LE BASSIN
Le bassin, formé par les os iliaques, le sacrum et le coccyx, se divise en deux parties limitées par la ligne innommée (pi. V, 5, d, d). La partie située au-dessus de cette ligne constitue le grand bassin, celle qui est située au-dessous le petit bassin. Ce dernier est une espèce de canal dont la paroi postérieure est concave et formée par le sacrum et le coccyx. L'anneau formé par les lignes innommées des os iliaques et le bord antérieur du sacrum est appelé Ventrée du bassin ou le détroit supérieur ; le bord inférieur des os iliaques forme avec le sommet du coccyx (et les ligaments qui rattachent ces parties) la sortie du bassin ou le détroit inférieur. Les branches descendantes des pubis se réunissent à l'articulation pubienne en formant un angle et conséquemment une grande échancrure connue sous le nom d'arcade sous-pubienne.
Dans la station debout la position du bassin est telle que le plan du détroit supérieur forme avec l'horizon un angle d'environ 60°, à ouverture postérieure. — Le sommet du coccyx se trouve à peu près dans le même plan que le bord supérieur du pubis.
L'inclinaison du bassin varie chez les deux sexes, mais encore dans les diverses positions du corps. Chez la femme cette inclinaison est plus grande que chez l'homme ; dans la position assise elle est plus petite que dans la station debout.
La solidité du bassin, qui fait l'office de base et doit supporter tout le poids du tronc, s'explique par la structure de ses os et de leurs articulations. Quand on donne au bassin sa position naturelle, alors la pesanteur n'agit pas dans le sens du sommet du sacrum, mais dans la direction de la face antérieure de la première ou deuxième vertèbre sacrée (1). La pression, exercée par le poids du corps ne tache donc pas de séparer les os iliaques mais tend plutôt à les réunir. Les os du pubis ne sont pas corn--
(1) Les coupes du sacrum, dans le plan du détroit supérieur, présentent la forme d'un coin, dont la base se dirige en bas. Le sacrum tendrait donc à descendre dans l'excavation pelvienne si les forts ligaments qui entourent son articulation ne s'y opposaient.
primés l'un vers l'autre, mais plutôt écartés et ils se sépareraient si la solidité des ligaments articulaires ne s'y opposait.
La mobilité du bassin s'explique par la mobilité des vertèbres lombaires; elle modifie l'inclinaison chaque fois qu'il y a un changement de position. C'est au bassin que s'attachent divers muscles qui doivent tenir le tronc en équilibre sur les membres inférieurs.
Chez la femme l'excavation pelvienne diffère de celle de l'homme en ce qu'elle est plus large relativement à sa hauteur. Cette amplitude doit être attribuée au sacrum qui est plus large. La partie des os iliaques qui limite le détroit supérieur est également plus développée. C'est ce qui explique l'écartement plus grand des cavités cotyloïdes et des tubérosités ischiatiques, et ce qui agrandit l'angle ou l'échancrure sous- pubienne ; chez la femme cet angle est ordinairement de 90°, chez l'homme il n'est que de 70°. Pris dans son ensemble le bassin est cylindrique chez la femme, conique chez l'homme. L'angle sacro-vertébral fait une plus grande saillie chez l'homme que chez la femme.
c) LES OS DES MEMBRES SUPÉRIEURS.
Le squelette des membres supérieurs se compose de Yépaule, constituée par l'omoplate et la clavicule, — du bras qui comprend l'humérus, — de Y avant-bras qui renferme le radius et le cubitus, et de la main qui est composée d'une série d'os courts.
