PLANTES LIGNEUSES
m an t arbrisseau des pays méridionaux de l'Europe et fort répandu maintenant , on le recherche pour ses belles touffes et ses belles fleurs. Le collet de sa racine fournit le plus souvent de nombreuses tiges qui s'élèvent dans les caisses jusqu'à sept ou huit pieds, sont bien garnies de rameaux et de feuilles opposées le plus ordinairement trois à trois, lancéolées , fermes, entières , persistantes. Les fleurs sont disposées en bouquets terminaux , de couleur rose ou blanche. On possède depuis peu une variété à fleurs panachées et une à fleurs doubles : cette dernière , de la plus grande beauté , y réunit encore une odeur douce et suave; les fleurs se succèdent fort long-temps. Le suc des rameaux de ces arbustes est vénéneux (1) (a).
On doit les arroser fréquemment et les mettre en bonne terre. Leur multiplication est facile de toute manière.
5. KuCALYPTUS (f. des myrtes), très-grands arbres de la Nouvelle-Hollande, qui croissent dans des sables pres-
Îje arides, et pourraient se naturaliser dans le sud de la ranoe , où leur bois dur et leur taille gigantesque les
(1) M. Leschenault de la Tour vient d'en rapporter une es-
fifece de l'Inde , qui fournit une fécule susceptible de remplacer 'indigo.
Note de r Auteur.
(a) Laurier-rose ni la Chîwe (Nerium sinense). Cet arbrisseau charmant donne de grossses panicules de fleurs d'une blancheur éclatante et d'un effet superbe ; il demande un peu plus de chaleur que le laurier-rose ordinaire, du reste, il se cultive de même. Le Zaurierrose odorant ( N. odorat u m ) , plus petit que le commun , à fleurs plus ou moins rouges, panachées de blanc ou blanches , simples ou doubles, selon les variétés , exhalant une agréable odeur > demande aussi plus de chaleur et beaucoup d'eau en été. Tous deux méritent d'avoir une place dans la serre tempérée. Le Laurier -rose commun (N. oleander), a fourni plusieurs variétés outre celles à fleurs panachées et à fleurs doubles, ce sont celles a feuilles panachées , à fleurs blauches et a fleurs carnées. Il faut beaucoup de chalenr et d'eau pour celle à fleurs doubles, si on veut les voir épanouir.
Sous le nom de Laurier-rose orangé (Merium aurantiacura ) , on en possède une nouvelle variété ou espèce , qui forme un arbrisseau vigoureux. Ses fleurs sont très-grandes , d'un jaune foncé, ayant leur tube orangé, avec des lignes d'un rouge carmin. La variété carnée du laurier-roi-e commun a fourni une sous-variété nommée Laurier-rose '"'-odorant ( Nenura odoratîssimnm ) , qui en diffère par ses fleur» plos grandes et plus odorantes. r
d'orangerie. 3u
rendraient précieux pour les constructions navales. Sous le climat de Paris ils exigent l'orangerie et une terre légère mêlée de terre de bruyère.
On en connaît un grand nombre d'espèces qui , pour la plupart, ont les rameaux flexibles et pendans, et les feuilles allongées et fermes.
6. FabriCIA, genre; voisin , et de la même famille, qui a beaucoup d'analogie avec le précédent : il est agréable par ses fleurs et ses feuilles glauques, soyeuses à leur naissance.
Dans le climat de Paris, on cultive encore en caisse et l'on rentre en orangerie les oliviers, orangers tl grenadiers. Ce sont de fort beaux arbres , agréables par leur
Îiort et leur feuillage , aussi bien que leurs fleurs et leurs ruits. Nous ne les décrivons pas ici par la raison qu'ils sont très-connus, et que nous en avons parlé avec détail dans la division du jardin fruitier.
La culture des genres ci-dessus leur est applicable ; mais la terre qui leur convient le plus , et que nous avons souvent citée sous le nom Atterre à orangers , est un mélange de terre franche et de terre de potager avec plusieurs terreaux légers et nourrissans (i).
