‹ Manuel d'agriculture [microforme]Chapitre 68 sur 215 · Semis mal con · texte numérisé non relu

Semis mal con

ditionnés. — Sile grain est semé trop clair, les mauvaises herbes enva-

Fig. 93 Fig. 9% hiront les champs, Si, au contraire, on sème trop dru, le grain se nu:ra, et la récolte sera diminuée, sans

compter la perte en semence inutile. L'ensemencement demande donc les plus grandes précautions.

406. Avantage des planches uniformes. — C'est dans l’ensemencement que l’on voit l'importance de faire des planches de largeur uniforme. C'est avec elles seulement que l’on peut faire le plus d'ouvrage avec le moins de semences perdues.

407. Hersage avant de semer.—On recommande généralement de donner un coup de herse avant de semer. On bouche ainsi les ouvertures, par lesquelles le grain pourrait tomber dans le fond des sillons. De plus, la semence est ainsi répandue plus uniformément sur le sol.

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408. Importance du scarificateur pour couvrir les semences.—On a vu à l’art. 351 combien il importe de couvri la semence au moyen du scarificateur, afin de diminuer les mauvaises herbes et de mieux enterrer le grain semé. Les cultivateurs ne sauraient donner trop d'attention à cette question. Au moyen du scarificateur et de la herse réunis, les semailles se feront bien mieux et en moins de temps.

409. Semoirs mécaniques. — Le meilleur ensemencement à la main ne vaudra jamais le travail fait par un bon semoir mécanique. Cet instrument trace le sillon à la profondeur voulue, y dépose la semence régulièrement et dans une proportion déterminée, et il la recouvre à la perfection.

410. Semoirs à grains et graines. — Les meilleurs semoirs mécaniques sont généralement munis d’un appareil pour semer, en même temps que le grain, les graines fourragères, dans la proportion et à la profondeur désirables,

4I!. Economie de semences. — Il est bien reconnu qu'au moyen du semoir mécanique, on économise un tiers de la semence, à cause de la régularité avec laquelle elle est déposée sur le champ. Cet avantage seul recommanderait cet instrument à tous les cultivateurs.

412. Perfection du travail. — Outre l'économie de semence, au moyen du semoir mécanique, il y à économie de temps dans l’ensemencement, le grain se trouvant ainsi semé et recouvert à la profonde-r voulue, par une seule et même opération. Il faut de plus tenir compte de la perfection du travail et de l'augmentation de récolte qui s'en suivra nécessairement.

413. Achats en commun.—Le cultivateur peut maintenant choisir entre plusieurs bons semoirs mécaniques,

En règle générale, plusieurs cultivateurs, qui sauraient s'entendre entre eux, auraient bénéfice en achetant cet instrument en commun, vu que le semoir sème facilement douze à quinze arpents de terre par jour. Il en est de même de quelques autres instruments coûteux, qui pour raient fuire l'ouvrage de plusieurs cultivateurs réunis.

414. Herser quand même. — Ceux qui se servent de semoirs mécaniques ne doivent pas oublier qu'il ne suffit pas de couvrir le grain. Si la terre n'est pas convenablement ameublie, au moyen de hersages répétés, la récolte sera diminuée dans une proportion extraordinaire, I] faut donc herser à la perfection avant ou après le passage du semoir.

415. Graines fourragères à semer de bonne heure.— Les terrains, dans lesquels on veut semer les graines fourragères, mil, trèfle, etc., doivent être ensemencés de préférence sur labours d'automne, et aussitôt que la terre est prête à ensemencer au printemps, Ces petites graines profitent ainsi de l'humidité du sol et peuvent prendre acine fortement avant les grandes sécheresses de l'été, ce qui est indispensable à leur bonne venue,

416. Les grains qui leur conviennent.—On sème ces graines avec de l'orge, du blé ou de l’avoine ; cependant, elles réussissent mieux avec l'orge qu'avec le blé, et beaucoup moins bien avec l’avoine. Dans les terres pauvres les graines de fourrage réussissent mieux, si elles sont semées sur la neige et sans autre grain. Il faut pour cela bien ameublir la terre l'automne et rouler aussitôt que les chevaux peuvent passer sur le terrain.

417. Rouler les semis fourragers.—On devrait toujours rouler la terre immédiatement après avoir semé les graines fourragères, afin de les couvrir uniformément, d’aplanir le

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sol, et de le rendre plus propre à être laissé en prairie, ou en pâturage, Si la graine venait à manquer, il faudrait bouleverser et herser immédiatement après la récolte, et semer de nouveau à la veille d’une pluie. On obtiendra souvent ainsi d'aussi belles prairies qu'avec les semées au printemps.

graines

418. Semis drus.—Il faut toujours semer très dru les graines fourragères, afin que les tiges couvrent partout la terre et étouffent les mauvaises herbes. On trouve en général qu'un mélange des divers trèfles, environ douze livres par arpent, dont moitié de trèfle alsyke, avec de douze à vingt livres de mil et autres graines fourragères, fait les meilleures prairies et pâturages, et paie infiniment mieux les cultivateurs qu’un ensemencement moins considérable. On donnera plus loin, au chapitre des prairies et des pâturages, des détails sur les variétés des diverses graines fourragères qui conviennent le mieux aux différents 80ls.

419. Défauts à éviter.—Le plus souvent, nos cultivateurs ménagent tellement leur graine, que leurs prairies nouvelles ne donnent guère autre chose que des mauvaises herbes, Ainsi, pour une économie de quelques chelins sur la graine, ils perdent autant de piastres sur la valeur de plusieurs récoltes successives et de plus salissent leurs terres.

420. Comment briser la croûte après les grains semes ? — Il arrive assez souvent : que les grains semés lèvent diffcilement ; qu'ils sont partiellement mangés ; qu'il se forme sur la terre une croûte qui menace de détruire le grain récemment levé. Dans toutes ces circonstances, les cultivateurs ne doivent pas craindre de herser énergiquement ces grains. En faisant suivre immédiatement la herse par le

rouleau, convenablement chargé, afin de donner un roulage énergique, les grains talleront de suite, ils prendront une grande vigueur, et la récolte y gagnera énormément.

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