‹ Manuel complet théorique et pratique du jardinierChapitre 60 sur 111 · I. Des plantes viçaces printanières · texte numérisé non relu

I. Des plantes viçaces printanières

Nous réunissons ici les plantes de pleine terre dont la floraison a toujours lieu , pour la plupart des espèces , avant le milieu du mois de juin , et quelquefois dès la cessation des frimas „ comme pour les primevères , les v/oiettes , les ellébores , des anémones , des saxifrages , etc. , elles sont en assez grand nombre , et nous les diviserons comme celles de plusieurs des paragraphes suivans » d'après leur taille , en basses , moyennes et élevées.

i.° Les basses tiges.

Les neuf genres suivons ne dépassent pas un pied.

1. Primevère ou Primerole ( Primula, f. des ljsimachies ) , renferme trois espèces, dont une fort commune et partout répandue dans les prés et les bois, à tige nue, terminée par un bouquet de fleurs pendantes, jaunes , et passant au rouge par la culture ; elle est connue sons le nom de coucou; les deux autres dites oreilles d'ours , sout très-cultivées et très-recherchées des amateurs, lorsqu'elles. approchent du degré de perfection considéré comme le beau idéal des primevères.

Ces trois plantes sont fort basses , et ont les feuilles radicales et en touffe : l'espèce commune et celle dite à grandes fleurs les ont ridées , velues en dessous , allongées ; Voreille d'ours, au contraire , les a épaisses , arrondies , souvent blanchâtres et coriaces. On ne cultive que ces espèces, qui ont fourni une multitude de variétés.

La P. à grandes fleurs ou sans tige ne diffère de celle des champs qu'en ce qu'elle n'a pas de tige : ses fleurs sont portées sur de petits pédoncules sortant du milieu des feuilles : du reste , leurs nuances sont les mêmes et varient du jaune au rou«;e. DeM-'espèce à lige droite on recherche surtout la varie lé prolifère, c'est-à-dire des

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eurs de laquelle il sort d'autres fleurs. Ces deux primeères forment* de superbes touffes qu'il faut laisser bien unies pour qu'elles produisent de l'effet : elles se plaisent ms tous les terrains, à toutes les expositions ; il suffit ! renouveler leur terre de temps en temps. On les muldie par l'éclat des vieux pieds. Elles sont fort propres à faire des bordures.

L'oreille d'ours ou auricule présente deux types , l'un à feuilles ordinaires , l'autre à feuilles coriaces, entières » unie/, poudreuses ; par ses nombreuses variétés de couleurs, 1 auricule a mérité d'être placée , par les amateurs f au nombre des plantes printanières dont chaque individu reçoit un nom : plantes destinées à garnir des amphithéâtres ou à composer des corbeilles , et qui ne sont qu'au nombre de six. Nous n'entreprendrons pas de décrire les minutieux détails que l'on examine dans les fleurs pour juger du mérite de la plante ; cela nous entraînerait beaucoup trop loin , et d'ailleurs le goût de ces fleurs de luxe , souvent d'un prix excessif, est bien diminué ; on a senti combien étaient fausses les jouissances procurées par la possession d'une plante dont la rareté seule fait tout le mérite : s'il existe encore quelqu'un de ces amateurs ,

Laissez-lui sa manie et son amour bizarre; Qu'il possède en jaloux et jouisse en avare.

Nous nous bornerons à dire que la tige de l'oreille d'ours, haute de quelques pouces , doit porter un bouquet bien garni de fleurs ; que , parmi ces fleurs , on distingue les pures de couleur bleue ou brun velouté, les ombrées de deux couleurs , dont les plus rares sont le blanc et le bleu , et les poudrées le plus souvent pana— * chées et recouvertes au centre, nommé l'œil, d'une poudre blanchâtre répandue également sur les feuilles. Ces plantes ne craignent nullement les froids ; mais au contraire le soleil , et surtout l'humidité , qui les pourrit très-promptement : aussi est-ce un soin indispensable que d'enlever les feuilles attaquées, aussitôt qu'on s'aperçoit de leur maladie. Le plus généralement on cultive ces plantes en pots ou en parcs j elles n'exigent au-

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