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NOTION ET OBJET DE L'ANATOMIE COMPARÉE

Le champ de la science, dout les lecherches sur la nature organique forment l'objet, 86 partage en deux grandes divisions correspondant aux deux règnes de la nature, qui sont la R()Uini(|uc et la ZiM)logie. Ces deux branches fouinisseiit les élùnicnls de la Biologie, et sont d'autant plus étroitement liées entre elles, que les phénomènes que présentent les règnes aninial et Tégétal dépendent des uiénies lois fondamentales, et qu'au milieu de toutes les différences qui se remarquent dans les dispositions plus spéciales des animaux et des plantes, tous deux possèdent des éléments connnuns et sont, dans Téconomie de la nature, en rapports étroits de mutuel échange. A la diversité des recherches auxquelles on peut se livrer dans les deux grandes divisions précitées, correspondent] autant de subdivisions nouvelles, que nous étudierons pour la Zoologie^ laissant ici la Botanique de côté. C*est à la Physiologie qu'appartient la recherche des manifestations du corps animal ou de ses parties, l'analyse élémentaire des fonctions, et leur explication d'après des lois générales. L'étude de la substance matérielle, siège de ces uianifestations, la diversité des fon[nes du corps et de ses parties et leur explication, sont du ressort de la Morphologie. La physiologie et la morphologie s* écartent autant par leur sujet que leurs méthodes sont différentes, ruais il e^t nécessaire dans toutes deux, bien que suivant des voies diverses de ne pas perdre de vue le but ccmnnun et iinal qu'a la Biologie.

La Morphologie se partage de nouveau en Anatomie et Embryologie^ la première ayant pour objet de porter ses recherches sur l'organisme achevé, la seconde l'étudiant dès sa première formation et dans le cours de son développement.

L'Anatomie elle-même peut être distinguée en générale et spéciale. L'Ajutfotme géiérale s'occupe des formes éK'mentaires et fondamentales des organismes animaux (Promorphologie , Iliickel) et des formes secondaires qui

LNTUODL'CTION.

Cil (lôrivoiil. VAnatomie spéciale s'aUnclie à rassemlihigc or^^iuiologiqui» (lu corps, et une de ses braiiehes, V Histologie, s\)(Tn|)e des parties élenieiilaires dont la réunion constitue les corps des animaux.

VErnhnjologie poursuivant le développement graduel de ror^anisme, rend compte des coni|)lications de son orf^anisation externe et interne, (|u'elle rattache à ses états antérieurs plus simples. Les transformât i(»ns de Torganisation peuvent aussi bien être suivies dans le développement de rindividu que dans la série desor«(anismes. L'histoire du développement iEmbnjogénie^ Ontologie, llîickel), étudie les premières; les dernières constituent l'cdijel de la Paléontologie (Phylogénie , llackel) qui n'est que l'hisloire du développement dans leur succession géologi([ue des séries d'organismes.

On a fréquointiicnt l'oiisidért* la Mor))li(»l«»;iio coinnio la scrvanh» ilc! la Plnsiolo^Mc, cl pirpamnt pour cclliî-ci les iiiutcriaiix de ses nHlicrchcs. ù'Xiv coiuoplicui esl duc, soil à uiir dêliinitatiuu différente de la physiologie, que l'on confoiidail avec la biologie, soil au fait qu'on a mal compris œ qu'est la Morpliolojj^ie el sou objet. La coimaissaucc de la description do quelques fonnes ne constitue en aucune manière ressence de la Morpbolo;:i<'. (les descriptions sont nécessaires, mais elles ibnnent un corps de doctrines d'une valeur Irès-subordonnée , el qui ne mérite pas le uom de Mor[diolo<;ie. ('.elle-ci se disliiijiiue de la physiologie, autant par sa méthode que par son sujet.

Les résultats de la Morphologie viennent converger \crs une généalogie des organismes, qui est exprimée par leur classification suivant un ordre systématique. La classificati(»n n'est donc point en opposition avec la morphologie, mais elle en présente les résultats sous une apparence résumée, en donnant, au premier coup d'œil, par le rapprochement ou la sé|)ara— lion des divers groupes, gramls ou petits , un aperçu de leurs rapports de parenté et dv leur filiation naturelle, que les recherches anatomiques et embryoh»gi(|ues nous font connaître par une voie plus détournée. Le système zoologique doit être le rellet des rfcherchrs morphologiques el la place qu'occupe un animal dans la classification admise doit faire ressortir, au premier coup d'œil, ses rapports de parenté.

L'anatomie circonscrite à Tétude et à Texplicatioii de la coni'ormatiou du corps animal complètement développé, peut, suivant la direction, (|u'oii donne aux recherches, se subdiviser encore en diverses branches. A-t-on pour but la composition même du corps, sa forme et les rapports récipro(|ues de ses organes distincts, on fait de Tanatomie descriptive^ parce qu'elle dt'peint les objets qu'elle étudie, sans en tirer des déductions ultériemes. Sa méthode est purement empirique, le but de sa recherche est le fait anatomi(|uc, et les besoins de l'art médical et des nécessités prati([ues ayant fait prendre à Tanatomie descriptive des organes humains un développement tout particulier, elle a constitué une Imuiche à part qui sous les noms iVAnthropotomie Ml place à côté de la Zootomie également descriptive, (les deux branches sont diiTérentes par leur objet, mais non par leur procédé; elle.^ font de l'analyse. En tant (|ue s'abstenant de spéculation abslraile sur les résultats de leurs découvertes, toutes deux manquent des caractères d'une science que ne constitue ni le champ des recherches à faire, ni la coinplicaticm des moyens nécessaires pour obtenir un résultai. L'anatomie se comporte tout autrement dès que la ciuinaissance des faits n'est pour elle

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que le moyen, et que son but se trouve être les conclusions qu*on peut déduire (lo Tensenible des faits connus. En comparant entre eux les faits connus, elle» en déduit des notions scientifiques qu'elle transforme par voie d'induelion en conclusions précises. CVst alors de rAnatomie comparée ; sa marche esl synthétique. Les analyses de Tanatomie descriptive fournissent les bases, dont Tanatomie comparée s'empare pour les soumettre à la critique scientifique. Plus l'observation des faits sera scrupuleuse, plu» le terrain de comparaison sera sûr. Les faits empiriques ou d'expérience fournissent les liascsà l'abstraction qui intervient ensuite.

On a appn'cit; do manièros iW's-différentes les limites du domaine ainsi que la nature il«* l'anatomie comparée, cl émis, h son sujet, deux opinions, entre autres, que nous devons ^irtoul combattre, tu leur diffusion, comme absolument erronées. L'une considtVe Fanatomie oimpan'>e comme synonyme do zootomie, et la place à peu près au niveau de TAnatomie huiiinine, ayant à faire pour les organismes animaux, ce que fait celte dernière pour l'organisme humain. On admet ainsi une opposition qui n'existe pas dans la nature. Une autre source HCnrur résulte de ce qu'on prend pour des comparaist^ns des représentations qui ne repovnl sur rien moins que des opérations comparables. Lorsqu'on a décrit la structure anatoniiquc d'un orf^ane, et qu'on lui a peut^-étre donné un nom correspondant à sa fonction, on n'a encore fait aucune comparai.son, mémo si les rccberchcs cmbras.scnt une grande série 'i animaux. Un simple rapprocbement n'est pas encore une comparai.son; celle-ci ne peut •'•trf basée que sur une appréciation réflécbie de toutes l(\s doimées morpbologiques. La ^al^iir de ce grnre de travaux anatomiques est, pour l'anatomie comparée , trtVs-secondaire, Al*' m» s'élêv« qu'en raison des points de vue de comparaison qu'on prend en considcTation. Ir défaut de ceux-ci enlève souvent «^ ces travaiu même leur valeur comme simples matériaux, car ils restent souvent insuffisants quant aux connaissances anatomiques nécessaires ("«ir fournir à la comparaison les bases dont elle a besoin. C'est donc h tort qu'on envisage 'T-s travaux comme préparatoires, et on se trom[)e, si l'on croit pouvoir élever l'éditice de ianatomie comparée sur des travaux anatomiques purement descriptifs. L'expérience montre I'' ritritraire, car aucune production d'anatomie comparée digne de ce nom, n'a jamais pu trv pxécutéc sur les données seules de ces travaux préparatoires antérieurs faits par d'au- 'r»s. Jj raison de ce fait esl sinqdement que, dans la description seule des faits dont la connaissance et la mmion sont le dernier but duitravail, les points de vue permettant d'apprécier l'-iir valeur relative font défaut. Des cboses, en elles-mêmes insignifiantes, mais ayant pour Il Kimparaison une grande portée, seront négligées dans la description , et l'invei'se. On ■'•mprend que ce n'est qu'en les comparant et les pesant mûrement , qu'on peut apprécier la 'jIi-up relative des bases empiriques nécessaires.

1 HP autre conception erronée, consiste h croire que l'anatomie comparée peut se passer de ^ <'()nnais.«ance des dét'iils anatomiques, parce qu'elle s'attacbe pluUU h des aperçus relatifs •'ui rapports plus généraux de l'organisation. Mais la valeur des dét^iils étant diflerento, et des 'JÎl^ insignifiants pouvant se trouver en apparence sur le même niveau que d'autres ayant de '• >al»Mip, c'est encore au jugement comparatif qu'il appartient d'examiner et de décider ce («i doit être rejeté conune inutile, ou conMM'vé comme valable.

VAnatomie comparée a pour objet jrexplication des phénonirnes relatifs î» la forme dans l'organisation du corps animal, et résout les questions qui s'y rattachent par la méthode comparative. Elle cherche à scruter dans la ^♦rie dos organismes les conditions morphologiques des organ(»s du corps, et '< irroupcr par conséquent les rapports analogues en séparant ceux qui ne le ^*»nl pas. Aussi prend-elle en considération toutes les circonstances anato-

miques, la situation réciproque des tlivcrses parties du ('()r|)s entn; elles, lein* nombre, étendue , strueturc et texture. Elle établit pour ciiaque orgMiu* des séries de formes dont les termes extrêmes |)euvenl différer entre eux jusqu'à n'être pas reeonnaissa])les, mais qui scmt reliés par de nond)reux degrés intermédiaires. II résulte de ces nmltiples séries de forme d'un seul et même organe que, dans les divers éljîls qu'il afTecte, sa valeur pliysiologique n'est aucunement la même ; et que de simples modilications dans sa constitution anatomique peuvent correspondre à des fonctions différentes. La considération exclusive de la fonction pbysiologique pouvant conduire à rapporter à des catégories différentes des organes analogues au point de vue morpbologique, il en résulte par conséquent qu'en malien* d'anatomie conquu'ée, la fonction des organes n'est pas de première iiiqxu'tance. La valeur pbysiologi([ue ne peut venir qu'en seconde ligne lorscpril s'agit d'établir les rapports avec l'ensemble de l'organisme, des modifications'que peut avoir sid)i un organe en passant d'une fonction à une autre. C'est ainsi que l'anatomie comparée fournit les preuves de la liaison de séries entières d'organes, dans lesquelles nous renconiroTis des modilications tantôt de peu d'importance, tantôt plus fortement déveb)ppées, portant sur retendue, le nond)re, la forme, et aussi la structure des parties d'un organe, et qui peuvent même, bien que dans une faible mesure», présenter une modilication dans sa situation. In coup d'ceil slu' de pareilles séries apprend donc à connaître la marcbe des modilications qui peuvent affecter un seul et môme organe dans différents animaux.

