‹ Manuel d'anatomie comparéeChapitre 52 sur 93 · VOILE ET MANTEAU · texte numérisé non relu

VOILE ET MANTEAU

ieau qui enloureai les orifices postérieurs se prolongent en tubes (siphons)^ particularité qui, outre la soudure des bords du manteau, est accompagnée d'autres modifications. Les tubes respiratoires peuvent aussi parfois être produit par des parties distinctes du manteau ; tantôt il n'y a qu'un tube simple extérieurement, mais divisé en dedans par une cloison en deux canaux distincts (fig. 145, tr, tr) tantôt deux tubes complètement séparés , dont le supérieur ayant son ouverture interne placée vis-à-vis de Torifice anal, sert à Texpulsion de l'eau, Tinférieur étant par contre chargé de son introduction.

Ces formes nous conduisent à celles, où rocclusion de la cavité respiratoire est la plus complète, où la transformation du manteau en un tube atteint son plus haut développement. Cet état est accompagné d'un rétrécissement de la fente du manteau servant au passage du pied. Cette fente étant très-petite et passablement éloignée du tube respiratoire , la plus grande partie du bord du manteau est soudée, et le corps de l'animal revêt l'aspect d'un sac. L'ouverture pour le passage du pied se trouve à la partie antérieure, et les deux tubes respiratoires sont rejetés à la partie opposée du corps. Les Mollusques perforants peuvent être cités comme présentant cette confoimation. Chez eux les deux tubes respiratoires se continuent dans une partie spéciale de la cavité du manteau, laquelle est divisée par une cloison en un petit espace supérieur et un espace inférieur beaucoup plus grand. L'eau pénétraut dans ce dernier par le tube introducteur, vient baigner les branchies, traverse leurs fissures pour arriver dans l'espace interbranchial, d'où elle se rend à la partie supérieure de la cavité du manteau dans laquelle s'ouvre aussi l'anus.

Le manteau des Céphalophores est formé par un repli dorsal semblable, et porte de la même manière la coquille. Son développement correspond dune à celui de cette dernière, et lorsqu'elle manque, le manteau n'est plus qu'un fragment scutiforme du tégument dorsal séparé du reste du corps par un sillon peu profond. 11 peut même disparaître complètement et la portion dorsale de l'animal passer sans limite tranchée aux faces latérales, ou comme chez plusieurs Gymnobranches (Dondes)^ présenter un bourrelet qu'on ne peut en aucune façon considérer comme ayant la signification d'un manteau, car les tentacules partent de la surface entourée par cette expansion latérale. Les Gymnobranches et Abranches n'ont de manteau qu'à l'état larvaire, aussi longtemps qu'ils portent une coquille, car le manteau disparait avec elle. Dans beaucoup de cas il se forme sur la face doi*sale des prolongements d'autre nature, comme par exemple les papilles des Eolides, les appendices ramifiés des Dendronotus, ou les cirrhes des Tethys. Les rapports que le manteau a avec la coquille font que chez les Gastéropodes conchifères, le manteau se développe d'une manière correspondante, s'élend avec la croissance delà coquille (fig» 120, B, c) et forme un sac dans lequel la plus grande partie de la masse viscérale se trouve contenue. Ainsi pendant que chez les Bivalves c'est la portion latérale qui se développe en lamelle palléale, c'est la partie médiane qui chez les Céphalophores s'épanouit en forme de sac. Le bord libre du manteau court généralement sans discontinuité d'un côté à l'autre (fig, 127, B), et paraît, chez les formes pourvues d'une coquille bien développée, avoir une extension inégale

4M HOLLUSQUES.

BUivaat ses rapports avec les organes de la respiration, qui aont cachés «ous le manteau de In même manière (br) que clicz les Acéphales. Tantôt il y a seulement un sillon superficiel, incomplètement recouvert par le manteau, tantôt un enfoncement plus prorond, ou cnfm une cavité plus considérable, qui est en même temps cavité palléale et respiratoire. Généralement celte cavité se trouve placée en avant (^j. 126, B), son entrée occupant le cou de l'animal sur le côté droit ou gauche. Elle peut aussi avoir une autre position, comme par exemple chez la Fissurelle ou elle est postérieure. Chez les Ptéropodes la cavité du manteau est toujours située sur le côté postérieur de l'animal, et l'entrée se trouve vis-à-vis de la nuque {fig. 126, C). Nous Toyons donc que toute la partie du sillon formée par le manteau peut se creuser plus profondément de manière à devenir une cavité palléale. La formation d'une cavité branchiale est fréquemment accompagnée d'un prolongement du bord du manteau, qui, semblable au siphon des Bivalve!, se développe en un demi-canal de longueur variable. Les bords de ce canal peuvent en se soudant, se transformer en un tube comme nous le voyons chez de nombreux Pectinîbranchcs marins (Buecinum, DoUum, Harpa, Triton, Cassis, Murex, etc.) Lorsque ce siphon est employé à l'introduction de l'eau, il y a le plus souvent encore un autre prolongement plus court de l'autre côte de la cavité branchiale, destiné à l'expulsion du liquide. Ces adaptations multiples du manteau à la fonction de la respiration donnent lieu dans quelques formes à de nombreuses modifications.

