‹ Manuel d'agriculture [microforme]Chapitre 51 sur 215 · aussi des tiennent de la cha contienne sont Con · texte numérisé non relu

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284. Cendres lessivées.—Bien que les cendres lessivées contiennent beaucoup moins de matières fertilisantes que les cendres vives, le cultivateur ne doit jamais en laisser perdre, mais bien s'en procurer autant qu'il pourra le faire dans des conditions économiques. Il suffira d'en employer 20 à 25 minots par arpent tous les 3 ou 4 ans,

285. Les suies.—Les suies de bois et de charbon sont aussi des engrais complexes précieux, puisqu'elles contiennent de l'azote, de l’acide phosphorique, de la potasse, de la chaux et les matières organiques de l'hüumus. Elles contiennent de plus des acides qui détruisent les insectes, et sont considérées à bon droit comme un excellent insecticide, Elles forment aussi la matière d’un excellent lavage à donner 4x arbres fruitiers, en vue de les débarrasser des nombreux insectes qui les infestent.

286. Goëmons.—On donne ce nom à ces plantes marines de tous genres qui croissent sur le bord de la mer ou dans la mer même, et qui sont jetées à la côte, en grande quantité, après chaque tempête. Les cultivateurs peuvent les employer à l'état brut, ou en faire de précieux com posts, Leur composition et leurs qualités fertilisantes diffèrent selon l'espèce,

287. Cendres de Goëmons.—Les cendres de goëmons font l'objet d'un commerce considérable dans certains pays. Il serait fort désirable > cette industrie, ainsi que l’utilisation des déchets de poisson qui se perdent sur nos côtes maritimes, fussent plus appréciés sur les lieux, et même que ces produits fussent livrés au commerce, lorsque les communications le permettent.—On se trouvera bien de 8 à 10 minots par arpent, employés tous les 3 ou 4 ans.

288. Engrais végétaux.—On donne ce nom à diftérentes plantes : les unes peuvent servir d'aiiments aux

animaux, et d’autres, ne pouvant pas être mangés comme aliments, sont enterrées en vue de faire du fumier. Le cultirateur, qui enterre une récolte de trèfle, de sarrasin ou tout autre plante qui peut être mangée avantageusement, perd sans aucun fruit: lo toutes les matières grasses de ces récoltes, lesquelles ont une grande valeur dans l'alimentation et n’en ont absolument aucune comme matière fertilisante. 20 et de plus, la plus grande valeur de la protéine digestible et des matières sucrées, lesquelles valent pour lalimentation infiniment plus que pour l’engrais de la terre, En règle générale, le cultivateur doit done produire le plus de fourrage: qu'il pourra, en nourrir, soit à l’étable, soit sur le champ, les animaux qui lui donnent le plus de profit ; puis il doit utiliser de son mieux les fumiers ainsi produits.

289. Plantes qui absorbent l'azote de l’air.—Un certain nombre de plantes ont la faculté de s'emparer de l'azote de l'air, Elles s’en nourrissent d'abord, et de plus elles laissent au sol dans leurs racines une quantité considérable d'azote ainsi apporté. C’est donc là une source de richesse inépuisable, que la Providence à placée à la disposition du cultivateur et qu'il estde son intérêt d'utiliser le plus & vil peut. 11 est certain que les légumineuses, telles que le trèfle, les pois, les lentilles, les fèves, et d’autres plantes moins bien connues comme fixant l'azote atmosphérique, sont douées de cette heureuse aptitude, tandis que les grains et leurs dérivés ne la possèdent pas. Le cultivateur doit donc cultiver le plus possible de légumineuses, et se procurer ainsi à peu de frais, outre une nourriture très riche pour ses animaux, l'azote dont ses terres ont besoin,

290. Plantes marines.—Les plantes marines de tous genres sont des engrais végétaux, et peuvent être avec grand fruit enfouies dans la terre comme engrais.

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291. Terre noire ou de savane.—Les terres de savanes et toutes les terres noires de cette nature sont des engrais végétaux "une très grande valeur. Outre l’humus qu’elles contiennent en grande abondance, elles possèdent généralement de 1 oo à 2 oo d'azote. Les terres noires mal égouttées contiennent cependant, en général, un acide très préjudiciable aux plantes cultivées, et c'est ce qui fait que ces terres sont si peu appréciées. Mais du moment que les terres noires sont bien asséchées et qu'elles sont mélangées de chaux, dans la proportion d'environ 5 070, c'est-à-dire de 5 Ibs de chaux par 100 Ibs de terre noire desséchée, ces terres deviennent un engrais d'une grande valeur et peuvent remplacer le fumier en couverture dans les prairies et les pâturages, à la condition d'étendre de plus environ 5 minots de cendre vive, ou 20 minots de cendre lessivée, et environ cent livres de bon phosphate par arpent.

292. Vases diverses.—Les curures de fossés, d’étangs, de cours d’eau, celles de rivières, etc., sont une source de richesse que les cultivateurs doivent utiliser, pourvu qu'ils n'aient point à transporter ces matières à une grande distance. Toutes ces vases doivent être additionnées de chaux, dans la proportion d’un demi-minot de chaux vive par charge simple de vase. Un bon moyen d'utiliser ces vases est de les décharger par petits tas sur les champs à améliorer et d'y enterrer la chaux en pierre. Plus tard, quand la chaux sera parfaitement en poussière et que les vases seront desséchées, on mélangera le tout et on l’étendra à la pelle sur le champ. Environ vingt charges de curures, additionnées de 10 minots de chaux vive, appliquées à l’automne sur les prairies ou les pâturages, leur feront grand bien. Ce mélange donnera à la terre, dans une proportion plus ou moins forte, selon

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sa composition, l'azote, l’acide phosphorique, la potasse et la chaux, plus une portion plus où moins considérable d’humus. Un pareil épandage améliore surtout, dans des proportions considérables, les terres sablonneuses et les terres légères de toute espèce, en leur permettant de mieux conserver l'humidité dont elles ont généralement grand besoin.