(i) Parmi les plantes ligneuses d'orangerie, on compte les nouvelles espèces qui suivent ici.
Cunonicdu Cap ( Cunonia capensis )• Arbre paraissant devoir s'élever ; feuilles opposées , ailées avec impaire ; rameaux se développant •ntre deux bractées spatulées et coriaces ; fleur* naissant dans les aisselles des feuilles, en épis opposés et lon£s de sent à huit pouces , petites, très-nombreuses, serrées, blanches et légèrement odorantes. Orangerie éclairée; terre de bruyère et terre ordinaire mélangées; multiplication de marcottes et boutures,
Enkianthe a cinq Jleurs ( Enkianthus quinqueflora ). Charmant arbuste s'élevant de trois ou quatre pieds; tiges presque- nues, flagelliforroes ; feuilles lancéolées , se rétrécissant en pétiole à la base^ en mars , fleurs campaniformes , d'un rose foncé > à cinq lobes , marquées d'une tache rouge et asses grande » au-dessous de chaque lobe de la corolle. Orangerie éclairée ; terre de bruyère ; multiplication d» marcottes.
Gomphocarpe arhorescsnt (• Gomphocarpns arboreus ). Arbrisseau du Cap , ayant beaucoup d'analogie avec les asclépias. Tige pubescente ; ieuilles ovales , roulées; fleurs blanches , à corolle réfléchie ; foliculcs à pointes non piquantes. Orangerie éclairée ; terre do bruyère un pej*
§. KL Des végétaux ligneux de serre.
Us exigent la même culture que les précédens, maïs sont encore plus délicats, c'est-à-dire, veulent pour habitation un lieu plus chaud ; on ne doit les sortir que quand la chaleur est assurée , et Ton doit regarder la serre comme leur local ordinaire. Les couches chaudes, les bâches , les châssis sont encore plus impérieusement nécessaires pour leur multiplication. Nous ne citerons que les genres les plus dignes d'attention*
i.° Les uns sont à feuilles caduques.
Les genres qui perdent leurs feuilles chaque année sont en petit nombre ; la plupart appartiennent h f autre hémisphère , et ainsi sont en végétation pendant notre hiver; nous en citerons neuf, dont les six premiers ne dépassent guère quatre pieds dans les serres.
1. Bakksia ( f. des protées ). Tous les arbustes de ce genre sont de la Nouvelle-Hollande. Leur tige est très-» rameuse et fournit de nombreuses feuilles très-découpées. Ces végétaux doivent être cultivés dans une terre légère , et mieux de bruyère, ce qu'on doit d'ailleurs toujours faire pour les semis , boutures et marcottes.
Parmi les nombreuses espèces , on dislingue le B. à petits cônes, à feuilles lancéolées, dentées, tronquées au sommet, blanches à la surface inférieure, à fleurs -jaunes , et à fruits renfermés dans un cône assez semblable au gland.
Le B, h feuilles en scie , à rameaux cotonneux f à feuilles linéaires très-longues , pâles en dessous , et à fleurs serrées , de couleur mélangée.
Le B. à feuilles de bruyère, qui a également les feuilles
Itumide ; multiplication de (raines semées sur eouebe tiède aussitôt leur maturité , de drageons , de marcottes et de boutures étouffées.
SphérolobUr pliant ( Sphaerolobiura vira in en m ). Joli arbuste de la Nouvelle-Hollande , apparrenant à la famille des légumineuses f rameau» ionciformes; feuilles linéaires; en mai et juin , fleurs jaunes , «?u-"de.rOUÇe» Armant de longues grappes. Orangerie ; terre légère; «nltiplicauon 3e graine* et marcottes étouffées. * 1 *
DE SERRE. 3l3 linéaires, cendrées à leur surface inférieure , et les fleurs jaunes , disposées en cônes. Ces fleurs ont cela de remarquable, que le sty lettrés- grand se courbe alternativement sur chaque anthère , et qu'ainsi la femelle fait aux mâles les premières avances : quand le vœu de la nature est rempli , les styles se redressent , et, comme les fleurs sont très-rapprochées les unes des autres, ils donnent au cône l'aspect d'un goupillon.
