‹ Manuel d'anatomie comparée des vertébrésChapitre 13 sur 69 · i. ■ 1 tue; .ÊTi^, tache germinative · texte numérisé non relu

i. ■ 1 tue; .ÊTi^, tache germinative

importante de la cellule, comme le substratum matériel delà propriété évolutive, comme la ma/ière héréditaire.

Il pense que cette substance, qui constitue l'essence de la cellule, qui détermine sa forme et son développement futur, lui imprime ainsi son cachet spécifique. Partant de là il en déduit que la chromatine, qui gouverne la cellule-œuf jeune, encore en voie d'accroissement, et qui lui donne le caractère histologique particulier à l'espèce à laquelle elle appartient, ne peut pas être la même substance que la chromatine de l'œuf mùr, prêt à être fécondé, car celle-ci exerce des actions toutes différentes sur la cellule-œuf: elle détermine la segmentation ainsi que les phénomènes évolutifs qui lui font suite. 11 admet donc que par la formation du premier globule polaire est expulsée de l'œuf la moitié de la substance nucléaire, à laquelle était dévolue jusqu'alors la suprématie^, puisqu'elle imprimait à la jeune cellule-œuf son caractère histologique, qu'elle présidait à son développement histologique. Il donne à cette substance le nom d'idioplasma histogéne de la cellule-œuf ou plasma ovogène. La découverte de la loi du nombre des globules polaires, d'après laquelle il se forme toujours dans les œufs qui doivent être fécondés deux globules polaires et un seul dans les œufs parthénogénétiques, apporte à cette manière de voir un puissant appui et exclut toutes

(1) La ressemblance entre la cellule et l'œuf s'étend aussi à la structure intime très complexe de leur protoplasma et de leur noyau. Dans l'un comme dans l'autre on distingue deux substances différentes : une substance spongieuse, disposée en réseau, le spongioplasma ou chromatine, et une substance plus tluide, le hyatoplasma ou achromaline, contenue dans les lacunes et les mailles de la première. Toutes les deux sont soumises à des changements continuels, piineipalement le spongioplasma du noyau, qui est appelé à jouer un rôle des plus importants dans la multiplication de la cellule, ou dans le processus de la segmentation de l'œuf.

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autres interprétations des globules polaires, telles que celles qui ont été formulées précédemment par Minot, E. van Heneden et Balfour. Il en résulte aussi quelepremier et le deaxièmi globule polaire sont de nature différente et que l'on ne peut pas considérer la substance nucléaire du second comme constituée par du plasma ovogène. Weismann explique cette seconde bipartition de la substance nucléaire de la cellule-œuf de la façon suivante : Dans la génération sexuelle des quantités égales de substance héréditaire (chromatine) du père et de la mère s'unissent entre elles. Et, comme chacune de ces deux substances n'est pas complètement homogène, mais qu'elle est composée d'un certain nombre de substances semblables des ancêtres, de « plasmas ancesti'aux », comme les appelle Weismann, à chaque fécondation le nombre de ces plasmas ancestraux doit doubler. Quand la reproduction sexuelle a commencé jadis à apparaître, ce doublement a pu être possible sans augmentation de masse, tant que les différents plasmas ancestraux étaient représentés chacun par plusieurs unités. Mais, dès que le nombre de ces plasmas est devenu assez considérable pour que chacun d'eux ne put plus être représenté que par une seule unité, il n'y eut qu'un moyen pour empêcher un accroissement illimité de la masse de la substance héréditaire, c'est-à-dire la réduction de moitié du nom,bre des plasmas ancestraux qui existaient dans chacune des deux cellules sexuelles. Celle réduction s'opère, suivant Weismann, dans la cellule-œuf, par la formation du deuxième globe polaire; son expulsion indique la séparation de la moitié des plasmas ancestraux. Il est clair que cette division doit s'opérer aussi dans la cellule germinative mâle, où cependant on n'a pu jusqu'à présent la constater avec la même certitude, bien que certains phénomènes de la spermatogénèse admettent cette interprétation. La théorie de Weismann explique en même temps pourquoi la bipartition de la substance nucléaire n'a lieu qu'une fois dans les œufs parthénogénétiques, car chez eux le plasma nucléaire ovogène doit seul être expulsé afin que la substance héréditaire proprement dite de l'œuf, le plasma germ,inatif, puisse gouverner sew^ et présider au développement embryonnaire. Il n'est pas besoin d'une seconde bipartition, puisque dans la parthénogenèse aucun plasma germinatif étranger ne vient s'ajouter à celui de l'œuf, et que par suite il n'y a pas augmentation des plasmas ancestraux, dont le nombre au contraire reste le même dans toutes les générations.