293. Composts.—Les composts sont des mélanges de toutes les matières fertilisantes autres que le fumier, que l’on trouve sur une terre, autour des habitations, ete, La terre sèche en forme la base. On doit éviter de se servir de sable, autant que faire se peut, parceque celui-ci n’absorbe que 25 Ibs. d’eau par 100 Ibs. de sable sec, La terre végétale légère en absorbe le double ; la terre forte, un peu moins. La chaux est une matière essentielle dans les composts, et doit être employée dans les proportions d’au moins + minot de chaux vive par charge de mélange. Tout ce qui peut se décomposer trouvera sa place dans le compost. On peut en faire en différentes parties de la ferme, selon les circonstances ; mais on devrait toujours en avoir un dans les environs immédiats de Ja maison, pour utiliser, en les y déposant, toutes les matières fertilisantes, qui autrement saliraient les environs et exposeraient la famille à bien des maladies contagieuses, fièvre typhoïde, diphtérie, scarlatine, etc., ete. Ce compost devrait être sous abri, et la terre sèche, dont on se servira souvent pour couvrir le compost, devrait être amassée en surabondance pendant les grandes chaleurs de l'été et mise sous le même abri, à proximité du compost. On devrait aussi, autant que possible, tenir auprès du compost une réserve de chaux éteinte, qu’on emploierait souvent et en petites quantités à la fois. Il est très important,

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cependant, de ne pas mettre de chaux en contact immédiat avec les matières fécales, ni avec des viandes en décomposition, etc. On perdrait ainsi l’azote que ces matières contiennent, et c’est ce qui a le plus de valeur. Cependant si l'on se sert de terre de savane desséchée, comme base du compost, on pourra y ajouter d'avance environ 2 % de chaux vive, en ayant soin de la bien mélanger à la terre à mesure qu’on l’apporte du champ, ou, ce qui serait encore mieux, à un tas de terre noire, que l’on ferait d'avance sur l'endroit où on la prend, en vue de l'égoutter et de la dessécher le plus possible avant de la transporter. La terre noire perdra ainsi les Z de l’eau qu'elle contient à l'état mouillé, et la chaux l’améliorera de bien des manières.

294. Engrais azotés. — Outre les engrais complexes ci-dessus mentionnés, qui tous ou à peu près contiennent de l'azote, on trouve dans le commerce diverses matières azotées, où l’azote domine. Cesengrais sont : 1o. le sulfate d'ammoniaque, 20. le nitrate de soude, 30. le nitrate de potasse, 4o. les cornes, 5o. les poils et crins, 6o. les laines, 70. les chairs desséchées, 80. les cuirs,

295. Le sulfate d’ammoniaque,—Cet engrais se vend dans le commerce sous forme de sel d’un blanc sale. Il contient généralement de 20 à 21% d'azote. Ce qu'il renferme en dehors de l’azote n’a pas de valeur appréciable. Il faudrait se méfier de celui qui aurait une couleur brune, tant soit peu rougeâtre, Cette sorte contient un véritable poison pour les plantes, D'ailleurs tous ces engrais de commerce doivent être achetés sur garantie d'analyse.

296. Son emploi.—En règle générale, il vaut mieux employer le sulfate d’ammoniaque sur le labour, avant l'ensemencement. La quantité à employer dépendra des

conditions de ia terre et de la nature de la semence. 1 sera question de la quantité à employer de ces divers engrais à l’art. 666, Le sulfate d'ammoniaque se dissout facilement dans l’eau, mais son effet serait retardé si la terre était trop sèche, lors de l’épandage, et que la pluie ne vint pas en quantité suffisante pour le dissoudre. I est très soluble dans l'eau et il ne faut pas l’épandre à l'automne, de peur qu’une partie n’en soit entraînée dans les fossés, etc., à la fonte des neiges où dans les grandes pluies d'automne et de printemps.

297. Le nitrate de soude.—Cet engrais contientenviron 15% d'azote, quand il est d'excellente qualité. IT est très soluble dans l'eau et peut être entraîné par l’eau et perdu s’il est appliqué en trop grande quantité. Pour la même raison, il ne faut l’appliquer que durant la croissance des plantes, soit avant, soit de suite après la pluie. Cet engrais est très actif, on en voit l'effet sur les plantes peu de jours après l'avoir épandu. On recommande de l’épandre en petite quantité d'environ 50 Ibs à la fois par arpent, à deux reprises différentes pendant la croissance des plantes, en vue d’en tirer le meilleur parti.

298. Le nitrate de potasse (Salpêtre).—Cet engrais est très puissant. [Il contient environ 13% d'azote et 44% de potasse. C’est donc un engrais complexe. Malheureusement son prix est généralement trop élevé pour que l’agriculteur puisse le donner à ses terres comme engrais. En comptant l'azote à 17 cts. la Ib. et la potesse à 44 cts. le salpêtre vaudrait comme engrais environ 4 €. la Ib.

299. Les cornes (sabots).—Les sabots des chevaux et des autres bestiaux contiennent jusqu'à 16 et 17 % d'azote, mais celui-ci est bien moins précieux que celui des sulfates et des nitrates mentionnés plus haut. Le meilleur moyen

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