Outre ces séries d'organes trouvées parla comparaison, nous observons en second lieu une différence dans leur mode de formation. Tandis (|ue dans un cas, un organe donné n'aura, depuis son point de départ jus(|u'à son développement complet, subi que peu de modification; d;nis un autre cas l'organe aura éprouvé denondireux cbangernents avant d'atteindre son étal définitif; nous y voyons apparaître des parties qui disparaissent plus tard, des modifications sous tous les rapports anatomiques, qui vont même jusqu'à intéresser la structure.

Ce fait a une grande iuq)ortance, parce (jue tous les cbangements (pie parcourt un organe pendant le développement individuel d'un animal ipielconque, passent par des pbases et des états que. dans d'autres cas, l'organe conserve d'une manière permanente , et qu'nn moins la première manifestation de l'organe correspond à un état persistant cliez un autre organisme. Aussi, lorsque, dans certains cas, rr)rgane développé a élé modifié assez fortement pour (|ue ses rapports avec une série d'organes dcvitMinent méconnaissables, on retrouve ces rapports en remontant la marcln» de son tWobition, jusqu'au point où il apparaît. Les états antérieurs ainsi démontrés font facilement trouver la place de l'organe, et permettent alors de le rattaclier à une série déjà déterminée. Les pbénomènes (pie nous présente une série d'organes observés cbez différents animaux correspondent souvent à des pbases sernblablesqui, dans certains cas, s(» manifestent pendant le développement d'un organe individuel; délaies relations étroites qui existent entre TEmbrycdogie et l'Anatiunie comparée. l)'a])rès ce qui pré-

cède y la comparaison devant s'étendre jusqu'aux diverses phases du développement des organes dans Tindividu, le but de Tenibryologie s'étend jusque dans celui de TAnatomie comparée, et loin d'être en opposition entre elles, toutes deux se prêtent un mutuel appui.

L'Embryologie ne fournit pas seulement à l'anatomie comparée des documents, elle nous apprend à connaître les organes dans leurs états primitifs ou passagers et à les rattacher aux états permanents qu'ils affectent chez d'autres animaux, comblant ainsi les lacunes que nous rencontrons dans la série des parties accomplies des organismes. En nous montrant comment les conformations plus complexes dérivent de dispositions plus simples, elle nous permet de comprendre les premières. Les faits qu'elle nous démontre reçoivent eux-mêmes leur explication des dispositions permanentes d'états plus simples, ainsi que nous le verrons' plus loin (g 55, remarques). Nous avons à reconnaître que la Paléontologie fournit également un concours de nature analogue,

L'Anatomic comparée recherche les lois de certaines évolutions qu'elle déduit des modifia cations des formes que présentent les organes. Si ces lois ne sont pas du tout ou ne sont f»t'ut-*Mre pas encore formulables mathématiquement, la valeur de la science n'en est modiiêe que dans ses rapports avec les autres, et non enelie-^méme. Toute autre conception ôteniit, aussi bien aux sciences historiques qu'à certaines sciences ntturellcs, à la géologie, par exempl<N la signification de science.

Ine trop grande importance attribuée aux rapports physiologiques des organes a été le plus OT^nà obstacle au développement de l'Anatomic comparée, qui n'a pu prendre son libre essor quo lorsqu'elle est arrivée h connaître, non-seulement la variabilité de la conformation des parties du corps, mais aussi de leurs rapports fonctionnels. Aussi longtemps qu'on a comparé les bruichies des poissons aux poumon.s, il était impossible de concevoir la signification morpholo^nque de la vessie natatoire ; la comparaison manquait de toute méthode anatomique en ce ijuVile tirait toutes ses déductions d'un autre ordre d'idées.

Ce que nous avons dit plus haut, des rapports qui existent entre l'Anatomic compan»e el yhithire du développement^ montre qu'une Embryogénie comparée ne peut pas exister (flr elle-même. Elle ne serait admissible qu'en ce qui concerne les enveloppes de l'œuf; ptiur le reste, soit le corps même de l'embryon, ce serait toujours dans les formes complètes «lantpcs organismes qu'il faudrait chercher les rapports des changements d'organisation qui V succèdent dans le cours du développement. C'est aux arcs brancliiaux permanents des pois- *«is, que nous comparerons les branchies provisoires ou arcs viscéraux qui existent chez les ''mbryons de inaramifères et d'oiseaux. Nous voyons, chez ces derniers, un fait d'organisation |â$$3gèrequi so rattache spécialement à un état permanent chez un autre organisme, parce qu'il ♦ij dérive par hériHlilé. ^ même démonstration peut être fournie par une foule d'autres exem- |»l»*s. Ainsi, dôs qu'elle veut être comparative, l'embryologie tombe toujours dans le domaine '1^ l'anatomie, et s'y ratt^iche d'une manière Inséparable.

BSQinSSE HISTORIQUE •

Orig^ine dans Fantiqoité.

Les premières traces d'Anatomie comparée se trouvent comme le résultat «l'une observation intuitive de la nature chez les philosophes de l'antiquité

^^recque, et qui, bast'u^ sur robsei'vaiion diredo, a atteint son plus liaul (Jével()|)|)oment chez Aristotc. \)v noinl)nMiscs rochorclios anatoniiques, dont plusiiMU's ont postérimireniont été confirmées comme découvcrles importantes, lui ont fourni les hases d*une ccmception de Torf^anisation animale qui ne fut atteinte par personne pendant plus de deux mille ans. Quoiqu'un «^rand nombre d'assertions soient inexactes, et que les notions sur la valeur fonctionnelle des organes ne correspondent en aucune façon à nos connaissances actuelles, les idées qui y sont exposées sur riiarmonic de la coïiformation, la dépendance réciproque des organes, et les rapports qui existent entre leurs fondions sont si remarquables, qu'elles effacent les inqx'rfections de détail qui les accompagnent.

Les parties sont distinguées en bonjogènes et analogues. Dans les homogènes sont comprises celles dont la nature physique est seuiblable ; elles sont solides , molles ou liquides. Cette division correspond à plusieurs de nos groupes histologiques actuels, connue les os, cartilages, graisse, chair, etc. Les parties analogues étaient déterminées par la fonction. Lemétat était donc considéré comme subordonné, et un même organe pouvait se présenter à des états fort différents, avec des formes Irès-divcîrses, sans avoir d'autres fondions. Si une certaine somme d'organes est conunune à tous les animaux, le degré de développement d'un organe peut étie fort différent, jusqu'à perdre sa valeur pour l'organisation, et ne subsister que comme un in<lice restant (wç crt\j.v.o'j x^tp'.v). Les rapports de situation réciprocpuîs si variés, que présentent les organes, ont été observés par Aristote, et des indications sur l'existence de différentes formes animales primitives ne font pas défaut. Les siècles suivants ne changèrent rien à ce qu'Aristote avait établi; il bien que l'école d'Alexandrie (Ilerophilus, Erasistratns) ait fait faire à Tanatomie humaine des progrès importants, elle en a laissé le système intact.

L'art médical qui a si lentement élaboré ses connaissances sur le corps humain qu'il empruntait au plus grossier enq)irisme, se trouvait à l'avantgarde des sciences naturelles ; la connai.ssance de l'organisation pour les besoins pratiques étiiit le principal motif de la dissection; les analomistes étaient des médecins. La sophisti(pu! tenait lieu de considérations philosophi(|ues, l'érudition remplaçait l'obsenation dii-ede d(i la natuie.

Lesécrib: d'Aristote restent pendant toute l'antiquité, le cocIcmIc l'ensendile des connaissances sur la nature; plus tard, loisqucî la scieiue greccpie s'introduisit chez les Arabes et fut ensuite portée dans l'Occident, alors comphHement bouleversé intellectuellement et politiquenuMit, U^s commentaires stériles dont elle a été l'objet furent les seuls produits des efforts intellectuels, lia succession d'Aristote se transforma en un système particulier, la scolastique, d(mt les catégories ont pendant tout le moyen âge, régné dans la science.

L'rpo<|uo qui a pivcidé Arisloto n'a pas (ir tout à fait <'lraii;.:rn* à raiialoiiiû*, souh'iiu'iil nous iuaii(|U(His, à et; sujet, do duruiTK'uts (vrtaius, ol ne connaissmis (juc par di's notes d'auteurs postérieurs les tentatiu's dont elle lui ahu-s r<il)Vt. Les eoiiuai>saiues aiialonntpies pn-

raissenl avoir «He surUml rêpamlues chez les pythagoriciens, auxquels appartenaient Einpi- Mv d'Agrigenle, et Anaxagoras de Klazomène.

iK'moerite «l'Abdère, de l'école élêatique, iHiiit aussi célèbre comme anntomisle.

Les œuvres d'Aristofe qui ont i-apport à l'oriiîine de l'Anatomie comparée, sont, avant Irtiil, les quatre iivn?s De partibits animalium, les dix De Historia animaiium et De gênera-tione animalhimy qui se complètent inutucUenicnt. Parmi les faits les phis importants déjà fonuiis d'Aristote, et qu'ont confirmé de nouveau les recherches modernes, je cilei^ai : la Parllirriogénêse chez les Abeilles; rilectocotylie des Céphalopodes; riiermaphroditismc chez les

(hi trouve l'analyse des vcrita zoologiqnes d'Aristote dans J. B. Meyer, dans Arhloteîex Thierkmde, Berlin, 1855; G. IL Lewes, Arisloteles, Fragment of ihe Hidory of science. Consulter le travail, ArUtoteles Thierkunde, par Aubert et >Vimmer; 2 vol., Leipzig, 1808,

Tentati%'CMii des seiziêine, dix-^^eptlèine ot dix-huitième Hièdefi.