Bien qu'actuellement on ne puisse pas encore dire avec certitude si la théorie de Weismann est juste, cependant on ne peut nier qu'elle n'éclaire certains points, jusqu'ici obscurs, de la théorie de la génération, d'une façon qui laisse soupçonner qu'elle ne peut pas s'être écartée bien loin du but. Pour n'en citer qu'un exemple, elle nous fait comprendre le fait que les jumeaux qui proviennent d'un seul œuf se ressemblent jusqu'à être presque identiques; ici, en effet, c'est exactement le même plasma germinatif, qui a donné naissance aux deux enfants. Par contre on conçoit facilement pourquoi des jumeaux, qui dérivent de deux œufs distincts, ne se ressemblent jamais autant, et ne présentent que le degré de ressemblance que l'on observe dans la règle entre les enfants d'un même lit. Car il est clair que dans la répartition du plasma germinatif, qui s'accomplit dans chacune des cellules-œufs arrivées à maturité de la même mère, il est rare ou il n'arrive jamais que la partie de ce plasma qui est expulsée, et par suite aussi celle qui reste dans l'œuf, présente exactement la même combinaison de plasmas ancestraux. Le plasma germinatif de différents œufs de la même mère doit par conséquent être différent et donner naissance à des enfants dissemblables. On comprend ainsi pourquoi les enfants d'un même couple humain ne sont jamais identiques, quand même ils seraient jumeaux issus d'un seul œuf.

Comme nous l'avons vu plus haut, la fusion de la substance sexuelle mâle, c'est-à-dire de la cellule séminale, avec Tœuf est indispensable pour que le développement de ce dernier puisse avoir lieu. La fécondation, qui est le point de départ de la création d'un nouvel individu, consiste ainsi dans l'union matérielle de la substance génératrice du mâle

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et de la femelle, ou pour parler plus exactement dans l'union du pronu-

CLÉUS MALE et du PRONUCLÉUS FEMELLE, d'oÙ résulte le NOYAU DE SEGMENTATION.

La cause dernière de lliérédité doit donc être raj^portée à la structure moléculaire des deux cellules sexuelles; cette structure est V expression morphologique du caractère spécifique.

Le noyau de segmentation, une fois formé, se partage ensuite après une courte période de repos en deux moitiés égales ; celles-ci constituent deux nouveaux centres qui préparent la division de l'œuf tout entier en deux.

La division définitive, ou, ce qui est la même chose, le début de la

RK

Fig. 2. — A, premier stade de segmentation. B et C, stades plus avancés. RK, globules polaires.

D, stade de moruia.

SEGMENTATION, est indiquée par l'apparition d'un sillon annulaire, qui s'enfonce de plus en plus jusqu'à ce que la séparation soit complète (fig. 2)-

Tel est le premier stade de la segmentation, et, comme le deuxième stade et ceux qui lui succèdent reproduisent identiquement la même série de phénomènes, le résultat est une division en 4, 8, 16, 32, etc., sphères de plus en plus petites, possédant chacune un noyau. Bref, l'œuf primordial, correspondant à une cellule unique, est devenu un amas de cellules, qui serviront de matériaux pour la formation du futur animal. Cette phase du développement de l'œuf a été désignée à cause de la ressemblance avec une mûre sous le nom de morula (fig. 2 D).

La morula se creuse d'une cavité centrale remplie de liquide et se transforme en vésicule blastodermique ou blastula. La couche de cellules périphériques, qui forme la paroi de la cavité centrale, porte le nom de blastoderme (fig. 3, BD). Composé d'abord d'une seule couche de cellules, le blastoderme ne tarde pas à devenir didermique et enfin même trider-

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mique. Ces trois couches sont désignées, d'après leur position, sous les noms de feuillet externe, feuillet moyen et feuillet interne, ou d'ectoderme (épiblaste), mésoderme (mésorlaste) et entoderme (hyporlaste).

