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COMMENT S’ASSURER DE GROSSES RECOLTES

421. 15 minots de blé par arpent.—Les trois gravures qui suivent sont d’une extrême importance. La première à droite, fig. 97, indique ce que donnent nos bonnes terres, dans les anciennes paroisses, dans les meilleures conditions, soit environ 14 à 15 minots de blé par arpent, dans une bonne année, dans une terre moyennement eng -aissée et bien préparée.

422. 25 minots de blé par arpent.—La gravure du milieu indique la récolte que l’on obtient trop rarement dans notre province, mais que l’on devrait obtenir sur une pièce grandement améliorée par les cultures sarclées, parfaitement nettoyées et fortement engraissées selon les besoins de la terre, soit environ 25 minots par arpent.

423. 40 minots de blé par arpent.—La troisième gravure, fig. 95, indique ce que l’on obtient sur une terre drainée, chaulée, bien ameublie, et engraissée, partie au fumier et partie aux engrais de commerce appropriés au besoin de la terre, C’est pourtant la même qualité de terre, la même semence, les mêmes travaux d'ameublissement et cependant, par le drainage et par les suppléments d’engrais, le cultivateur double et triple régulièrement ses

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récoltes, d'année en année. Ses profits augmentent au moins dans les mêmes proportions.

424. Cultivateurs, choisissez !—Ce que nous disons des récoltes de blé s'applique également, sous les mêmes conditions, à toutes les récoltes : orge, avoine, pois, lentilles,

Fig, 95. Fig. 96. Fig. 97.

sarrazin, légumes, foin, etc. ete. C’est donc, —même pour les bons cultivateurs—d’un côté beaucoup de travail et des récoltes passahles peut-être, mais qui suffisent à peine aux besoins multiples de la famille, tandis qu'avec les améliorations que nous avons décrites dans les chapitres

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qui précèdent, aidées des engrais de commerce, c’est l’abondance et un avenir assuré, pour tous les membres de la famille, la richesse certaine pour le cultivateur, pour la paroisse et pour le pays.

425. Ce qu'il faut faire à l’avenir.—Le devoir de tout bon cultivateur à l'avenir est tout tracé. Il doit : 10. devenir, s'il ne l’est déjà, membre du Cercle agricole de sa paroisse et de la société d'agriculture de son comté ; 20. acheter par l'entremise du Cercle les semences améliorées et les engrais de commerce qui lui se:ont nécessaires pour faire quelques petits essais, de nature à lui prouver l'avantage, pour sa terre, du système d'amélioration recommandé. De son coté, la société d'agriculture G it offrir dans chacune des paroisses de sa division quelques rrix pour les divers essais les mieux réussis des différentes récoltes produites avec les engrais de commerce, Elle doit de plus exiger un rapport détaillé des résultats obtenus : (a) quantité de terre ensemencée ; (b) nature de laterre ; (c) améliorations faites ; (4) quantité d'engrais divers employés ; (e) mode d'emploi ; (f) total de la récolte ; (4) profit net.

426. Publier les progrès accomplis.—-Le pays tout entier sera en bonne voie de prospérité agricole, quand les sociétés d'agriculture et les cercles feront partout leur devoir, et que le publie sera en mesure de se renseigner en détail sur les succès véritables, obtenus dans les différentes parties du pays, par les hommes de progrès,

427. Les engrais complémentaires.—Le cultivateur trouvera avantage à étudier de son mieux le chapitre des engrais. Cela fait, il lui faudra étudier les besoins de chacune des pièces de sa terre. S'il n’a pas employé la chaux jusqu'ici, il se convaincra bis .ôt combien la chaux augmenterait ses récoltes. Mais la chaux seule épuise

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bientôt la terre, si on ne lui donne pour supplément l'acide phosphorique qui, presque toujours, manque à nos vieilles terres. Après la chaux, c’est donc l'acide phosphorique que nos cultivateurs devront employer, presque toujours, pour augmenter les réccites de grains et de légumes.

428. La verse des grains.—Le grain monte en orgueil, le cultivateur compte sur une grosse récolte. Tout à coup une pluie abondante, poussée par le vent, couche le grain, le casse et détruit les plus belles espérances. Pourquoi ? Parce que l’acide phosphorique manquant, le grain n'avait aucune force de résistance, Partout où le grain est sujet à pousser en orgueil, le cultivateur devra essayer, sur labour d'automne, environ 200 Ibs. de superphosphate, contenant à peu près 17 % d'acide phosphorique. Le grain poussera fort et vigoureux, les épis se rempliront, le grain mûrira à la perfection et le cultivateur sera payé, au centuple peut-être.

429, L’échaudage.—Il peut arriver cependant que la terre manque de potasse aussi bien que de chaux et d'acide phosphorique. Dans ce cas, si la terre a été couverte de fumier, le grain sera beau en apparence et tout à coup, il s'échaudera. Dix minots de cendre vive par arpent, appliqués à l'automne en même temps que le phosphate, auraient remédié au mal. Si le cultivateur a lieu de craindre

l'échaudage de ses récoltes après avoir fumé ses terres, qu'il re néglige ni l'acide phosphorique ni la potasse, 430. Remède pourles pièces épuisées.—Le cultivateur a-t-il affaire à une pièce très pauvre, qui ne peut lui donner que de très faibles récoltes ? Qu'il essaie en petit les engrais complets du commerce : azote, acide phosphorique, potasse et chaux, à raison de 400 Ibs. à l’arpent. Cet engrais lui coûtera probablement $6 par arpent. Mais s’il a semé de

la graine fourragère sur cette pièce, la récolte paiera largement l'engrais supplémentaire, car il aura plusieurs bonnes récoltes de foin ou d'herbe, où la graine n'aurait pas pris sans les engrais de commerce. Encore une fois nous ne conseillons pas de faire de suite en grand ces améliorations. Que le cultivateur commence par étudier d'avance les besoins de sa terre, qu'il fasse avec prudence et grand soin les essais que nous venons d'indiquer. et après 2 ou 3 années d'essais répétés, il saura exactement ce qu'il faut à sa terre, ce qu’il en coûte de l'améliorer, et les profits qu'il est en droit d’en attendre.

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