Le manteau parait aussi exister généralement chez les Céphalopodes, mais il offre avec la cavité qu'il comprend d'autres rapports que ceux qui existent chez ia plupart des Céphalophorcs. Comme citez les Ptéropodes la cavité couverte par le repli du manteau occupe la partie postérieure du dos, constituant ainsi cette portion du corps qu'on désigne ordinairement comme la faccabdominale. Pour se représenter ces rapports, il faut se figurer l'animal dans une position telle que son extrémité opposée à la bouche soit placée en haut tandis que sa tête soit dirigée en avant et en bas. L'ensemble du corps qui se trouve dans cette position au-dessus de la tête correspond alors au dos des Céphalophorcs, et la coquille est enfouie dans la portion antérieure du manteau qui entoure cette partie dorsale. Le manteau se sépare de la tète, tantôt par un pli circulaire (Sepia), tantôt il »e confond sans pli sur les côtés du cou avec les téguments de la tète (Octojm-i\do sorte que le manteau ne se dédouble que là où il s'élève au-dessus de Ij cavité palléale. Des appendices latéraux de ce manteau, petits chez les Se;''"

Fig. m.

Fig. t38. — Dcuia (chiiTuliquo montrant l> dîsiWHlian i chct kt Céphala/milti ; c. tite; p, pirlic niidiinc du p', ciiloDDnir. naii> A, indicalioii An ii>gi<Dire« ci^ii

I manteau ; A, clici Ih PUntp xlet. ri pirdifi', tanil inlcilinil: br, brioclu' <[aet ; duu B, indïcilMia des brx .

VOILE ET NAOTEAU. 453

mais présents sur toute la longueur du corps, plus large chez les LoUgo^ et limités à Textrémité postérieure du corps, fonctionnent comme nageoires.

Nous avons déjh précédemment vu qu'on ne pouvait regarder les tentacules des Bryozoaires comme homologues avec le vélum des Mollusques. Ln question de savoir si oh peut les rattacher aux bras dos Brachiopodes, notamment par Tintcrmédiaire des lophophores, reste indécise jusqu'à ce qu'on connaisse plus exactement le développement de ces bras.

