‹ Manuel d'anatomie comparée des vertébrésChapitre 66 sur 69 · VU · texte numérisé non relu

VU

qn-E

OJ

lÛ

ri

OJ

Pour terminer, encore un mot sur la circulation de la veine porte HÉPATIQUE, dont il a déjà été question à plusieurs reprises.

Les premières veines qui se développent chez tous les Amniotes sont les VEINES viTELLiNES OU OMPHALo-MÉSENTÉRiQUES. Ellos recueillent le sang- de Taire vasculaire et le déversent dans deux gros troncs principaux qui se dirigent vers la tête, de chaque côté de la gouttière intestinale. En arrière du cœur, au-dessous de l'intestin, ceux-ci se fusionnent pour donner naissance au sinus veineux. Le foie en se développant entoure le tronc commun des veines vitellines, qui envoie des hranches dans le tissu hépatique [veines afférentes), et qui en reçoit des veines efférentes, d'oii dérivent plus tard les veines sus-hépatiques droite et gauche. En même temps la portion de ce tronc situé dans Tintérieur du foie s'atrophie et finalement disparaît entièrement, de sorte que dès lors tout le sang des veines omphalo-mésentériques passe par les veines afférentes, par les capillaires du foie et par les veines efférentes. Il en est de même de la veine mésentérique, qui s'est développée sur ces entrefaites dans la région intestinale et qui constitue l'origine proprement dite de la veine porte. Sa portion terminale s'abouche avec le tronc commun des deux veines vitellines avant qu'il ne s'enfonce dans le foie, et le vaisseau volumineux qui résulte de leur réunion forme le tronc de la veine porte.

La portion des veines omphalo-mésentériques située en dehors du foie disparaît graduellement avec le sac ombilical, et le système tout entier des veines afférentes n'est plus alimenté alors que par la veine porte dont l'importance s'accroît graduellement à mesure que l'intestin se développe.

Aux gros vaisseaux veineux que nous venons d'énumérer s'en ajoute encore un autre volumineux, la veine ombilicale ou allantoïdienne, primitivement paire comme les veines vitellines chez tous les Amniotes. Les deux veines ombilicales se développent dans Yébauche de l" allantoïde , mais au début elles ne remplissent presque exclusivement que le rôle de veines de la paroi ventrale. Plus tard, à mesure que l'allantoïdc s'accroît, elles affectent des rapports de plus en plus importants avec elle, ainsi que dans certains cas avec les villosités choriales et \e jjlace^ita . En d'autres termes, les veines ombilicales (ou une seule) forment chez les Mammifères qui présentent un placenta maternel et fœtal les voies efférentes qui conduisent au fœtus le sang artérialisé dans l'organisme maternel. Le même rôle physiologique est dévolu à la circulation artérielle chez les Sauropsidés, où le sang vient s'oxygéner au contact de l'air qui a traversé les pores do la coquille. Chez eux le réseau vasculaire de V allantoïde est en rapport immédiat avec la face interne de la coquille.

Au début les deux veines ombilicales s'ouvrent directement dans le sinus veineux diVL point oii viennent se déverser les canaux de Cuvier, mais plus tard la veine ombilicale droite s'atrophie, tandis que la gauche s'abouche avec le réseau vasculaire du foie.

11 en résulte que le sang qu'elle charrie est forcé de traverser le foie

avant d'arriver au cœur. Ce n'est que très graauellement que se développe une communication directe entre la veine ombilicale gauche, la seule qui subsiste maintenant, et le reste du tronc commun des veines vitellines, dans lequel se déversent les veines efférentes. Cette communication directe est le canal veineux d'ARANTius ; il débouche dans le tronc des veines vitellines précisément au point à partir duquel a eu lieu depuis longtemps déjà le développement de la veine cave inférieure. Quand ces phénomènes évolutifs sont terminés, la veine cave inférieure se trouve être le vaisseau principal dans lequel se déversent les veines sus-hépatiques gauche et droite formées par le système des veines efférentes, tandis que le canal veineux d'Arantius dégénère quand la circulation allantoïdienne {ou placentaire) cesse, et se transforme en un cordon fibreux.

Relations entre la mère et le fœtus dans l'ensemble de la série des Vertébrés.

C'est à la suite des organes de la circulation qu'il convient d'exposer les rapports intimes qui s'établissent entre la mère et l'embryon. Dans ce qui va suivre nous ne limiterons pas cette étude intéressante aux seuls Mammifères placentaires, mais nous retendrons à l'ensemble des Vertébrés.