Le B. épineux présente le même phénomène , il se distingue par ses feuilles épineuses à leur sommet.
Embothkium. Ce genre, qui appai tient encore à la famille des protecs , est aussi originaire de la Nouvelle- Hollande. Les arbustes qui le composent conservent assez, souvent leurs feuilles : on cultive surtout deux espèces ; lune à feuilles de saule , rougeâtres , ainsi que les jeunes rameaux , fournit en mai une grande quantité de petites fleurs jaunes dont le pistil présente , comme les banksies , le phénomène de se courber sur les anthères. La seconde es! TE. soyeux, à feuilles velues en dessous, naissant au nombre de trois des articulations des rameaux. Les fleurs, de couleur pourpre et disposées en bouquets , se succèdent pendant la plus grande partie de Tannée.
3. MelastAme (Melastoma, f. des mélastômes ) f arbrisseaux de petites dimensions , mais à fleurs à larges pétioles de couleur pourpre , en tout assez belles : les feuilles, à nombreuses nervures longitudinales, sont velues de même oue les rameaux. Ces végétaux demandent un peu deau : on les multiplie principalement de rejetons.
4. CrotaLàïRE ( Crotalaria, f. des légumineuses), offre plusieurs espèces qui méritent d'être cultivées : les plus connues ont les rameaux couverts d'un duvet blanchâtre , les feuilles composées de trois folioles et les fleurs grandes , disposées en grappes , jaunes dans les plus
Êrandes espèces qui atteignent six pieds , pourpres dans s plus petites.
One autre espèce a les fleurs roses ; ses rameaux n'ont
I»as de soutien et tombent de tous côtés si un tuteur ne eur offre son appui. . .
3l4 VÉGÉTAUX LIGNEUX
Ces arbustes conservent long-temps leurs fleurs, et même elles se succèdent presque en tous temps dans une espèce toujours verte, à feuilles de couleur Foncée. Ils exigent une bonne terre , des arrosemens et des soins (i).
5. INDIGOTIER {Indigofera ). Ce genre , de la même famille, comprend les plantes cultivées dans les Indes pour en retirer cette belle couleur bleue fonce'e, si employée dans les arts 9 et de plus quelques arbrisseaux d'agrément , parmi lesquels nous devons mentionner :
L'1. austral de la Nouvelle-Hollande , à tige droite et rameuse, à feuilles composées, d'un vert foncé, et à fleurs roses, odorantes , formant de charmantes grappes.
L'I à longs épis.
L'A. atro-pourpre à fleurs brunâtres.
Ces végétaux se plaisent dans une terre franche rendue plus légère par un mélange de terre de bruyère.
6. Luphorbe (Euphorbium , f. des euphorbiacées ) , renferme des arbustes et des plantes herbacées ; celles-ci supportent la pleine terre , et sont annuelles ou bisannuelles : les arbustes exigent au moins l'orangerie. Tous les végétaux de ce genre se font remarquer par un suc d'apparence laiteuse , très-caustique : deux espèces méritent une mention spéciale.
L'E. ponceau , à rameaux grisâtres , à feuilles lancéolées, grandes, glauques à leur surface inférieure , à fleurs de peu d'apparence , mais accompagnées de bractées fort longues et du plus beau rouge.
L'E mtllijere , à feuilles aiguës, réunies en tète des rameaux , ainsi que les fleurs de couleur brune.
Ces arbrisseaux se multiplient souvent de drageons ; ils
(i) La Crotalaire élégante ( Crotalaria purpurca). Elle est de serre tempérée, ainsi que les suivantes.