Avec la révolution intellectuelle qui signale la tin du quinzième siècle el le cours du .«.eizième, commence une autre époque, pendant laquelle surgirent quelques nouveaux germes do progrès pour le développement de rAriatomie comparée. L'action la plus effica(îe fut moins l'explication de ce (]n\ivait fourni Tantiquité grecque, qu'un retour à Tobservation, depuis longtemps oubliée, de la nature, et aux recherches indépendantes. Mondino (mort <*n 1526) cherche déjà par la dissection des cadavres, à replacer l'anatomic liamaine sur le terrain des faits. Vcsa le (1514-1564), Fallope (1525-1562), pl Ëustache (mort en 1574) achevèrent les fondements du nouvel édifice. Un ifrand nomlire de découvertes importantes en furent le résultat, et bientôt ce n'est plus exclusivement sur l'organisme humain que se porte l'intérêt des «inatomistes. Les recherches entreprises alors pour débarrasser de ses erreurs I Anthropotomie que Galien avait déduite de l'anatomic des singes, fournirent l'occasion, par l'extension des travaux entrepris sur les animaux, soit de conlirnier les observations faites sur l'homme, soit d'établir des points de départ pour de nouvelles questions. La dissection des animaux fut aussi FaTorable à la physiologie qu'à l'art de guérir. C'est dans cet esprit que le Napolitain Severino (1580-1656) écrivit sa Zootomia DemocrUasa,'' qui conlient un certain nombre de descriptions pour la plupart fort insuflisantes, de Forganisation interne d'animaux inférieurs et supérieurs. La manière dont le sujet est traité diffère peu de celle de descriptions occasionnelles de quelques dispositions anatomiques que Rondelet et Aldrovande avaient publiées .intérieurement, toutefois on remarque dans quelques chapitres une tentative ^<*rs les vues générales comme on n'en rencontre guère auparavant. — La t> iidance caractéristique des travaux anatomiques du dix-septième siècle est la description des parties avec la recherche de leur a utilité. » Les découvi^rlcs de Harvey (1578-1657) sur la circulation du sang, et d'Aselli (1622) ^ur les vaisseaux lymphatiques, provoquèrent des dissections d'animaux dont l«'s résultats profitèrent presque exclusivement à la physiologie alors nais- ^«le. Les connaissances anatomiques s'étendirent, il est vrai, en même ttnips, les faits restant cependant eiuore sans connexion entre eux. Il n'y en

iO INTRODUCTION.

eût que peu qui tentèrent do suivre un même organe dans une série un peu considérable d'animaux, et de faire ressortir soit leurs différenees, soit leuis ressemblances. Nous devons, à ce propos, nommer avant tout Th. Willis (1622-1(575) qui, employant pour la première fois, et dans un acception assez analogue fi celle (|uVIle a reçu plus tard, l'expression {VA)intomia comparata, a poursuivi une représent<'ition comparative de la conformation du cerveau.

Ces recherches assidues de choses nouvelles, merveilleuses, et qui étonnaient d'autant plus qu'elles restaient incompréhensibles, conduisirent peu à peu à une extension de Thorizon. Une nouvelle tendance qui se fraya alors son chemin dans deux directions, a beaucouj) plus tard exercé une action d'une importance considérable sur le développement de TAnatomic comparée.

Les recherches primitives dont nous venons de parler devinrent plus exactes et plus attentives, lorsque l'invention du microscope eut fourni le moyen de permettre à l'œil de suivre au delà de ses limites oi<linaires, la structure des organismes, et de pénétrer ainsi dans la composition intime des parties regardées juscpi'alors conmie de menu» nature. Un m(m<le ncuiveau de petites formes animales fut en même temps rendu accessible» à l'observation, constituant un ensemble de conformations externes et intern<»s dépassant de beaucoup par leur diversité tout ce qui était déjà connu, (le qui avait paru sinq)le jus([u'alors se montra sous le microscope comme fort complexe, et on dut alors pour bien apprécier des organismes si dilTéremmenl constitués, abandonner complètement les idées déduites des obsenations faites sur l'homme et les animaux qui en sont voisins. Si important el riche en résultiits que fût ce nouveau progrès, il s'acc(mi])lil si lentement, qu'il a fallu près de deux siècles pour que cette dilïérence d'organisation ait fini par être conqirise dans toute scui étendue. Ce furent les travaux d(^ Malpighi (1628-1 691) et surtout les recherches nond)reuses et classi(|ues de Swainmerdam (1(57)7-1680) cpii ouvrirent la voie ncuivelle. La conformation d'un insecte, d'un mollusque, et aussi la structure des systèmes d'oiganes des animaux supérieurs, purent alors être incomparablement mieux et |)lus complètement connus que cela n'avait été possible auparavant. Cette extension que prirent les recherches sur des êtres si éloignés de l'organisation humaine, émancipa cette branche de la science de la nature, et la séparant de la médecine, lui permit ainsi <l(» prendre d'une manière indépendante son développement scientitique. Frécpicmment, dans le siècle suivant surtout, les travaux sur le sujet ne furent que des « récréatitms pour I'omI et l'esprit », mais cependant, malgré cette tendance, ils n'en ont pas moins révélé passablement de faits qui ont contribué à enrichir les matériaux enquriquement recueillis, et qui encore aujourd'hui ont de la valeur.

A côté de recherches purement anatomiques, on en voit surgir qui sont comparatives; ce sont celles qui, traitant des vertébrés les plus rapprochés de rhomrae, font ressortir les premières analogies qui résultent de la comparaison. On compare le plus souvent à celle de l'honnue la conformation de quelque mammifère isolé, fait qui ne soulève que peu de questions de nature à conduire h des problèmes si'ientifiques. Le sujet principalesl l'étude des différences

et des ressemblances, et on songe à peine à en chercher Texplication. Les tniTaux (le Tyson sur Tanatoroie d'un singe; ceux de Monro jeune (1752i8l7) sur la structure des poissons; ainsi que ceux de Pallas (1741-1811) qai concernent plusieurs divisions d'animaux, en sont des exemples ; il en pstderaême des dissections de mammifères de Daubenton (1716-1799) qui qui ont été introduites dans l'Histoire naturelle de Buffon, Même les grands somces que l'illustre Camper (1722-1789) a rendus à l'anatomie desmaramiieres ne permettent pas de le sortir de la catégorie de ces auteurs de travaux seulement préparatoires.

Pendant les trois siècles qu'il a fallu pour aplanir le champ des faits anatomiques, et le préparer à recevoir les fondements d'un édifice scientifique, nous voyons surgir une nouvelle branche qui, voisine de l'anatomie deviendra par la suite un second pilier fondamental de l'Anatomie comparée. C'est rétude du développement, dont Aristote dans l'antiquité a indiqué les premières traces. L'étude de la structure des organismes conduit nécessairement à la question de leur genèse, aussi voyons-nous dès l'origine de la réforme scientifique, les anatomistes occupés de recherches sur le fœtus. Fabricius d'Aquapendente (1537-1619) ouvre la voie, etllarvey peut déjà formuler son axiome : « Ornnevivum ex ovo, » Les premiers états des animaux inférieurs sont aussi introduits dans le domaine des recherches, où ont brillé les noms de trois Italiens : Redi (1626-1697), Spallanzani (1729-1799) et Cavolini (1756-1810), ainsi que ceux de Needham et de Swammerdam. Le fi^and A. dellaller (1708-1777) ne réunit pas seulement systématiquement les travaux de ses devanciers, mais découvre encore de nombreux faits nouveaux tant dans la conformation que dans le développement des animaux supérieurs. Mais chez Haller, l'anatomiste est dominé par le physiologiste, qui est lui même sous l'influence de préjugés métaphysiques. Il n'y a pas (le développement, qui produise du nouveau, il n'y a qu'apparition d'une chose latente déjà présente mais invisible. Tout est déjà formé dans le germe (involution), qui comprend lui-même des générations d'organismes préformces comme on doit se le représenter préexistant dans les générations antérieures.

Nous arrivons à la fin d'une période, par-dessus tout riche en grands noms, on brillantes découvertes, mais pendant laquelle aucune pensée de nature à porter des fniits n'a pu mûrir. On a recueilli des faits auxquels on est resté étranger, et si çà et là nous apercevons une tentative faite pour élever une théorie, elle ne repose presque toujours que sur des suppositions insoutenables.

Principes noaveaax.

La dernière moitié du dix-huitième siècle trouva une accumulation de riches matériaux. De nouvelles tendances sur l'appréciation des faits et leur transformation en données philosophiques et intellectuelles s'étaient fait jour. La

négation du développriiient A. par de Haller trouva encore, du vivant de son défenseur, un adversaire victorieux dans Caspar-Friedrich WoUT(l 17)h-\ldi). Ce qui c:l en voie de formation ne nait pas par simple croissance ou anfîmenlation de ce qui existe déjà. 11 sur<(il du nouveau par séparation (différenciation), de ce qui était d'abord homoï^ène. Dans une dissertation publiée» en 1759, Theoria genevaiioms, rÉpit^enèseest opposée à rinvolulion de Haller, etconstituela base d'un des pro«]frès les plus inq)ortants (ju'ait fait la science niorpbolo<fique dans son ensejnble,en introduisant dans le domaine des recliercbes anatonn(|ues un élénuMit nouveau. Les divers étals de forme des organismes naissent graduellement, un état sinq)le préiv :.♦ le plus compliqué, qui dérive du premier. Les faits anatomiques s'e\|)li(|uant alors, et devenant scientifiquement abordables, s'accumulèrent aiïisi pour former une des bases de l'éditice actuel.

D'un autre côté la (in du siècle, réviviliée par les idées pliilosophiques, se montra plus favorable h la généralisation des faits.