Anamniens.

Sélaciens.

Chez certains Squales vivipares {Mustelus laevis et Carcharias) des plis saillants de la vésicule ombilicale pénètrent dans des dépressions correspondantes de la muqueuse de l'oviducte (utérus). Chez les uns comme chez les autres la vésicule ombilicale est très vasculaire; les nombreux vaisseaux forment des lacis étroits qui s'enfoncent dans la muqueuse utérine, de telle sorte qu'il paraît y avoir ici des cotylédons semblables à ceux des Mammifères. 11 est manifeste que nous voyons ici, si je puis m'exprimer ainsi, une première tentative timide du jeune animal pour devenir l'hôte de sa mère.

Téléostéens.

Chez le Zoarces viviparus l'ovaire présente dans son intérieur, pendant la grossesse, des villosités excessivement vasculaires produites par les follicules qui se sont rompus {co?'ps jaunes). Elles sécrètent et déversent dans la cavité de 1 ovaire un liquide séreux, trouble, renfer-

mant un grand nombre de globules sanguins et de cellules lymphatiques, qui baigne les embryons rassemblés en grosses masses. Ces derniers effectuent des mouvements de déglutition et le liquide pénètre de la sorte dans rintestin dont la portion terminale, très vasculaire, digère les globules sang'uins, qui ont probablement servi préalablement à la respiration g-ràce à l'oxygène dont ils sont chargés. Le sérum est absorbé par l'intestin moyen (Stuhlmann). On ne sait encore rien de certain sur les excrétions (produit de métamorphose régressive) des embryons de ces Poissons.

L'œuf des Cyprinodonles et des Embiotocides se développe dans l'intérieur du follicule qui est très vasculaire; les éléments nutritifs nécessaires à son développement lui sont fournis par le sang par simple endosmose [[]. Dans un genre voisin du genre Zoarces, chez les Clinus, il est très probable que la nutrition des embryons a lieu de la même façon dans les follicules, et il est certain que le nombre des espèces vivipai'es dans le groupe des Blenniides doit être considérable.

Enfin nous mentionnerons encore ÏAnableps, également vivipare, dont la vésicule ombilicale très vasculaire présente des villosités, qui servent à absorber le liquide nutritif sécrété par les parois dilatées des loges de l'ovaire.

Amphibiens,

Chez la Salamandra atra et la Salatnandra maculosa, ainsi que chez les Gymnophiones, les grosses branchies sont intimement appliquées contre la paroi de l'oviducte et probablement non seulement elles président à la respiration, mais encore elles établissent des relations nutritives entre la mère et l'embryon, sans quoi la grosseur considérable des jeunes serait inexplicable.

Il faut aussi en rapprocher les Nototrema [Notodelphys), dont les grands sacs branchiaux, en forme de cloche, entourent comme un manteau les embryons contenus dans la poche dorsale de la femelle et sont en même temps en contact direct avec la peau de la mère (voy. les Organes respiratoires).

Le Pipa dorsigera et le Rhinoderma Dariuini présentent probablement des dispositions semblables.

Enfin il faut encore mentionner les rapports de nutrition que le corps adipeux (voy. les organes génitaux) affecte chez les Amphibiens et probablement chez les Dipnoïques et chez de nombreux Reptiles avec la glande sexuelle. Ici aussi les leucocytes joneni un grand rôle, qui rappelle celui qu'ils remplissent d'après Miescher chez le Sauynon, et d'après W. N. Parker chez le Pvoloplerus.

On rencontre ainsi chez les Poissons et les Amphibiens, dont les œufs ne présentent, sauf la vésicule ombilicale, aucune annexe embryonnaire, c'est-à-dire ni enveloppe séreuse [chorion) ni amnios, les dispositions les plus diverses destinées à les remplacer, sans que cependant il y ait aucune homologie. Tantôt c'est par la muqueuse très vasculaire de l'oviducte, ou par la face interne de la paroi ovarienne, tantôt par des

(1) Le fait rapporté par Day que les mâles d'une grosse espèce de Siluride appartenant au genre AiHus portent les œufs dans la cavité buccale, mérite confirmation.

espaces lymphatiques sous-cutanés que s'établissent entre la mère et l'embryon les relations destinées à assurer la nutrition de celui-ci. Mais nulle part, dans toute la série des Anamniens, il n'existe des rapports aussi intimes entre le système vasculaire maternel et le système vasculaire du fœtus que chez les Amniotes. Chez ceux-ci nous voyons, surtout dans les formes supérieures, YaUantoïde prendre une importance de plus en plus considérable. Son réseau vasculaire non seulement sert ici à la respiration, mais forme les canaux sanguins de ces organes, auxquels on donne les noms de cotylédons et de placenta

Amniotes.

