AUTRES INDUSTRIES AGRICOLES
940. Industries diverses.—Dans les chapitres qui précèdent, nous avons donné des renseignements utiles à la généralité des cultivateurs. Il ne faut pas attendre davantage d'un manuel d'agriculture, autrement un volume, même considérable, ne suffirait plus ; il en faudrait toute une série. Nous ne ferons donc que mentionner ici certaines industries d'une importance considérable et qui méritent d’être mieux connues Le Journal d'Agriculture a pour mission de donner à chacune d'elles le développement que leur intérêt comporte. Voici l’'énumération de celles qui nous paraissent les plus importantes : 10. Irrigation des prairies et des jardins ; 20. Horticulture maraichère et fruitière ; 30. Améliorations spéciales du sol par le mouton, le marnage ; 40. Cultures industrielles, ete, ;
j 50. Sylviculture; Go. Apiculture.
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941. L'irrigation des prairies permet de contrôler les eaux courantes et de les faire servir à l’augmentation très considérable des herbages, où trop souvent ces mêmes eaux sont une source de gros dommages et de travaux nombreux sans aucun profit. Il est prouvé que l’eau et le soleil réunis permettent au cultivateur d'obtenir quatre fois plus d'herbages qu'il n’en obtiendrait sans irrigation. C’est dire toute l'importance qu'il faut attacher à cette amélioration.
942. Irrigation des jardins.—Il est également prouvé que certaines plantes ont besoin de beaucoup d’eau pour leur plein développement et que l'irrigation seule peut en assurer une pleine récolte, surtout dans les années de sécheresse, Ainsi, pour n'en donner que quelques exemples, les choux-fleurs, le céleri, les fraises, donneront au moyen de l'irrigation des récoltes incomparablement supérieures à celles que l’on obtient sans irrigation. Voilà done un sujet à peu près inconnu dans notre province et qui pourrait faire la fortune d’un bon nombre de familles,
943. Horticulture maraïîchère et fruitière.—Tout jardinicr expérimenté, surtout parmi les étrangers au pays, s'étonne à bon droit du petit nombre des produits que nous cultivons ” .ns nos jardins, même aux environs des villes, comparé à ce que nous pourrions produire et vendre avec fruit. Voilà encore un sujet qui est du ressort de nos écoles d'agriculture, lesquelles à notre avis devraient avoir pour mission l'étude pratique de tous les sujets de
nature à faire prospérer la culture des champs, qu'ils | »
soient grands ou petits.
944. Amélioration de certains sols.—Dans les terres sablonneuses, où le vent a fini par enlever l'humus de la surface et charroie maintenant les sables du sous-sol à de grandes distances, on peut, dans la plupart des localités,
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au moyen de l'élevage des moutons, faire des améliorations considérables, surtout si l'on peut obtenir dans les environs un peu de gluise pour assurer le succès de certaines cul res sarclées, qui fourniront les fourrages nécessaires à 'hivernement et au supplément des pâturages, Ilen est de même d’un grand nombre d'endroits marécageux et qui ne demandent, de l'état, que certaines améliorations foncières comparativement },:u coûteuses, pour assurer un meilleur cliinat aux terres environnantes, et en faire des prairies et pâturages de choix, aussitôt ces sols desséchés, Souvent ces accumulations de terres humifères, employées en quantité modérée, transformeront bientôt les cultures des sables et des glaises environnants,
945. Cultures industrielles. — Il y a maintenant 24 ans que des hommes publics, dévoués aux intérêts du pays, ont commencé à travailler énergiquement à doter notre province de l’industrie sucrière betteravière, laquelle a enrichi un bon nombre de pays européens, et pourrait faire également la fortune de ce pays. Il est maintenant prouvé qu'aucun pays au monde n'offre plus d'avantages à la culture de la betterave à sucre et à sa transformation industrielle, : Nos hommes d’état n’ont pas encore su donner les garanties nécessaires aux capitaux considérables que cette industrie exige pour son succès. Outre l'industrie sucrière, il existe plusicurs autres industries agricoles moins importantes sans doute, mais qui sont de nature à créer des débouchés pour plusieurs de nos produits des champs.
946. La sylviculture. — Autrefois la forêt était considérée comme l’ennemi du colon. Il s'agissait de la remplacer au plus tôt par des champs en culture, Aujourd'hui dins bien des localités, un arpent de forêt bien situé vaut
au moins autant que les bonnes terres défrichées, Dans peu d’années, il est certain que les terres en forêt égulement bien situées vaudront plus d'argent que les meilieures terres défrichées. Il est donc temps d'écouter les quelques hommes publics, qui se sont donné pour mission d’encourager de toutes leurs forces la conservation de nos forêts et la sylviculture en général. Tous les cultivateurs, à peu près, ont encore quelques arpents en forêt. Il importe qu'ils apprennent à les exploiter avec profit, tout en les conservant en pleine production pour l'avenir. Voilà
ee encore une question à étudier dans le Journal, dans nos cercles et surtout dans nos écoles d'agriculture.
947. L’apiculture est une autre industrie agricole de nature à rendre grand service dans nos campagnes. Nous voyons aujourd'hui quelques ruchers, qui réussissent dans bien des endroits jugés jusqu'ici impropres à cette industrie. Le miel est un produit précieux, dont toute personne peut faire usage avec grand avantage au point de vue de la santé et de l'alimentation. Nous recommandons donc tout particulièrement l'étude de l'apiculture, II nous semble que bien des maîtres et maîtresses d'écoles auraient intérêt et profit à soigner un petit rucher au milieu d’un modeste, mais profitable jardin maraîcher et fruitier. Voilà une idée, dont nous soumettons respectueusement l’étude à qui de droit, et particulièrement à nos cercles agricoles,