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TITRE PREMIER

DU TRONC (t. 1, p, 198).

Le tronc, partie du corps qui renferme tous les organes spéciaux, Se compose de quatre portions essentielles : la têle, lé cou, la poitrine et l'abdomen. En le supposant séparé des membres, ses plus grands diamètres seraient au milieu de la poitrine, si ce n'est au bassin, comine chez quelques femmes. Commé il est généralement un peu aplati, ses quatre plans s’inclinent plus ou moins vers le cou. Sa longueur, qui comprend environ la moilié de là hauteur totale de l'homme, plus considérable chéz la femme, varie béaucoup moins que celle des membres. La différence, à ce sujet, est si grande que le tronc d'un individu de quatre pieds et demi égale souvent les dimensions de celui du plus beau grenadier, et que les hommes de tailles les plus diverses pourraient bien paraîtré de niveau s’ils étaient à cheval.

En général la peau du tronc ne présente de ptils, à l’exception des cheveux, que sur sa région antérieure el sur la parlie inférieure du bassin. Protégée par les vêtements contre l’action de l'atmosphère et des rayons lumineux, la peau du tronc se colore naturellement moins qu'à la figure et sur les autres parties découvertes.

La couche sous-cultanée du tronc, mince ét purement lamelléuse dans certaihé points, es épaisse dans d’autres, et plutôt filamentétise dans quelques-uns. Auéuñe véiné, Aucune artère

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un peu importante, aucun nerf digne d'attention, ne s'yrencontrent. Aussi les plaies, les opérations n'y sont-elles presque jamais suivies d'hémorragie, d'accidents nerveux iaqée tants, .

Si le fascia Fred se voit à tous les degrés sur le tronc, es aponévroses n'y offrent aucune régularité ; en sorte que la division des inflammations et des dépôts en superficiels et profonds n’y est pas également possible sur tous les points.

Si quelques-uns des ##uscles du tronc, les droits de l’abdomen et ceux du cou, par exemple. ont une gaine fibreuse, on ne peut nier que la plupart des autres n'en soient dépourvus. Leur forme aplatie ou rubanée empêche d'en reconnaître toujours la direction à l'extérieur, mais l'adhérence de leur face profonde à des portions fort étendues du squelette en rend les incisions assez peu dangereuses. Ne formant parfois qu'un plan, et n'ayant d'ailleurs que peu d'épasseur, ils ne masquent pas absolument la présence des os ou des vicères sous-jacents.

Les vaisseaux forment deux ordres au tronc. Les uns rampent à la surface ou dans l'épaisseur des parois des cavités splanchniques, et sont rarement d’un fort volume. Les autres, situés dans l’intérieur même des cavités, offrent des dimensions considérables, et deviennent ainsi la cause des premières craintes inspirées par les plaies pénétrantes.

Le squelette du tronc, constitué supérisurement par une cavité sulide, inférieurement par une sorte de ceinture, au milieu par des ares ostéo-cartilagineux, remplacé par des parties molles entre les côtes et depuis le menton jusqu’au sternum ou depuis le cartilage xyphoïde jusqu'au pubis, est surtout formé par le rachis, qui en occupe comme le centre et reste à sa parlie pos-

Colonne vertébrale (L. #, P 200).

: Servant de pivot à tout le corps, chargée du poids de toutes les autres parties, placée entre des museles nombreux et puis- Sants qui la retiennent par derrière, et la tetalité des viseères qui tendent à l’entraîner en avant, la colonne épinière est déjà, par cela seul, fort disposée à contracter les diverses maladies propres au syslème esseux. La nalure spongieuse du corps des vertèbres, le nombre et le volume des veines qu'on y rencontre, l'a-