Reptiles et Oiseaux.

Chez les Sauriens [Trachijdosaurus et Cyclodus), il existe des relations nutrives entre la muqueuse de l'oviducte et l'enveloppe séreuse qui enveloppe étroitement le sac ombilical. Chez les Oiseaux on ne sait rien de certain à cet égard.

L' alla7iloïde des Saur opsidés présenie des appendices villeux; mais, comme ceux-ci ne servent qu'à la résorption de l'albumine, à proprement parler ils ne rentrent pas dans la même catégorie.

Il est hors de doute que de nouvelles recherches sur les Sauropsidés et surtout sur les Reptiles nous feront encore connaître bien des faits intéressants.

Mammifères.

Le fait qu'il se développe encore chez les Mammifères un sac vitellin, quelque petit qu'il soit d'ailleurs, ainsi qu'une circulation vitelline, prouve que ces animaux dérivent d'ancêtres qui ont dû jadis posséder, comme les Sauropsidés, de gros œufs riches en vitellus et être ovipares comme les Monotrèmes actuels (1). Ce n'est que très graduellement, après que leur vitellus eût disparu, que les œufs des Mammifères, par suite de leur long séjour dans l'utérus, trouvèrent dans l'organisme maternel une source nutritive bien plus abondante, inépuisable, de sorte que les matériaux vitellins devinrent superflus. 11 s'établit des rapports de plus en plus intimes entre les vaisseaux de la mère et du fœtus; mais ce processus exigea un temps excessivement long pour s'accomplir, comme le prouve le fait qu'il existe de nos jours deux ordres inférieurs de Mammifères chez lesquels ces rapports ne se sont pas encore développés ; ce sont les Monotrèmes et les Marsupiaux, auxquels on donne la désignation commune de Mammifères implacentaires [Mammalia aplacentalia, plus exactement M. achoria), par opposition aux autres Mammifères

(1) Le fait que les Monotrèmes et les Marsupiaux produisent encore aujourd'hui de gros œufs riches en vitellus vient encore à l'appui de cette manière de voir.

appelés Mammifères PLACENTAIRES {Mammalia choriata on placentalia) . Nous aurons donc d'abord à nous demander en quoi consistent les relations physiologiques entre la mère et le fœtus dans le premier de ces groupes.

L'œuf des Monotrèmes, qui est réellement monstrueux comparé à celui des autres Mammifères, est alimenté par la paroi utérine à travers la membrane coquillière. Il atteint rapidement de la sorte un diamètre longitudinal de 15 millimètres et un diamètre transversal de 13 millimètres; il est pondu et introduit dans nriQ poche incubatrice, on le jeune éclôt (voy. le chapitre sur les téguments).

Chez les Didelphys et le Phascolarctos cinereus il existe, à une époque où l'allantoïde est encore très petite, des villosités renfermant des prolongements des vaisseaux vitellins au point oii Fenveloppe séreuse (1) est soudée avec le sac vitellin (2).

Nous voyons ainsi subsister jusque chez les Mammifères des rapports physiologiques entre les vaisseaux vitellins et la muqueuse de Vutérus.

Il est très remarquable que les œufs de tous les Mammifères dans les premières périodes de leur développement, c'est-à-dire avant l'apparition de la vésicule vitelline ou ombilicale, sont nourris par la lymphe de Vutérus, ou autrement dit par des globules blancs qui traversent en masse la muqueuse utérine. Plus tard la vésicule ombilicale divec ses nombreux vaisseaux entre en fonction, et après, que son rôle est terminé, les vaisseaux allantoïdiens pénétrent dans l'enveloppe séreuse, garnie de villosités à l'extérieur, et de là dans la paroi de l'utérus oij ils sont baignés par le sang maternel.

C'est là la dernière étape dans le développement progressif des relations physiologiques entre la mère et le fœtus.

