‹ Manuel d'anatomie comparée des vertébrésChapitre 12 sur 69 · L. Frank. Anatomie lier Hauslhiere. Stuttgart · texte numérisé non relu

L. Frank. Anatomie lier Hauslhiere. Stuttgart

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INTRODUCTION

Définition et Objet de l'Anatomie comparée.

Avant de nous livrer à l'étude des formes diverses que peut présenter l'organisation des animaux et de les comparer entre elles, il est indispensable de s'enquérir au préalable de leur origine, c'est-à-dire des lois de leur développement. L'anatomie comparée a recours dans ce but à l'oNTOGÉNiE et à la PALÉONTOLOGIE. La première s'occupe de l'histoire du développement de l'individu, la seconde a pour objet la connaissance des organismes disparus et de leur succession géologique, c'est-à-dire leur histoire ancestrale [phylo génie).

Ces deux sciences se complètent l'une l'autre; l'ontogénie présente en efîet dans l'évolution de l'individu la répétition des difïérentes étapes de l'évolution de l'espèce. Mais dans beaucoup de cas il ne s'agit pas d'une répétition pure et simple [palingénèse) ; très fréquemment au contraire surviennent des « falsifications » dues à l'adaptation, de telle sorte que les caractères primitifs ont complètement disparu ou sont plus ou moins effacés [céno genèse). Deux facteurs, V hérédité et la variabilité^ jouent un rôle prépondérant dans ces phénomènes. La première représente le principe conservateur qui tend à maintenir et à perpétuer les caractères existants; la seconde tend à modifier constamment, sous l'influence du changement dans les conditions extérieures, le corps de l'animal, que nous devons par suite nous représenter, non comme fixe et immuable, mais en quelque sorte comme en voie de transformation continue. Les adaptations qui en résultent, si elles sont utiles à ceux qui les ont acquises, sont transmises par hérédité à leurs descendants et conduisent dans la suite des temps à des variations de plus en plus considérables. La connaissance de ce fait capital de Y action réciproque de Vhérédité et de Vadaptation, non seulement nous permet d'entrevoir la parenté des organismes en général, mais encore nous donne l'explication de nombreux organes ou parties d'organes, qui, sans cela, sous leur forme atrophiée ou rudimentaire chez l'animal adulte, seraient et resteraient incompréhensibles.

WlEDERSHEIM. 1

2 ' INTRODUCTION

La connaissance des éléments anatomiques et celle des fonctions, (^•■est-à-dire Thistologie et la physiologie sont aussi de la plus haute importance pour arriver à une conception claire et précise des rapports morphologiques. Ces différentes branches scientifiques se complètent mutuellement, conduisent par des voies différentes à un but commun et contribuent par là à faire progresser, dans une vaste mesure, notre connaissance de l'organisation animale, c'est-à-dire la zoologie dans son sens le plus large.

Les éléments anatomiques, ou éléments constitutifs du corps, se composent essentiellement de cellules et de fibres. Ils s'associent pour former les tissus ; ceux-ci composent les organes, dont la réunion constitue les systèmes d'organes.

Les tissus se divisent en quatre groupes principaux :

1° Le TISSU épithélial avec le tissu glandulaire qui en dérive ;

2° Le tissu de SOUTIEN (tissus conjonctif, cartilagineux, osseux);

3° Le tissu musculaire ;

4° Le tissu nerveux.

Au point de vue physiologique les deux premiers peuvent être appelés tissus passifs, les deux derniers tissus actifs.

Sous le nom à' organe on désigne un ensemble de parties élémentaires remplissant une fonction déterminée, par exemple le foie qui sécrète la bile, les branchies et les poumons qui président à l'échange gazeux, le cœur qui joue le rôle de pompe sanguine, etc.

Les systèmes d'organes qui seront successivement étudiés dans ce livre soQt les suivants : 1° les téguments, qui forment l'enveloppe extérieure du corps; 2° le squelette; 3° les muscles, avec les organes électriques ; 4'^ le système nerveux et les organes des sens ; 5° les organes de la digestion, de la respiration, de la circulation, les organes urinaires, et les organes génitaux.

Développement et Conformation du Vertébré.

Les éléments constitutifs du corps, c'est-à-dire les cellules, dérivent tous d'une cellule primordiale unique, de I'œuf. L'œuf est donc le point de départ de l'organisme tout entier. Son importance fondamentale exige que nous l'étudiions ici avec quelque détail ; nous exposerons ensuite les principaux traits de son développement, en nous bornant à une esquisse sommaire, telle que le comporte le plan de cet ouvrage.

L'œuf non fécondé se présente sous la forme d'une vésicule ronde. Il se compose d'une membrane d'enveloppe appelée membrane vitelline, du vitellus, de la vésicule germinative et de la tache germinative (fig. 1).

L'œuf, dans sa forme primordiale telle que nous venons de la décrire, représente le type d'une cellule ; le vitellus correspond au j)7'otoplasma,

INTRODUCTION S

la vésicule germinative diunoijau et la tache germinative au nucléole (1). La membrane d'enveloppe, qui correspond à la membrane vitelline, n'est pas une partie intégrante de la cellule ; elle peut se développer par épaississement de la couche périphérique du protoplasma, et est ainsi un produit de difîérenciation.

Le vilellus se compose de deux substances différentes auxquelles on donne le nom de vitellus formatif et de vitellus nutritif. Leur répartition ou leur mélange dans l'œuf est très variable et a une grande importance, car elle influe sur le mode de segmentation que nous aurons à décrire plus loin. Pour le moment nous nous bornerons à dire que le vitellus formatif, doué de propriétés actives, prend directement part à la formation de l'embryon, tandis que le vitellus nutritif représente une sorte de réserve qui n'est employée que secondairement.

Pendant que l'œuf mûrit, s'accomplissent dans son intérieur des changements qui le préparent à recevoir la substance génératrice mâle. Ce n'est pas ici le lieu de décrire ces phénomènes, il nous suffit de savoir que le résultat ^^„— «..^ x/'

final est rexpulsion d'une partie de la vésicule germinative à la suite de phénomènes identiques à ceux qui accomjmgneiit la division des \ V / — y^^^ cellules (karyokinèse) .

La signification de ce processus, la formation des globules polaires, est expliquée delà façon suivante par A.Weismann. AvecO. HertwigetStrasburger,Weismann pig. 1. — Œuf non fécondé. D, viconsidére la chromaline comme la substance la plus *?""*' i*^^- yésicuie germina-

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