‹ Manuel d'agriculture [microforme]Chapitre 125 sur 215 · URES · texte numérisé non relu

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805. Principes alimentaires. (1) — Tous les aliments contiennent, en plus où moins grande quantité, quatre éléments distincts, qu'il est important que tout cultivateur intelligent connaisse, puisque c’est de la proportion voulue de chacun de ces éléments fournis au bétail, selon l'espèce et la production cherchée, que dépendent l'économie des fourrages et les profits à tirer de nos animaux. Ces éléments sont connus sous les noms suivants : 10 les sucres, appelés aussi principes respiratoires, qui ont pour seul effet d'entretenir la chaleur ; 20 la protéine, appelée aussi substances albuminoïdes ou azotées, qui produisent principalement |a viande, le travail, les poils, etc , etc. ; 30 les graisses, qui produisent la graisse ou le gras et qui peuvent se transformer en chaleur; 40 les matières minérales, qui fortifient les os, ou purifient le sang, etc. etc.

806. Les matières respiratoires sont généralement désignées sous le nom de sucres, ou de matières hydrocarbonées. Elles servent uniquement à la production de la chaleur animale et elles sont comme brulées dans le sang, La quantité à fournir à l’animal dépend : 10 du degré de chaleur maintenu dans son habitation ; 20 du plus ou moins d'exercice ou de travail qu'il doit faire, ce qui augmente la respiration et la circulation du sang et demande des éléments nutritifs appropriés à cette production de chaleur,

807. Danger d'en donner en excès.—Le cultivateur doit veiller à ne pas donner plus de matières respiratoires

(1) La théorie du rôle des sucres que nous donnons d’après Jules Crevat, dans les articles 805, 806 et 807, et qui, d’après nos expériences nous parait juste, est condamnée, parait-il, par un bon nombre de savants européens et américains, lesquels prétendent que les sucres sont producteurs de graisse. gs

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qu'il n'en faut, car alors l'animal serait forcé de brûler ces matières inutilement ; ce qui, le forçant à boire, amènerait une transpira.ion excessive, qui dépenserait en pure perte la graisse de l’animal, et une partie de la protéine ou des éléments qui produisent la chair, le travail, etc., etc.

808. Les matières azotées (/4 protéine) sont de la plus grande importance dans l'alimentation, puisque ces matières sont indispensables au maintien des forces de animal qui travaille, et à la formation des produits animaux de tous genre — viande, graisse, peau, poils, plumes, lait, etc., ete. On les désigne sous le nom général de protéine, mot qui indique qu’elles sont la base de ces différents produits. En effet, la protéine sert à la production du travail et à la formation de toutes les parties du corps de l'animal, même à la production de la chaleur et de la graisse. Une nourriture riche en protéine produit des animaux forts, vigoureux, plus grands et plus précoces, surtout si les autres matières nutritives ne manquent point. Le cultivateur doit donc produire des fourrages aussi riches que porsible en protéine.

809. La graisse est donnée à l’animal comme réserve de matières respiratoires très concentrées, pour les temps qu'il est exposé à un effort plus grand, ou bien qu'il manque de la nourriture propre au maintien de la chaleur nécessaire à la vie. La graisse végétale se retrouve, en plus ou moins grande quantité, dans toutes les espèces de fourrages, etc, et l’animal transforme facilement cette graisse végétale en graisse animale pour ses besoins futurs et pour ses produits, qui contiennent tous plus ou moins de graisse. Cet élément sert de plus à faciliter la digestion des fourrages grossiers, qui sont ainsi plus facilement

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décomposés par le sang. Enfin, dans la viande de boucherie, la graisse est l'élément qui donne le plus de valeur

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110. Les principes minéraux sont également indispensables au maintien de la santé et de la vie de l'animal, et si J’un de ces principes venait à manquer complètement, l'animal mourrait en quelques semaines. Les principes minéraux les plus nécessaires sont les phosphates, le carbonate de chaux (chaux éteinte) qui donnent la force aux 08, le fer qui purifie le sang, et les sels de cuisine et de potasse qui aident à la digestion et âu bon fonctionnement des organes du corps. Ces divers principes se retrouvent à l'état plus où moins soluble dans l’eau courante et dans les fourrages. IT arrive cependant que certaines terres et par suite leurs récoltes en manquent, et alors l'animal s'affaiblit et dépérit. De là l'importance de donner à la terre des phosphates, de la chaux et de la potasse, et, directement aux animaux, un peu de sel de cuisine.