Le premier mode par lequel se trouve réalisée cette disposition est le placenta diffus, qui existe chez les Cochons, les Tylopodes, les Tapirs, les Solipèdes et les Cétacés, les Hippopotames , les Tragulides, les Sirènes et quelques E dentés frugivores.

Chez tous ces animaux des villosités choriales vasculaires, de forme relativement simple, sont réparties régulièrement sur V enveloppe séreuse, de sorte que l'ensemble ne mérite pas à proprement parler le nom de placenta.

Dans un second mode supérieur, les villosités choriales sont plus ramifiées, leur surface est plus étendue, et elles sont disposées par groupes ou cotylédons, c'est-à-dire qu'elles constituent un nombre plus ou moins considérable de petits placentas isolés (3). h^ muqueuse utérine

(1) Le reste de l'enveloppe séreuse est lisse et présente par conséquent encore un caractère très primitif.

(2) Chez d'autres Marsupiaux il n'existe pas de villosités. Dans ce cas le sac vitellin s'applique directement avec ses vaisseaux contre la muqueuse utérine, qui subit à ce niveau une dégénérescence graisseuse.

(3) Leur nombre est très variable; chez la Brebis et la Vache, il est de 60 à 100; chez le Chevreuil, seulement de 5 à 6.

est vasculaire et hypertrophiée aux points correspondant aux cotylédons, de sorte que l'on peut distinguer dès maintenant un placenta fœtal

et un PLACENTA UTÉRIN.

La plupart des Ruminaiits possèdent un placenta cotylédonaire et quelques-uns d'entre eux, comme le Cervus mexicanus et la Girafe, présentent un intérêt particulier parce qu'ils forment des types intermédiaires, c'est-à-dire que leur placenta est en partie encore diffus, en partie déjà cotylédonaire.

Chez tous les Mammifères à placenta diffus ou cotylédonaire les villosités choriales, C|uelque ramifiées quelles soient, se séparent de la muqueuse utérine au moment de la naissance; aucune partie de l'utérus ne se détache avec elles, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de membrane caduque {membrana decidua). Pour cette raison on désigne ces Mammifères sous le nom de Mammifères adéciduates (Mammalia non deciduata).

La forme supérieure de placenta est celle qui est désignée sous le nom de placenta discoïde et de placenta zonaire. Ici aussi on peut distinguer un placenta fœtal et un placenta utérin, mais leur union estbeaucoup plus intime que dans toutes les autres formes. Dans ces deux cas, la portion placentaire du chorion ne correspond plus qu'à une petite partie de la paroi utérine; elle est représentée par la zone où se développe le chorion rameux. Les villosités de ce dernier affectent par leurs ramifications excessives des relations si intimes avec l'utérus et s'enfoncent dans sa muqueuse de telle sorte, qu'elles ne peuvent plus se séparer de cette dernière, et au moment de la naissance une portion plus ou moins considérable de la muqueuse utérine, c'est-à-dire la membrane caduque, se détache. C'est pour cette raison que l'on donne aux Mammifères qui possèdent un placenta de cette nature le nom de Mammifères DÉciDUATES [Mammalia deciduata). Le placenta discoïde se rencontre chez les Insectivores, les Roiigeurs, les Chiroptères, les Lémuriens et les Primates (Mammalia discoplacentalia) ; le placenta zonaire, qui laisse plus ou moins libres les deux pôles de l'œuf, se rencontre chez les Carnivores,\q& Pinnipèdes elles Eléphants (Mammalia zonoplacentalia).

De tout ceci il résulte que les caractères tirés de la placentation ne doivent être employés qu'avec beaucoup de circonspection dans la classification, car leur emploi exclusif (par exemple pour le placenta diffus) conduirait à grouper ensemble les types les plus hétérogènes.

Quant à la structure histologique du placenta il ne peut être question de l'exposer ici; je me contenterai d'ajouter encore que les villosités ne sont pas simplement plongées dans le sang maternel, mais que par leur accroissement elles repoussent devant elles les parois des capillaires utérins, qui se sont énoi^mément élargis, et s'en coiffent pour ainsi dire. Elles sont de la sorte recouvertes par une couche endothéliale qui leur est fournie par Vutéims.

WlEDERSHEIM. 22

Réseaux admirables.

