CULTURE DU TABAC
517. Culture du tabac.—La culture du tabac épuise beaucoup la terre. Elle n'est recommandable que dans
(1) M. le Cte des Etangs vient de publier sur cette culture un livre très utile qu’il sera bon de consulter. S’adresser au Syndicat Central des Cultivateurs du Canada, 30 rue St-Jacques, Montréal,
les terres très riches et dans celles où l’on peut employer ane abondance d'engrais, Elle demande aussi beaucoup de main d'œuvre. À ces conditions, celui qui a appris les détails de cette culture la trouve ordinairement très profitable,
518. Seinis sur couche.—Pour que le tabac ait le temps de mûrir et de sécher suffisamment, il faut le semer en boîte dans la maison, pour celui qui le cultive en petit, ou en couches froides, pour la grande culture. Ces semis doivent être faits en bonne terre riche et légère. Le terreau de feuilles pourries, de vieux fumier bien décomposé, de tourbes pourries, etc., convient parfaitement aux semis en couche,
519. Confection des couches froides. — Les couches froides rendent de grands services aux cultivateurs ct surtout aux jardiniers, On y sème, dans un endroit bien exposé au soleil et bien abrité, outre le tabac, les choux, les oignons à transplanter, le poireau, le céleri, même les patates tout à fait hâtives, et enfin, toutes les primeurs de jardin. Il suffit d'un cadre en planches d'environ 4 pieds de largeur. sur la longueur nécessaire aux semis. Tant que les nuits seront froides, on abritera les couches froides au moyen de planches, de paillassons, de vieux tapis, etc. ou de chassis vitrés où couverts de coton jaune huilé, que l'on enlève aussitôt que le soleil paraît. On les arrose suffisamment sur le midi, quand la terre est plus chaude, et on à le soin de n'arroser qu'avec de l’eau tiède.
520. Sarclage et repiquage.—Aussitôt que les quatre premières feuilles du tabac, ou des autres primeurs, sont bien formées, on les repique à quelques pouces les unes des autres, selon l'espèce. Le premier repiquage du tabac doit se faire à 3 pouces en tous sens, après arrosage abon-
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dant, Après ce repiquage, qui se fait le plus souvent sur une couche plus grande, préparée d'avance à cet effet, on a le soin de détruire toutes les mauvaises herbes à mesure quelles paraissent, Un vieux couteau de table ou une vieille fourchette à trois fourchons est très utile pour remuer la terre et détruire les mauvaises herbes à mesure qu’elles paraissent dans la couche, Le repiquage est indispensable, en vue de donner de la vigueur aux plantes et d'assurer leur reprise en pleine terre,
521. Plantation.—La plantation définitive se fait dans une terre parfaitement préparée, bien engraissée d'avance. Le plant à repiquer est abondamment arrosé un quart d'heure environ avant le repiquage, la motte contenant le plant est enlevée au moyen d'une truelle ronde de jardinier ; on presse légèrement dans les mains la motte deterre contenant le plant, afin que la terre se tienne bien pendant le transport et la transplantation, et on la place dans de petites boîtes ou dans une brouette. Les fosses sont préparées, à mesure que l’on transplante, par un aide quelconque, et le transplanteur serre bien la terre autour du plant afin que le soleil ne la dessèche pas trop rapidement. Si cette transplantation se fait par un temps humide, c'est encore préférable. Si le temps était très sec, il vaudrait mieux arroser abondamment les fosses avant de transplanter.
522. Culture en grand.—Dans la plantation en grand, on ne saurait planter avec toutes ces précautions. Dans ce cas il est bon que le plant, aussitôt arraché, soit conservé dans un endroit abrité, pour que les racines ne sc dessèchent aucunement. Avant de planter, on dépose le plant entier dans un vaisseau en partie rempli de fumier frais délayé dans l’eau, à laquelle on ajoute un peu de
terreau, de manière que les racines en soient toutes couvertes, Les plants ainsi préparés reprendront avec facilité.
523. Distance entre les plants.—La distance à laisser entre les plants dépend de l'espèce que l’on cultive et de la fertilité de la terre. Il faut, pour que les feuilles deviennent belles, que le plant soit bien exposé au soleil, autrement il pousserait en orqueil, sur la hauteur, et le tabac perdrait beaucoup de sa valeur.
524. Variétés à cultiver.—La variété à cultiver dépendra d’abord du climat où l’on se trouve, ensuite du marché qui achète le produit préparé. Le novice en culture fera bien de s’enquérir de tous ces détails, longtemps d’avance, et d'obtenir des cultivateurs de tabac qui réussissent bien tous les détails nécessaires au succès. Il y a là, comme dans toutes cultures nouvelles, un apprentissage à faire si l'on ne veut pas perdre de temps ni d'argent.
525. Sarclage et ameublissement.—Le tabac demande, outre une terre riche, une terre surtout bien nette et bien meuble. 11 faudra donc ne pas ménager les travaux nécessaires à la préparation de la terre, ni les sarclages et l’ameublissement de la terre après la transplantation. Le succès final dépendra des soins apportés à ces cultures.
526. Etétage.—L'étêtage est une opération très importante, si l’on veut donner aux feuilles le développement qui leur convient, et leur assurer en même temps une maturation uniforme. L'étêtage se fait aussitôt que la plante a développé su isamment les feuilles que l’on doit conserver. Cette opération demande de l'expérience, selon l'espèce que l’on cultive.
527. Ebourgeonnement. — À mesure que la plante grandit, mais surtout après l’ététage, elle fait naître