D<»s efforts nond)reux faits pour substituer la syntbèse à l'analyse, qui juvsque-là avait toujours prédominé, permettent d'arriver à des coimaissances plus approfondies. En Trance, Vic(|-d'Azyr ( 1 7 tS- 1 70 i) adnu»t, connue d'autres avant et après lui, que le but principal de l'Anatomie conq)arée, dans l'intérêt de la pbvsiobigie, doit être Texplication de la valeur fonctionnelle de l'organe. Mais avant tout, ses recliercbes sur la couq)araison des mendu'es, où il met de coté toute considération sur les dilTérences de fonction, joint«»s à de nombreuses remarques (excellentes montrent (ju'il avait reconnu une voie nouvelle. La reccumaissance de l'existence d'organes rudimentaires indique aussi un progrès essentiel. Comnu; Huffon, il voit dans l'organisation, l'expression de constructions conformes à un plan, dont les détails isolés ne sont que des modifications, (lœtlie se prononce encore plus nettement sur l'idée d'un plan fondamental 1. Ce grand lioinme mérite aussi une place marquante dans l'bistoire de l'Anatomie comparée, en ce que, mieux que ses contenq)orains, il l'avait plus exactenuMit conquise, en la considérant comme indépendante de la pbysiologie, et ayant connue nu)rpbologie son existen<M' propre. II fait consister l'Anatomie conq)arée dans la découverte du jdan d'organisation surtout pour la conception de la généralité, déduite des faits particuliers. Sans dé|)récier le nu)ins du moiule la valeur des faits, il recoimait cependant qu'ils ne peuvent que fournir les bases sur lesquelles l'édifice scientifique doit s'élever. YaW posant connue but la « domination de rensend)le par l'intuition », il indi(|ue en même leinps très-evaclenuMit la voie qui doit C(nuluin> à la solution du problème. La tendance à la généralisation se manifeste; encore à \\\\ degré bien plus grand dans les vues développées parOken ( I77i)-1(S.M), en constituant une partie de son système pbilosopbi(|U(* de la nature. L'unité de la conformation animale, cpii n'est développée régulièrenuMit que cliez riionnne, détermin.Mit la diversité des oiganisations par la prédominance <le tel ou tel système d'organes, constitue un élément essentiel de l'iiypotbèse d'un développeuuMit |)ar degiés écbelonnés de l'cuganisation dans la série des organisuues. Ce développement de l'inférieur au supérieur s<' manifeste

ESQUISSE DLSTORIQUE. i:.

d'après Okeii, aussi dans l'iudividu, et la série des degrés à parcourir est d'aalaiii plus longue que l'organisatiou est plus parfaite. Cette conception génétique des organismes, résultat des recherches einbryogéniques auxquelles Oken se livrait avec ardeur, provoqua d'importantes découvertes, et transforma tout le sujet de TAnatomie comparée, en substituant à l'étude des diiïérences la démonstration de ce que les organismes ont de commun. Loi>que de pareilles recherches furent précédemment tentées , elles ne constituaient point des parties d'un système complet, tel que les c< philosophes de la nature » voulaient le construire. On voulait embrasser d'une manière complète toutes les connaissances humaines — il était impossible d'accomplir ce que Ton s'était promis. Mais il est naturel qu'une doctrine cherchant à expliquer ce que des phénomènes isolés ont d'incompréhensible, et à projeter les lumières de l'entendement sur une masse de faits formant un chaos incohérent, ait dû soulever de l'enthousiasme. Quelle importance n'a pas eu pour Tintclligence de la conformation du squelette des vertébrés, la signiiication, reconnue déjà par Goethe mais trouvée, nous devons le recoimaitre, et développée par Oken, des os du crâne dans la théorie de la vertèbre ? Que ne devait-on pas attendre de la série des métamorphoses, que parcourt l'embryon?

Les progrès de la science sur des bases empiriques ne suivirent pas d'une manière égale cet essor significatif. L'observation faite à un point de vue trop borné, qui avait jusqu'alors occupé le premier rang, perdit ses droits >ou8 l'influence des idées spéculatives qui, pour déduire des conclusions dune haute portée, s'appuyèrent sur des faits trop insuffisamment connus. La nature ne peut pas être construite par la seule voie de la pensée. Elle veut être observée. Cette tendance qui se faisait jour en Allemagne se développait en même temps en France, où elle fut soutenue par Et. GeoflVoy Saiul-llilaire (1772-1844): s'attachant au\ idées de liuffon sur l'unité de Torganisation animale, il chercha à déduire ses diversités de structm'e de modifications d'une forme fondamentale, et à formuler une loi générale l»asée sur la dépendance mutuelle et invariable des organes. Il démontra d^aberd d'une manière concluante, qu'un même organe possède dans la série animale des fonctions fort diverses, et peut en conformité avec elles être très-différemment construit, sans que son identité anatomique en soit compromise. L'organe fut ainsi pour la première fois soumis à une appréciation réellement anatomique, et l'école française se distingua par là de l'école allemande, qui cherchait à appuyer l'égalité de valeur de l'organe, sur celle souvent très-difficile à soutenir de la fonction. L* école française de Philosophie anatomique ou d'Anatomie transcendante^ malgré la richesse des con- "H^-quences de l'hcureuse'pensée qui l'inspirait, resta cependant fort en arrière de la Plùlosophie de la îiature allemande, principalement parce qu'elle ne tenait aucun compte de l'élément génétique. S'il y en eut, comme de Blainville, qui aient nettement reconnu la nécessité de prendre en considération le développement des organes, aucun d'eux n'a utilisé ni les données déjà acquises sur l'embryologie, ou enti'epris quelque recherche digne d'être citée pour prendre pied sur son domaine. On ne peut méconnaître que cette

omission n'ait contribué à rendre la tentative moins fructueuse. l>ans la vivi lutte qui s'engagea sur la signification à attribuer à la doctrine discutée, beaucoup de bonnes choses furent mises au jour, seulement la tendance de Geoffroy succomba sans avoir fourni à la science des germes susceptibles de développement. L'influence de la philosophie de la nature sur le développement de TAnatomie comparée a été très-diversement appréciée. La plupart ont considéré ses tendances comme ayant été un obstacle au développement normal, même comme une révolution violente. Eu fait, elle appartient à cet ordre de phénomènes qui, dans la vie intellectuelle connue dans la vie sociale des peuples, après un long repos , brisant dans un accès de paroxysme toutes les barrières, cherchent de nouvelles voies, et caractérisent le commencement d'une révolution, que d'ailleurs ils n'achèvent pas. La philosophie de la nature fut ainsi le cachet d'une époque, et a même exercé son influence sur des personnes qui s'en croyaiefit bien éloignées. Presque tous les anatomistes considérables de cette période en ont été pénétrés, et même ceux qui s'en déclaraient les adversaires, en ont ressenti quelque impulsion. Son langage lyrique incompréhensible pour le plus grand nond^re , et se livrant souvent aux figures les plus hardies, a beaucoup contribué à discréditer la philosophie de la nature. Le germe de l'erreur gisait dans la méthode, les faits étant appréciés d'après des lois, (|ui n'avaient pas été trouvées par la voie de l'expérience. La philosophie de la nature allemande n'a aucune connexion intime avec la Philosophie auatomiçue française. Celle-ci ne méritait pas le nom de philosophie, parce qu'elle manquait autant de bases méthodiques, qu'elle était obscure et indéterminée dans son but.

Lamarck, au contraire , peut être considéré comme le précurseur d*une époque, qui commence seulement aujourd'hui à prendre son développement. Dans sa Philosophie zoologique (1809), ignorée de ses contemporains, el oubliée ensuite, il établissait de la manière la plus nette la théorie de la descendance, qui n'a trouvé crédit qu'un demi-siècle plus tard. La conformation d'un organe est en rapports étroits avec sa fonction , ou plutôt avec son usage. Un organe peut se modifier par usage unilatéral, il peut rétrograder, devenir rudimentairc, lorsque ses fonctions cessent, et disparaître. La précision et la haute portée, la netteté et la logique consétjuente des déductions distinguent avantageusement cette tentative de toutes celles semblables auxquelles aboutirent les elTorts de l'école des philosophera de la nature.

Voii*, sur C. F. Wolff et llaller, Kirchhofl', dans Jenaische ZeHsihrifi fur Med. u. .Ya/wrivisaenchafl, I.IV, p. 195; — sur Vicq-d'.Vzyr, GeoflVuy Suial-IiilaircelOkcn, V(>ir0. Scliiuidl. Die Enlwickclumj der vergleichefiden Anaiomie.

Avant ([ue la tendance spéculative des recherches eut encore atteint son apogée, apparaît un honnne dont le talent et l'activité exercèrent une puissante influence sur la transfonnalion de la science; c*est Georges Cuvier

ESQUISSE HISTORIUUE. 15

(17tiD- 185*2). L'étendue des recherches anatoiniques qu'il cutrepritsur l'organisation de presque toutes les divisions du règne animal, lui apportèrent une grande ma^se de faits, qui eiïaeèrent prcs({ue la plus grande partie de ce qui avait été auparavant acquis, et qu'il chercha à arranger, et à étudier à un point de vue élevé. Il se peut que l'influence allemande — les rapports avec Kielnieicr — y aient été pour quelque chose, toutefois, après un exa« luen attentif, le fait ne parait pas être aussi certain que Tadmet l'opinion reçue en Allemagne. L'organe ne lui parut pouvoir être compris que par la connaissance de rorganisme entier. L'existence d'un organisme dépendant du concours simultané de ses divers organes, l'Anatoniie n'est pour lui que le moyen de connaître les organes, et devient une partie de la Zoologie, qui comprend la connaissance du tout. La délimitation rigoureuse de la fonction de l'organe est le point capital, car l'organe est déterminé par la fonction. Li dépendance réciproque dans laquelle se trouvent les organes entre eux, dclerniinant leur concours simultané , il en résulte la loi importante de la corrélalion entre les parties, dont Cuvier a pu appn'cier l'immense portée dans ses recherches sur la reconstruction et l'explication des restes d'aniuiaux fossiles.

A l'opinion de Tunité du plan de l'organisiition animale, Cuvier opposa, n'étant en cela d'ailleurs pas le premier, l'objection cpril y avait quatre types fondamentaux, dans chacun dcs({uels on pouvait faire dériver la diversification des formes par modification et développement de pallies distinctes. Le système nerveux présidant aux fonctions du mouvement et du sentiment qui constituent essentiellement l'animal, est celui qui détermine la conformation du corps entier. Tout le reste de Técononiie lui est adapté. Chacune des formes fondamentales ou types qui s'élèvent les unes au-dessus des autres, présente des étiits de conformations divers, qui ont entre eux quelque chose de commun, mais diffèrent de ceux de l'autre type. Il est par const»quent faux d'admettre qu'un être appartenant à un type supérieur parcoure à Vvis\i embryonnaire les états d'autres types, et que, par exemple, un maminifère ait été une fois ver, puis molluscjne, etc., connne l'avait prétendu Fécolc des philosophes de la nature. Cette conception du règne animal basée sur la doctrine des types, ouvrit a l'Anatoniie comparée une voie essentiellement nouvelle, et la comparaison bornée aux formes d'un seul type jeta pour la première fois une vive lumière sur la parenté naturelle et les divei*sificalions des organisations. Cette clarté fut toutefois obscurcie par un manque de synthèse. La parenté ne parait être que symbolique, car d'après Cuvier la forme animale est fixe, l'espèce est invariable, et les espèces se sont donc conservées intactes depuis des milliers de siècles. Cette conclusion erronée était dirigée contre Laniarck et Geoffroy, et la position élevée de Cuvier la lit accepter pendant longtemps. A la tentative de Cuvier de reconnaître dans l'organisation des faits conformes à une loi, il faut ajouter les travaux de J. F. Meckel (1781-187)7)). 11 établit deux lois de formation ; la diversification, et la ressemblance ou réduction. La première comprend les difTérences non-seulement des conditions aiiatomi<jues, mais aussi des conditions fonctionnelles, n y analyse un système zoologique, dont les divisions reposent

16 IM'KUl)lli:TIU>.

sur dtîs dislinclioiis, et lu loi Huit pur aboutir à de simples <le.siriplions dv iu)rul}ro, (le Ibnno ot de situation des pai'ties du corps.