On donne le nom de réseau admirable au réseau vasculaire qui résulte de la brusque division d'un vaisseau artériel ou veineux en de nombreuses petites branches qui s'anastomosent entre elles et se résolvent en un réseau de capillaires ou se réunissent de nouveau en un tronc vasculaire. Dans le premier cas le réseau admirable est unipolaire, dans le second il est bipolaire. Si le réseau n'est formé que par des artères ou par des veines, le réseau est dit simple {rete mirabile simplex); s'il est formé à la fois par les deux, il est dit double (rete mirabile duplex).

Les réseaux admirables ont toujours pour conséquence le ralentissement de la circulation du sang et par conséquent une modification dans les phénomènes de diffusion. Ils sont très répandus chez tous les Vertébrés; on les rencontre dans les points les plus divers du corps, par exemple dans les reins, où le rôle physiologique que nous venons de leur attribuer se manifeste de la manière la plus claire, dans les branches ophtalmiques de la carotide interne, dans la pseudo-branchie et dans les vaisseaux de la vessie natatoire des Poissons, dans les artères intercostales des Cétacés, dans la veine porte, etc.

Système lymphatique.

Chez les Anamniens, c'est-à-dire chez les Poissons (1) et les Amphibiens, ainsi que chez les Reptiles, les voies de conduction de la lymphe ne sont pas encore dans beaucoup de cas (principalement chez les Poissons) nettement différenciées; le plus souvent elles suivent les gros troncs sanguins, le bulbe artériel et le ventricule, c'est-à-dire que dans ce dernier cas elles forment des gaines périvasculaires situées dans la tunique adventicielle. Il existe en outre déjà de véritables vaisseaux lymphatiques qui prennent naissance dans un réseau de capillaires sous la peau et se répandent de là dans les ligaments intermusculaires.

Quant aux cœurs lymphatiques des Poissons, ils exigent encore de nouvelles recherches. Ceux des Amphibiens et des Sauropsidés ont été bien étudiés. Chez ces animaux ils sont situés, soit seulement à l'extrémité postérieure dû corps, entre le bassin et le coccyx, soit aussi encore, par exemple chez les Grenouilles, entre les apophyses transverses de la troi-

(1) Le système lymphatique des Poissons exige de nouvelles recherches, comme le montre surabondamment l'excellent travail de Paul Mayer. Suivant cet auteur, d'accord avec Robin et T. J. Parker, des trajets lymj)hatiques constants font absolument défaut dans la peau des Sélaciens. On y trouve toujours une veine, une artère ou un capillaire, qui suivant les circonstances renferment du sang pur (globules rouges et blancs avec pcude chyle), du chyle ou un mélange des deux. Il est intéressant de noter que les fibres musculaires forment des épaississements analogues à des sphincters, qui peuvent arrêter momentanément la circulation générale. Les vaisseaux des viscères, en particulier ceux du tube intestinal, se comportent de même; à certains moments ils sont gorgés de chyle, tandis qu'à certaines autres périodes de la digestion il ne renferment que du sang. Jusqu'ici on n'a pas encore démontré avec certitude la présence de vaisseaux chylifères distincts. Il en est probablement de même aussi chez les Dipnoïques.

sième et de la quatrième vertèbre. Chez les Urodèles on trouve de nombreux cœurs lymphatiques le long- de la ligne latérale sous la peau. Chez les Reptiles, les cœurs lymphatiques postérieurs existent seuls. Ils sont placés sur des apophyses transverses ou sur des côtes, à la limite de la région du tronc et de la région caudale. Leur paroi renferme des muscles et se contracte rythmiquement. Chez les Mammifères on ne trouve rien de semblable.

Des espaces lymphatiques très vastes se rencontrent dans la peau des Amphibiens anoures, de sorte que celle-ci est très lâche et semble ne pas adhérer au corps. Ces sacs lymphatiques sous-cutanés communiquent avec les sacs lymphatiques de la cavité péritonéale.

Parmi ces derniers le sac lymphatique sous-vertébral joue un grand rôle chez les Po?ssows, les Dipnoïques et les Amphibiens. Il entoure l'aorte ou les organes génito-urinaires [Dipnoïques) et communique avec le sac lymphatique situé dans le mésentère (mésentérique), dans lequel se déversent les vaisseaux lymphatiques de l'intestin. Chez les Poissons et les Dipnoïques il existe en outre dans l'intérieur du canal rachidien un grand tronc lymphatique longitudinal.

