‹ Manuel complet théorique et pratique du jardinierChapitre 16 sur 111 · DE PLANTATION ET D'ENTRETIEN · texte numérisé non relu

DE PLANTATION ET D'ENTRETIEN

presque à volonté ; c'est une des opérations les plus essentielles, et c'est de son exécution, bonne ou mauvaise,

3ue dépend l'abondance ou là stérilité : elle est aussi uue es opérations les plus difficiles et les plus minutieuses. Mais, dans les jardins d'agrément , la taille se borne au retranchement des rameaux morts ou nuisibles , soit aux végétaux voisins, soit à la vue ou à la promenade. Quelquefois encore dans ces jardins on dispose des végétaux en palissades pour cacher les murs, et on taille régulièrement les allées et bosquets qui appartiennent au genre français-

Ebrancher, élaguer, émonder , c'est couper les branches mortes ou dépourvues de vigueur , ou qui attirent à elles toute la sève ; c'est aussi retrancher celles qui nuisent à la vue , envahissent les allées ou l'espace réstrvé à d'autres plantes ; c'est enfin une taille destinée à assurer Ja forme élégante ou l'aspect pittoresque des arbres , et à les modifier selon la nécessité et lé goût.

Cette opération doit se faire/ autant que possible 9 pendant la stagnation de la sève , maïs non pendant les grands froids, et avec des instrument bien tranchans r afin que ia plaie soit nette. Toutes les fois qu'on se sert de la scie , on doit toujours retoucher la partie sriée à la serpe ou à la serpette, le bois mort doit être cassé et ensuite rabatta. Lorsqu'on supprime des branches pour faire filer le tronc , on doit les couper aussi près que possible , sans cependant attaquer Pécorce de ce tronc ; par là , on évite les difformités occasionnées parles chicots qui remplacent les branches mal coopdes. Du reste, observons que la nécessité seule doit conduire à porter le fer sur les végétaux ; rarement ceux conduits par la nature seule ne l'emportent pas de beaucoup par leurs formes bien proportionnées sur ceux que l'art a entrepris de diriger. Il est en outre plusieurs espèces de végétaux qui se refusent à toute espèce de taille, et que Ton mutile pour toute leur durée en retranchant quelques-unes de leurs branches : tels sont la plupart des arbres résineux de la famille des conifères , comme les pins , sapins et beaucoup d'autres.

Nous devons encore observer ici que , lorsqu'on abat des arbres t ou qu'on coupe des taillis , de grandes précautions sont nécessaires pour empêcher les rejetons de»

38 TRAVAUX DE PLANTATION ET d'eNTRETTEW. anciens pieds , ou au contraire ne pas les faire périr. Dans le premier cas, c'est-à-dire lorsqu'on ne veut pas des rejets, on doit déraciner l'arbre de plusieurs pieds et le couper en terre. Dans le cas contraire , on doit abattre exactement au collet de la racine , et on rencontre en général ce point en coupant rez terre. Dans les jardins paysagers , on est forcé , pour conserver la forme et l'aspect des massifs , d'en couper de temps en temps les plantations : on doit alors user d'un artifice qui ne permettra pas d'apercevoir ce retranchement momentané ; c'est de faire la coupe en deux ou trois fois , à quelques années de distance, et en diminuait simplement l'épaisseur des massifs.

Les arbres destinés à former des galeries de verdure , des allées , des salles , des berceaux , des bosquets couverts; ceux destinés à figurer desmonumens, des colonnes, des ifs, des vases , des boules, des animaux; ceux qui forment haie , barrière , palissade , charmille , toutes dispositions qui se rencontrent si fréquemment dans les jardins anciens, exigent une tonde régulière et péiiodique. S'ils sont jeunes et n'ont pas encore le développement désiré , tout en les dirigeant par la taille vers les formes qu'ils doivent avoir définitivement, on doit les tenir de long, c'est-à-dire laisser leurs rameaux croître chaque année de quelques pouces. Arrivés à la grandeur voulue, on les taille rigoureusement au mime point; ou bien , ce qui est souvent préférable , surtout pour les grands arbres , afin d'éviter les chicots noueux qui se forment à l'extrémité des rameaux , on les laisse croit ro , pendant trois ans, de quelques pouces, et, alors , on les rabat f c'est-à-dire on retranche les pousses de ces trois années.

Si la sévérité du bon goût , si l'air forcé et l'aspect ré-

f'ulier et monotone de ces arbres esclaves conseillent de es bannir des jardins, on ne peut dissimuler que l'agrément de l'ombrage épais qu'ils répandent sur une allée d'une grande largeur, les voûtes imposantes qu'ils forment, ne militent fortement pour leur conservation; aussi voit-on beaucoup de jardins dessinés avec beaucoup dégoût, et plantés avec beaucoup de soin, renfermer dans leur enceinte une de ces allées ; elle sera , par

TRAVAUX DE MTTLTIPIIC ATÏÔTf . 3g exemple, placée sur un des côtés du terrain ; mais, ouant aui arbres et arbustes taillés , non pour donner de 1 ombrage , mais pour représenter diverses figures , on ne les rencontre plus que dans quelques jardins antiques.

La taille de ces arbres et arbustes , qui sout le plus ordinairement des tilleuls, ormes , charmes, ifs, buis, épines, etc. f doit, pour plus d'élégance et de propreté, être renouvelée deux fois dans le courant de l'été ; la

firemière se pratiquant vers la fin de la sève printanière t a seconde vers le mois de septembre , après la sève d'août. Cependant on n'en fait généralement qu'une , et elle suffît ; c'est alors au mois de septembre qu'elle se pratique : on peut même , pour les grandes allées , réserver ce travail pour l'hiver. Le croissant et les ciseaux à tondre sont les înstrumens avec lesquels on fait la tonte ; le premier sert pour les grandes allées , les palissades, les charmilles, etc.; les autres pour la tonte des bosquets, des arbustes à figures, et des parties que le croissant aurait peine à atteindre.

Les palissades d'arbustes destinées à masquer les murs ont beaucoup d'analogie avec les espaliers ; elles se conduisent à-peu-près de même, et ceux-ci peuvent servir à cet usage. Un treillage en bois ou en fer , ou des clous, pour fixer les jeunes rameaux aux endroits où cela est nécessaire, sont la partie essentielle des palissades. La taille qu'on donne à ces arbustes doit avoir pour but de leur faire pousser beaucoup de rameaux, et remplir exactement tous les vides ; les arbustes formant buisson, et oeuxgrimpans ou sarmenteux, sont ordinairement préférés; on uoit surtout choisir ceux qui se garnissent abondamment du pied , la nudité de celte partie étant l'inconvénient le plus difficile à éviter dans une palissade de quelques années. La taille doit aussi s'attacher à le prévenir, et c'est surtout au moyen d'inclinaisons et de courbures qu'on obtient ce résultat.

section m.

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