La loi de resseud)laiuc est plus iuipcirtante; elle veut élahlir (|ue lesdi\erses Ibnnes peuvent plus ou uu)ins être ramenées les unes aux autres, el (|ue par eonséqueni, à la hase de toutes les conformations animales il est un t\|)e, dont elles représentent des modifications. C'est là une idée qui émane de Técole des philosophes de la nature de Tépoque. Il est clair qu'il ne s'îi^^ii point ici d'une loi, mais seulement d'un lait dont la eonnîiissaïue avait certainement une haute portée pour TAnatomie conq)arée, mais qui, dans la conception restreinte de Meckel, n'inq)li(juait ])as une recomiaissance de la difl^'rence typique. L'inlluenct^ que le dévelop|)ement de la doctrine des types par C. Ê. von Haer a exercé sur rAnatomie couqiaree, dénuintre son importance.

De même que Cuvier avait été conduit à recomiintre les dilTérences Ibnd.imentalcs de Tor^anisation par la multi])licité des recherches analomi(jue.s, de même Ilaer, indépendannnent de Cuvier, est arrivé au inv.inc but par Li persistiincc de st^s observations dans le domaine dv. l'embryolo^ne. Cette diliérence des voies suivies se lait sentir d'une manière évidente dans les conceptions des deux auteurs, el devient frappante lorsqu'on o])pose le cercle restreint d'idées qui acconqia^iie la masse de matériaux aj)])ortés par le premier des anatomistes, à rabondancc et à la profondeur d«,'s pensées que révèle le fondateur de Técole embryologique allemaïule, dans ses réilexions sur l'histoire du développement des animaux.

D'après vonBaer, les types sont caractérisés non-seulement par le sNslème nerveux, mais aussi par la relation de toutes les parties, jusque dans les depés les plus inférieurs de l'organisation. Chaque^ ty])e a ses organes propres. <pii ne se trouvent jamais pareils dans les autres, lue série d'étals provenant d'une séparation orgiuuilogique et histologique apparaissant dans chacun des types, expriment les différents degrés de développement (ju'il a atteint. Cette dilTérenciation n'a rien de gradué, cha(|ue type conq)renant des série- (jui lui sont pit^pres, et qui indépendantt;s, ne vont pus les unes ver5 Ic.^ autres. Aucun des types n'est donc subordonné à uu autre, bien ])lus dans chacun d'eux, on lemarque des formes hautement différenciées qui s'élè>en| au-dessus des formes d'autres types, moins distinctes au point di* vue organ(dogique. Par celle conception des types, von Haer entrant d'une manière plus précise dans les rapports cK\s organismes animaux que (invier, n enc«H*c eu le gi\md mérite de signaler, combien la g(^nèse de Tor^ianisme était indispensable à connaître pour son appréciiition. Lv devenir explique le devenu, et le dévelop[)enu*nt l'cposant sur une différ-eiu-iation, conq)li(piaiit plus lard ce qui est sinq)le dans ses commencements, permet de reconnaître certains rapports qui disparaissent entièrement dans l'état conq)l('t. Avec les faits du développement, von Haer coniijat l'idée du passage de l'eiubryon au travers des différents ty|)es, et mojitre en même temps que les caraetère? généraux du lype s'exprimant dès l'abord chez l'embryon, constituent >a distinction complète de ceux des autres types.

La direction inquinu-e à l'Anatomie conqMiée par Cuyieret von r»aer, luî

L>(>lbSE HISTORIQLt:. 17

pendant longtemps prise ciunme règle, et e*est sur les bases données qu'elle continua activement a se développer. Les travaux qui ont contribué à nous ftiire connaître les organismes sont tantôt des études sur des systèmes d'ori^anes distincts, tantôt des monographies d'espèces ou de divisions d'animaux plus considérables, fruits du travail d'un grand nombre d'auteurs parmi lesquels on remarque Ticdemaim, G. U. Treviranus et Mcekcl. L'anatomie comparée forme sous divei*s rapports une partie de la physiologie, prise dans son acception la plus large, — connue biologie, — et ses résultats sont consignés comme propositions dans les manuels physiologiques, qui veulent lenir compte à la fois de la nmltiplicité des phénomènes vitaux du corps animal et de sa conformation. Mais il est plus fréquent de la traiter à part dans les manuels et livres d'instruction, et le cercle de l'anatomie comparée s'accroissant toujours, elle tend à devenir graduellement un objet d*cnseignement spécial.

La signification de la méthode génétique énoncée par von Baer le premier, se manifeste dans les nombreux travaux qui n'ont pas été surpassés de IL Rathke (1793-1860), et J. Millier (1801-1858). Pendant que |le premier, partant du développement, établit les rapports entre les diverses phases de révolution d'un système d'organes, et leur état correspondant et détinitif chez d'autres animaux, J. Mùller part dans ses comparais(ms des organisations complètes, pour remonter à leur développement. Ses recherches sur tous les vertébrés publiées sous le titre modeste îïAnatomie comparée des JWi/xttwides , resteront toujours un modèle de recherches comparatives. Mais Mûller est plus physiologiste, la fonction de l'organe l'éloigné fréquemment de la vraie signification, tandis que Rathke, quoique non moins prudent, est plus libre. De même qu'en Allemagne Mùller et Uathke avaient, par leurs immenses recherches ci l'emploi de méthodes perfectionnées, considérablement élargi les limites que (luvier avait posées à l'anatomie comparée ; en Angleterre, Owen perfectionnait l'échafaudage scientifique en définissant plus exactement certaines notions et systématisant spécialement Tostéologie comparée ; travail dont l'exécution intelligente mérite d'aut«mt plus notre admiration que nous pouvons élever des doutes sur les Kiits (pii en forment la base. Les débris de squelettes de genres d'animaux éteints ont depuis Cuvier apporté à l'anatomie comparée des matériaux précieux, et sont venus s'intercaler dans les séries des organismes vivants, qu'ils ont fréquemment complétées. Sous ce rapport, les contributions d'Owen sur les oiseaux et reptiles fossiles, ainsi que l'œuvre d'Agassiz sur les poissons fossiles, fofit époque dans la science.

Le monde animal inférieur a ouvert un champ de recherches également riche, qu'exploitent de nombreux observateurs au microscope, qui sont activement poursuivies au bord de la mer, et (|ui portent ntni-seulement sur les foimes extérieures, mais aussi ont surtout pour but d'élucid(T leur organisation. La description des faits est sans doute ici l'essentiel, et on peut dire souvent que le lieu seul est changé, la méthode restant la même. Des découvertes importantes dans les systèmes d'organes modifient les vues antérieures, et souveut les transforment entièrement. La doctrine de la diflérencc de*

types en a reçu une iiomelle conliriiiation, et l'étude suivie des modes de développement n'a fait que Tappuyer. Outre la conformation de Torganisnie, la structure des organes a également attiré Tatlention, et le développement de l'étude des éléments des tissus, à laquelle Scliwaim a donné une base scientifique en fondant sa théorie des cellules, a pris une part importante aux progrès qu'a fait Tanatomic comparée. En fournissant l'occasion de connaître plus intimement les organes, l'étude des éléments qui les constituent a en même temps facilité leur comparaison en en assurant les bases ; et a eu particulièrement une grande importance pour les animaux invertél)rés, chez lesquels la détermination des organes repose le plus souvent sur la connaissance exacte de leur texture. Ainsi dans la seconde moitié de notre siècle, l'anatomie comparée a non-seulement considérablement agrandi son champ de recherches, mais encore elle a cherché de toutes parts à revêtir un caractère scientifique.

La glande extension qu'ont pris dans ce dernier quart de siècle nos connaissances sur la structure des organismes animaux, fait attendre avec raison une reconstruction correspondante de la science. Mais les matériaux accumulés en grande partie sans plan nécessitent un remaniement intellectuel- Les faits se sont ajoutés aux faits, et l'état brillant de la science perd beaucoup de son éclat, lorsque nous songeorïs que les progrès qu'elle a faits depuis Cuvier et von Bacr ne consistent pres(|ue qu'en une accumulation de faits. 11 n'en est que plus urgent de trier et d'arranger, et dé soumettre à une comparaison conforme à un plan régulier les connexions des organisations.

La doctrine de Darwin a déjà préparé ce progrès. Pendant qu'au commencement du siècle, Lamarck, et en partie l'école des philosophes de la nature en Allemagne, ainsi que quelques autres, avaient cherché à expliquer la diversification des organismes par une transformation graduelle, Darwin a rendu compte de l'origine des espèces par la variation et la sélection naturelle. Cette dernière complète la théorie et la di^tingue essentiellement de toutes les tentatives analogues antérieurement essayées. Cette théorie montre que ce qu'on a jusqu'alors appelé plan de construction ou type, est la sonnne des dispositions qui vSe perpétuent dans l'organisation animale par hérédité, et explique les modifications de ces dispositions par des états d'adaptation. L'hérédité et l'adaptation sont donc les deux faits essentiels qui rendent intelligibles et la diversité des organisations, et en même tenq)s ce (|uVdles ont de connnun. Au point de vue de la théorie de la descendance, la parenté des organismes perd son sens figuré. Là où une conq)araison rigoureuse nous démontre une conformité d'organisation, elle indique un phénomène héréditaire, consé(|uen('e d'une; commune origine». La diversité des modification acrpiises par les organes dans leur ada|)lation, oblige à les suivre pas à pas, et il ne peut plus suHire de déduire leurs rapports d'analogies éloignées. L'anatomie comparée devra donc être assujettie à une méthode plus rigou-

BIBUOGRAPHIB. 19

leuse, qui annulera des séries entici'es de comparaisons, celles entre autres qui n'auront eu volontairement en vue que Torgane isolé, sans examiner auparavant si les conditions d'existence de Torganisnie entier permettent la possibilité d'admettre une parenté plus rapprochée.

La théorie de la descendance trouvera également dans Tanatomie comparée sa pierre de touche. Aucun fait dans cette branche de la science ne la contredit jusqu'à^présent, bien plus toutes nous y conduisent. Celte théorie recevra donc en retour, de la science, ce que sa méthode lui adonné, la clarté et la certitude.

La théorie de la descendance inaugurera ainsi une nouvelle période dans riiistoire de ranatoiuic comparée. Elle caractérisera même un point plus important de son évolution, mieux qu'aucune autre théorie ne l'a encore fait. D'une portée immense, il n'y a presque pas de partie de la morphologie qu'elle n'atteigne dans le vif, et tout nous fait présager qu'elle exercera une action puissante sur le développement ultérieur et le perfectionnement de l'anatomic comparée. Si nous remarquons que le nombre, bien qu'encore peu considérable, de ceux qui adoptent cette théorie et en comprenueni la !^iguification , est en voie continue d'accroissement, même aux dépens de ses anciens adversaires, il n'y a rien d'invraisemblable a s'attendre qu'il ea résulte pour elle une impulsion favorisant son développement.

