COMPARAISON DES MEMBRES ANTÉRIEURS ET POSTÉRIEURS
Ce chaiigeraent de position des parties du squelette de l'avant-bras et la fixation sur lui de la main, s^expliquent par une rotatioji de Vhumérus sur son axe longitudinal, qui commence déjà chez les Amphibiens, se prononce davantage chez les Reptiles, el parmi les Mammifères atteint, chez THomme, son degré culminant. Comparée à son état primitif, elle arrive a 160'^ ou 170", et Ton peut en partie démontrer qu'elle se manifeste pendant l'ontogenèse. Si on tient compte de ce fait, la réduction du squelette brachial comparé à celui du pied, n'offre pas d'aulres difficultés, et n'est que le résultat de différences dans le volume de ses diverses parties, de l'intervention de soudures et de fusions, et de quelques modifications insignifiantes dans la forme. Nous admettons donc que les deux catégories de membres sont formées d'une série principale de parties de squelette commençant à l'épaule et à la hanche, qui s'étend par l'humérus et le radius jusqu'au pouce, et par le fémur et le tibia jusqu'au gros orteil, et sur laquelle les pièces situées latéralement s'ajoutent de la même manière que nous Tavons déjà précédemment expliqué à propos des extrémités primitives du squelette.
Pour la comparaison de ces parties du squelette, il est de la plus haute importance qu*on les coni^idère à leur état primitif, ou à un état qui en soit voisin, car ce n'est que dans ces conditions non encore différenciées qu'on peut bien reconnaître la ressemblance des deux espèces de membres. Les différenciations ultérieures augmentent proportionnellement à leurs progrès, la difficulté de la comparaison. Les parties s'éloignent et divergent dans toutes leurs dispositions dans la mesure des différences qui existent entre leurs affectations.
APERÇU DE l'B0M0U)GIE DES PARTIES DU SQUELETTE :
Ceinture scapulaire.
Ceinture pelvienne.
Omoplate Procoracoïde
Diiim Os pubis
Coracoïde
Ischion
Clavicide
manque
Extrémité antérieure.
Extrémité postérieure.
Humérus
Fémur
( Radius \ Cubitus
Til>ia Péroné
Carpe,
Tarse
Transformé. Forme primitive.
Forme primitive.
Tranêformé.
Scaphoïde Radial Semi-lunaire Intermédiaire
Tibial Intermédiaire | i
Astragale des Mammifères.
Pvramidal Cubital
Péronéal
Calcanéuni
Central (.entrai
Central =
Scaphoïde
(Intemiedium Cuvier)
Trapèze Larpien 1 Trapézoide , Carpien 2
Tarsien 1 Tarsien 2 ~
yaviculaire) Cunéiforme 1 Cunéiforme 2
Os maximum — Carpien 3
Tarsien 3 =
Cunéiforme 3
Cunéiforme = ^J^Zl
Tarsien 4 1
Tarsien 5 (
Cuboïde
D'après ce que nous avons dit préccdcrament (p. 642), la naissance de la clavicule suffit pour montrer que cet os n'appartient qu'à la ceinture sc^ipulaire, et qu'il faut renoncer à en chercher Téqui valent dans la ceinture pelvienne. Parmi les nombreux écrits traitant de la comparaison des deux extrémités, nous signalerons comme les plus importantes : Ch. Martins, Nouvelle comparaison des membres pelviens et ihoraciqucs chez l homme et les mammifères (Mém. Ac. des Se. et Lettres de Montpellier^ III, 1837) ; du même auteur : Osiéologie comparée des artictdations du coude et du genou (Id., 111, 1862). — Sur la démonstration de la rotation de rhumérus, voy. mou Mémoire dans Jejiaische Zei^icAri/l, IV, p. *iO.
Système musculaire.
L'appareil actif de la locomotion du corps des Vertébrés est, par suite de la formation d'un squelette intérieur, sorti des conditions plus simples qui! présentait dans les divisions animales inférieures, où existent des appareils de soutien d'ordre moins complexe, et dépourvus de toute segmentation. L'enveloppe musculo-dermique des Vers qui représente essentiellement leur système général de locomotion, est devenue dans le type vertébré le système musculaire entourant le squelette. Elle est remplacée par des parties musculaires liées aux pièces solides de la charpente qu'elles niellent en mouvement, et avec le degré de développement desquelles elles ont les rapports les plus intimes. L'absence de quelques pièces du squelette entraine relie des parties musculaires correspondantes; celles-ci, au contraire, se développent à un haut degré, là où les pièces à mouvoir présentent un accroissement important de volume ou de mobilité. L'adaptation se trouve donc exprimée de la sorte à un degré prononcé dans toutes les parties de ce système, et c'est précisément dans ces portions du squelette dont Thomologie est facile à comprendre, qu'on trouve souvent un système musculaire dont les rapports sont fort compliqués.
Nous ne sommes encore qu'à la naissance de l'anatomic comparée de ce système d'organes, des points de repère pour rattacher entre elles ses diverses formes dans les grandes divisions des Vertébrés, nous manquent pour la plupart des cas.