bondance de leur trame cellulaire et huiléuse, expliquent d'ailleurs la fréquence de leur ramollissement, de leur carie, de leur tubereulisation, et par suite de la gibbosité, des courbures du rachis. Son périoste et ses ligaments, étant assez souples et continuellement tiraillés, doivent s'enflammer facilement. De ]à l’origine des caries superficielles de l’épine, et de nombreux abcès par congestion. Les rondelies fibro-cartilagineuses qui font partie de la colonne épinière sont là plus fortes que partout ailleurs, tellément qu’elles ne se déchirent point sans entraîner avec elles une couche de la vertèbre. La petite cavité synoviale qui en occupe le centre permet d’en expliquer les maladies connues, et mérite toute l'attention des chirurgiens. J’ai pu constater sur le cadavre que chez les jeunes sujets elle suppure et devient souvent le point de départ de véritables tumeurs blanches vertébrales,

Les autres articulations du rachis sont trop peu mobiles, trop peu compliquées pour qu’on ait besoin d'en étudier les maladies à part. La direction de ses épines, de ses apophyses transverses, ” la force de ses ligaments jaunes, jointes aux dispositions précédemment indiquées, en rendent les fractures extrêmement difficiles, et les luxations à peu près impossibles.

Le canal dont l’épine est creusée, contenant le cordon d'origine de tous ou de presque tous les nerfs de l'appareil locomoteur, ne peut être rétréci, fortement déformé, sans amener quelques symptômes de paralysie. Aussi est-ce là le premier et le plus dangereux accident des luxations, des fractures, des déviations outrées. des tumeurs, des végétations qui réagissent sur l’intérieur du rachis. Ce canal, continu avec la cavité du crâne, garni de tissu cellulaire graisseux très-fin, de grosses veines, d'un long ruban fibreux et des trois membranes de la moelle, permet aux inflammations environnantes d’y pénétrer, el d’en parcourir rapidement toute la longueur. Il permet également au pus et autres liquides de s’y épancher, de fuser de haut en bas, ou de bas en haut, de gagner les méninges ou le crâne, et de causer la mort presque instantanément, comme je l’ai observé, en 1824, chez un sujet qui avait une vaste suppuralion du bassin avec altération des os.

Largement protégée en avant, par le corps même des vertèbres contre l’action des viscères, en arrière par l’imbrication des lames verlébrales et des apophyses articulaires, la moelle

rachidienne ne peut que difficilement être blessée. Il en est de même des nerfs dans les trous de conjugaison qu'ils doivent traverser en sortant de l’épine.

Le muscle sacro-spinal, ou la masse chàârnue qui remplit les gouttières vertébrales, étant chargé ici de presque tous les mouvements, joue naturellement un des premiers rôles dans les déformations de la taille. Fixé sur le tuberculedes apophyses articulaires par en bas, et près du talon des côtes par en haut, son faisceau externe ou le long dorsal, ne pouvant agir sans tirer le dos en arrière en même temps qu’il pousse les lombes en avant, se joint inévitablement au sacro-lombaire, dont l’action se porte aussi sur les apophyses épineuses pour favoriser

les courbures latérales dès que le système osseux tend au ra- :

mollissement.

Cette analyse succincte des éléments constitutifs du tronc

laisse entrevoir déjà que ses lésions, même les plus légères, peuvent conduire aux plus graves dangers si l’inflammation et le pus pénètrent de l'extérieur à l’intérieur de la colonne vertébrale. Le tissu cellulaire ou les petits vaisseaux rendent la chose encore bien plus facile au crâne, à la poitrine et à Fabdomen. L'importance des organes renfermés dans ces diverses cavités ne permet pas de songer, sans en être effrayé, aux bles- ‘ sures qui les traversent, aux coups qui peuvent y être portés, aux secousses qu'elles peuvent subir, enfin à la plupart des opérations qui en blessent nécessairement les parois.

Du reste, comine les parties compactes. solides, pesantes, du tronc en occupent le plan postérieur, on s'explique par là comment, abandonné à lui-même dans l’eau, le corps se retourne presque toujours sur le dos. Si dans les chutes, pendant la vie, il en est autrement, c'est que l'instinct porte l'homme ainsi menacé à diriger les membres en avant, comme pour parer au danger, ij na

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