Le processus de la segmentation, tel que nous l'avons décrit dans ses traits principaux, peut subir, comme cela a déjà été dit plus haut, certaines modifications par suite de la répartition inégale du vitellus formatif et du vitellus nutritif ou de l'accumulation en masse de ce dernier. Ces modifications , qui rentrent dans la catégorie des phénomènes cénogénétiques, constituent le mode de la segmentation inégale ou de la segmentation jjartielle. Le moàe primitif àe segmentation, ]di segmentation égale,

qui intéresse l'œuf tout entier, se rencontre chez les Matnmifères et parmi les autres Vertébrés chez Y Amj)hioxus (mais seulement jusqu'à une certaine phase évolutive). La segmentation inégale se montre chez la plupart des. 4wphibiens (1), chez les Ganoïdes cartilagineux elles Cyclosto7Jies. Les Sélaciens, les Poissons osseux, les Reptiles et les Oiseaux présentent dès le début une segmentation partielle. Ce dernier mode de segmentation est une modification de la segmentation égale.

La question de l'origine des feuillets blastodermiques est, à cause de son importance capitale, une des plus brûlantes de la morphologie, et jusqu'ici n'a pas été encore résolue d'une façon entièrement satisfaisante. Ce que l'on peut cependant affirmer avec certitude, c'est que les œufs de tous les Vertébrés passent ou ont passé jadis de la phase de blastula à une phase à laquelle on donne le nom de gastrula. Lagastrula dérive de la blastula par invagination de la moitié de la paroi de cette dernière, de façon à constituer un sac à douhle paroi (fig. 3, DD). La paroi externe représente comme précédemment l'ectoderme et remplit le rôle d'organe protecteur et d'organe sensoriel. La paroi interne, qui limite une cavité centrale, la cavitéintestinale primitive [archenteron) , constitueFentoderme ; elle joue le rôle d'intestinprimitif et jouit delà faculté de digérer et d'assimiler. De l'ectoderme proviennent plus tard le système nerveux tout entier, les cellules sensorielles, Vépiderme avec ses dérivés, ainsi que certaines parties de l'appareil génito-urinaire (canal du rein précurseur) . De l'entoderme dérivent Y épithélium et les glandes du tube digestif, ainsi que le revêteme7it épithélial des poumons, de la glande thijroïde, du thymus, du foie et du pancréas. Au point où l'ectoderme se continue avec l'entoderme existe un orifice appelé bouche primitive (blastopore) (fig. 4, Bip).

Si l'on peut ainsi se représenter delà façon que nous venons d'exposer

Fig. 3. — Blastula. BD, blastoderme; FH, cavité de segmentation.

(1) Les Gymnophiones font seuls exception.

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27cf.

l'origine primordiale de l'ectoderme et de Tentoderme, c'est-à-dire des deux feuillets épithéliaux primaires (1), il n'en est pas de même de la formation du mésoderme, que l'on ne peut pas encore considérer comme complètement élucidée. Voici en quelques mots ce que l'on peut actuellement dire à ce sujet : Le mésoderme est une formation secondaire, phylogéniquement plus récente que les deux autres feuillets du blastoderme. Sous plusieurs rapports il rappelle le « mésenchijme » des Invertébrés, et prend toujours naissance au point où l'ectoderme se continue avec l'entoderme, c'est-à-dire dans la région du blastopore, ou, ce qui revient au même chez les Vertébrés supérieurs, dans la région de la gouttière primitive. Il se développe entre les deux autres feuillets blastodermiques; son rôle principal consiste dans la formation des éléments figurés du sang et en premier lieu des globules blancs {leucocytes, cellules lymphatiques); il donne aussi naissance au cœur , aux vaisseaux, au derme, à l'ensemble de la substance unissante ou de soutien, c'està-dire au tissit conjonctif, au tissu adipeux, au cartilage et aux os, et en outre aux membranes séreuses, à la plus grande partie de Vappareil urinaire et de Vappareil génital et enfin aux muscles.

Le tissu mésodermique se trouve divisé par l'apparition d'une fente en deux lames, une lame pariétale, qui s'accole à la face interne de l'ectoderme et une lame viscérale, qui se soude avec l'entoderme. La première porte le nom de lame fibro-cutanée (somatopleure), la seconde, celui de lame fibro-intestinale {splanchnopleure) (fig. 5 et 6, SoP, SpP). La fente qui sépare ces deux lames représente la cavité du corps ou

COELOME.