Les muscles consistent toujours en fibres distinctes, réunies en masses, ayant les formes les plus diverses, dont les faisceaux sont séparés des parties voisines par du tissu connectif. Les muscles séparés, placés à côté les uns des autres et fonctionnant dans le même but, forment ainsi des groupes do muscles dont la réunion constitue de nouveau les divisions principales et plus grandes du système musculaire.
On distingue dans l'ensemble de la musculature du corps de l'animal vertébré, les muscles de la peau et ceux du squelette interne.
Nous devons remarquer, en ce qui concerne le système mitsiulaive dermique, qu'il n'a|)parait que dans les divisions supérieures, et constitue ainsi une différenciation dont le système musculaire du squelette forme prolwlilt*ment la base. C'est ce qui semble être évident dans les cas où les musoles s'inséraiil par une de leurs extrémités sur les téguments, sont par l'autre on
connexion directe avec le squelette. Ils ne doivent donc pas être considérés comme une continuation directe de TeuTeloppe dermo-musculaire des Inver- . lébrés, bien qu'ils en proviennent indirectement, comme le système musculaire tout entier. Il faut encore distinguer les muscles composés d'éléments lisses, faisant partie des téguments eux-mêmes, et dont nous avons déj^ fait mention en traitant de ces derniers (p. 548).
Les muscles dermiques semblent manquer chez les Poissons, mais ils apparaissent chez les Amphibiens, On les rencontre en partie sur la tête, où ils concourent au mouvement des orifices des narines ; en partie — chez les Anoures — dans le voisinage de la région anale, où ils ont été désignés par Dugès sous les noms de pubo-dorso-cutanés et coccy-dorso-cutanés. Des muscles placés sur les orifices externes des narines se trouvent aussi chez les Repaies, où Tappareil dans son ensemble prend un assez grand développement. Chez les Serpents les muscles dermiques prennent une importance physiologique considérable. De petits faisceaux musculaires qui se rendent aux écailles de la peau du ventre, renforcés de quelques portions du même tissu partant des côtes, déterminent dans les écailles un mouvement qui exerce quelque influence sur la locomotion.
Les Oiseaux présentent sur différentes parties du corps, telles que la portion postérieure de la tête, le cou et la région abdominale, de grands muscles dermiques plats, servant à mouvoir de grandes étendues de la peau avec les plumes qui y sont implantées. D'autres prennent leur origine sur le squelette, comme, par exemple, ceux qui pénètrent et s'étendent dans la peau de Taile, qu'on a distingués en M. patagii major et minor. Des muscles appartenant à cette même catégorie, sont ceux qui servent à produire le mouvement des rémiges des ailes et des rectrices de la queue ; ces derniers étant désignés sous les noms de Qtiadratu» eoccygis et Pubo-coccygens.
Le système musculaire dermique est développé à un degré beaucoup plus élevé chez les Mammifères. Il y a ordinairement sous les téguments du tronc un grand muscle couvrant la partie dorsale du corps, et se continuant de là sur le cou et la tête, qui s'insère par des éléments tendineux sur différents points de la peau. Il présente aussi dans la partie antérieure une insertion sur l'humérus. Ce muscle dermique est ordinairement séparé du système musculaire du tronc par des couches de graisse et de tissu connectif. C'est à son extrême développement chez VÉchidné^Xe Dasypus et le Hérisson, que ce» animaux doivent la possibilité de se rouler en boule. Il parait même être chez ce dernier, séparé en plusieurs portions distinctes. Le grand muscle dermique possède chez la plupart des Singes, la même étendue qu'il présente chez les autres Mammifères, sa partie antérieure étant seulement plus indépendante. Elle forme chez TOrang et le Chimpanzé une plaque musculaire occupant les côtés du cou et se prolongeant de là sur la face ; on la retrouve moins développée chez l'Homme, où elle porte le nom de platysma mycUdes,
Les seules recherches comparatives sur les muscles qui aient été faites sur une grande échelle, sont celles de J. Moller ( Jfyxtnoides, i). Presque tous les autres ouvrages s'en tiennent
à de simples descriptions ; il en résulte un champ encore presque inexploré, et ouvert aui recherches d'anatomie comparée. Ces descriptions peuvent tout au plus compter comme les précurseurs de travaux préparatoires. Les traités de Cuvier et Meckel contiennent de nombreuses données sur les muscles. Sur ceux des Poissons [Perça fluvialilis) : Cuvier et Valent iennes, Hist.nat. des Poissons. I. Sur les Amphibiens : Dugès (o. c.) et Ecker, Anat. des Frosche$, Brauqschweig, 18G5. Pour les Reptiles : Bojanus (o. c.) ; d'Alton, Arch. Anat. Phys., 1834; Buttmann, De musc. Crocodilis, Halîe, 1828; Heusinger, (Ophidiens uud Sauriens), ZetUch. f, organ. Physik., 111, p. 481 ; Saint-George Mivart, (Iguana), Proceed. Zool. Soc., ISGC, p. 7(îG ; Stannius, llandh. d. Zooiomie, II, 2. Pour les Oiseaux : Schops, MeckeVsArchiv., lY; Meckel, irf., V; d'Alton, Destrigum musculis, Hal., 1837;Owen, Aptéryx, (/. c). Pour les Mammifères : Cuvier, Recueil de planche* de Myologie, Paris.