Plus on s'élève dans la série des Vertébrés, et plus sont fréquents les trajets lymphatiques k pa7^ois propres; et c'est ainsi qu'il existe, à partir des Oiseaux, un gros tronc longitudinal situé en avant de la colonne vertébrale, le canal thoracique. Chez les Mammifères, il commence dans la région lombaire par une dilatation sinueuse [citerne de Pecquet, cisterna ckyli). Il reçoit la lymphe des membres postérieurs, du bassin, du système génito-urinaire; les vaisseaux chylifères de l'intestin s'y déversent également. En avant il vient déboucher dans le tronc veineux brachio-céphalique gauche; chez les Sauropsidés, dans les deux troncs brachio-céphaliques. C'est dans cette même veine que s'écoule la lymphe de la tête, du cou et des membres antérieurs.

Les vaisseaux lymphatiques des Oiseaux et des Mammifères sont, comme les veines, pourvus de valvules, qui, par leur disposition, dirigent le courant de la lymphe dans un sens déterminé et l'empêchent de refluer en sens inverse.

La lymphe est composée comme le sang de deux parties, d'un liquide

(plasma) et d'ÉLÉMENTS CELLULAIRES (CELLULES LYMPHATIQUES, LEUCOCYTES). NoUS

avons déjà eu occasion de parler de ces derniers dans le chapitre relatif à l'appareil digestif et nous avons indiqué le rôle physiologique important qu'ils remplissent. De même qu'ils émigrent des follicules clos et des PLAQUES DE Peyer et pénètrent dans l'intestin à travers la muqueuse, de même ils peuvent traverser toutes les muqueuses, ainsi que les AMYGDALES. Les amygdales ou tonsilles ne paraissent exister que chez les Mammifères ; elles sont situées de chaque côté de l'isthme du gosier, c'est-à-dire sur la limite de la cavité buccale et du pharynx, ainsi que dans ce dernier même [tonsille pharyngienne). Elles sont composées d'une substance fondamentale conjonctive (adénoïde) infiltrée de cellules lym-

phaliques, disposées ç^n follicules . Cependant les organes lymphoïdes ne font d'ailleurs pas complètement défaut dans la cavité buccale des Amphibiens et des Sauropsidés. Leur présence y a été démontrée par plusieurs auteurs, par exemple par Holl et Killian.

Le tissu lymphoïde est très abondant dans la cavité viscérale des Poissons et des Amphibie^is . On le trouve ici, non seulement dans le tube digestif, mais encore accumulé en masse tout autour des glandes génitales {Dipnoïques) . C'est également au tissu lymphoïde qu'il faut rapporter le corps adipeux des Amphibiens et des Reptiles, et peut-être aussi la glande hibernale de certains Rongeurs. Enfin il faut mentionner aussi la masse du tissu lymphoïde dans le cœur des Esturgeons.

La réunion intime de ces follicules forme les glandes ou ganglions LYMPHATIQUES, toujours intcrcalés sur le trajet d'un vaisseau lymphatique, de sorte qu'on y distingue un vaisseau afférent et un vaisseau efférent. Ils apparaissent probablement pour la première fois chez les Oiseaux, mais ils sont surtout répandus chez les Mammifères où on les trouve dans les régions les plus diverses du corps.

La rate a les rapports les plus étroits avec les glandes lymphatiques ; elle existe chez presque tous les Vertébrés. Elle est fréquemment située dans le voisinage de l'estomac; mais on la trouve aussi parfois dans d'autres endroits du tube intestinal, par exemple au commencement de l'intestin terminal (Anoures, Chélonieiis) .

Ces deux sortes d'appareils, les glandes lymphatiques et la rate ont pour rôle de produire des cellules lymphatiques, mais jusqu'à présent on n'a que des notions très incomplètes sur ce processus physiologique. Quant à leur structure histologique, je renverrai aux Traités d'histologie.

Bibliographie.

E. Y. Boas. Nombreux mémoires sur le système vasculaire des Poissons, des Dipnoïques et des Amphibiens clans : Morphol. Jahrb. T. VI. 1880. T. VII. 1881. T. VIII. 1882.

Id. Ueber die Arterienbogen der Wirbelthiere. Blorph. Jahrb. T. XIII. 1887. G. B. Howes. Note on the azygos veins in the Anurous Amphibia. Proceed. Zool. Soc. London, 1888.

F. Hochstetter. Beitrage zur vergleichenden Analomie und Entwicklungsgeschichte des Venensystems der Amphibien und Fische. Morph. Jahrb. ï. XIII. 1888. (Renferme en même temps une bibliographie étendue.)