Crotalaire en arbre ( C. arborescens ). Arbrisseau de cinq à six pieds; feuilles ternées ; de juillet en octobre , fleurs d'un beau jaune , à étendard lâché de pourpre.
Crotalaire toujours fleurie (C seraperflorefis).tige de six pieds; feuilles ovales , persistantes ; pendant la plus grande partie de Tannée, fleurs d'un joli jaune.
Crotalaire renflée ( C. turgida ) ; feuilles composées , à Wois foliole* ; en été et en automne , fleurs jaunes , avec des lignes ■e'u^eatres»
DE SERRE. 3i5
demandent la teire d'oranger et de fréquens arrosemeni durant l'été (i).
7. BEGONIA ( non classé ). Ces arbustes des îles d'Amérique doivent être cultivés en terre de bruyère un peu substantielle, et dans des vases de peu de capacité; on les multiplie de rejetons et de boutures. Les espèces sont nombreuses et ont de la ressemblance avec celle diu luisante , la seule que nous décrirons. C'est un arbuste à tiges jaunâtres, à feuilles très luisantes , pâles à la surface inférieure y souvent bordées de rouge et à longs pétioles de cette couleur; les fleurs sont nombreuses , d'un rose pâle et à étamines apparentes. 11 ne dépasse guère cinq pieds (a).
8. LAGERSTROMB ( Lagerstrœmia , f. des salicaires ). L'espèce des Indes forme un superbe buisson de huit à dix pieds de haut avec ses tiges et ses rameaux et rejetons très-nombreux , de couleur rougeâtre : les feuilles sont ovales et de couleur foncée ; les fleurs, grandes et d'un rouge vif, font beaucoup d'effet.
Cet arbuste veut une bonne exposition quand on le sort de la serre. On le multiplie de rejetons qu'il est bon de mettre pendant quelques temps sur couche chaude ou sous châssis.
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(1) Euphorbe triangulaire ( Eupborbia triangnlaris ). Arbuste de Cayenne , à lige charnue, ressemblant beaucoup à celle d'un cactus t triangulaire , paraissant ailée; rameaux consistaut en des espèces de palettes qui s' étendent horizon la! cm en t et naissent sur les angles de la tige; épines courtes, grosses, noires , géminées, feuilles atteignant au plus deux lignes de grandeur, arrondies , un peu pointues , presque sessiles. On n'a pas encore vu la fleur de cette singulière plante. Culture du suivant.
Euphorbe de Brion ( Euphorbiabrioni ). Arbuste charmant de Madagascar ; tige cylindrique , droite, un peu ligneuse, armée d'aiguillons e'pars , longs et acérés ; feuilles coriaces , peu épaisses, allongées , spatulées , terminées par une très-petite épine. Au printemps et en été 9 fleurs , petites, géminées, naissant à l'aisselle des feuilles, composée» de deux pétales opposés et du plus beau rouge. Serre chaude et mêm* culture que les cactus et les aloès.
(a) Les espèces nouvelles que l'on trouve dans le commerce , et qui n'ont pas encore fleuri, pour la plupart, sont : Bégonia humitis, patula , sptUulata , stipulacea , suartclens , uùnifoiia.
3l6 VÉGÉTAUX LIGNEUX
g. BlGUIER (Ficus, f. des ortidiées ). Un grand nombre d'espèces exotiques sont cultivées dans les serres pour leur beau feuillage : plusieurs dans leurs pays, et notamment une espèce des Indes 9 atteignent une taille
(gigantesque et couvrent des espaces immenses. Dans es serres, ces végétaux, qui demeurent arbustes, doivent être placés dans de vastes caisses , en bonne terre , et bien exposés si on les met au-dehors. On les multiplie de boutures, marcottes et rejetons en pots, sur couche chaude* a°. Les genres suivons ont les feuilles persistantes. La plupart des végétaux que l'on cultive dans les serres conservent leurs feuilles toute l'année : nous ne mentionnerons que seize genres , comme les plus dignes de remarque. Les huit premiers , dans nos serres , ne dépassent guère quatre pieds.
i. LANTANA (f. des verbenacées), arbrisseaux agréables par leurs fleurs, à tiges garnies d'aiguillons et à feuilles velues.
