‹ Manuel d'agriculture [microforme]Chapitre 119 sur 215 · Le croisement est un mélange de deux races · texte numérisé non relu

Le croisement est un mélange de deux races

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780. Ses mauvais effets.— Les mauvais effets du croisement pour la reproduction sont très apparents dans cette province, Pour n'en citer qu’un exemple, les

hommes d'un certain âge se rappellent nos excellents chevaux canadiens, que l'on trouvait dans toutes nos campagnes, il y a tout au plus quarante ans. Tout à coup, on à préconisé en haut lieu l'élevage de chevaux, ou plus rapides, ou plus puissants. Les éleveurs, n'étant pas suffisamment encouragés à continuer l'élevage du cheval canadien, se sont laissés tenter par les hauts prix offerts pour leurs chevaux par les américains, auxquels ils ont surtout vendu leurs étalons canadiens. On à remplacé ceux-ci par des croisés-clydes où des trotteurs américains. Dès la seconde génération de ces croisements, nos chevaux n'avaient plus de caractères distinctifs. Ils ont perdu pour la plupart leurs excellentes qualités ; des infirmités de tout genre, inconnues jusqu'alors, se sont multipliées à infini ; enfin les bons chevaux sont devenus l'exception même dans nos campagnes les plus reculées. On pourrait

en dire presque autant de notre excellente race bovine, Heureusement qu'un plus grand nombre en ayant été conservé, il est maintenant plus facile de la reconstituer et de proctder à son amélioration par une sélection intelligente et suivie, à cause de l’'encouragement donné depuis quelques années aux éleveurs de cette race si précieuse,

781. Sous-races.-—[Les sous-races sont le produit d'un ou de plusieurs rapprochements de deux familles distinctes, mais ayant entre elles beaucoup d'analogie, On déroge ainsi tant soit peu à la règle générale qui défend les croisements entre races différentes, mais on le fait dans des conditions telles que l’on conserve les bonnes qualités de la race à transformer et on procède avec toutes les précautions voulues pour fixer dans le sang, après plusieurs générations, les bonnes qualités que l’on a obtenues par de tels rapprochements. Le pur sang anglais, et surtout le cheval arabe, ont ainsi servi à établir des sous-races, qui ont aujourd'hui des qualités héréditaires assurées ; telle est celle du cheval anglo-normand ; mais on n’admet ces sous-races parmi ies races pures qu'à la longue, après bien des difficultés souvent ruineuses pour les éleveurs qui en ont fait les frais.

782. Danger à éviter.—Ce que nous avons dit des ;ous-races ne doit pas encourager les cultivateurs à faire des croisements dans leurs troupeaux, car pour un éleveur qui réussira ainsi à améliorer ses bestiaux, il y en a peutêtre des milliers qui n’arriveront à rien de bon par les croisements. On cite dans l’histoire les noms des homme: de génie qui, à force de persévérance et d’études, ont fini par créer et fixer les bonnes qualités de certaines sousraces, tant leur travail a été considérable et difficile. Il ne faut donc entreprendre ces croisements qu'après une

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783. Métis.—On appelie troupeau métis celui qui est composé d'animaux provenant du croisement des différentes variétés de la même espèce : dans l'espèce bovine, —Ayrshire, Canadien ou Durham, ou Hereford, ou Angus, croisés à différents degrés de métissage ;—dans l'espèce chevaline, les mélanges de sang canadien, Clyde, ou Shire, ou Black Hawk, etc. ete, ; de même pour les moutons, on retrouve des traces de plusieurs races différentes dans un grand nombre de troupeaux de cette province.

784. Leur amélioration.—Le seul moyen de fixer les bonnesqualités des individusdans de pareils troupeaux, est : 10 d'en faire un choix rigoureux, et de ne choisir comme mères que les meilleures femelles, les plus profitables et les plus rustiques ; 20 de choisir dans les races pures celle qui convient le mieux à l'amélioration du troupeau; 30 d'y prendre à l’avenir, successivement, tous les mâles dont on aura besoin, et de cesser au plus tôt l'emploi de métis comme chefs de troupeau ; 40 de se procurer ainsi des mâles de race pure, et toujours de la même race, aussi souvent qu'il sera jugé nécessaire : 50 d’accoupler les meilleures femelles, ainsi obtenues, au mâle qui les a produites, afin d'obtenir une nouvelle génération plus parfaite, mais à la condition que ces premiers produits du même animal soient exceptionnellement bons, et que la rusticité, la vigueur, et la beauté des formes ne fassent craindre aucun affaiblissement de ce: divers côtés; 60 de

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choisir les nouveaux mâles avec grand soin, de manière à conserver les bons caractères obtenus, et surtout atin de faire disparaître, par une sélection tout à fait intelligente, les défauts apparents du troupeau.

785. Choix des reproducteurs mâles.—I1 ne suffit donc pas, l'après ce qui précède, d'acheter des reproducteurs enregistrés. Il faut les choisir avec le plus grand soin, pour leurs excellentes qualités d'abord, et spécialement en vue de faire disparaitre, à la longue, les défauts à corriger dans le troupeau. Les éleveurs ne sauraient être trop exigeants dans le choix des mâles, même de ceux provenant des meilleures races et des meilleures familles, puisque les défauts que peuvent posséder ces reproducteurs seront reproduits avec plus de force et de certitude, en règle générale, que ne le seront leurs bonnes qualités.

786. Importance d’une nourriture abondante.—Il est un principe qu'il faut bien comprendre avant de chercher à améliorer les races : c’est le rôle que joue la nourriture dans l'amélioration des troupeaux. On peut dire, sans risque de se tromper, que c’est surtout la bonne nourriture, constante d'année en année, qui fait les beaux animaux. Le choix des reproducteurs, la sélection et les autres principes que nous venons de développer dans les articles qui précèdent, n’ont vraiment d'effet qu'autant que l’éleveur est en mesure de bien nourrir les bestiaux qu'il veut améliorer. Inutile donc d'acheter des reproducteurs étrangers, de payer beaucoup d'argent et de faire de longs voyages, si l’on n'assure pas d'abord à son bétail une nourriture appropriée à ses besoins, Voilà un principe qu'on oublie presque partout. Les sociétés d'agriculture ont dépensé bien de l'argent pour l'achat de beaux reproducteurs, et les cercles agricoles vont faire

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de même. Or, toutes ces dépenses seront plus qu'inutiles tant que l’on ne cultivera pas mieux les terres, de manière à produire l’alimentation qu'il faut, de jour en jour et de semaine en semaine, pour élever et maintenir des animaux améliorés.

787. L'âge de la reproduction dépend principalement du poids qu'atteint l'espèce, Plus elle est petite, plus elle rapporte jeune, comme le fait observer Jules Crevat, auquel nous empruntons le tableau qui suit. L'auteur ajoute que la qualité de la nourriture, le travail, l'espèce, etc., influent sur l’âge de la reproduction, et que l’on ne peut donner sur le sujet que des indications générales,

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