BIBUÛGRÀPHIE

Nous citons ci-dessous les ouvrages nécessaires à consulter pour l'étude de rAoatoniie comparée ^

A. Sur la Morphologie :

LecciART, R., Veber die Morphologie und die YerwandtschafUverhâltnitse der wirbelloien

Thiere. Braunschwei*; 4848.

CiKOs, V., SytUm der thieritt^en Morphologie, 4853. Bioira, Morphologiiche Studien ûber die Gestaltungsgeêelze der Naturkôrper, Leipzig und

Hetdelberg 1858.

Ouvrage principal et base scientifique de toutes les branches de la Morphologie :

HucKEL, E., Gêner elle Morphologie der Organiifnen, Àllgêtneine Grundzûge der Pormen^ wiuengchafl , mechanisch begr&ndet durch die von Cii. Darwin reformirte Dencendeni- Uiearie. 2 Bde. BcrUn 1866.

* Nous citons, comme Ttuteur, ka ounugcs dans la langue originaire. [Obterv, du Traducteur.

tiO INTUUDUCTION.

il. Ouvrages sur l*étenclue totale de son domaine :

CuviKK, G., Leçons d'analomie comparée, rccueillicîs t'I [ml)li<os par DuiihuiL cl l)uvi::r.>()y.

5 vol. Paris 1799-1805.

— Leçons, etc. recueillies et puMiées par Dumi'ril. Seconde édilioii. N loiiies. Paris i8ô.V-4(i. Mecrel, J. F., System der verijleick. Anatomie. 6 Bde. Halle 18'Jl-*25 Non terininé. Les

or^MUCvS sexuels manquent.

Milne-Edwards, h., Leçons sur la physiologie et V anatomie comparée île r homme cl des

animaux. T. 1-X. Paris 1807-70.

Lëïdic, F., Yom Bau d. ihierischen Kurpers. 1 Band. 1 llalflo. Tubiii-^on 180 4.

b. Ouvrages traitant plus particulièrement des détails de TAnatcunie comparée :

Huxley, Tn. U., Lectures on llie éléments of comparative anatomy (On the classilicjliou of

animais and on the vertébrale skull). Londonl86i. ChvEN, R., On the anatomy of vertebrafes (Comparative anatomy and physioloyy of ver-

tebrates. Vol. 1, 11, 111). London 1800-08.

c. Traités manuels ou ciémentaircs :

Caris, C. G., Lehrbuch der Zoolomie. Leipzii,' 1818. Seconde édition : Lchrbuch der venjL Zootomie. 2 Bde. Leipzi*; 1854.

Wagner, R., Handbuch der verijlcichenden Anatomie. 2 Bde Leipzig' 1851. (.Nouvelle étlition : Lehrbuch der Zootomie. 1 B<le. Leipzig' 1845-48. (Zweiler Band, f//c Anatomie der wirbelloscn r/i/Vr/reulliallend, von II. Fkey und R. LiackAUT.)

V. SiEBOLD und Stannils, Lehrbuch der vergleichcnden Anatomie. Berlin 18-45-48. \)v la seconde édition : Lehrbuch der Zootomie n'a paru que la moitié du 2">oluiue : Anatomie der Fische und Amphihien.

ScimiDi, 0., Handbuch der vertjl. Anatomie. Secliste Aufln^M'. Jena 1872.

(hvEN, R., IjCctures on the comparative anatomy and phijsioloijy of the inverlchrate animais. London 2' édition 1855. — Of the vertébrale anitnals. P. I. Fishes. London 18i0.

Jones, Rymer, General outline of the organisation of the animal kingdom, and manual of comparative anat 0 m y. 'i^.Ed'ii. Loiulon 1855.

Beugmanm, c. und Lelckakï, R., Anatomisch-physioloifische Lcbersicht des Thierreichcs. Stult-art 1852.

IIarting, p., Leerboek van de Grundbegin.selen der Dierhundc in harcn gehcclen Anvang. Deel i-lll. Tiel i80i-0tl. contient aussi ï Anatomie comparer.

d. Représentations iconographicpies de la conformation des animaux :

Carcs, c. g. und Otto, Krlnuterungstafcln zur vergleich. Anatomie. 8 licite. Leipzig

Wagner, R., Icônes zootomic(u\ Ilandatlas zur vergl. Anatomie. Lcip/i:^ 1811. SciiMiDT, 0., Handatlas der vcrgl. Anatomie. Jena 1852. Carus, \'. y Icônes zootomicœ. Leipzig 1857. Krsti' ll:dnr. (WirhclloM* ïliifn .) BLA.>r.ii\RD, L'organisation du règne animal. Livr.iisims 1-40. P;iiis I851-«I8. LtïDn;, F., Tafeln zur vergl. Anatomie. Krstes lleit. Tul iurn 1864.

Im])ortants pour rAn.ilomie comparée, les (inr.iues >uivant^ : Tuiii», ('ytltjpaedia of Anatomy and Phy.siol 5 v. '. L inJon 1855-51K

HIDLlOGR.VfHIE. SI

Quelques anciens Traités de Physiologie :

BcRDACH, C. F., die Physiologie ah Erfahrungnvi»$enschafl, mil Boithi^on von C. v. Baer, DiEFFEMBACB, J. McLLER, R. AVagkkr. 0 Bdc. Loipzî^' 18:2(>-iO. In zweitor Aui1a<,M' mit Itcitràgen von E. Metbr, U. Ratbke, C. ▼. Siebold und G. VALKNTfN. Leipzig 18.V>-57.

Nc£LL£R,J., Uandbuch der Physiologie des Menschen. 2 Bdc. 4. Auflage. Coblenz 1844.

Traitant de la Structure comparative des tissus : Letdig, F., Lehrbuch der Histologie des Menschen und der Thiere. Frankf. 1857.

Dans les journaux périodiques suivants qui contiennent des renseignements sur TAnatoniic comparée, ou la description de matériaux anatomiques, je ferai remarquer que les citations imporUmtes que je leur ai empruntées, sont signalées par la répétition entre parenthèses des initiales de leur titre.

Archiv fur Physiologie (A.Fh.), vonJ. (]. Reil und Autenrietii. 12 Bdo. ILiIIn 17m)-t815, daTon Fortsclzunj,' : Deuisches Archiv fur Physiologie, von J. F. Mëckel. 8 Bdo. HalJc 1815-25. Als ForLM'Izun^ : Archiv f, Anatomie u. Physiolog. (A. A. I*h.), v. J. F. Meceel. 6 Bd«'., 1826-52. Als Forlsetziiii;,' : Archiv f, Anat,, Phys.^ u. wiss. Medizin (A. A. Ph.), Ton J. Mueller; nach desscn Todc von (!. B. Reiciiert u. E. I)c-Bois Reymond. 1834-72.

/«iâ, von Okew. Leipzig? 1817-48. — Zeitschrifl fur Physiologie (Z. Fh.), von Tibdevan:! und Trkviranus. 5 Bde. Ueidell). u. Lci|izi|; i824-18«>5. — Archiv fiir iS'aturgesch. (Arch. N.), von WiEGMANN, forces, v. Kkicbso?i u. Trosciiel. Borlin 1855-(}9. — Zeitschrifl fiir wissensdiaftliche Zoologie (Z. Z.), von v. Siebold und Kollikkr. 20 Bdc. Lripzi^^ 18i9-18(i0. — Annalesldes sciences naturelles (Anii. se), par Audolin, Brongniart cl Dumas. 50 vol. Paris 1824^5. W., Zoologie, 2"' sriic par Audocin ol Muak-Kuwards. 20 vol. 1854-45. R, 3— sirie. 20 vol. 1844-1855. — 4- sirio. 20 vol. 1854-1864. 5- S( rio 1-5 vol. 1805-^9. Annals and magazine of nalural history (Ami. nal.). Séries 1, il, IH. Londun 1858-66.

Publications académiques :

.VoM Acta Academix Cxsarem Leopoldino-Carolinx (N. A. L. C). — Ahhandlungen (A.B.) und Monalsherichle (M. B.) der kônigl. Acod. der Wissenschapen zu Berlin. — Denkschriften (D. W.) und Sitzungsberichle (S. W.) der hais. Académie zu }A^ien. — Philosophical Transactions of the Royal Society (Phil. Tr. R. S.), liondon. — Transactions of the Zoological Society (Tr. Z. S.) Lundon. — Mémoires de V Académie des Scienccx de l*lnstit. de France (M. A. Fr.). Paris. — Mémoires présentés par divers Savants étrangers à VAcad. des Se. (M. A. Fr. S. rlr.). Paris. — Annales du Muséum d'hist. naturelle (Ann. Mus.); Mémoires du Muséum (Méin. Mus.). Nouvelles Annales du Muséum (S. Anu. Mus.) und Archives du Muséum (Arch. Mus.) Paris.

Productions bibliographiques importantes :

AssHAifH, F. W., Quellenkunde d. vergl. Wnat. Braunschwoig: 1847.

KacELMAim, W., Bihliotheca historico-naturalis. ViMzciclin. d«M' Burlior ùber Nalurgescliiclitc, welchc in don Jahren 1700-1846 ei-srhienen siiid. Bd. I. Loi])/!-,' 1846.

Cards, j. V- u. Ekgelmark, W., Bihliotheca zoologica. Yi'i'zrichn. d. Sclirifl^n (iber Zoologie, etc. V. J. 1846-1860. 2 Bdc. I^ipzifj 1861.

AnlnuMix et Plantes.

L*anatomic comparée ayant pour but l'ctnde des rapports de l'orjifanisatîon des animaux, il est nécessaire pour en déterminer Toltjet d^une manière générale, d'examiner la question de savoir si les deux rèpncs de la nature organique sont séparés et commenf, et si animaux et plantes sont des or^^ninismes fondamenûilement différents les uns dos autres. Suivant l'état dans lequel s'est trouvée la science, et la somme des connaissances acquises, les réponses à ces questions ont été fort différentes. Tant que, dans les deux règnes, on n'a eu sous les yeux que des sujets trés-différenciés, il était aisé de caractériser nettement les notions d'animal et de plante, et par conséquent de considérer les deux règnes comme étant distincts. Mais à mesure que des recherches progressives ont mieux élucide les structures et les phénomènes vitaux des organismes inférieurs, les limites admises précédemment, ont dû changer et finalement disparaître. On fut forcé de reconnaître que les différences presque toujours trcs-suhtiles autrefois établies entre eux n'avaient rien de décisif; que certaines particularités observées dans l'un des deux règnes, ne faisant en aucune manière défaut dans Tautre, s'y trouvaient même exprimées avec une grande netteté dans des formes qui en faisaient incontestablement partie.

