COQUILLES. «M
mais farment derrière son sommet un long proloogcment solide.qu'on a appelé le rostre. Un a disUngué sous le nom d'osselet corne la partie des couches lamellaires d'épaissîssement qui s'étend en avant sur la base du phragmocône, Ccdemierduitélre considéré comme l'homologue de la coquille chambrée des autres Céphalopodes, tandis que la partie lamellaire qui en part, ou l'osselet corné, se présente comme un simple prolongement de la paroi de la chambre antérieure, et la pointe massive (rostre) qui est la portion la mieux conservée de toute la coquille, n'a d'autre signification que celle de simples couches d'épaississcment formées par le manteau qui enveloppait la coquille.
La coquille aplatie qui s'observe chez les Sépiàts el qui est bien connue sous le nom « d'os de Seiche » rappelle la partie solide qui existe chez les Béleranitcs, en ce qu'elle est complètement cachée dans le manteau, ayant quelquefois sa pointe postérieure saillante au dehors. Elle est formée de couches multiples, riches en substance organique, entre lesquelles s'intercalent des couches calcaires, qui lui donnent ainsi une apparence feuilletée. La lamelle la plus eitérieure qui est tournée vers la surface dite dorsale de l'animal, est d'une dureté toute particulière, et c'est elle qui se prolongeant en arrière forme la pointe postérieure; elle fournit aussi une base aux dépôts feuiU let«>s, qui, s'accumulant à sa face interne un peu voâtée, peuvent attein-
Fi?. 155. — Kaulilc dam ta coquilltr, coup^ suinnl le planmMian; i, enbnmoir ; (, lenUcnki; V, iobet cÉplidii]»»; o, œil; b, lobe dorsiil lia manhMu ; II, pointa d'unini du nualeiu itcc \» coquille ; i, portion de II coquille rttlte rn cammumcatiiHi »cc le nintde droit du muiUeu ; a. ituotMi 1, (ipbon; «', cai») «iplnanirc de I* coquille. ^I^'iprét Owen.)
dre une épaisseur souvent considérable. Ces formations testacées peuvent se déduire directement de celle des Bélemnites, surtout lorsqu'on examine les os de Seiches qui, comme ceux de la S. Orbignyiana. se prolongent en une pointe libre et forte. Cette pointe roide correspond au rostre des Bélemnites, tandis que les cavités alvéolaires de ces derniers ainsi que Tosselet corné qui part de leur partie dorsale sont homologues de toute la partie restante de Tos de Seiche. Les cloisons qui dans les alvéoles des Bélemnites réunissent les chambres du phragmocône sont constituées dans Tos de Seiche, par des lamelles plates ou un peu concaves. Au lieu de former des chambres séparées, les couches se suivent immédiatement, et la coquille compliquée des Bélemnites passe ainsi par réduction à un état inférieur, qui correspond à celui de la coquille de la Seiche. Celle des LoUginés est encore plus réduite, car elle n'est plus qu'une lame cornée (Calamus) allongée, flexible et cachée dans la partie dorsale du manteau. Sur son milieu s'élève une crête saillante, plus marquée en dessus qu'en dessous , et se continuant sur les côtés dans les bords de la lame cornée. Cette coquille rudimentaire correspond à la partie extérieure convexe et plus riche en matière organique de la coquille des Seiches; elle est aussi homologue à la lame cornée de la coquille dos Bélemnites. — Enfin on trouve dans le genre Octopus, dont le manteau n'esl point séparé de la tête dans la région du cou, une paire de minces plaques enfouies dans les téguments, qui paraissent être les dernières traces d'une formation testacée provenant du manteau , et complètent ainsi le parallélisme avec les parties solides déjà décrites chez les Céphalophores.
En ce qui concerne leur structure intime les coquilles des Brachiopodes se distinguent de celles des Lamellibranches par un moindre développement de la couche interne, el par une position différente des prismes, qui sont inclinés sur la face de la coquille. La stnicturides coquilles bivalves parait être des plus variées, et présente des particularités dép^ndanl de l'absence ou de la prédominance de certaines couches. Tantôt la couche de prism»* manque entièrement (Cyclas), tantôt elle forme la partie la plus importante de la coquille {Pinna). Il en est de même pour la couche nacrée. On trouve également dans beaucoup do o>quilles de Lamellibranches (Cyclas) des canaux étroits, mais ils ne sont pas aussi répaudu> qu'on l'admettait autrefois, alors qu'on ignorait que dans beaucoup de coquilles bivalves — comme aussi dans celles des Céphalophores, — il y a des canalicules très-fins, ramifiés \k)ar la plupart, qui sont le résultat de l'action d'organismes parasites (Champignons). La couclio extérieure cuticulaire (périostracon) des coquilles, qui n'est formée que d'une sub>laiia' organique, est .souvent colorée. Comme les deux valves de la coquille sont immédiatomont réunies par le ligament de la charnière, lequel est une production du manteau dci)ounue i\c toute incrustation calcaire, elles forment un tout, et peuvent à ce point de vue être con^iti«T«t'^ comme une sécrétion continue, et rapprochées des productions testacées des Céphalophon'>. ce qui n'est pas possible, lorsqu'on fait abstraction du ligament.
