‹ Manuel d'agriculture [microforme]Chapitre 58 sur 215 · LIVRE DES · texte numérisé non relu

LIVRE DES

352. Comment détruire les racines des mauvaises herbes.—Le déchaumage, s’il a été bien fait, aura eu pour effet de faire germer et lever des milliers de mauvaises graines, et d'arrêter la croissance des mauvaises herbes déjà enracinées profondément. Mais pour détruire ces dernières, le déchaumage ne suffit pas. Il faudra le faire suivre, après une bonne pluie, d’un labour peu profond, qui amènera à la surface les racines des plantes, telles que celles du chiendent qui ne s'enfoncent pas profondément, mais qui remplissent plus où moins le sol, au détriment des bonnes semences, lesqueiles n’y trouvent plus l’espace ni la nourriture qui est indispensable à leur plein succès.

Fig. 81.—Chiendent.

353. Le chiendent.—Nous décrivons ici le chiendent, plante que l’on trouve dans presque toutes les terres remplies de mauvaises herbes et qui est une des plus difficiles à détruire, La figure 81 représente un pied complet de chiendent : racines, feuilles et épis. La feuille ressemble à celle du blé ; la graine, tant soit peu à celle du mil mais elle est plus grosse. Les racines sont blanches, tendres et sucrées; quand elles sont fraîches et bien lavées, les chevaux, dans certains pays, les mangent avec avidité ; ils y trouvent une bonne nourri-

ture qui remplace en grande partie le foin et l'avoine.

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Nous avons vu de nos yeux en Italie des chevaux ainsi nourris qui étaien’ très vigoureux.

354. Les racines.—Chacune des tiges souterraines de chiendent est composée de nœuds rapprochés d’un pouce environ, Chaque nœud a ses racines propres. Etant cassé ou coupé, chaque nœud se développe bientôt et forme une nouvelle talle. Si la tige se casse en plusieurs bouts, il se formera autant de talles qu'il y aura eu de nœuds brisés et transportés par la herse, la charrue, ete. Ces tiges souterraines peuvent s'étendre à une grande distance : on en a arraché avec précaution, dans des jardins bien ameublis, qui mesuraient quarante pieds de longueur,

355. Son domaine préféré.— Le chiendent vient principalement dansles terres légères, mais il se développe rapidement dans toutes les terres bien ameublies ; bientôt la terre en est couverte, à l'exclusion de toutes les autres plantes, que le chiendent étouffe. C’est donc une des plantes les plus nuisibles ; et les cultivateurs ne sauraient faire trop d'efforts pour la détruire. Pour y arriver, il faut que toutes ses racines soient complètement mises à nu et exposées au grand soleil. Il en est de même de la plupart des plantes salissantes, qui nuisent à nos cultures.

356. Scarifier et herser après labours.—Il ne faut pas oublier que le soleil et la chaleur sont indispensables à'la destruction des mauvaises herbes dans leurs racines. Le labour une fois bien sec devra donc être attaqué par le scarificateur qui, cette fois, devra s'enfoncer à la profondeur du labour. Ce travail aura pour effet d'amener à la surface une quantité de racines, qui se dessècheront rapidement au soleil. Afin de déterrer complètement les parties de racines qui resteraient en terre, il sera nécessaire de herser le terrain après deux ou trois jours de séche-

resse. Un peu plus tard, on devra répéter sur le travers les mêmes travaux du scarificateur et de la herse, et la

pièce sera maintenant prête à recevoir un bon labour

d'automne, qu'on aura le soin de bien égoutter, si l'on veut tirer bon parti de ces grands travaux préparatoires aux ensemencements hâtifs du printemps, les plus convenables aux terres ainsi nettoyécs,.

357. Combien nettoyer chaque année ?—C'est là une question que chaque cultivateur doit résoudre pour luimême, puisque la quantité de terre à améliorer dépend : lo de 8on énergie ; 20 de sa bonne administration ; 30 de Ja nature et de l'étendue de ses terres ; 40 de ses ressources, Nous nous contenterons donc de donner, duns le chapitre qui suit, les principes qui doivent le guider dans la rotation de ses récoltes, de manière à améliorer chaque année, le mieux possible, les terres qui en ont le plus grand besoin.

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