‹ Manuel d'anatomie chirurgicale, générale et topographiqueChapitre 2 sur 47 · AVERTISSEMENT. IX · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. IX

col du fémur se retrouvent assez souvent aux autres époques de la vie.

Les deux remarques précédentes appartiennent à M. Chassaignac. Le même anatomiste a réduit en loi une disposition d’un grand intérêt chirurgical : c’est que tous les muscles superficiels , soit sous-cutanés , soit Sous-aponévrotiques, reçoivent leurs nerfs par la face profonde, c’est-à-dire du côté des os. Il en résulte que les opérations, les incisions, ne les atteignent qu’assez difficilement, tandis qu’ils sont aisément blessés dans les luxations et les fractures. Enfin, j’ai pensé que, pour favoriser les recherches, il serait utile d'indiquer la page correspondante du Traité en tête de chaque article du Manuel,

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Science toute nouvelle-encore, à peine séparée de l’anatomie ordinaire, l'Anatomie chirurgicale n’a pas été assez nettement définie jusqu'ici pour pouvoir être exäc* tement comprise par la totalité des médecins. Aussi chacun l’interprète-t-il en quelque sorte à sa manière et trouvet-on, même actuellement, des personnes instruites qui en révoquent en doute l'utilité. En cela, du reste, elle suit la marche des autres sciences. Toutes, en effet, ont eu ainsi, dans l'origine, leur période de confusion. Il importe done d'insister sur le sens qu’on doitattacher à sa dénomination, et d'en faire ressortir le but où les caractères distinctifs. Expliquer, par l'anatomie, les nombreuses particularités, soit de pathologie, soit de chirurgie, sait de médevine opératoire, qui se rapportent a l’état appréciable des organes ; tel est, selon moi, Us tint pr rs qu'elle doit se proposer de résoudre.

L'anatomie classique, soit descriptive, soit, générale, ne peut pas tenir lieu de l'anatomie chirurgicale ainsi entendue. Comme sujet de recherches, l'anatomie simple.est une branche de l’histoire naturelle dont la connaissance est indispensable au chirurgien et au médecin plus qu'à d’autres, sans doute, mais que tous les hommes qui se livrent à l'étude des sciences physiques peuvent aussicomprendre,

L’anatomie des peintres, des sculpteurs, des statuaires, n’est pas la mème que celle des naturalistes. Les uns ne s’attachent qu'aux formes extérieures el aux organes qui

les déterminent ou les modifient. Les autres recherchent, au contraire, dans la profondeur de l'individu, les caractères de la classe où il convient de le ranger.

Le médecin a besoin, non-seulement de connaître le siége de la composition des organes, mais encore de voir en quoi leurs rapports, leurs fonctions, leur valeur dans l’économie, leur texture intime, leur densité, leur volume, leur forme, peuvent en modifier les maladies et en faire varier la thérapeutique.

Si, de là, on passe à la science chirurgicale proprement dite, la nécessité d’une anatomie distincte se fait encore bien mieux sentir. L’anatomie explicative des fonctions n'apprend rien ou presque rien sur le rôle que jouent les téguments, la couche sous-cutanée, les aponévroses, les muscles, les artères, les veines, le système lymphatique , les nerfs , les os, et le tissu cellulaire interposé, dans la marche , la forme ou la terminaison des altérations morbides qui ont l’un ou l’autre de ces tissus pour siége, ni sur la nature des ressources qu’il convient d’opposer aux maladies. C’est là cependant ce qui importe au praticien, Pour exécuter une opération quelconque , il ne suffit pas de savoir le nom des organes susceptibles d’être blessés , ni de ceux qui doivent être évités ; il faut encore se rappeler leur profondeur, leurs connexions exactes, la densité, l'épaisseur des couches qui les unissent ou les séparent, el mille autres remarques, auxquelles l'anatomie chirurgicale seule est de nature à se prèter.

Sans anatomie chirurgicale point de chirurgien, est donc une proposition qui ne peut trouver aujourd'hui qu’un très-petit nombre de contradicteurs.

Une région étant donnée, j’en indique la forme et les particularités extérieures qui peuvent être de quelque secours au chirurgien. L’examen de la peau, puis de la couche sous-cutanée, me permet ensuite de montrer l'in. fluence que ces couches exercent sur les plaies, les ulcères, les abcès , les opérations. Les fascias vienneut en troi-

sième lieu. Avec le tissu cellulaire proprement dit, les aponévroses forment, sans contredit, l'élément qui mérite le plus d’attention en pathologie, soit médicale, soit chirurgicale ; aussi m'y suis-je arrêté d’une manière toute spéciale. Il m’a paru d'autant plus utile d’insister sur ce point , qu’on peut le considérer comme neuf, qu’il est extrèmement fécond en déductions pratiques, et que l’anatomie, envisagée d’une autre manière, n’en donne presque aucune notion. Le système musculaire joue, dans les amputations, les fractures , les luxations, les plaies, ete., un rôle qu'il fallait aussi faire ressortir et spécifier dans chaque région. Les artères, eu égard aux anévrismes dont elles peuvent être le siége , aux opérations qu’elles réclament, exigent qu’on en résume avec soin le siége et les rapports précis, les variétés et les anastomoses. Il en est de même des veines, à cause , soit de la saignée , soit des varices , soit de la phlébite, soit des précautions qu’elles demandent dans les opérations en général, la ligature des artères en particulier. L'appareil lymphatique , servant à transporter une foule d’affections d’une région dans l’autre, étant susceptible lui-même de maladies nombreuses et de dégénérescences qui réclament souvent les ressources de la chirurgie , ne méritait pas moins d’attention. Les nerfs ont moins d'importance, il est vrai, sous ce point de vue; mais leurs fonctions ne permettent pas d’en négliger les connexions avec les divers organes sur lesquels il devient parfois nécessaire de pratiquer des opérations. Les os euxmêmes, qui forment la base de chaque région, m’ont également occupé, ainsi que leurs dépendances, et j'ai tâché de faire sentir en quoi chacun d’eux peut modifier ses affections propres, et les différentes altérations des tissus voisins par le lieu qu’il occupe.

Ce qui précède ne concerne, comme on voit, que l’anatomie chirurgicale étudiée par régions. Au lieu de suivre pièce par pièce les différentes localités du corps, on peut s'emparer aussi de chaque système organique et l’étudier

dans ses généralités, d’après les principes que je viens de poser pour les régions en particulier. Cette anatomie générale, de pure application, n'est pas moins riche en déductions pathologiques etopératoires que l'anatomie des régions proprement dite.

Rien ne me parait de nature à rendre plus préeis le diagnostic et le traitement chirurgical des maladies ; à son aide, les inflammations , les abcès, les tumeurs de toutes sortes, cessent d'étonner ou de surprendre par les formes variées qu’elles revètent, ou par leurs différents genres de terminaison et de propagation,

Une pareille étude est un moyen puissant de matérialiser de plus en plus les altérations morbides, de rendre incontestables les modifications que peuvent leur imprimer la texture et les qualités physiques de chaque tissu, d'inlerpréter, en un mot, ce que la chirurgie a d’organique et de réellement appréciable pour les sens.

Pour me résumer sur ce point, je dirai donc que lanatomie chirurgicale, étant toute d'application, peut être enseignée d'après les mêmes divisions que l'anatomie ordinaire , qu’elle peut être générale, descriptive ou topographique, et même toutes ces choses à la fois, enfin, que chacune de ses trois grandes sections est susceptible de plusieurs sortes d’interprétations. |

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