‹ Manuel complet théorique et pratique du jardinierChapitre 61 sur 111 · II. *f · texte numérisé non relu

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cunc terre particulière , on les multiplie par le moyen des œilletons qu'elles fournissent souvent abondamment , et pour la séparation desquels on doit transplanter la plante tous les trois ans environ. On les multiplie aussi de graines qu'il ne faut pas recouvrir , et qu'un répand au milieu de l'hiver , souvent sur la neige ; ou abrite les jeunes plants du soleil , et , lorsqu'ils ont quelques feuilles, on les repique. ï/année suivante ou la seconde anne'e, à l'époque de la floraison , on les examine , et on arrache tous ceux qui n'ont pas les qualités voulues. Les variétés les plus remarquables sont mises en pots , et, si Ton en obtient de nouvelles , on leur assigne un nom , sous lequel on les répand dans le commerce , en les multipliant par le moyen des œilletons.

On possède quelques variétés à fleurs doubles, mais elles sout peu estimées (1).

2. Violette ( Viola , f. des violettes ). Il est inutile de vanter ces plantes qui, dès le premier printemps , fournissent a nos belles des bouquets aussi agréables par leur odeur douce et suave que par leur beauté modeste. Qui n'a pas la violette en profusion dans son jardin ? qui ne cherche pas à l'acclimater en pots sur ses fenêtres ? Cède petite plante qui rampe à terre , qui se cache sous un feuillage épais , se fait chercher de tous, a mime souvent excité la verve des poètes , honneur refusé à bien des fleurs à tipes altières ; ce qui prouve que quelquefois , en ce monde, le mérite qui se cache est, par hasard , découvert et apprécié. N'en serait-il ainsi que pour la violette ?

Au surplus , Pcspèce la plus connue, que j'appelle uni-

(i) On voit, cliez M. Cels, une singulière espère d'oreille d'ours, que peut-être pourrait-on cultiver en plt-ii c terre, mais que cet habile cultivateur a élevée jusqu'à ce jour en orangerie.

Oreille d'ours en arbre (Primula arbore»); tige presque ligncu.se, kaute de douze a quinze pouces, couronnée par nue rosette de feuilles ovales, spatul. es, épaisses, longue* de pre* d'un ried* en mars, harnpt, longue d'un pied, terminées par douze à quinze fleurs jaunes, rcs.«rm- Mant beaucoup a celles du primula efaiior, mais à œil poudré de blanc *>u reste , sa culture uc diffère pas de culle des autre*.

VrVACES PRINTANNIF.RES. 175 Colore, et dont le type a les fleur* violettes (1) , présente Leauroup de variétés à fleurs blanches , jaunes , séparées en deux parties , doubles; celle dernière variété, maintenant Ires-répandue , est charmante ; ses fleurs simulent de petits pompons du [dus beau violet. Ces espèces ont les feuilles en cœur, sans divisions , mais dentées ; elles sont radicales , ainsi que la plupart des pédoncules des fleurs ; au moins leurs tiges sont-elles fort courics : elies forment de charmantes touffes et de jolies bordures ; elles tapissent avec la fraise f la pervenche , et quelques autres , le sol des bosquets.

La seconde espèce, bien tranchée, que je nomme multicolore, comprend celle qu'on désigne vulgairement sous le nom de pensées. Les tiges des plantes de %cette espèce sont plus longues , moins feuillées , s'étalent , forment moins touffe que celles de la précédente ; ses feuilles sont divisées ; elle fournit aussi beaucoup de va-* riétés dans la couleur de ses fleurs, mais elies sont toujours mélangées de plusieurs nuances. La plus remarquable est la variété à grandes fleurs , qui les a sem-

. blablcs à celle de la pensée ordinaire . mais la dimension beaucoup plus vaste ; leur couleur est violet velouté , pour les deux pétales supérieurs , et jaune d'or, avec une tache violette , à l'extrémité, pour les trois intérieurs (i).

Les violettes se plaisent partout et se multiplient , soit de graines, soit par la séparation des pieds; cependant 9 celles dites pensées se reproduisent plus aisément de se—

v menées; et celles unicolores, par la séparation des touffes; celles-ci aiment les lieux ombragés , surtout l'espèce à fleur simple.

(1) On ignore si c'est la plante qui , en déterminant la couleur t lui a donné son nom , ou si c'est la couleur, par l'analogie de la plante arec elle, qui lui a transporté le sien. Le latin présentait la même confusion.

Note de V Auteur.

(a) La violette pensée a grande t fleurs a fourni une nouvelle variété superbe que l'on ne voit encore que chex M. Lémon, cultivateur a BeN le ville. Elle est vivace; sa fleur, plus large qu'un écu de six francs, est d'un blanc pur, avec ses pétales un peu crénelées. Elle se cultive comme les autres ejpèces, et ne paraît pas plus délicate.

3. Muguet ( Convallaria^ f. des asjparaginées ) , jolie plante d'ornement pour les masifs d'arbres et les bosquets; elle est traçante et se multiplie promptement dans les lieux qui lui plaisent; ses feuilles lisses, allongées f sont du plus beau vert; ses tiges sont terminées par plusieurs petites fleurs, presque toujours blanches, renversées, ayant la forme de vases ; leur odeu/ est charmante. Cette plante ferait de jolies bordures , si elle n'était pas si diffic ile à tenir en place (i).

4. Gentiane ( Genttana, f. des gentianes ). Les plus répandues sont peu élevées, ce sont la petite G., dite gentianelle , et la printaniere , ectto dernière a ses tiges couchées , épaisses et rougeâtres : ses fleurs sont du plus beau bleu. L'autre a les fleurs de même couleur, mais plus grandes et solitaires; ses tiges sont fort courtes , sortent des feuilles , et ne paraissent être que le pédoncule de la fleur.

Les espèces plus grandes sont la G. pourprée et celle jaune, dite gronde gentiane. La première, qui s'élève jusqu'à deux pieds, a ses tiges terminées par des fleurs en anneaux, accompagnées de bractées, de couleur jaune, mouchetées de pourpre. L'autre a les fleurs entièrement jaunes et en roue; elles sont plus grandes , et la plante parvient à hauteur d'homme.

Les gentianes exigent une culture peu compliquée ; il faut seulement placer les semences, éclats ou marcottes, en terre légère , humide , à l'ombre et mieux en terre de bruyère.

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