J. Y. Blackay. The development of the branchial arterial arches in Birds, etc. Philos. Tran-

sact. Roy. Soc. London. T. 179. 1888.

Mascagni. Prodrome d'un ouvrage sur le système des vaisseaux lymphatiques. Sienne,

Id. Vasorum lymphaticorum corporis limnani historia et iconographia. Senis, 1787. F. Maurer. Die Kiemen und ihre Gefâsse bei Anuren und Urodelen Amphibien etc. Morphol.

Jahrb. ï. XIV.

P. Mayer. Ueber die Entwicklung des Herzens und der grossen Gefâssstilmme bei den Sela-

chiern. Mitth. aus d. zool. Station zu Neapel. T. VII. 1887. Id. Ueber Eiyenthûmlichkeiten in den Kreislaufsorganen der Selachier. Ibid. T. VIII.

J. Millier. Ueber die Lymphherzen der Amphibien. Arch. f. Anat. und Physiol. 1854.

W. Millier. Ueber den feineren Bau der MHz. Leipzig, 1865.

T. J. Parker. On the blood-vessels of Mustelus antarcticus, etc. Philos. Transact. of the Roy.

Society. T. 177. 1886.

H. Rathke. Ueber die Entioicklung der Arterien, welche bei den Saugethieren von den Bogen

der Aorta ausgehen. Arch. f. Anat. und Physiol. 1843. J. Riickert. Ueber die Entstehung der endothelialen Anlagen des Herzens und der ersten

Gefâssstàmme bei Selachierembryonen. Riol. Gentralbl. T. VIII. 1888. Rusconi. Histoire naturelle, développement et métamorphose de la Salamandre terrestre.

Ph. G. Sappey. Études sur Vappareil mucipare et sur le système lymphatique des Poissons.

Paris, 1880.

Ph. Stôhr. Conus arteriosus der Selachier und Ganoiden. Morphol. Jahrb. ï. II. 1876. W. "Weliky. Ueber vielzâhlige Lymphherzen bei Salamandra maculata und Siredon pisci-

formis. Zool. Anz. T. VIL N" 183. 1884. Voyez aussi les Traités d'anafomie humaine.

La première ébauche des organes g énito-ur inaires apparaît chez tous les Vertébrés dans la région de la paroi dorsale du corps, de chaque côté de la colonne vertébrale. Ces deux appareils, appareil urinaire et appareil génital, non seulement ont une même origine, mais encore présentent des rapports morphologiques et physiologiques si étroits, que Ton est conduit à les réunir dans une seule et même étude.

Le premier organe qui se développe est le rein précurseur (proné- PHROs) suivi par le canal du rein précurseur. Le rein précurseur est formé par un diverticule de V épithélium du cœlome et communique avec la cavité viscérale par un nombre variable d'orifices en forme d'entonnoir, ordinairement revêtus d'un épithélium vibratile chez les Anamniens.

De la sorte se trouve formée une glande rénale primitive avec laquelle V aorte entre en rapport (formation des glomérules). Quant à son canal excréteur ou canal du rein précurseur, son premier développement est encore actuellement controversé, cependant la plupart des auteurs lui attribuent une origine ectodermique .

D'après les recherches de J. W. van Wijhe sur les embryons de Sélaciens, le rein précurseur, bientôt après son apparition, se fusionne avec l'ectoderme et par suite d'une prolifération de l'épithélium épiblastique le canal se développe à partir de ce point, d'avant en arrière, de telle sorte que son extrémité initiale, reste toujours unie à la peau (indice d'un canal excréteur s'ouvrant à l'extérieur, c'est-à-dire à travers les téguments, chez les ancêtres des Vertébrés actuels).

Le canal du rein précurseur atteint de bonne heure le cloaque, où il débouche, et de la sorte se trouve établie une communicdlion entre le cœlome et le monde extérieur.

Tandis que le rein précurseur ne fonctionne que transitoirement comme glande rénale chez tous les Crâniotes, son canal persiste chez tous les Vertébrés, mais subit des transformations très importantes, intimement liées à l'apparition d'un second système excréteur incomparablement plus volumineux, désigné sous le nom de rein prlmitif (mésonépiiros) et destiné à remplacer le rein précurseur qui disparaît graduellement. Le canal du rein précurseur dément le canal du rein

Page 1