L'Omoplate (pi. II, 10) est un os triangulaire. Son bord interne, qui est le plus long, regarde la colonne vertébrale; son bord externe, plus court et plus épais, se termine supérieurement par une cavité ovalaire peu profonde qu'on appelle la cavité glénoïde (pi. I, 14). Son bord supérieur est le plus court. Le point où le bord interne vient réunir le bord externe est appelé Y angle de l'omoplate; d'ordinaire cet angle se trouve à la hauteur de la huitième côte. Derrière la cavité glénoïde l'os présente une partie rétrécie ou le col (pi. III, 23) et une éminence en forme de doigt fléchi en avant et en dehors qu'on nomme Yapophyse coracoïde (pi. I, 16). La face postérieure offre une crête horizontale ou Y épine de l'omoplate qui devient libre en arrivant derrière la cavité glénoïde où elle se
replie en avant et en dehors pour porter le nom à'acromion (pi. I, 15) et présenter à son extrémité libre une facette pour son articulation avec la clavicule.
La face antérieure de l'omoplate est concave; chez l'homme elle est tapissée d'un muscle qui est appliqué contre la paroi postérieure du thorax. La face postérieure est divisée en deux par l'épine; la partie supérieure, qui est située au-dessus de l'épine et constitue le quart supérieur de cette face, est appelée fosse sus-épineuse (pi. II, 10); le nom de fosse sous-épineuse (pi. II, 13) est réservé à la partie située au-dessous de l'épine et qui occupe les trois quarts inférieurs de la face postérieure.
La Clavicule (pi. I, 9) est un os contourné en S, qui unit l'omoplate au tronc. Son extrémité interne, épaissie, est appelée la tête de la clavicule ; elle offre une surface articulaire convexe de haut en bas et concave d'avant en arrière. Son extrémité externe est applatie de haut en bas et présente une facette articulaire pour l'acromion.
La clavicule est convexe en dedans, concave en dehors. Sa face inférieure présente, près de l'extrémité externe, un tubercule et une ligne rugueuse oblique où s'insèrent les ligaments qui unissent la clavicule à l'apophyse coracoïde.
Chez la femme la clavicule est plus longue, plus mince -et moins contournée que chez l'homme.
L'Humérus (pi. I, 17) est un os long, dont l'extrémité supérieure présente une tête articulaire, tandis que l'extrémité inférieure est applatie et munie de surfaces articulaires pour l'articulation du coude.
La tête de l'humérus (pi. I, 18) forme avec le corps de l'os un angle de 130°, dont l'ouverture se dirige en dedans ; cette tête est circonscrite par une petite gouttière appelée le col, au-des^sous duquel se trouvent deux tubérosités. La petite tubérosité se trouve en avant; la grande tubérosité est placée du côté externe et munie de trois facettes. Les deux tubérosités sont séparées par une coulisse assez profonde.
L'extrémité inférieure de l'humérus est composée eh dedans d'une trochlée (pi. III, 25) et en dehors d'un condyle (pi. III, 26). Le bord interne de cette trochlée descend plus bas que le bord
externe; il est séparé du condyle par une rainure. Au-dessus de la trochlée, on trouve en avant et en arrière une cavité; celle située en avant se nomme cavité coronoïde (pi. I, 19), celle qui qui se trouve en arrière, cavité olécrânienne (pi. II, 16).
Le corps de l'os, arrondi en haut, devient prismatique et triangulaire en bas ; inférieurement le bord interne se termine à une saillie, qu'on nomme épitrochlée ; le bord externe y finit à une autre saillie, Yépicondyle. Ces saillies servent à des insertions musculaires , ainsi que l'éminence rugueuse ou Y empreinte deltoïdienne que l'on rencontre au-dessus du milieu de la face antérieure du corps de l'os. C'est au-dessous de cette empreinte rugueuse que l'os se contourne en dedans et en avant pour devenir prismatique.
Les os de V avant-bras (cubitus et radius) sont triangulaires et prismatiques ; ils sont articulés entre eux par leurs extrémités ; celles-ci présentent aussi bien au coude qu'à l'articulation du carpe des surfaces articulaires concaves.
Le Cubitus (pi. I, 22) est situé du côté interne de l'avant-bras. U extrémité supérieure (pi. III, 27) est fortement épaissie; elle présente en avant une grande échancrure, qu'on nomme grande cavité sigmo'ide et qui constitue presque un demi-cercle; elle reçoit la trochlée de l'humérus et est limitée en avant et en arrière par deux apophyses. L'apophyse antérieure est appelée apophyse coronoïde (pi. I, 23); celle située en arrière constitue Yolécrâne (pi. I, 18). L'apophyse coronoïde présente à son côté externe une petite surface articulaire, appelée la petite cavité sigmo'ide, qui entoure partiellement la tête du radius.
