DES MEMBRES
Espèces de cônes irréguliers, les membres, portion essentiellement mobile du corps, forment, avec les sens, les organes principaux de la vie de relation. Généralement velue, leur peau a besoin d'être soigneusement rasée dès qu'ils sont le siége de la moindre plaie. Les rides transversales ou en demi-lune qu’on y observe, avoisinant en général les articulations, servent de guide dans quelques opérations. Des sillons. des rainures, des dépressions s'y remarquent aussi en grand nombre. Étant parallèles aux muscles ou aux vaisseaux et aux nerfs, ces derniers objets sont d’un grand secours dansles ligatures d'artères, et indiquent la direction à donner aux incisions que peuvent réclamer les affections de la partie. Il en est de même des reliefs soit osseux, soit charnus, soit fibreux. La couche sous-cutanée s’y présente partout avec les caractères indiqués en parlant du tissu cellulaire en général. Aussi sont-ils très-sujels aux inflammations diffuses. Les veines superficielles qu’ils renferment, volumineuses pour la plupart, très-apparentes à l'extérieur, sont presque les seules qu’on ouvre aujourd’hui dans la phlébotomie. Les aponévroses des membres sont les plus complèles et les plus compliquées de l'organisme. Les cloisons ou lames qui se détachent de leur face interne les transforment en autant d’étuis ou de gaines secondaires qu'il existe de faisceaux charnus. D'ailleurs, tout ce que j'ai dit des enveloppes fibreuses en général s’y applique particulièrement. Il en est de même des muscles, .des artères, des veines, des nerfs, des lymphatiques, ainsi que des os et des articles. Leur grande mobilité en explique les luxations. La raison des fractures dont ils sont si fréquemment le siége se trouve dans leurs rapports avec les agents extérieurs et dans la disposition de leur squelette. Enfinsles usages multipliés auxquels ils sont destinés, et leur contexture même, rendent compte des maladies sans nombre qui s’y manifestent et de la quantité
d'opérations qu’on y pratique. Se développant par une sorte de végétation, et commençant à poindre dès le quinzième jour de la conception, ils se prêtent à une infinité de vices de conformation, les uns par anomalie de développement, les autres par destruction, par maladie, etc. J'ai vu, avec M. Gasnault, un fœtus, énorme du reste, dont les quatré membres n'avaient que trois pouces de longueur, quoiqu'ils continssent tous les os de l’élat ordinaire. Une petite femme, qui vint à l'hôpital de l'École en 18925, née dans le même état, s'y était maintenue, quoique âgée de trente ans. J’ai vu un fœtus dont les bras et les cuisses manquaient, quoique les avant-bras et les jambes fussent conformés. Les journaux d’Amérique ont donné l’histoire et le dessin d’une jeune personne âgée de vingt ans, entièrement dépourvue de membres et bien conformée d’ailleurs. On connaît toutes les nuances des pieds-bots, des difformités de naissance.
Lo en nee TOUT PE € A EPST D OR DCI PES RE RE LE EU RAS IP CE A ART Su |