LA COLONNE VERTÉBRALE
La colonne vertébrale est une colonne mobile qui soutient le tronc. On peut le diviser en deux parties qui se réunissent à Y angle sacro-vertébral, point de réunion de la dernière vertèbre lombaire avec le sacrum.
La colonne vertébrale présente quatre courbures. Au cou (pi. IV, 6, de 1 à 7) et aux lombes (pi. IV , 6 , de 20 à 24) il y a une convexité antérieure ; au thorax (pi. IV, 6 , de 8 à 19) et au sacrum il y a une convexité postérieure.
La réunion des trous vertébraux avec le canal que présente le sacrum constitue le canal médullaire destiné à loger la moelle ; en haut ce canal communique avec la boîte crânienne.
En arrière et au milieu de la colonne vertébrale on voit les différentes apophyses épineuses dont la réunion constitue Y épine dorsale; en dehors de cette épine existent de larges gouttières limitées extérieurement par les côtes et les apophyses transverses; ils servent d'insertion aux muscles profonds du dos.
Les disques intervertébraux forment environ la cinquième partie de la hauteur de la colonne vertébrale, de telle sorte que d'après la composition et la forme, cette colonne peut être comparée à une barre élastique qui transmet la pression aux parties molles.
La solidité de la colonne vertébrale augmente avec le volume des corps des vertèbres, c'est-à-dire de haut en bas. Les deux
premières vertèbres sacrées constituent la base de la colonne (et de ses dépendances) qui, à l'aide du bassin, repose sur les membres inférieurs. La partie inférieure de la colonne, à partir de la troisième vertèbre sacrée, ne supporte aucun poids et est complètement libre.
L'équilibre et la forme de la colonne vertébrale peuvent varier; une faible contraction musculaire suffit pour amener cette modification, car malgré la solidité des articulations vertébrales, les vertèbres possèdent un certain degré de mobilité et la somme de ces petits mouvements appliquée à toute la colonne peut y déterminer des modifications très-sensibles. Ce mouve- : ment dépend essentiellement des disques intervertébraux et des articulations des arcs vertébraux.
Le bassin étant fixe, la colonne vertébrale peut se déplacer et jouir de quatre mouvements principaux (la flexion en avant, Y extension, la flexion latérale et la rotation sur son axe) ; mais le degré de mobilité diffère dans les différentes parties de la colonne et dépend de la forme des surfaces articulaires, de la longueur et de la direction des apophyses ainsi que du nombre d'articulations que présentent des parties de la colonne d'une longueur déterminée. La flexion s'opère le plus facilement au cou ; aux lombes ce mouvement est moins facile et au thorax il l'est moins encore.
La manière d'être des disques intervertébraux, l'articulation des côtes, la longueur et la direction des apophyses épineuses expliquent le peu de mobilité de la partie thoracique de la colonne vertébrale. La grande mobilité de la colonne cervicale s'explique par la conformation des faces antérieures et postérieures des corps de ces vertèbres (qui sont disposées en selle) et des apophyses épineuses qui présentent une fissure au sommet ; par la direction oblique des surfaces articulaires et l'épaisseur relative avec le nombre des disques intervertébraux.
La colonne vertébrale sert encore à des insertions musculaires et spécialement de ceux qui contribuent à mettre la partie supérieure du corps en mouvement. Les apophyses et même les côtes servent de leviers pour la maintenir en équilibre sur le bassin qui lui sert de base et pour permettre les divers mouvements.
LA CAGE THOEACIQUE.
La cage thoracique résulte de l'articulation des côtes avec le sternum et les vertèbres dorsales. On y distingue une paroi antérieure, une paroi postérieure et deux parois latérales. La paroi antérieure est plus courte et plus aplatie que les autres ; elle se dirige obliquement en avant et en bas et elle est constituée par le sternum et les cartilages des vraies côtes. — La paroi postérieure, formée par les vertèbres dorsales et la partie postérieure des côtes, est fortement recourbée en arrière; elle n'a pas de limites tranchées d'avec les parois latérales.
La section horizontale de la cage thoracique a la forme d'un cœur muni à sa paroi postérieure d'une échancrure qui correspond aux gouttières vertébrales.
La cage thoracique est ouverte en haut et en bas ; elle laisse également un vide aux espaces intercostaux. — L'ouverture supérieure est la plus petite; elle est formée par la première vertèbre cervicale, les deux premières côtes et la poignée du sternum ; elle se dirige obliquement en bas et en avant de telle sorte qu'une ligne horizontale partant de l'échancrure du sternum rencontre la deuxième ou même la troisième vertèbre dorsale. — L'ouverture inférieure est beaucoup plus grande; elle est formée par la dernière vertèbre dorsale, les deux dernières côtes, les cartilages des fausses côtes et l'appendice xiphoïde. Les cartilages des fausses côtes en se rendant vers l'appendice xiphoïde y forment un angle.
La direction des côtes n'est pas parallèle et il en résulte que les espaces intercostaux n'ont pas partout la même largeur. Cet espace s'accroît à mesure que la côte se dirige plus en avant ; aux cartilages costaux ces interspaces diminuent de nouveau jusqu'à leur arrivée au sternum.
Pendant l'inspiration la cavité thoracique augmente pour diminuer quand l'air est expiré. En effet, pendant la respiration les côtes tournent autour de leur tête et de leur tubercule de manière que les arcs costaux (excepté pour la onzième et la douzième) s'agrandissent pendant la respiration et que leur face antérieure devient supérieure. La mobilité des côtes est donc suffisante pour dilater la cage thoracique pendant l'inspiration et pour la faire venir à son état primitif pendant l'expiration.