Chiasma des nerfâ optiques (dessin demi schématique
A, la plupart des Poissons. B, Hareng. C, Lacerta agilis. D , Agame.
E, Mammifère supérieur.
Clii, chiasma des faisceaux nerveux internes ; Ce, Ce'.
S, .S'', fibres latérales; Co, commissure.
bleau de la distribution métamérique des nerfs crâniens (voir p. 178).
Le NERF MOTEUR OCULAIRE COMMUN, qui inncrve les muscles droit supérieur , droit inférieur^ droit interne et petit oblique, prend naissance sur le plancher du cerveau moyen. Sur son trajet se trouve le ganglion ophtalmique, dont il sera question plus loin à propos du trijumeau.
Le NERF PATHÉTIQUE émane, bien que son noyau d'origine soit situé du côté ventral, de la partie postérieure de la face dorsale du cerveau moyen ; primitivement il renferme non seulement des fibres motrices, mais aussi des fibres sensibles qui, chez les Poissons et les Amphibiens, se rendent à la conjonctive et à l'endocrâne. Le moteur oculaire externe, qui naît toujours très en arrière sur le plancher de la moelle allongée, est probablement mixte aussi chez \esAna7nniens. Chez les Anoicres il se fusionne dans l'intérieur du crâne avec le ganghon de Gasser.
Nerf trijumeaii.
Ce nerf, qui prend naissance en avant sur les parties latérales delà moelle allongée ou sur la protubérance annulaire, est avec le nerf vague le plus volumineux des nerfs crâniens.
Comme son nom l'indique, il se divise en trois branches principales :
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Fig. 163. — Nerfs de la tête et plexus axillaire du Sr.yUium canicula. II, nerf optique ; ///, moteur oculaire commun ; IV, pathétique ; V, rameau superficiel et T^^, rameau profond de la première branche du trijumeau (tous deux s'anastomosent en * dans la cavité nasale); Vb':, branche maxillo-mandibulaire ; V^', branche maxillaire ; T'=, branche mandibulaire ; VI, moteur oculaire externe ; VII, facial ; VII^, son rameau hyo-mandibulaire ; VII^, son rameau palatin ; IX, glossopharyngien ; X, vague ; R. lat, son rameau latéral ; •]"}"{-, fentes branchiales ; 1 à 14, les quatorze premiers nerfs rachidiens formant 'e plexus brachial {PI. brach.) ; O, capsule auditive; Sp, évent ; Or, orbite; MS, fente buccale.
une branche ophtalmique, une branche maxillaire (maxillaire supérieure) et une branche mandibulaire (maxillaire inférieure). La première se développe séparément ; les deux autres ne forment primitivement qu'un seul tronc nerveux, correspondant à la branche mandibulaire ; ce dernier donne plus tard secondairement naissance à la branche maxillaire. Le trijumeau sort du crâne par un seul orifice ou par deux, ou même par trois. Ses racines se réunissent dans un seul gros ganglion {ga)iglion de Gasser) (1) ; dans quelques cas il existe deux ganglions séparés,
(1) Le ganglion de Gasser est situé tantôt en dedans, tantôt en dehors de la cavité crânienne.
Tun pour la branche ophtalmique , l'autre pour la branche maxillomandibulaire.
Outre les trois branches que nous venons dénommer, il existe encore dans la cavité de l'orbite une seconde branche, bien distincte surtout chez les Sé/ac?e^s, les Ga^iozc/es et les Dipnoïques, et, comme elle est située, de même que la branche ophtalmique proprement dite, sur le plafond de cette cavité, on peut distinguer une branche ophtalmique superficielle et une branche ophtalmique profonde, ce qui fait en tout quatre branches (1). Les deux branches ophtalmiques sont sensibles ; elles se distribuent dans l'orbite (conjonctive, glande lacrymale, globe oculaire, paupières), dans la région frontale et dans le museau.
Dans le groupe des Amphibiens, la branche ophtalmique profonde cesse déjà de former un nerf distinct, et à partir de ces animaux jusqu'aux Mammifères elle reste unie avec la branche ophtalmique superficielle dont elle constitue le rameau nasal [n. naso-ciliaris).
