DES ARBUSTES
Nous avons déjà dit que nous renfermions dans cette section les ve'gétaux ligneux qui ne dépassent pas quatre pieds, et le plus souvent même n'atteignent pas cette élévation. Ce sont donc plutôt des plantes ligneuses d'ornement, recherchées pour leurs fleurs ou leur feuillage f que des végétaux propres à former des effets pittoresques dans les jardins. Aussi sont-ils fréquemment cultivés dans les parterres, et fort peu dans les grands jardins, à l'exception des espèces les plus rustiques , que l'on emploie
(1) Denx autres espères plus intéressantes se cultivent également élans les jardins.
Pcnenche htrbacét ( Vlnca herbacea ) ; tiges rampantes ; feuilles !anc*olfces , linéaires ; fleurs d'un bleu foncé, simples ou doubles, selon 1* variété.
Pervenche de Madagascar (V. rosea); tige droite , rameuse ; feuilles ovales - allongées ; en juillet et août , fleuri roses , plus foncé*.* Au centre. La première est de pleine terre , et celle-ci de serre ebaude.
pour garnir le sol des massifs , pour accompagner le pied des arbres, pour former des corbeilles peu élevées dans les jardins soignés. On forme, avec ces arbustes, qui , pour la plupart, exigent une culture spéciale, des planches ou des massifs de luxe. Le nombre des espèces cultivées, tant rn pleine terre qu'en orangerie, est fort considérable. La plupart forment touffe ou buisson , et exigent la culture et la terre des bruyères. Ceux même qui ne l'exigent pas s'en accommodent fort bien. Nous allons le faire connaître , avec quelque détail , en parlant de ceux qui l'exigent.
Les seize genres suivons , qui appartiennent pour la plupart auoe jamilles des bruyères et des rasages f ou o»U de l'analogie avec ces plantes , sont ceux qui réclament surtout une culture spéciale. Ils conservent leurs feuilles toute tannée*
Les bruyères , les rasages, ne viennent bien que dans une terre très-meuble , très-pcrm':able aux racines. C'est donc dans la terre de bruyère qu'où les cultive presque toujours. Lorsqu'on veut avoir des massifs garnis de ces plantes, on doit y préparer un encaissement plus ou moins profond. Le fond est couvert d'une couche de gros sable ou de gravier , et le reste , jusqu'au niveau du sol , est rempli de terre de bruyère. Cette terre , si précieuse dans les jardins , si stérile dans les champs , se rencontre assez abondamment, en Fiance, dans les lieux où le terrain a peu de profondeur et est parsemé de rochers. Ces endroits plaisent aux bruyères indigènes, qui y croissent en abondance et y fournissent un détritus considérable. Ce sont là les fabriques naturelles d'où Ton tire cette terre pour la transporter dans les jardins : mais souvent on doit la mélanger avec du terreau de feuilles, dans la proportion du quart au tiers. Remarquons encore que, pour avoir une bonne terre, jl faut prendre, non pas la plus pure , mais les galons de la surface du sol. Dans les pays dont le sol est argileux et ca'caire , où cette terre est plus rare, le cultivateur peut la composer par un mélange de sable très-fin , tiré des couches infé— K rieurs du sol et de terreau de feuilles. Dans tous les cas f il est avantageux d'apporter dans le jardin, de préparer et d'exposer à l'air, une année à 1 avance ; la terre de
d'ornement. 34^
bruyère , afin d'obtenir un mélange plus intime des parties mine'ralcs et végétales qui la composent.
1/exposition du levant, peu frappée des rayons du soseil, est celle qui convient aux arbustes qui nous occupent. L'encaissement de terre de bruyère doit donc être adossé à une palissade ayant cette exposition, et formant abri, de manière que la chaleur soit conservée dans ce lieu , sans y recevoir trop directement les rayons solaires. C'est ce qu'on obtient facilement, en disposant cet emplacement vers le nord, le long d une allée encaissée , qui maintient la chaleur, et fait jouir de tous les arbustes remarquables plantes de chaque coté en amphithéâtre.
Les arbustes de cette première section se multiplient en général de semis, de marcottes et de boutures, mais avec des soins pour toutes les espèces qui ne sont pas indigènes. Les jeunes plants doivent le plus souveut être élevés en
ImMs ou sous châssis, môme sous cloches pour les boutures, e moindre soleil menaçant leur frêle existence. Telle est la culture nécessaire principalement aux bruyères et rosages. Passons maintenant a la description des genres, dont les six premiers appartiennent à la famille des bruyères.
1. Bruyère (Erica), comprend environ trois cents espèces distinctes, les unes d'Europe , les autres de la Nouvelle-Hollande, un grand nombre du cap de Bonne- Espérance. La plupart sont remarquables par leurs petites feuilles, presque toujours linéaires, nombreuses, d'un beau vert, et leurs fleurs de couleurs variées et brillantes, souvent accumulées vers l'extrémité de rameaux , et affectant la forme de vases , de tubes . de grelots plus ou moins grands. Un très-grand nombre d'espèces ne peuvent être cultivées qu'en orangerie , et mieux encore en pleine terre , sous une bâche. Il serait aussi impossible qu'inutile de décrire toutes les espèces : nous nous bor-* lierons aux principales ( 1 ).
(1) Bruyère". Quelques espèces peuvent se cultiver en pleine terra et contribuer beaucoup a l'agrément d'un jardin paysager. En voici la nomenclature. Bruyère h balais ( E. scoparia , seu fucata); variété a fleurs plus grandes , autre beaucoup plus petite ; dans un terrain favorable , celle dernière peut faire de fort jolies bordures, B. commune