L'espèce dite à feuilles de mélisse les a grandes et dentées , les fleurs petites, nombreuses, de couleur aurore et en ombelles.
La L. à collerette* les (leurs blanches rosées, qui du— rent tout Tété. On cultive encore l'espèce à fleurs blanches, qui a une odeur suave, tandis que les deux autres l'ont fort désagréable (i).
i. Volkamère {Trolkameria, même famille), renferme plusieurs espèces d'arbustes d'ornement fort jolis, qui de-* mandent une bonne serre.
L'espèce la plus agréable, comme la plus cultivée, est la V. du Japon, qui n'atteint pas trois pieds ; les tiges, les rameaux et les feuilles sont velus : celles-ci sont dentées , d'un vert foncé et d'une odeur désagréable; les fleurs, fort remarquables, disposées en sorte d'ombelle^
(i) Lantana muîtiflore ( Lan! an a mulliflora )* Cet arbuste, d'une végétation vigoureuse, est de l'Amérique méridionale. Ses fleurs, naissant deux à deux dans les aisselles des feuilles, sont d'abord de couleur de chair, puis elles deviennent d'un beau rose. Ce charmant arbuste, introduit en France depuis peu de temps, exige la serre chaude. On doit lui donner de fréquens dépotages, et le multiplier de boutures sur couche chaude.
$ertét, dorent long-temps : ces fleurs, très-doubles, assez grandes, sont blanches à leur intérieur et rougcâlres à Pextérieur ; deux bractées velues et un calice colore' eu rouge les rendent surtout extraordinaires.
Les autres espèces les plus dignes de mention sont la V. » /* aiguillons placés le long des tiges et à fleurs sortant de* l'aisselle des feuilles : la V. inermis sans aiguillons.
Ces arbustes se multiplient très-facilement de rejetons, de tronçons de racines et de boutures enterrées , placées en bonne terre sur couche chaude. On ne doit les rempoter que quand les racines sortent des vases. ^ 3. ToURNEFORTlA (f. des borraginées), renferme plusieurs espèces à fleurs assez belles. La T. changeante est un petit arbrisseau à feuilles allongées, entières et à fleurs en épis, de couleur blanche, avec des raies noires, prenant ensuite tout-à-lait cette dernièie couleur; elles sont remplacées par des baies d'un aspect agréable. La couleur de ces baies et la forme des feuilles varient selon les espèces ; toutes demandent la serre en tout temps ; on ne peut les sortir que pendant les grandes chaleurs.
4. Conyse (Conysa, f. des flosculeuses) , genre qui renferme des végétaux de taille très - diverse , assea agréables.
La C. odorante est la plus élevée ; elle atteint six pieds ; ses feuilles sont velues et ses fleurs pourpres : vient ensuite la C. glutineuse, qui forme buisson, a les feuilles visqueuses et les fleurs jaunes ; et enfin deux ou trois es-
J>èces très-petites, à rameaux et feuilles blanchâtres, à leurs Jaunes. Ces arbrisseaux demandent une bonne terre légère.
5. Gardenie (Gardénia, f. des rubiacées) , arbustes çharmans par leur feuillage , dont on connaît beaucoup d'espèce*. Les plus dignes de nous arrêter sont la G. de la Chine, de petite taille, et la G. à grandes fleurs, dite jasmin du Cap, qui atteint quatre ou cinq pieds. Ces arbustes ont les feuilles souvent divisées en trois, lisses et d'un beau vert; les fleurs, d'odeur agréable , sont à long tube, de couleur blanche et terminales : elles doublent facilement, et se conservent pendant long-temps.