C'est chez les larves du Dentale qu'on voit le plus évidemment ressortir les rapporh '^•' parenté qui relient les deux conformations ^ la coquille de ces larves ayant un asptcl IhiI différent de celui qu'elle a chez les larves des autres Céphalophores. Elle présente des Itjo^ de symétrie bilatérale, en ce qu'elle semble formée de deux valves passant l'une à l'autre 5iir le point où devrait se trouver la charnière. ( Lacaze-Duthiers. ) L'activité sécrctrire *1" manteau n'est point limitée d'ailleurs à la production de la coquille. CheE les MoUusipirs prforants (Teredo) la face interne du tube est revêtue d'une couche calcaire sécrétée p.tr K manteau, et chez VAspcrgillum, cet organe sécrète un tube calcaire qui entoure le fotp entier de l'animal, et dans lequel les valves rudimentaires de la coquille restent compriM»^.
Il u'v a presque pas ou même pas de formes parmi les Céphalophores qui manquent di* nv-
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quille, à l*état larvaire, cai* {>armi les Ptéropodes on a reconnu chez les Gymnosomata des larves à coques. On retrouve la structure délicate des coquilles embryonnaires dans les coquilles de beaucoup de Ccphalophores , très-divers d'ailleurs dans leur forme. Les étuis fragiles de la pluprt des Ptéropodes {Hyalea, Chreseiê), d*IIétéropodes (Carinaria), de beaucoup de Gastéropodes, se présentent comme une simple couche dont on peut tout au plus distint^ier un rcvêtemement eiterne comme cuticule. Ihins les coquilles épaisses on peut reconnaître des lits de petites plaques qui même peuvent être disposées en plusieurs couches et présenter des dispositions diflcrentes dans chacune. La plupart de ces productions testacées îles Gastéropodes se ressemblent par leur structure.
Les coquilles internes et molles des Cymbulides constituent une conformation très-particulières de cette famille des Ptéropodes ; elles diffèrent des autres productions testacés autrement que par leur forme et Tabsence d'incrustations calcaires. D'après les observations de krohn {Beitràge z. Enfùjick, d. Pteropoden «. Heteropoderiy Leipzig, 1860) , ces animaux possèdent notamment pendant Tétat larvaire une coquille enroulée , enveloppe transitoire qu'on doit considérer comme homologue de celles qui sont permanentes chez les autres Cépbalophores, c'est-à-dire conune une partie héritée de la souche commune. La coquille hyaline molle qui se forme dans le manteau après la disparition de la coquille calcaire qui la précédait, est une formation acquise plus tard, qu'on pourrait peut-être considérer comme faisant partie du tissu du manteau, et comparer en quelque sorte au disque gélatineux d'une Méduse craspédote. La coquille héréditaire parait avoir du reste dans quelques cas une consistance également hyaline. Les larves de Marsenia possèdent une coquille pareille, sous laquelle il s'en produit plus tard une autre qui est calcaire. (Krohn, Arch, M. y 1855).
Une autre pièce semblable à la coquille par sa contcxturc est celle qui se trouve sur la partie dorsale du pied des Tectinibranches et qu'on nomme Y opercule. Par contre on ne saurait rapporter aux formations testacées des autres Ccphalophorrs, bien qu*elles soient comme celles-ci liées au manteau, les huit pièces mobiles placées les unes derrière les autres, qui composent la coquille du ChUon, En effet, abstraction faite de la segmentation qui résulte de larrangement successif des pièces de cette enveloppe, leurs rapports avec les téguments doivent les faire écarter complètement de celte catégorie de formations testacées.
En ce qui regarde les coquilles des Céphalopodes nous avons à séparer des productions indiquées précédemment, les coquilles des Argonautes femelles qui sont exclusivement cxlérteurcs et n'oifrcnt ni cloisons, ni indices de chambres! Elles paraissent être formées par les deux bras à expansions lobées dont la face interne est richement pourvue de glandes.
lai classification tire un grand parti de la diversité dans la forme et la structure des productions testacées des Mollusques.
Sur la structure intime des coquilles des Brachiopodes et des Lamellibranches, voy. Bowerbank, Transact» Microêcop. Soc, 1844; Carpenter dans Cyclopœdia of Anat. andPhysiology, IV, et Leydig, Lehrbuch der Histologie.