L 'extrémité inférieure ou la tête du cubitus est un. renflement arrondi qui offre à son côté interne une apophyse styloïde (pi. III, 28) et en arrière une gouttière par où passe le tendon du muscle cubital postérieur.
Le Radius (pi. I, 20) présente à son extrémité supérieure la tête (pi. III, 29) qui est une petite éminence arrondie; au-dessous de cette tête, il y a un rétrécissement qui a reçu le nom de col et qui latéralement présente une tubérosité (pi. I. 21) pour l'insertion du muscle biceps.
Son extrémité inférieure est renflée et presque quadrilatère ; du côté interne, elle présente une légère échancrure afin d'y recevoir la tête du cubitus ; du côté externe, elle est munie d'une apophyse styloïde (pi. III r 31) et sa face postérieure offre quelques crêtes séparées par des coulisses dans lesquelles glissent des tendons. La face antérieure est légèrement excavée ; la face inférieure est tapissée d'un cartilage et une ligne saillante la divise en deux parties.
Le bord interne et saillant du radius ainsi que le bord externe également saillant du cubitus sont séparés par un espace oblong
A la Main on distingue le carpe, le métacarpe et les doigts.
Le carpe (pi. 1 , 24) qui est plus large que long, compte huit os disposés en deux rangées ; la rangée supérieure est convexe en haut et articulée avec les os de l'avant-bras ; en allant de dehors en dedans ces os sont : le scapho'ide , le semi-lunaire , le pyramidal et le pisi forme (pi. I, 25). Dans la seconde rangée on a , en suivant le même ordre : le trapèze , le trapézoïde , le grand os et l'os crochu. Les facettes inférieures des os de cette rangée forment une ligne sinueuse et anguleuse pour s'articuler avec les métacarpiens. Pris dans son ensemble, le carpe est convexe en avant, concave en arrière.
Le pisi forme fait une forte saillie en avant; il forme au carpe Yapophyse supérieure interne, en opposition avec Yapophyse supérieure externe formée par le scapho'ide. h" apophyse inférieure interne est constituée par l'os crochu et Yapophyse inférieure externe par la tubérosité du trapèze.
Le métacarpe, squelette de la paume de la main, compte cinq os (pi. 1 , 26) ; par leur extrémité supérieure ces os s'articulent , à l'aide de facettes articulaires , d'abord entre eux , puis avec les os de la face inférieure du carpe. Uextrémité supérieure du premier métacarpien est concave d'avant en arrière et convexe " transversalement pour l'articulation avec le trapèze. — Leur extrémité inférieure offre un condyle pour l'articulation avec les doigts ; sur les côtés des condyles, il existe une fossette et un petit tubercule pour l'insertion des ligaments latéraux. L'os du premier métacarpien, le plus court des os du métacarpe est aplati et situé sur un plan antérieur aux autres. La longueur
des autres métacarpiens varie; elle diminue du second jusqu'au cinquième métacarpien.
La face antérieure des métacarpiens est concave ; leur face postérieure est convexe.
Les doigts sont formés par trois os superposés qu'on appelle phalanges, et qui vont en décroissant de haut en bas. La première phalange présente supérieurement une facette concave et ovale, et inférieurement une tête articulaire. — La seconde phalange, ou la phalange moyenne, manque au pouce; en haut, elle présente une surface articulaire divisée en deux cavités glénoïdes séparées par une crête antéro-postérieure ; en bas, elle se termine par une trochlée sur les côtés de laquelle se trouve un tubercule pour l'insertion des ligaments latéraux. — La troisième phalange présente supérieurement une surface articulaire analogue à celle de la seconde phalange ; inférieurement, elle est aplatie, concave et raboteuse en avant pour la pulpe des doigts, convexe et lisse en arrière.