Ces végétaux demandent la teire de bruyère, et ne doivent être exposés à l'air que dans les chaleurs. On les 11. a G
multiplia de graines sur couche chaude , et mieux <U marcottes par courbure, avec les rameaux d'un pied coupes à trois pouces de terre. Les variétés à fleurs doubles peuvent encore se reproduire de boutures et de greffes sur la simple.
6. Cafeykr {Coffea, même famille). Cet arbre, si cultivé maintenant dans tous les pays tropicaux où les Européens ont pénétré , pour ses graines dont la décoction dans l'eau est devenue une boisson universelle , parait originaire d'Arabie (i). Dans son climat naturel il ne dépasse guère quinze pieds, et dans nos serres, où il réclame beaucoup de soins et de précautions, tant contre les insectes que contre Phumidité et la sécheresse, il n'atteint guère que quatre pieds. Ses tiges sont blanchâtres , à rameaux nombreux , disposés en croix , presque horizontaux , à feuilles aiguës , lancéolées , luisantes et persistantes. Les fleurs sont assez semblables à celles du jasmin blanc, à odeur agréable, et remplacées par des baies rouges à deux semences sillonnées longitudinalement.
Cet arbrisseau doit être placé en terre d'oranger, en serre chaude . et arrosé fréquemment pendant Tété : on le multiplie de graines.
7. Mahernia (f. des tiliacees), arbrisseaux peu élevés. L'espèce dite incisée a les fleurs du plus beau rouge et en
{nappes : les feuilles sont très-découpées et jaunâtres à eur surface inférieure.
Le M. glabre a les rameaux très-longs et sans soutien, les feuilles dentées en scie ; les fleurs sont jaunes , ainsi que celles du M. odorant , qui réunit l'avantage d'avoir une odeur analogue à celle du narcisse jonquille.
Ces arbrisseaux exigent une terre très-riche en humus. On les multiplie de boutures.
(1) Nous ne devons pas passer sous silence le trait de dévouement de M. Desclieux, auquel nos colonies doivent l'importation de et précieux végétal : a bord d'un bâtiment ou la disette d'eau était extrême , 51. Desclieux , pendaut assex de temps , partagea, avec deux jeunes plants de cafeyers , sa faible ration , qui consistait à-peu-prèt en un verre d'eau par jour.
JVto de VAutitr.
DE SERRE. 3ig
8. SpàrmàniA (même famille ), joli arbrisseau , à rameaux jaunâtres , à grandes feuilles à long pétiole , pendantes, dentées , ridées et velues , à grandes fleurs blanches, réunies en ombelles de la plus grande beauté. On le multiplie principalement de boutures qui reprennent très-aisément.
9. PrOTÉe {Protea, f. des prote'es) , genre d'arbustes très-nombreux en espèces. Tous sont remarquables par leur feuillage varié et leurs fleurs. Ils doivent être recherchés dans les jardins soignés dont ils font l'ornement. Leur taille est d'environ huit ou dix pieds (1).
Le P. argenté est un fort bel arbuste, à rameaux di vergens , à feuilles lancéolées, très-velues, et de couleur blanchâtre. Dans toutes les espèces, les fleurs ont une forme singulière , étant composées d'un calice coloré, à divisions linéaires, longues, peu nombreuses, ayant à leur extrémité un sillon qui renferme l'anthère ; le pistil est long et plumeux. Dans l'espèce qui nous occupe, les fleurs sont grandes et argentées.
Le F. à longues feuilles les a étroites et raides. Les fleurs, souvent panachées, offre ut beaucoup de variétés de couleurs, telles que pourpre, violet, ferrugineux, et de formes singulières, telles qu\n sabot.
Le P. à fleurs en peloton les a roussàtres en dedans , et blanches à l'extérieur. Ses feuilles sont linéaires, ainsi que celles du P. à feuilles de pin, qui a les f leursiaunes ; du P. à fleurs en épis, de couleur blanche, et du E\ à feuilles cotonneuses.
