engrais; en conséquence , le jardinier intelligent ne laissera rien perdre de ces matières, et les réunira dans une fosse , où il les trouvera au besoin : il peut , de plus, les augmenter

Sresque à volonté f en jetant, dans le fond de cette fosse, e la terre ordinaire de son jardin; cette lerre , en se chargeant abondamment des sucs nourriciers des substances végétales et animales , deviendra un engrais souvent meilleur que l'engrais même.

égétaux délicats ; elles sont presqi toujours formées de terreaux de bruyère , de feuilles , de couches, de fumier, mélangés avec des terres franches ou des sables* ÎSTous en avons parlé avec détail dans le premier volume de cette quatrième édition, et nous avons fait connaître celles que composent les Anglais sous la nom de composts.

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