811. Le calcul des rations ne peut être établi, d’une manière rationnelle et complète, que depuis les études approfondies faites récemment par des sociétés savantes et notamment par la société des agriculteurs de France. Ces études sont admirablement résumées dans le livre de Jules Crevat, “ Alimentation rationnelle du bétail,” sur lequel nous nous sommes entièrement appuyé dans ce chapitre. Nous donnons dans les articles suivants les règles exactes sur lesquelles 1vs rations doivent être basées. Mais en général on se servira avec fruit des tableaux, article 802 et Appendice IT.

812. Fourrages équivalents.—Tous les auteurs avant Jules Crevat ont publié des tables donnant de prétendues

équivalences de fourrages.—Or cet auteur démontre à l'évidence que ces tables doivent être étudiées à fond avant de pouvoir les utiliser, et que généralement elles induisent en erreur les lecteurs peu au courant de la question. Les rations devant être basées d'abord sur la quantité de sucre, de protéine et de graisse digestibles nécessaires à la vie animale, puis d'après la composition du produit, il s'en suit qu'il est impossible de remplacer utilement dans la ration certains fourrages par d’autres, si ce n’est en tenant exactement compte des proportions de matières nutritives que contiennent respectivement ces fourrages. Jules Crevat prouve qu’on peut souvent nourrir trois animaux plus utilement que l’on n’en nourrit deux d'ordinaire, et cela sans dépenser plus de matières nutritives ; mais simplement en les donnant dans des proportions différentes et d’une manière plus rationnelle.

813. Rations proportionnées aux produits.—On verra plus loin qu'il faut proportionner la richesse des rations à l'abondance et à la richesse des produits. Aïnsi, une rache extraordinaire, qui donne 11 à 12 pots de lait riche par jour, ne saurait pas manger assez d’herbages ordinaires pour produire pendant longtemps et sans dépérir de pareilles quantités de lait. De là, la nécessité d'ajouter à l'herbe des grains moulus et d'excellents légumes très riches, de digestion facile et de goût excitant l'appétit. Aussi voit-on en général ces bonnes vaches diminuer bientôt et maigrir à vue d'œil. C’est en calculant bien ce que l'animal rapporte, et le profit qu’on peut retirer d’un excédent de nourriture plus riche et plus digestible, que le nourrisseur montre son talent d'administration.

814. La théorie de la relation nutritive ou relation dans la ration de fourrage des matières azotées aux matières

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qui produisent la chaleur, recommandée par la plupart des auteurs jusqu'à ces années dernières, est incomplète et, d'après Jules Crevut, ne donne pas entière satisfaction au praticien instruit, ÆEn voici, d'après le même autour,

10 elle ne tient pas suffisamment compte du rôle de la graisse dans l’alimentation ; 20 elle suppose que les matières sucrées se transforment en graisse, ce qui est erroné ; 30 elle ne tient aucun compte de l'alimentation proportionnelle à faire dans la ration d'entretien productif des animaux, selon qu'ils diminuent en poids ; 4o elle ne base pas la ration de production sur la composition des produits à obtenir. Ils'en suit qu’à l'avenir nos lecteurs feront bien de ne pas s'attacher à cette théorie de la relation nutritive des fourrages.

les principales raisons :

815. Principes théoriques des rations. — Nous conseillons à nos lecteurs instruits d'étudier soigneusement les articles qui suivent dans lesquels nous donnons, d’après Jules Crevat, les règles à suivre dans la préparation scientifique et pratique des rations.

816. Principes ou bases des rations. — Jules Crevat résume dans les cinq règles suivantes les principes géné- ‘aux qui doivent nous guider dans la détermination des ations nécessaires pour une production donnée, à des animaux pesant 1000 Ibs., et à une température moyenne de 129 cent. ou 53.6° Fabr.

817. lère règle : Ration de simple entretien. — Pour des bêtes au simple entretien, on compte approximative ment 9 Ibs. de sucres; 0. 1b. 570 de protéine ; 0. 1b. 18 de graisse.

818, 2ème règle : Ration de production. — Pour les bêtes de rente en production, on compte : pour la ration

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