Le P. élégant a les feuilles lancéolées , mats moins étroites que les précédens , à bords et nervures souvent colorés en rouge. Un duvet argenté couvre toutes ses par-
Ci) Protfe. 1/ espèce à longues feuilles (P. longifolia), a fourni deux variétés remarquables : le Pourpre ferrugineux «t celui h /leurs en sabot. L'espèce la plus belle est le Protée cordiforme ( P- cordata ) . à cause de ses écailles d'un rouge de carmin très-vif et de ses feuilles «faarnues , grandes , glauques avec une bordure rouge , portées par des pétioles carmins. Les plus intéressans , perroi ceux que 1 on cultive , aont les protées eynaroides , repens , speciosa , puUhella , eanaliculata , triternata , grandira. Tom exigent une orangerie éclairée , une terre légère ou mieux de bruyère , une exposition ombragée; Us craigneni l'humidité, et ne doivent jamais être replantés à raonai hum.
lies. Cette espèce offre beaucoup de variétés pour les fleurs et les feuilles. Ses fruits , en cônes assez volumineux, font aussi un effet agréable.^
Enfin, il est une grande quantité d'autres espèces , à feuilles plus ou moins larges , toutes fort belles; mais elles sont moins répandues f et leur description nous entraînerait trop loin.
Les protées demandent des soins. Hors de la serre, on doit les placer en lieu abrité, chaud, mais non exposé au
Jrand soleil ; on doit leur donner la terre de bruyère et es vases assez grands , afin de ne les dépoter que rarement, et surtout sans endommager les racines. Us craignent même tellement cette opération , qu'il est bon de mettre sur-le-champ , dans des pots séparés , les jeunes
Îilants que Ton se procure par les semis, les marcottes ou es boutures. Ce dernier moyen , qui n offre pas de difficulté, est préféré , les graines ne germant souvent qu'après plusieurs années.
10. Carmentine (Justicia, f. des acanthes) , genre nombreux en espèces agréables par leur port et leurs fleurs. Les principales sont :
La C. en arbre , dite noyer des Indes , arbuste d'une dixaine de pieds d'élévation , à rameaux redressés , et à belles feuilles jaunâtres, duvetées; les fleurs sont blanches, en épis, et de grande dimension.
Les C. peinte et rouge9 moins élevées : leurs fleurs sont disposées en tube, à limbe horizontal, de couleur rouge éclatant.
La C. bicolore, arbrisseau de deux pieds, à fleurs labiées , de couleur blanche mêlée de pourpre, et la C. en entonnoir, à fleurs jaunes, en vases et à tube ouvert.
Ces arbustes demandent la terre d'oranger, de fréquens arrosemens et une bonne exposition. Si on les sort de là' serre, on les multiplie de drageons, boutures et marcottes sous châssis.
11. Cestrum (f. des solanées) , genre d'arbustes singuliers par la propriété qu'ils ont de changer, à certaines heures, en odeur agréable, celle très-nauséabonde qui leur est plus ordinaire. Ils paraissent partager les qualités malfaisantes de la plupart des solanées.
I»V«^&4* A .è~fe« *y ^s , bien empaillée , peut résista
DE SERRE. 3ll
à nos hivers. Ses fleurs sont jaunes, à long tube et à limbe aplati , disposées en particules terminaux. Son odeur agréable s'exhale pendaut la nuit.
Parmi les espèces qui exigent la serre chaude, on doit remarquer le C. nocturne, à fleurs verdâtres nui fournissent leur parfum durant la nuit ; le C. dit galant du soir, qui le fournit à la chute du jour, et a les fleurs violàtres; et enfin le C. dit galant du jour, dont le parfum délicat se manifeste pendant la présence du soleil sur l'horizon. Ses fleurs sont blanches et ses rameaux duveteux et grisâtres.
Ces arbustes, qui ne dépassent guère sept à huit pie Js, doivent être placés eu terre légère, mais substantielle. On les multiplie de graines et de boutures , qui reprennent facilement avec de fréquens arrosemens.