La région dorsale du mésoderme, de chaque côté de la ligne médiane, présente déjà de très bonne heure chez l'embryon une division ou segmentation en parties similaires situées les unes derrière les autres; ce sont les segments primitifs ou somites (2). La cavité qui existe dans chacun des somites communique primitivement avec Varchenteron; l'ensemble de toutes ces cavités constitue une série de diverticules de l'archenteron

Fijr. 4. — Gastrula. Ekt, ectoderme; Ent, etitoderme; Bip, blastopore; U, cavité digestive primitive.

(1) Il esta remarquer que cette distinction fondamentale dans la difTérenciation histologique des dilTérents feuillets du blastoderme ne se retrouve pas avec la même netteté et la même régularité dans tout le règne animal (certains types d'Invertébrés).

(2) La zone située de chaque côté, en dehors des somites, qui constitue les plaques latérales n'offre jamais de traces de segmentation.

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disposés métamériquement. Plus tard cette communication cesse (voy. Vappareil génito-urinaire).

Les somites ont des rapports génétiques étroits avec le squelette axial,

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Fig. 5 et 6. — D, intestin ; Uni, entoderme proliférant en Oh dans la figure 5 pour former l'ébauche de la corde; C'/ii, corde dorsale séparée de l'entoderme; So, somites; XJG, canal du rein précurseur ou du rein primitif; A, aorte; SpP, splanchaopleure ; SoP, somatopleure; Coel, cœlome ; H, vestiges de cavité dérivant du cœlome dans l'intérieur des somites; E}ii, ectoderme; ikfed, tube médullaire, qui dans la figure 5 eat en voie de se séparer de l'ectoderme (les deux figures sont schématiques).

les muscles du tronc et l'appareil génito-urinaire. Dans les phases ultérieures du développement on voit que la formation de cavités et de replis, c'est-à-dire le pi'océdé par lequel, à partir du stade de gastrula, l'embryon réalise ses changements de forme successifs, devient de plus en plus

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prépondérante, et, pour bien faire comprendre comment ceux-ci sont produits, il est nécessaire d'entrer dans quelques détails.

Chez tous les Vertébrés il existe à une période déterminée du développement, au pôle dorsaldeFœuf, unerégionépaissie, discoïde, qui est plus ou moins nettement délimitée du reste de l'œuf. C'est le disque germinatif, c'est-à-dire l'ébauche de l'embryon; les sillons, de plus en plus profonds, qui le limitent en avant, en arrière et sur les côtés, le séparent de plus en plus du reste du vitellus, et il arrive un moment où il ne communique plus avec le sac vitellin, qui n'est, lui, appendu à la face ventrale que par un canal, le canal omphalo-7?iésentérique; plus tard enfin cette communication se rétrécit graduellement et finit par disparaître complètement quand tout le vitellus est résorbé (fig. 7, Do, t;%. 8 et 9, f).

En même temps apparaissent chez les Vertébrés supérieurs, RejJtiles, Oiseaux et Mammifères, précisément aux points 011 les sillons se développent, des replis auxquels on donne les noms de repli céphalique, repli caudal et replis latéraux. Ces replis s'accroissent de plus , en plus , et, en se soudant au - dessus de l'embryon , forment un sac mem-

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Fis:. 8.

Fis;. 9.

Fig. 1, 8 et 9. — Formation de l'ombilic cutané et de l'ombilic intestinal. Schéma. Les fig^ures 7 et 8 reprébcntent une coupe longitudinale, la figure 9 une coupe transversale. E, embryon ; Dh, cavité intestinale ; Do, sac vitellin; -j-, canal vitellin ; PP, cavité pleuropéritonéale ; Ah, cavité amniotique; AF, repli amniotique; A, amnios; Al, allantoïde; a et 6, somatopleure et splanchnopleure; iW, moelle épinière ; C, corde dorsale.

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braneux rempli de liquide, ou amnios (%. 7, AF; ûg. 8 et 9, A, Ah).

La présence ou l'absence de cette membrane fœtale permet de diviser les Vertébrés en deux groupes, les Amniotes, comprenant les trois classes supérieures, et les Anamniotes, renfermant les deux classes inférieures des Poissons et des Amphibiens, chez lesquels ils ne se développe jamais d'amnios.

Jusqu'ici nous n'avons considéré le sac vitellin que comme un organe

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Fig. 10. — Coupe schématique de l'utérus gravide.

U, utérus; Tb, trompes; UH, cavité de l'utérus; Dv, caduque vraie, qui en Pm se transforme en placenta utérin; Dr, caduque réfléchie; Pf, placenta fœtal (chorionrameux); Chl, chorion lisse; A, A, cavité de l 'amnios remplie de liquide.