L'extrémité distale de la branche ophtalmique profonde en se soudant à la peau (voir les organes sensoriels branchiaux) forme un ganglion {gatiglion du méssn-
Fio-. 164. — Nerfs de la tête de YAngidS fragil/s. G, ganglion de Casser, d'où partent les trois branches du trijumeauJfF», Fb, Vc] ; en arrière une com missure du sympathique en forme d'anse (S)/, Co),qui réunit le trijumeau au groupe du nerf vague ("/X, X) Sur cette commissure se développe un ganglion (Gg) ainsi qu'une anse anastomotique (Sym) qui te rend au ganglion du sympathique (Gg^). VII'^ et F//b, le facial qui sort du crâne par deux trous distincts ; •J-, anastomose du rameau palatin du facial avec le rameau maxillaire du trijumeau ; * -j-, points où la branche ophtalmique du trijumeau pénètre dans la cavité nasale; Jlf>7l, ilfm, rameaux que la branche mandibulaire envoie aux muscles masticateurs ; GX, ganglion du nerf vague ; Li, laryngé inférieur ; Ri, branche intestinale du vague; XII, hypoglosse (les deux premiers nerfs rachidiens) ; 5 à 6, les nerfs rachidiens suivants ; 0, capsule auditive ; Scap, omoplate ; A, œil ; D, glande lacrymale ; D^, glande de Harder.
céphale de Beard), qui ne reste distinct que transitoirement, pendant la période fœtale. Plus tard (au moins chez les Sélaciens, d'après Beard) il se confond avec le ganglion de Ganser. Il représente donc le ganglion de la racine dorsale d'un nerf crânien, tout comme les ganglions du trijumeau, du glosso-pharyngien, etc.
De nouvelles recherches sont nécessaires pour décider si le ganglion ciliaire des Vertébrés supérieurs correspond au ganglion du mésencéphale des Sélaciens.
Quant à la deiixiètne branche du trijumeau (branche maxillaire supérieure), sur le trajet de laquelle se irouYele ga7iglio7i sphéno-palatin, elle est également sensible, mais présente des anastomoses avec le facial.
Elle passe sur le plancher de l'orbite, innerve la glande lacrymale et la glande de Harder, se rend de là dans le maxillaire supérieur, en sort
(1) La branche ophtalmique profonde correspond probablement à la racine dorsale du moteur oculaire commun (van Wijhe) (voy. page 178). La branche ophtalmique superficielle se compose de deux parties, l'une (portio mlnor) appartient au trijumeau, l'autre {portio major) appartient au facial (Schwalbe).
SOUS le nom de nerf sous-orbilaire et donne la sensibilité à la peau de la joue, du nez (trompe) et de la lèvre supérieure.
La troisième branche du trijumeau (branche maxillaire inférieure) est mixte; elle envoie d'une part des nerfs moteurs aux muscles masticateurs, d'autre part elle fournit un gros nerf sensitif à la langue {nerf lingual) et un autre nerf volumineux, qui traverse le canal dentaire et se distribue aux dents ; elle se termine par un ou plusieurs rameaux dans la peau de la mâchoire inférieure et de la lèvre inférieure. Elle est en rapport avec le facial par la corde du tympan [ganglion sous-maxillaire) .
Nerfs facial et auditif.
La septième et la huitième paire de nerfs crâniens ont une origine commune; mais elles se séparent bientôt et suivent un trajet entièrement différent en rapport avec la fonction difîérente qu'elles ont à remplir.
Les relations du facial avec le trijumeau sont très remarquables surtout chez les Poissons. Chez les T^e'/eos/éens, par exemple, les racines du facial et du trijumeau, immédiatement après leur sortie de l'encéphale, enchevêtrent leurs fibres d'une manière inextricable, de sorte que pour les distinguer l'on doit avoir recours à l'expérimentation physiologique. Dans les autres classes de Vertébrés ces deux nerfs présentent de nombreuses anastomoses, soit entre leurs racines, soit surtout entre leurs parties périphériques.
Le facial est primitivement un 7ierf mixte; il se divise en trois branches : une branche hyo-mandibulaire, une branche palatine et une branche BUCCALE. 11 faut y ajouter encore une portion {portio major) de la branche ophtabnicjue superficielle (voy. le trijumeau).