Ain.si s'établit peu à peu la notion que, quant à ce qui concerne leurs formes les plus simples, il n'y a pas de ligne de démarcation à tracer entre les règnes animal et végétal, et que, bien mieux, Fun passe a l'autre par des changements insensibles. On peut donc considérer les deux rè«^nes comme

'ii OHJKT DE I/ANATOMIK COMPAREK.

deux lignes parUint et divergeant d'un même point. Comme eliaque point d'une des lignes est d'autant plus distant du point correspondant de l'autre, qu'il Test davantage du centre de départ commun, on trouvera que les dilf'érences entre les deux règnes seront d'autant plus considérables, qu'on s(» sera plus éloigné des états les plus inférieurs, soit du point indifférent. Faute de différences tranchées entre les organismes les plus inférieurs regardés comme plantes et animaux, ces formes constituent dans leur ensemble une sorte de zone limitrophe, qu'on peut ou considérer comme un règne intermédiaire et indépendant, renfermant des formes intermédiaires indifférentes (règne des Protistes de Iliickel), ou incorporer à volonté dans l'un ou l'autre des deux règnes principaux. Mais dans les deux cas, connue il est inadmissible d'engager la science dans une voie qui l'obligerait à raisonner sur des notions inconnues, on ne saurait échapper à la nécessité de chercher une caractéristique de l'animal ou de la plante. De tous les caractères qu'on pourra reconnaître sur l'animal ou la plante, ceux qui comprendront l'ensemble de Torganisme seront les plus certains, et pourront d'ailleurs porter sur le coté physiologique ou morphologique. Mais connue les fonctions du corps des organismes inférieurs n'ont pas encore été l'objet d'observations précises, nous manquons d'une mesure qui nous permette d'apprécier le point de vue physiologique, et nous sonnnes donc obligé de nous en tenir au second, appuyés que nous le sonnnes au moins d'un coté par les relations de dépendance qui existent entre l'organisation et les foncticms.

On constate dans le mode de différenciation histoloyique une différence dans la constitution des organismes qu'on désigne sous les noms d'animaux ou de plantes. Dans le règne animal, les éléments constituants du corps forment, réunis entre eux, des dispositions continues, des systèmes d'organes, comme les systèmes nmsculaireet nerveux, qui sont non-seulement composés d'un ensemble d'éléments semblables, mais souvent aussi d'éléments distincts ccmibinés de diverses manières. Dans cet arrangement, l'individualité di's éléments constituants se perd en majeure partie, parce qu'ils forment un tout ccunplexe, dans lesquels ou ils se fusionnent entre eux, ou, après avoir été primitivement uniques, se divisent d'une manière continue et incomplète, l/élément constituant conserve par contre son caractère individuel dans la plante. Ce n'est que passagèrement qu'on rencontre des cellules intimenu'ut imics entre elles. Si diverses que puissent être, par suite de la différenciation de l'organisme, les conditions des éléments (|ui le composent, ils ne se confondent presque jamais, mais demeurent, grâce à une séparation (])aroi de la cellule), des objets toujours distincts et séparés. Si nous prenons ce fait pour base de la détermination des notions d'animal et de végétal, nous excluons d'emblée du règne animal, ces organismes unicellulaireSj ainsi que ces êtres inférieurs multicellulaires y dont les éléments constituants restent distincts entre eux y sans jamais se confondre en un tissu complexe, et qui* nous pouvons ou incorporer dans le règne végétal, ou regarder comme appartenant au règne intermédiaire dont il a plus haut été(|uestion. Cette distinction relie entre elles plus étroitement des formes voisines sans impli(|uer l'existence d'un(î différence absolue, et par cj)nséquent d'une lacune qui

ANlMArX KT PLAMES. 25

séparerait en plusieurs grandes divisions fortement tranchées, Tensemble du monde organisé.

L'opposition de diflerences ne porto point atteinte à Tidée de la généralité, mais elle nous fournit une œnception plus exacte du sujet, et des bases pour Tacquisition de meilleures connaissances.

Les critères qu*on s'est efforcé de chercher pour les anîmaui et les plantes reposaient sur des rapports tantôt généraux tantôt particuliers, suivant quon avait ohserré plus attentivi^ ment des parties plus ou moins considérables dVtats de conformation et de vie. L'axiome de Linné : « Lapides crescunt, plantae crescunt et vivunt, antmalia cresamt, vivunt, et sentiunt, • /'tablit la sensibilité comme base de la différence. Cela pouvait suffire tant que la foule innombrable des plus petits organismes était à peu pff*s inconnue. Mais Vappreciation de b sensibilité, qui présente déjà de grandes gradations chez les organismes supth'ieuif:, devenant toujours plus incertaine à mesure que les plus inférieurs devenaient connus, on dut bientôt renoncer aux différences tirées de cette propriété. L'introduction dans l'intérieur du corps de substances alimentaires solides, ayant lieu exclusivement chex les animaux, fournil un nouTeau critère, mais qui ne tarde pas à perdre toute sa généralité k la suite de la découverte d'animaux incontestablement privés de IxHJche, et qui, comme les plantes, se nourrissaient par voie d'un endosmose s'op<*rant à la surfaa^ extérieure du corps. La propriété de locomotion n'est pas davantage un caractère dcVisif, car elle est trés-répandue chez tous 1rs or^ranismes inférieurs, h certaines phases de leur évolution ; et nous voyons que précisémeni les organes qui jouent un rôle important dans la locomotion des animaux infiTieurs, les cils vibraliles, existent aussi sur les spores des algues. L'importance exagérée !qu'on attribua à cette locomotion par cils vibratiles, conduisit à regarder la marche de la formation des spores comme un développement d'animaux provenant d'organismes végétaux, mais le blâme que ^'attira l'ouvrage de Kutzing, la Plante au moment ou elle devient animal, aurait dû bien plutôt frapper cette complète négligence, déjà existante, de toute définition de notions.

L'existence des cils vibratiles dans le règne végétal étant reconnue, on voulut placer la différence dans le genre de leurs mouvements. Le mouvement vibratile des organismes de ce n^e devait être involontaire et produit par des procédés endosmotiques. On considéra celui des animaux inférieurs comme volontaire et produit par la sensibilité supposant l'action d'une volonté réflexe. Mais la volonté ne pouvant être reconnue dans les mouvements de ccfi petits organismes (infusoires) que par Tulilité de son action, le critérium tout entier dépentlait de la conception subjective de l'observateur, b volonté étant tout aussi peu démontrable que la nécessité physique causant les mouvements des spores mobiles.

La nature des parties élémentaires a aussi été prise en considération. Chez les animaux, le « contenu de b cellule » ou le protoplasme, devait être contractile, et, par contre, immobile chez b pbnte. On sait, aujourd'hui, que -les phénomènes de mouvement ont lieu aussi bien dans l<*s cellules végétales que dans les animales, et même que les « courants de sève », qui sont si répandus dans les premières, reposent sur une contractilitc du protoplasme. Ces mouvements ont lieu de manières diverses, suivant la nature de b surface de b cellule. Dans un organisme unicellubire, dont b surface externe n'est pas limitée par une paroi résistinte, le pmtopbame peut, par sa eontractilité, déterminer des changements dans b forme extérieure, et aussi un dépbceinent, tandis que dans les cas où le protoplasme vivant est enfermé dans une enveloppe solide, b eontractilité ne peut se manifester que dans le contenu de l'enveloppe, sous forme de courants, etc.

Outre ces phénomènes généraux aux règnes animal et végébl, on en remarque dans les divisions inférieures un grand nombre d'autres qui sont encore [plus significatifs. Ibns les pbnies, c'est b formation de matière germinative, d'ovules cellubires, de filaments moteurs, qui sont précisément le plus développés chez les formes inférieures, et rappellent des dispositions du règne animal. Chez les animaux, ce sont ces modes de propagation sexuels qui .^nt si développés dans les divisions inférieures, comme le bourgeonnement, b germination, etc., qui, ainsi que ces dénominations, appartiennent au règne végétal. Il en est de même de b formation des animaux composés, ainsi que du polymorphisme qui règne chez un grand nombre d'eutn* eux. Ces faits de continuation d'un règne dans l'autre, et l'examen

(les arrangements organiques généraux, ont conduit à faire reconnaître les rapports existant entre les deux règnes. Il faut chercher le retard que cette déduction a éprouvée à être admise, dans le mode du développement du jugement humain, dont les commencements sont toujoui*s analytiques. Mais, «avec ces connaissances, il s'est introduit une autre erreur, qui consiste :i admettre que Ih où la nature n'a pas établi do limite tranchée, l'intelligence, jugeant, ne pouvait, ni ne devait en faire une. 11 ne devait, alors, n'être plus question d'animaux ni de plantes, vu que l'emploi de ces qualifications impliquaient cependant la représentation de notions dé"terminées ; c'est justt»ment parce que les deux règnes sont reliés entre eux par des formes intermédiaires, qu'on devait chercher une expression distinctive, qui ne pouvait jamais d'ailleurs être qu'artificielle, puisque la division n'existe pas dans la nature. Elle doit être aussi Subjective, et, quels que soient ses résultats, elle est juste dès qu'elle conduit à une méthode logique. Appeler la définition d'une telle notion une supposition dogmatique, indique une totale méconnaissance de la nature de toute définition. — La différence dans la manière d'être des éléments constitutifs des règnes végétal et animal, et leur différenciation si distincte ont déjî\ été appréciés par Schleiden (Arch. An, Phys., 1858, p. 137).

Gbornbauii, De animalium plantarumque regni terminiset differentm, Lipsix, 18G0. — IIaeckel» Hadiolarien^ Berlin, 1862, p. 159 et suivantes. — Clauss, Sur la limites de la vie animale et végétale^ Leipzig, 1805. — Haegkbl, Generelle Morphologie^ 1, p. 291.

lia Cellule.

Sous sa forme la plus simple, la matière vivante consiste en une substance de nature albumineuse qu'on désigne sous les noms de Sarcode , de Plasme ou de Protoplasme et qui se montre à nous avec nos moyens optiques d'investigation, comme entièrement homogène, et affectant la forme de petits grumeaux. C'est dans cet état que nous rencontrons les organismes les plus simples. Après les formes les plus inférieures composées d'im protoplasme entièrement homogène , dans le sein duquel quelques granulations constituent les seules parties visibles, et chez lesquelles la partie extérieure n'est pas entourée d'une enveloppe séparée, nous arrivons ensuite à un degré supérieur qui présente une enveloppe distincte , provenant d'une modification chimico-physique de la couche extérieure. C'est ainsi (pie le protoplasme

(loué de toute les propriétés vitales et en même temps de celle du mouvement, s'entoure d'une enveloppe plus ou moins rigide qui fixe la mobilité de la rontiguration, et produit une forme déterminée. De pareilles conformations pcavent aussi entrer dans la composition d'organismes, c'est le cas d'un grand nombre de plantes inférieures. Hâckel a donné le nom de Cytodes aux éléments constitutifs de ce genre, qu'il a ainsi et avec raison distingué des éléments différenciés.