Dans l'intérieur de l'utérus est situé l'embryon suspendu par le cordon ombilical. H, cœur; Ao, aorte; ci et es, veines caves inférieure et supérieure; p, veine-porte; Al, artères allantoïdiennes (art. ombilicales); -J-, foie traversé par la veine ombilicale; £>, vésicule ombilicale rudimentaire.

destiné à fournir à l'embryon les matériaux nutritifs nécessaires à son développement; nous devons maintenant ajouter que, grâce à l'apparition à sa surface d'un réseau de vaisseaux, il fonctionne aussi comme organe 7'espiratoire ; mais ce rôle n'est que passager, car de bonne heure il se forme dans la portion postérieure du tube digestif un diverticule vasculaire, auquel il se trouve dévolu. Ce nouvel organe respiratoire, qui sert également à recueillir les produits de la sécrétion urinaire (sac urinaire embryonnaire), est appelé allantoïde. Peu volumineuse au début, l'allantoïde s'étend de plus en plus et finit par constituer tout autour de l'em-

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bryon une vésicule aplatie, appliquée contre la face interne de la membrane de Fœuf ; c'est par son intermédiaire que s'opère l'échange des gaz. Plus tard, quand le développement embryonnaire approche de son terme, l'allantoïde s'atrophie graduellement. Son extrémité proximale tubuleuse peut cependant se renfler et constitue alors la vessie urinaire.

Au sortir de l'œuf le jeune animal, en même temps que son mode circulatoire se modifie, respire à l'aide de nouveaux organes, des branchies (Poissons, Amphibiens ou leurs larves) ou des pownons (Amniotes).

Ces dispositions embryonnaires, sur lesquelles nous reviendrons dans un chapitre ultérieur sur les relations entre la mère et l'embryon, se rencontrent chez tous les Vertébrés y compris les deux groupes inférieurs des Mammifères, les Monotrèmes et les Marsiqnaux. Chez tous les autres Mammifères il se développe en outre des cotylédons ou un placenta, de là le nom de Placentaires qu'on leur donne, tandis qu'on- réserve celui de Implacentaires aux Monotrèmes et aux Marsupiaux. Les formations placentaires consistent essentiellement en ce que les vaisseaux de l'allantoïde poussent des prolongements dans le tissu de l'utérus, se mettent en rapport avec le système sanguin maternel et établissent ainsi entre la mère et l'embryon des relations intimes complexes, destinées à assurer la nutrition et la respiration de ce dernier.

Continuons à exposer brièvement le développement du corps de l'embryon. Nous devrons signaler, avant tout, la formation par le même procédé de plissement et de séparation des replis de trois autres organes très importants, le tube neural, le tube viscéral et la corde dorsale qui se glisse entre eux. Ces trois organes sont exactement situés dans l'axe du corps, de sorte qu'une coupe médiane, de même qu'une coupe transversale de ce dernier, offre la coupe de ces deux tubes en même temps qu'elle présente une symétrie bilatérale (fig. 11).

Le tube neural formera la moelle éjnnière et Veîicéphale, c'est-à-dire le système nerveux central. Le tube viscéral (cœlome), renforcé plus tard par les côtes qui se développent dans les parois charnues du corps, renferme les viscères. Les côtes sont des tiges élastiques courbées en arc ; elles s'articulent avec la colonne vertébrale cartilagineuse ou osseuse qui se développe autour de la corde dorsale; certaines d'entre elles, en nombre plus ou moins considérable, peuvent venir se réunir au sternum, situé sur la ligne médiane de la face ventrale, et de la sorte se trouve formé un anneau complet.

Le tube neural et le tube viscéral s'élargissent à leur extrémité antérieure et entrent en rapport direct avec le monde extérieur par le développement dans le premier de Vencéphale et des organes des sens supérieurs, c'est-à-dire du siège des fonctions psychiques, dans le second de certains appareils qui servent à la préhension des aliments et à la respiratio7i.

On désigne cette partie du corps sous le nom de tête; à la tête font suite en arrière le cou et le tronc. Dans la région postérieure du tronc

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est située la terminaison des conduits digestif et génito-urinaire. La région postérieure du corps, dans laquelle la cavité viscérale ne s'étend pas, est la queue. Le cou et le tronc forment Y axe; les membres sont les organes ap2}endiculaires de l'axe.