La première, qui s'anastomose avec le glossorphargngien par l'intermédiaire du rameau de Jacobson, se distribue principalement, comme son nom l'indique, dans la région des deux premiers arcs branchiaux primitifs et aussi chez les Poissons dans la région de Yévent, à laquelle elle envoie un rameau qui se bifurque en-dessus, de sorte que celui-ci se trouve compris entre les deux filets de bifurcation, et dans les muscles de l'opercule et de la membrane branchiostège. Un reste de cette branche innerve chez les Vertébrés supérieurs le muscle stylo-hyo'idien et le ventre postérieur du di gastrique.
Le rameau du facial, désigné chez les Vertébrés supérieurs sous le nom de corde DU TYMPAN, appartient à la portion mandibulaire. Chez les embryons de Sélaciens, ce rameau représente, comme le rameau buccal destiné à la mâchoire supérieure et la portion de la branche ophtalmique superficielle (portio major) qui se distribue dans Vovh'de, un nerf sensoriel qui aboutit à un organe du toucher, situé le long de la face externe de la mâchoire supérieure (Stannius, Froriep).
La branche palatine se dirige en avant sur le plafond de la cavité buccale; elle se distribue à la muqueuse de cette cavité. Elle peut s'anastomoser dans son trajet avec la branche maxillaire du trijumeau et, sous
le nom de grand nerf pétreux superficiel, traverse le ganglion sphénopalatin. De là, chez les Mammifères, elle se dirige en bas et se distribue aux muscles du voile du palais.
Chez les Manwiifères, le facial ne renferme plus de fibres sensibles; c'est un nerî purement moteur, qui chez les formes supérieures se distribue en grande partie dans les muscles mimiques [muscles de la face), ainsi que dans le peaucier du cou qui a des rapports étroits avec ceux-ci.
Le NERF AUDITIF est toujours volumineux ; il se divise peu après sa sortie de l'encéphale en un rameau cochléen et un rameau vestibulaire. Le premier se rend au limaçon, le second dans toutes les autres parties du labyrinthe de l'oreille. Nous renverrons pour plus amples détails au chapitre relatif à l'organe auditif.
G-roTipe du nerf vague.
Sous ce nom on peut réunir les trois nerfs glosso-pharyngien, vague et ACCESSOIRE DE wiLLis OU SPINAL, qui Ont entre eux les rapports les plus étroits.
Les nerfs crâniens, que nous avons jusqu'ici passés en revue, se distribuent uniquement dans la tête. Ici nous avons à faire à un ensemble de nerfs qui s'étendent sur une région beaucoup plus considérable du corps, et dont la comparaison avec les nerfs rachidiens est beaucoup plus facile. Le nerf vague innerve non seulement le pharynx et l'appareil branchial situés encore dans la région céphalique, mais aussi le cœur, le larynx avec l'appareil respiratoire tout entier, ainsi qu'une grande partie de l'appareil digestif des Vertébrés supérieurs. La portion du vague destiné à ces divers systèmes d'organes porte le nom de branche intestinale ; elle envoie aussi des rameaux à la vessie natatoire.
Dans ce qui va suivre nous ne nous occuperons d'abord que de la neuvième et de la dixième paire de nerfs; nous étudierons à part la onzième paire, qui est de formation plus récente et qui ne commence à apparaître que chez les Amniotes (voy. plus haut).
Chez \g& Poisso7is, le fait que le nerf vague et le glosso-pharyngien, qui est toujours représenté parla partie antérieure du système, naissent par plusieurs racines, montre que ces deux nerfs doivent être considérés comme correspondant à plusieurs nerfs rachidiens. Leur mode de distribution dans la région de l'intestin antérieur et dans le système des arcs viscéraux, qui présente une certaine métamérie, vient encore à l'appui de cette manière devoir (fig. 161 et 163).
Chez les Pétromyzontes, le nerf vague proprement dit possède qvalre racines c/orsa/es qui se rendent dans un ganglion bilobé. De ce ganglion émanent, comme dans les nerfs rachidiens, une racine dorsale et une racine ventrale; en avant il est réuni par une anse anastomolique avec le ganglion du facial et plus loin (indireclement) avec le ganglion de Ganser.
Nous avons indiqué plus haut les rapports du vague chez les Sélaciens et les Dip-
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