Nerfs rachidiens
La paire de nerfs supérieure et la paire inférieure sont en général situées sur le même plan transversal; mais chez V Amphioxus {\) , le?, Cyclostomes, les Sélaciens et les Dipnoïques, cette règle subit une modification consistant en ce que, par suite du déplacement asymétrique des somites, il y a alternance des nerfs de droite avec ceux de gauche, ou
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Fig. 160. — Nerfs crâniens et plexus axillaire de la Salamandra atra. Vo. 1 branche ophtalmique; F* , branche maxillaire (maxillaire supérieure) et Fc , branche mandibulaire (maxillaire inférieure) du trijumeau ; -J-j-, branche ophtalmique traversant la fosse nasale pour se rendre dans le museau (Va); VII, facial; Vlla, son rameau hyo-mandibulaire ; Vllb, son rameau palatin, qui en * pénètre dans la fosse nasale; Co, anse anastomotique entre le facial et le glosso-pharyngien (IXJ ; IX<^ , rameau lingual du glosso-pharyngien ; /X* , son rameau pharyngien; X, vague ; XI, nerf spinal ; XII, hypoglosse (les deux premiers nerfs rachidiens); 1 k 5, les cinq premiers nerfs rachidiens ; Pi. brach., plexus brachial ; Sy, cordon du sympathique s' anastomosant en Sy^ avec les nerfs rachidiens ; Or, orbite ; M, mâchoire supérieure.
que toujours une paire antérieure alterne avec une paire postérieure. Chez les Ganoïdes on observe encore un déplacement latéral des racines nerveuses.
Tandis que chez les Poissons le point où les nerfs sortent du canal rachidien est très variable (à travers lesjurèces intercalaires, à travers les arcs vertébraux ou entre eux), à partir des Amphibiens ils passent en général de chaque côté entre les arcs vertébraux, à travers les trous transversaires .
Dans leur état primitif, indifférent, les nerfs rachidiens présentent une disposition strictement métamérique et leur développement est partout
(1) Chez VA^nphioxus non seulement les nerfs de droite alternent avec ceux de gauche, mais encore il y a toujours alternance entre les nerfs dorsaux et les nerfs ventraux, de telle sorte qu'un nerf dorsal de droite se trouve sur le même plan qu'un nerf ventral de gauche. Les deux paires de nerfs crâniens conservent la situation normale.
SYSTÈME NERVKÛX d77
égal. Mais celui-ci, comme nous l'avons déjà vu, à propos de la moelle épinière, se trouve modifié par l'apparition des membres, un grand nombre de nerfs se réunissant pour constituer des plexus, auxquels on donne les noms de plexus cervical, buachial, lombaire et sacré. Le nombre et la grosseur des nerfs qui concourent à leur formation sont ordinairement proportionnels au développement du membre. Nous ne pouvons entrer ici dans les détails et nous nous bornerons aux notions les plus indispensables.
Chez les Poissons, les plexus présentent de telles variations qu'il n'est pas possible de les ramener à un plan commun; mais à partir des Amphihiens, chez tous les autres Vertébrés, les branches du plexus brachial offrent un groupement typique. On y trouve : 1° des 7ierfs thoraciques supérieurs (nerf dorsal de l'omoplate, et nerf thoracique postérieur ou latéral de l'anatomie humaine) ; 2° 7ierfs brachiaux supé7Heurs , homologues des nerfs sus-scapulaire, accessoire du brachial cutané interne (en partie), axillaire et radial de l'homme; 3° nerfs brachiaux inférieurs et thoraciques inférieurs (nerfs thoraciques ou pectoraux antérieurs, brachial cutané interne, médian et cubital, ce dernier en partie seulement).
Les plexus lombaire et sacré présentent en général, surtout chez les Mammifères, des variations plus considérables que le plexus brachial. Les nerfs qui en pai'tent sont décrits sous les noms de nerfs obturateur, crural et sciatique. Ce dernier se divise dans le membre inférieur en deux branches, le nerf tibial et le nerf péronier (sciatique poplité interne et sciatique poplité externe de l'Anatomie humaine).
Chez les animaux dont les membres ont disparu depuis longtemps, toute trace des plexus correspondanls a en général également disparu. Tel est le cas par exemple des Gymnophiones et de la partie postérieure du tronc de la Sirène lacertine. Les Serpents par contre possèdent encore un plexus brachial formé par deux ou trois nerfs, ce qui indique qu'ils possédaient jadis des membres antérieurs. Ce plexus rappelle le plexus brachial des Scinqucs (1). On y trouve aussi des restes isolés de la musculature de l'épaule.
Il en est de même des membres postérieurs des Serpents; mais ici l'atrophie étant moins considérable, non seulement le plexus nerveux, mais encore des muscles et des restes du squelette ont persisté. L'allongement progressif du tronc doit être considéré comme la cause déterminante de l'atrophie des membres.
Lorsque le plexus est la seule partie des membres antérieurs et postérieurs qui se soit conservée, il innerve les muscles cutanés.
La formation des plexus reconnaît comme causes: l°le déplacement, facile à constater phylogéniquement et en partie aussi ontogéniquement, de la ceinture basilaire des membres, par lequel les membres entrent en connexion avec un nombre d'autant plus considérable de nerfs rachidiens que celui-ci est plus étendu ; 2° le mode de développement des membres par la réunion de plusieurs protovertèbres (voir le squelette des membres des Sélaciens).
(1) Voir le Mémoire clLé plus haut de van Bemmelen.
WlEDERSHEIM. 12