12. SOLANDRA grandijlora et DATURA arborea , sont deux espèces appartenant à des genres différons, mais de la même famille des solanées. Elles ont ensemble beau* coup de ressemblance. Ces deux arbustes, qui atteignent environ quinze pieds, sont très-remarquables par leurs grandes feuilles vert pâle , et leurs grandes fleurs blanches, rayées longitudinalement de vert en dehors, et rosées à Tintérieur chez la solandra, bleues ou blanches , à raies jaunâtres, chez le datura. Los fleurs de cette dernière espèce atteignent un pied de long, et sont de la plus
{;rande beauté. Llles ont la forme d'entonnoir évasé, à ong tube, et ont été surnommées trompettes du jugement.
Ces végétaux se multiplient de graines ou de boutures (i).
13. Malpignie (f. des malpignies) , genre nombreux en charmans arbustes, très-remarquables par leurs fleurs, mais surtout par leurs feuilles extrêmement varices de
(i) Le Solanclra grandiflora a fourni une nouvelle variété* connue sous le nom de Solandra fioribunàa , à liges et fouilles velues , a fleurs grandes, d'un liane jaunâtre lavé de pourpre, odorantes, et paraissant plus aisément que celles du type. Ces végétaux exigent la serre tempéré» ou au moins une bonne orangerie éclairée. On les multiplie de boutures éjouffées sur couche chaude. Twe franche légère ; pas d'au** ttidué. ^
3aa VÉGÉTAUX tIGWEUX
formes et de dispositions. L'espèce la plus répandue est le M. glabre, dit cerisier des Antilles, dont les feuilles ovales sont luisantes et lisses, et dont les fleurs, légèrement teintes de rouge, ont leurs bords crénelés ; des baies rouges, semblables aux cerises, les remplacent.
Les malpignies , a la sortie de la serre , exigent une bonne exposition. On les cultive en bonne terre riche; leur multiplication de graines ou de boutures doit être faite sur couche et sous cloche obscure.
i4. Camélia ( f. des orangers). Arbustes de la Chine et du Japon , tous très-remarquables par leurs magnifiques fleurs , qui présentent environ une quarantaine de variétés plus agréables les unes que les autres. Il suffira de décrire le type primitif , et d'énoncer les principale* variétés (1).
(1) Camkma. Voici encore un genre d'arbrisseau dont la icultore fait tous les jours des progrès étonnans , et qui certes mérite bien tous les soins que les amateurs se plaisent à lui donner. Soit par le moyen, de leur propre semis, soit par leur correspondance dans les pajs étrangers, nos cultivateurs ont obtenu un grand nombre de variétés toutes plus intéressantes les unes que les autres. Nous allons rapidement indiquer les plus belles. , .
1. Albasimphx, fleurs blanches, simples , grandes : variété robuste,
propre a recevoir la greffe des autres.
a. Alba Joliis variegatis , fleurs semblables au précédent , et feuilles
panachées. £ .
3. AlbapUna% fleurs doubles, grandes, d'un blanc pur, a pétales
c ais
4. Albicans, fleurs doublas , moins régulières que dans le précédent, d'un blanc moins pur , tirant un peu sur le jaunâtre.
5. Anemonœ/lora^ouh fleurs d'anémone; fleurs d'un rouge vif, à pétales de la circonférence très-grands , formant la cloche; ceux du centre beaucoup plus petits, imbriqués régulièrement en forme de cône arrondi : superbe variété.
€. Warata, sous-variété qui ne diffère du précédent que parce que •es pétales du centre sont blancs. t n. Atropurpuna , fleurs assez grandes, d'un pourpre très-fonce.
8. Airorubens, fleurs grandes, asse* régulières, d'un rouge très-foncé, très-belles.
9. Axillarss, nouvelle variété superbe apportée d'Angleterre en ioa3; il ne faut pas la confondre avec notre ancien axillaris; fleurs rouges > très-belles.