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336. Comment les détruire ?— Voilà comment les mauvaises herbes de toute espèce se multiplient dans nos vieilles terres. Prend-on généralement quelque moyen pour les détruire ? Et pourtant, si l’on ne se hâte, que deviendront nos terres ? Que deviendra notre pays tout entier, sinon un vaste champ où fleuriront sans obstacle les chardons, le chiendent, la chicorée sauvage, les crèveyeux et les mauvaises herbes de toutes espèces, qui prennent la place des plantes utiles et font que le cultivateur s'appauvrit d'année en année au lieu de s'enrichir, comme il le devrait, s'il suivait un bon système de culture et pratiquait une sage économie,
337. L’ennemi des cultivateurs.—Les mauvaises herbes sont sans contredit le plus grand ennemi du cultivateur ; elles lui font une guerre à mort : il faut donc qu'il les détruire ou qu'il se ruine! Dans ces circonstances, que doit faire le bon cultivateur, qui ne veut pas se voir complètement ruiné, lui et sa famille ? |
338. Ce qu'il faut faire.—Il lui faut: 10. mettre ou laisser en friche les mauvaises parties de sa terre, dont la culture ne le paie point, jusqu à ce quil ait trouvé les moyens d'améliorer graduellement ces pièces et d'en rendre la culture tout à fait profitable ; il suffirait, faute de mieux, de semer dans ces friches les graines de foin ramassées sur les fenils, etc. ; 20. adopter sur le reste de sa terre, selon les moyens dont il dispose, un système d’améliorations succes-
sives, qui lui permettra de retirer de sa culture tous les profits qu’il est en droit d’en attendre ; 30. égoutter par faitement, nettoyer, ameublir et engraisser chaque année la plus mauvaise partie des pièces qu'il cultive, détruire les mauvaises herbes et transformer au plus tôt ces mauvaises pièces en bonnes prairies, qui lui donneront des profits pendant plusieurs années, sans nouvelles dépenses et sans travaux considérables ; 40. s'appliquer à transfor. mer ses récoltes avec intelligence et réflexion, de manière à en tirer les meilleurs profits, tout en conservant à sa terre le plus de fertilité possible ; 50. enfin, lorsque les pièces en culture auront été suffisamment améliorées, entreprendre l'amélioration graduelle des friches, en les faisant entrer à leur tour dans le système de rotation adopté.
339. Labours d’été.—(Jachères). On appelle labours d'été ou jachères une suite de travaux divers : déchaumage, labours, hersages, etc., qui se commencent immédiatement après la récolte des pièces à nettoyer et se continuent, tant que le terrain est sec, jusqu à ce qu'elles aient été bien nettoyées et ameublies.
346. Jachères nues.—Dans les pays, où l’on cultive le blé d'automne et où les terres sont très fortes et ne conviennent guère aux récoltes sarclées, on prébare et on nettoie les pièces destinées au blé pendant toute la saison qui précède l’ensemencement. Ces travaux, qui se continuent pendant l’année entière, s'appellent jachère nue, parce qu'alors la terre est remuée souvent et ne produit rien, pas même de l'herbe. La jachère nue est souvent le seul moyen efficace d’ameublir et de nettoyer certaines pièces de terres très fortes, épuisées, et très sales. Les travaux d'ameublissement et de nettoiement, qu’on leur donnera, auront l'effet de rendre solubles beaucoup de
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341. Demi-jachères.—On appelle demi-jachère la série de travaux, par lesquels on prépare les terres les plus sales et les plus maigres à produire une récolte sarclée avec engrais, où toute autre récolte sur terre nettoyée et ameublie, ou une récolte étouffante, comme le sarrasin, qui, étant semé très-dru après demi-jachère, a l'effet d'étouffer beaucoup de mauvaises herbes et surtout des plantes, comme le chiendent, qui reprennent facilement par leurs racines.
342. Le déchaumage. — Le déchaumage consiste à remuer et ameublir au grand soleil la surface seulement de la pièce que l'on entend nettoyer, à une profondeur qui ne doit pas excéder 14 à 2 pouces. Cette opération doit se faire en été, le plus tôt possible après que la récolte a été enlevée. Son effet est d’enterrer les mauvaises graines qui sont restées sur le champ, souvent par millions, & manière à les faire germer et lever dès la première pluie, pour les détruire ensuite par les travaux qui suivront.
343. Travailler au grand soleil. —Mais pourquoi travailler au grand soleil, me dites-vous ?— En voici la aison : à part les millions de mauvaises graines, dont nos champs sont couverts après la récolte, ils contiennent aussi des millions de mauvaises plantes qu'il faut détruire par la racine, Si vous les arrachiez par un temps humide, elles reprendraient, par une racine ou par une autre, et votre travail serait incomplet.
344. Remuer la surface seulement.—Il faut bien se garder d'aller trop avant; car il ne faut ameublir que juste assez de la surface pour couvrir toutes les mauvaises graines, et les faire germer. Autrement, elles s’enfonce-
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raient trop pour germer, et se conserveraient parfaite. ment dans la terre, jusqu'à ce que la charrue les amenût de nouveau à la surface. C’est pour avoir été trop enterrés que les chardons, la moutarde, et tant d'autres mauvaises herbes apparaïssent tout-à-coup, après plusieurs années, au grand étonnement du cultivateur qui espérait s'en être débarrassé complètement,
345. Il faut se hâter.—1o. parce que la terre, aussitôt après la récolte, n’est pas encore durcie et peut-être attaquée facilement par un bon scarificateur, tandis qu’elle deviendrait rapidement trop dure pour un travail efficace. surtout en temps de sécheresse ; 20, afin de profiter de la chaleur, qui seule a pour effet de faire mourir les plantes dont les racines sont exposées au soleil. Il faudra répéter ces opérations du déchaumage plusieurs fois, atin d'exposer au plus tôt le plus possible de racines et de larves d'insectes au soleil, et arriver ainsi à les détruire.
346. Vers et insectes nuisibles.—En déchaumant, on détruit également des millions de petits vers qui mangent les semences. Ce fait, quoique peu connu, est maintenant parfaitement établi. En France, où les vers blancs faisaient de si grands dégâts, que le gouvernement fut obligé de les faire ramasser, au prix de deux francs le gallon pour les brûler, on a constaté qu'en déchaumant au grand soleil, immédiatement après la récolte, on déterrait les jeunes vers venant d’éclore, et que, ne pouvant supporter les rayons du soleil, ils mouraient dans leurs efforts pour rentrer dans la terre.
347. Destruction des larves.—Pour détruire complètement tous les jeunes vers et larves des insectes nuisibles, un seul bouleversement de la surface ne suffit pas ; il faut recommencer le lendemain, toujours au soleil, et remuer
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