Ces éléments présentent dans le protoplasme, un corps solide nettement circonscrit , le noyau ou nucléus. Contrairement à ce qui a lieu pour le protoplasme, le noyau ne parait pas être contractile, mais prend cependant une part considérable dans les manifestations vitales du protoplasme qui l'entoure, dont il paraît du reste être le régulateur, car il détermine plusieurs phénomènes. On nomme cellules ces petites masses de protoplasme pourvues d'un noyau, qui peuvent d'ailleurs exister d'une manière indépendante sous la forme d'organismes dits unicellulaires. Lorsque les cellules par augmentation forment en se réunissant un tout complexe , il résulte des organismes multicellulaires. Les plus petitesconformations de ces organismes, les cellules en sont donc les éléments constitiumts. Il en est de même de l'état plus simple des cytodes qui sont peu répandus. Dans le règne végétal , les cellules ont par contre, pris un très-grand développement; et dans le corps animal elles forment l'élément constituant exclusif.

Les deux états des éléments constituants des organismes doivent être rapprochés en ce sens que ks cjlodes représentent la forme inférieure, les cellules au contraire la forme supérieure. flâckcJ les a réunies sous la désignation do plastides. En suite de la production du noyau, les cellules sont des formes plus complexes qui proviennent de cytodes. Les cytodes aussi bien f\\M' les cellules manifestent dans leur protoplasme une série de phénomènes, qui sont en quelque sorte indépendants de l'organisme, dont ces éléments font partie, et qui se révèlent également dans tout protoplasme, quoique souvent seulement d'une manière passagère. En se ba^nt sur ces phénomènes on peut recomiaitre aux plastides mic signification indépendante, ••l les considérer comme des organismes ; les organismes élémentaires de BriJcke. Bien que !•' )>mtoplasme ne puisse pas être[anatomiquemcnt analysé plus loin, ses manifestations vitales, ^mbbbtes à celles d'organismes plus compliqués dans leur structure , sont cependant évi- <)enunent de nature à nous faire supposer une conformation plus complexe de structure moléculaire, que nos moyens actuels ne nous permettent pas de reconnaître encore.

Le plus petit élément constituant du corps animal que uouh connaissions 3<*luellement est représenté par la cellule. Pendant leur état indifférent, fVsl-à-dire tant qu'elles ne sont pas le siège de modifications marchant dans one direction déterminée vers la constitution de tissus spéciaux, les cellules paraissent être de nature essentiellement semblable dans tous les organismes animaux. Nous y distinguons d'abord le protoplasme qui forme la ïnassc principale de la cellule, substance molle et albumineuse; et secondement, enveloppé par le protoplasme et en étant différent, une partie plus {♦rme, le noyau de la cellule. La part que prend ce dernier organe dans les ncMnbreuses manifestations de la vie de la cellule prouve qu'il ne doit point

4*îlre regardé comme une partie subordonnée du corps «iWjW i-- -^ v parties de la cellule on ajoutait, — autrefois géncnWnt,-K ■ * bra ne, différente du protoplasme qu'elle enveloppait d M' i. - :i voira fait naître la notion de la « forme vésiculaire i ie la ai - .-. i qu'on ne puisse contester que dans un grand nombre de «Hnfe^/vïs^v loppes soient distinctes du protoplasme, cette condition ne?l janm» r» - * dans les commencements de la vie de la cellule, les incnilinft^w'k.>. j étant toujours le résultat d'une évolution progressive, et (Tun pawj /jj ' k à des états différents. Quant aux manifestations de IaTiedaitW^>Sv^, les phénomènes de mouvement résultant de la contractilité du pr.»t'i>»^v. i sont si répandus, qu'ils se montrent d'une manière toujouR \Jc^ v-^^' '» rommc une propriété de toutes les cellules qui ne sont pas aotrec;»?» .v- *t reneiées et métamorphosées dans la nature de leur proloçbs®».^-^''^^'" œllules libres non enveloppées dans une membrane ferme, le? omlrvî.*" ' du protoplasme déterminent leur changement de lieu. Dai» \«^ ^\N^ ^^i^^* ne «>nt pas libres on peut aussi observer le mouvement, soit d»n» i^ "^ i modifications de la forme extérieure, soit dans la niobU\\è qtkiV'^'i*ht parties solides contenues dans le protoplasme. La réaction sous l'uihrwr i de la lumière, qu'on observe dans quelques cas qui ne son\ ]i< ^*'^N| Homble indiquer que le protoplasme est le siège de propriétés intima <\*ttii nous pouvons attribuer à la sensibilité. Nous constatons en ouln» iiiv^M cellule, une ntitntton, parfois môme une introduction visible de m ^-^ dans le protoplasme, se manifestant toujours évidemment par la croïs^^ de la cellule.

Ce phénomène commun à toutes les cellules encore indifTèrcnte?, <*'\y ' ' par l'accroissement du corps protoplasmatique déterminé par Fas^vKvxvVi de substances venant de Textérieur. Cette croissance peut être é^ale d^i i cellule entière, qui s'augmentant dans tous les sens régulièremeuV ^'^^i son jeune Age, conserve ainsi sa forme sphérique intacte; ou doveni'' gale, lorsque la cellule peut acquérir par une augmentation <w\nv^ axe, une forme allongée; ou une forme étoilée par une aug^nientalii'n tant sur plusieurs axes à la fois. Ces circonstances d'iné«:»^;il accYVkV'--* sont dans la règle accompagnées d'une diflerenciation des eollnlos, €|« duis4*nt à la transformation de celles-ci en tissus. L'augmeritutvow ivi que des œllules internes a pour résultat inévitable la reprocluctioi grande cellule, lorsqu'elle a atteint les limites de raecroîî>5iOATieiiV Mup|Mirlfl encore, mais qu'elle ne pourrait dépasser.

I^a multiplication des parties élémentaires peut se faire d€î |>\\isi«*'t: nières. Lorsque le corps d'une cellule se développe d'un côté, il sio foi bourgeon, qui après une augmentation graduelle de volume « s>o clôt^ corps maternel, cl devient une nouvelle cellule. Le nombre clo2> Joui Iules naissant ainsi d'une cellule-mère peut être variable^ ot |»rôs^ij modifications suivant la manière dont se comporte le noyau de !«» œlluU Ce mode de propagation par formation de bourgeons passe saiii^ litnâ^ chc'e à un autre nHKie qui est le plus répandu, celui de la ^r^i^p^âott. que le lioiu*geonnemenl est caractérisé par le fait que la celliil«» «»ti

• i, % -rr

f II' .

> -if -i'"

* 'r ution est à sa première apparition, et lorsqu'elle se détaciie de bonne

. c, beaucoup plus petite que la cellule-mère ; les produits par scission sont

-r uti'aire d'emblée égaux ou à peu près.

I T. w.esl clair qu'à mesure que la diflérence de grosseur des deux produits

ij'/ .* : ' ultiplication diminue, la scission se rapproche du bourgeonnement,

.,'\ •*:- le par conséquent toute la différence entre la scission des cellules et

.' ;i ,/ urgeonnement dépend de la quantité de protoplasme, qui passera de

' ; ■ ."-• Ilulc-mère à celle qui en dérive. La scission de la cellule est annoncée

•;\,-,; r. JUie division du nucléus, et on peut dans la règle, constater que les

.,, ,. ,. -s de la segmentation de ce dernier précèdent les états de divisions

., , .^ spoiidants de la cellule.

^ . dehors de la multiplication par scission ou par bourgeons, on n'a pus

^, intrc avec certitude l'existence d'aucune autre forme de propagation

. . les cellules animales, car la plupart des modes divers de reproduction

sllulcs signalés par quelques observateurs, tels que la formation de

les dites endogènes, etc., dérivent de la scission. — Quant à ce qui

îrac la formation libre ou spontanée des cellules, on est au moins cer-

. qu'elle n'a pas la fréquence qu'on lui supposait à une époque anté-

"i ''" " ndîs que dans la série des phénomènes précités le protoplasme des cel- ^'' *''*^ ne se modifle pas, il eu est d'autres qui provoquent un changement ^"^*' * le protoplasme, et lui permettent de sécréter des substances faisant ' '-'-' e de sa constitution chimique. Ce procédé de sécrétion présente des ur^e^' itioiis différentes. La marche de la séparation peut quelquefois s'opérer la masse du protoplasme lui-même, déterminant dans l'intérieur de f-tf' ' ellule l'apparition de parties étrangères à la nature physico-chimique jiH '^ irotoplasme, et qui peuvent être très-variées, comme les graisses, les 'i--».T^ ires colorantes, etc.; ou différentes de forme, telles que des granulah*> "^^ ' S, des gouttelettes, des cristaux, etc. Dans un autre cas, cette sécrétion se ;jf/'i à la surface du protoplasme. Elle peut paraître sous forme liquide, et nrir- - Ire toute continuité avec le protoplasme ; ou être solide, auquel cas elle i^ fi" ' lerve avec la partie non modifiée des rapports plus ou moins intimes. Ijm tr suite de modifications chimico-physiques soit de sa surface totale, soit ,,,,j:j èe partie seulement de la surface du protoplasme, diverses substances ,^jiv ( - tenant de ce dernier peuvent se trouver au dehors du corps de la cellule. ^jl,; ' is assistons donc à des transformations du protoplasme que nous dési- ,^ J, jns sous les noms de sécrétions, ou différenciations, ou excrétions. C'est ,p • une formation semblable que se produit sur tout le pourtour de la cel-

I i, e ce qufî nous avons appelé plus haut la membrane cellulaire. Cette même I irche dt'tt'rniine encore la formation d'autres dispositions, dont nous au-

j^ . Is plus tard à nous occuper.

b difTérenciation du noyau qui distingue la cellule nuclcoléc du cylode sans nucléus, parait

i^ un grand nombre de cas du moins, se continuer dans le noyau lui-même. Ce dernier

f*^*^' |f>Tnic souvent un autre corps plus ferme, le nucléole, qui présente des états de niulti.

;i> ,•'" Ibtion aualo^es à ceux qu^ofîre la division du noyau dans ses rapports avec la scission de

;.ji :- cflfaïk. Il reste encore à établir quelle est Timportance du rôle que joue dans cette

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