Il résulte de cet exposé sommaire des traits principaux de l'organisation du Vertébré, que, à un certain stade du développement, le corps est formé de segments similaires, appelés sémites.

Dans des phases évolutrices ultérieures, cette segmentation se niani-

Fig. 11. — Coupe transversale schématique du corps d'un Vertébré. W, colonne vertébrale, dans laquelle se trouve situé le canal rachidien iViï, qui renferme la moelle épinière (A/ed) avec sa substance blanche périphérique et sa substance grise centrale; Ep, épiderme; Co, chorion ou derme; KW, paroi du corps (somatopleure); VR, tube viscéral revêtu par le péritoine (séreube)(Per); le feuillet pariétal du péritoine forme en Ms (mésentère) un repli qui fait saillie dans le tube viscéral et sous le nom de feuillet viscéral (Pei-i) entoure le tube digestif; 1)H, cavité intestinale tapissée d'épithélium (Ep). En dehors de l'épithélium est située la sous-muqueuse (St(.6m) et plus en dehors les couches musculaires (ilfsc);Ao, aorte.

feste encore dans l'ébauche des glandes urinaires embryonnaires, dans la structure de la colonne vertébrale, dans la disposition des côtes et des muscles courts du dos, etc.

En s'appuyant sur ces faits, on pourrait être amené à admettre, ce qui se justifie en un certain sens, que les Vertébrés actuels ont comme souche ancestrale une forme animale invertébrée et segmentée. Mais il ne faut pas oublier que la tendance à la segmentation des organes que nous avons cités en dernier lieu ne se manifeste qu'à une phase relativement tardive de l'ontogenèse, de telle sorte que l'on ne peut baser sur ce fait que des spéculations phylogéniques très incertaines. 11 n'en est pas de même de ce que j'appellerai la segmentation primitive de la zone axiale de l'embryon, c'est-à-dire de l'apparition des somiles, qui nous permet d'admettre avec certitude une forme ancestrale segmentée,

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très ancienne ; mais cette dernière ne peut pas être considérée comme le véritable point de départ d'où dérivent les premiers Urochordés, et cela pour deux raisons : en premier lieu parce que le mésoderme, c'està-dire les matériaux de formation des somites, ne s'est développé que secondairement; en second lieu parce que Y ébauche du système nerveux central est absolument homogène, sans aucune trace de segmentation. Cette dernière provient, comme on le sait, d'un des feuillets blastodermiques épithéliaux, dont V importance est capitale pour la solution du problème phijlogénique, puisqu'ils sont incomparablement plus anciens que le mésoderme. En se basant sur ces considérations, on est conduit à admettre une forme ancestrale, au début non segmentée, qui s'est segmentée graduellement sous l'influence du système 7nusculaire. Ce n'est que plus tard qu'apparurent, pour fournir aux muscles des points d'insertion plus résistants, des pièces squelettiques capables de remplir leur rôle d'organes de soutien et de protection.

Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans des considérations plus étendues sur l'histoire ancestrale des Vertébrés actuels et nous nous en tiendrons à ce court aperçu sur cette époque reculée, dont la paléontologie est impuissante à dissiper l'obscurité.

A défaut de la paléontologie, on s'est retourné vers l'embryologie comparée, et on a réclamé d'elle quelle vînt, comme nous l'avons exposé au début de ces pages, compléter nos connaissances sur ce terrain. Mais, si l'on ne peut nier que cette branche de la science n'ait été très fructueuse, cependant les résultats auxquels elle a conduit sont bien loin d'être suffisants pour nous permettre d'arriver à une conception d'ensemble claire et nette. A mesure que les matériaux se sont accumulés, la divergence des opinions s'est accrue, et il ne peut être question de les exposer ici. Néanmoins un fait est certain: ce sont les rapports de parenté des deux grandes divisions du règne animal, les Invertébrés et les Vertébrés, quelle quait pu être d ailleurs Vorganisation des formes intermédiaires.

La zoologie descriptive, se basant sur les affinités des animaux entre eux, les répartit dans des divisions et sous-divisions, auxquelles on donne les noms de classes, ordres, sous -ordres, familles, genres et esjjèces.

Nous croyons utile d'indiquer ici les principales coupes que l'on a établies dans le groupe des Vertébrés.

INTRODUCTION

A. ACRANIENS

Amphioxus.

B. CRANIOTES

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