Le vélum cilié mérite attention à cause de sa constance et de son importance dans les premières phases de la vie. Les cils qui Fentourent sont disposés en série simple ou agglomérés, et les points qu ils occupent offrent fréquemment un bourrelet saillant, constituant un cordon cilié comme chez les larves d*Ëchinodermes et de Vers. Ces cils se distinguent par leur grosseur de ceux qui occupent les autres parties ciliées du corps. Le cordon ciiiaire est placé immédiatement sur le corps ou s'élève au-dessus de lai, et se transporte sur les deux côtés du bord d'un lobe parlant de la partie céphalique et qui est ordinairement pourvu d'une échancrure médiane en avant et en arrière. De là proviennent les deux lobes du Telum. La forme annulaire simple est la forme primitive, la formation des lobes pairs est venue postérieurement, et donne à son tour naissance à d'autres modifications. Tandis que sur la couronne ciiiaire, les cils sont à peu près uniformes tout le tour, ils présentent lors de l'apparition des lobes, une différence, en ce que la partie du vélum située entre les lobes, là où ils se confondent avec la tète, ne porte que des cils plus petits et moins nombreux. Les larves des Lamellibranches^ ainsi que celles de la plupart des Céphalophores^ possèdent un voile cilié. Il manque ou il n'existe que des traces chez les Pulmonés, 11 en est de même chez les ChitoHM, mais la couronne céphalique est chez eux remplacée par un anneau cilié qui entoure le corps de manière que la bouche se trouve sur la partie du corps qui est en avant de celte ceinture. Les larves des Ptéropodes nus portent trois couronnes de cils. Comme dans les deux cas le premier anneau se trouve derrière la bouche, il ne semble pas qu'on puisse le comparer au vélum placé au-dessus de la bouche. 11 faut cependant remarquer que dans le vélum vibratile trè»-déve]oppé duVermet, par exemple (Lacaze-Duthiers), la bouche peut se placer dans la couronne ciliée. Il y a chez le Dentale, dans le cours du développement, une concentration des lignes ciliées distribuées sur le corps, fait qui montre les rapports directs qu'ont ces lignes ciliées isolées avec la formation d'un velum. Chacun des deux lobes du velum peut, par de nouvelles échancrures, se diviser de nouveau en parties distinctes. Chaque lobe se divise chez quelques Ptéropodes (Cymbulies) en deux appendices ciliés, il en forme trois chez quelques Pectinibranches (Ethella); le même fait a lieu chez les brves d'At' hnta. Ces parties provenant de vélums simples à un lobe peuvent atteindre une longueur coQsidérable, et comme chez divers Pectinibranches persister plus longtemps (Macgillivraya). L'extension du velum dans les deux classes, ainsi que sa présence chez les espèces vivipares, la Paludina vivipara par exemple, dont les larves ne possèdent qu'un mouvement limi^, rendent fort probable que le velum est une disposition très-anciennement héréditaire, qui, se rencontrant également chez les Lamellibranches et les Céphalophores, existait avant la séparation des deux branches. Comme une disposition semblable, du moins l'existence d'une couronne ciliée se trouve déjà chez les Vers (p. 170), on doit considérer le velum comme un organe d'une haute portée rétrospective, et nous sonunes par là autorisés à le rechercher chez les Brachiopodes. Sous ce rapport, nous devons arrêter notre attention sur un organe déjà mentionné ci-dessus, décrit par Fr. Mûller (Arch, An, Phyi, , 1860) dans une larve de Brachiopodes, et constitué par huit appendices bordés de cils placés à l'extrémité d'une tige protractilc, portant la bouche. Celle-ci est placée à la face ventrale de cet organe qui rappelle le velum it huit lobes de certains Gastéropodes. Si on peut démontrer que les bras des Brachiopodes proviennent de ce velum déjà très-développé dans la larve, la signification des Brachiopodes, même au point de vue paléontologique, devra être considérée d'un point de vue tout nouveau. La position des bras des Brachiopodes relativement à la bouche, n'est cependant pas très-fa- Torable à cette manière de voir, car la bouche se trouve entre les bras, et est entourée par des parties de ces organes (cirrhcs) sur sa face ventrale. On est ainsi amené à se demander s il ne faut pas voir là une production secondaire , question à laquelle de nouvelles observations peuvent seules fournir une réponse. Les bras présentent de nombreuies différcncet

454 HOLLU^^QUES.

dans leur longueur et leurs circonvolutions. Us sont simples chez les Morrisia^ mais par contre peuvent former jusqu'à vingt tours. Les filets, dispost's sur deux rangées, occup^'iU la partie convexe des bras ; ces filets sont contractiles, et présentent vraisemblablement un èpithélium vibralilc.

Le bord du manteau des Brachiopodes est caractérisé par la présence de soies particulières et serrées qui existent déjà chez les larves. Elles paraissent produites à peu près comme celles des Annélides, et naissent comme elles de dépressions en forme de follicules. Des formations tentaculaires constituent d'autres différenciations du manteau. Les bords du manteau de plusieurs Bivalves (Doiiax^ Madra, Pecten, Lima, etc.,) portent des tentacules parfois touffus, et cliez les derniers des organes sensitifs d'un ordre encore plus élevé (voir plus loin). Des tentacules garnissent fréquemment aussi les orifices des siphons, lesquels lorsqu'ils sont séparés, peuvtnt être distingués en siphons d'enh'ée (siphon respiratoire) et de sortie (siphon anal). Lorsque la cloison qui sépare les deux siphons se continue dans l'intérieur de la cavité du manteau, elle peut aussi former une cloison dans cette dernière; c'est le cas du Tcredo. Les feuillets branchiaux peuvent aussi contribuer à rachèvement de la cloison, et alors un des siphons se continuant dans un des compartiments, conduit l'eau aux branchies, tandis que Tautre communique avec celui qui reçoit l'eau venant de ces organes respiratoires ainsi que les déjections de rintcctin.

Page 1