VOILE ET MANTEAU. 4M
grandes dÏTisions de l'ordre, et en les suivant dans leurs nombreuses transrunuations, nous aurons l'occasion d'y reconnaître autant d'états d'adaptation.
Nous devons regarder comme appartenant à cette catégorie, un organe Irùs-rOpandu chez les larves d'Acéphales et de CéphalophorcB, le voile (vélum) (^. 126, v). C'est une expansion latérale des téguments, partant de la partie
ct'phalique et bordée d'une couronne de cils vibratiles. Elle peut être formée de deux loLies, même de quatre ou plus encore, et dans ce dernier cas, les lobes distincts prcnuent l'aspect de tentacules franges de cils. Cette disposition pouvant ûtre dérivée de la couronne ciliée primitive des Vers, peut être regardée comme un développement ultérieur d'appareils qui chez ces derniers sont plus simples. Dans plusieurs groupes, le vclum devient nidimenlaire, et peut même entièrement disparaître.
Il n'est pas encore certain que nous devions considérer comme l'bomologue du vélum, l'organe vibralilc des laives de Brachiopodes. Ceim-ci consiste en un prolongement portant la bouche,' qui peut faire saillie entre les (leuivalves de la coquille, et qui est muni latéralement d'un petit nombre de tentacules ramiGés, également ciliés et fonctionnant par conséquent comme organes locomoteurs, il est vraisemblable que cet organe simple n'est qu'une première ébauche des bras, avec lesquels le velum se trouverait ainsi [en connexion directe. Les bras des Brachîopotles sont de longs appendices du corps, traversés par plusieurs canaux, enroulés en spirale, cachés dans la cavité du manteau dans l'étal de repos, et présentant une rainure dans lu sens de leur longueur. Un des bords de la rainure faisant saillie, est garni d'une double rangée serrée de filaments contractiles ou tentacules (fig. 149). Cet appareil compliqué, vraisemblablement protractile par gonlltiment, parait avoir divers usages, analogues à ceux des organes tcntaculaires qui se rencontrent chez les Vers.
Pendant que chez les Otociirdes les organes dérivés du vclum disparaissent à l'âge adulte, on rencontre une autre expansion des téguments beaucoup plus répandue. Il existe déjà chez les Brachiopodes un repli
Fig. IM. — Urret de CéphahpKortt; A, d'un r,<uUropode; B, f\»X. potUrienri C, d'un PtirO' podt (CvBbulu); f, toile; c, eoqailiei p, pii<il; op, opercule; t, leiilKule.
des téguments qui, dans ses traits les plus généraux, ressemble à celui des Lamellibranches et les Céphalophores. On désigne sous le nom de manteau, ce double pli de la peau, qui naissant du corps en recouvre suivant son développement, une portion plus ou moins grande, ou même peut le dépasser. L'espace ainsi enveloppé s'appelle la cavité du manteau ou cavité palléale. Les deux replis du manteau s'étendent chez les Brachiopodes bien au delà de la partie du corps qui renferme les intestins, et couvrent la longue paire de bras enroulés. Gomme la coquille qu'il forme et qu'il supporte, le manteau se partage en deux lobes, Tun dorsal, l'autre ventral. Les cavités incluses dans ses replis (sinus du manteau) communiquent a vccla cavité du corps ; à leur intérieur pénètrent même certains organes.
Les Lamellibranches et les Céphalophores présentent en ce qui concerne le manteau encore des conformations un peu différentes. Avant tout le manteau
n'est chez ces Mollusques qu'un repli cutané appartenant à la partie dorsale du corps ; la face opposée à celle de son lieu de formation correspond ►' à la ftice ventrale (fig. 127, m). Chez les Lamellibranches (A) ce manteau forme deux lames continues enveloppant latéralement le corps, et sécré- Fig. 127. tant la coquille, laquelle leur corres-
pond par conséquent par sa forme et ses dimensions. En écartant les bords du manteau on pénètre dans la cavité palléale, qui en même temps fonctionne comme cavité respiratoire, car elle contient les branchies (br) situées entre le manteau et la partie du corps renfermant les viscères. L'ouverture de la cavité du manteau par laquelle a lieu soit l'introduction de l'eau et des matériaux nutritifs qu'elle apporte, soit sa sortie avec les déjections, ne subsiste à l'état de fente trèsétendue que chez un petit nombre de Mollusques bivalves. Chez la plupart il y a soudure des bords des deux moitiés du manteau, et cette occlusion plus ou moins complète de la cavité qui renferme les branchies, a pour résultat une régularisation plus grande de l'entrée et de la sortie des courants d'eau en général.
Le moindre degré de soudure des bords du manteau s'observe chez les Mytilides; il subsiste ici une ouverture antérieure plus grande et une postérieure plus petite. La première sert au passage du pied, et permet l'entrée de la nourriture et de l'eau. La seconde correspond par sa position à l'anus, et laisse laisser les déjections ainsi que l'eau qui a servi à la respiration. Chez d'autres, les Chamacées par exemple, il y a en urrièrc delà grande fente antérieure qui ne livre passage qu'au pied, deux autres ouvertures particulières qui se partagent rentrée et la sortie de l'eau. Cette disposition atteint un plus haut degré df développement chez une autre subdivision des Bivalves, où les parties duuian-
Fig. 127. — Dessin schrinn tique des rap|>orts enlrc le pied cl le manteau; yt, chci los Ijtmtliibrandtvsi /?, chez \c^ Céphalophores; wi, niautonu; p, pied; br. brancliie!»