‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain [electronic resource] (volume 2)Chapitre 139 sur 217 · JI · texte numérisé non relu

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PJ. 122. (ig. 5.

points rougeâtres, qui paraissent dans diverses parties de leur étendue, s’agrandissent peu à peu, se réunissent, et finissent par les envahir entièrement. Quand ils sont ossifiés, on observe qu’ils sont enveloppés à l’extérieur par une couche mince de tissu compacte , et formés à l’intérieur par du tissu spongieux.

4° Épiglolte , ou Jibro-carlilagc cpiglotlique. Ce fibro-cartilage est placé entre la base de la langue et le larynx. Sa direction varie. Vertical dans l’état ordinaire, il devient horizontal en s’abaissant sur l’ouverture supérieure du larynx , au moment de la déglutition , et forme ainsi une sorte d’opercule qui s’oppose à l’introduction des substances alimentaires dans les voies aériennes. Il est allongé, aplati, recourbé sur lui -même; large et arrondi en haut, il est terminé en pointe à son extrémité inférieure. Sa face antérieure est convexe transversalement, et concave de haut en bas. Il est recouvert par la membrane muqueuse de la bouche, qui forme entre lui et la base de la langue trois replis, un moyen très-marqué, et deux latéraux moins prononcés. Plus bas il est séparé de la membrane thyro-hyoïdiennc par la glande épiglottique. La face postérieure de l’épiglotte est concave transversalement, convexe de haut en bas, et revêtue par la membrane muqueuse du larynx. Sa circonférence, libre en haut, est fi.xée sur les côtés aux cartilages aryténoïdes par un repli de la membrane muqueuse, et s’attache en bas, par un cordon fibreux , à l’angle rentrant du cartilage thyroïde.

Le fibro-cartilage epiglottique est plus épais en bas qu’en haut , et au milieu que sur ses côtes. Son tissu est jaunâtre, fort élastique. Ses deux faces , et surtout la postérieure, sont criblées de petits trous arrondis qui logent des glandes muqueuses.

2° Arliculalions des cartilages da larynx.

r).)2*i,(ig.i3, jj, >5.

Les cartilages du larynx sont unis entre eux et aux parties voisines , au moyen de ligamens qui les retiennent, et leur permettent néanmoins d’exécuter des mouvemens aussi nombreux cjue variés. Nous allons examiner successivement ces liens fibreux , suivant qu’ils appartiennent aux articulations thyro-hyoïdiennc, crico-thyroïdiennes , crico-aryténoïdienne , thyro-aryténoïdienne , aryténoïdienne , thyro-épiglottique arytcno-cqnglottique.

Articulation thyro-hyoïdiennc . Le bord supérieur du cartilage thyroïde est uni à l’os hyoïde , placé au-dessus , par une membrane fibreuse nommée thyro-hyoïdiennc ou ligament thyro-hyoïdien. Plus courte et plus épaisse au milieu que sur ses côtés, cette membrane s’attache en haut à la partie inférieure du corps et des grandes cornes de l’os hyoïde, et se termine en bas au bord supérieur du cartilage thyroïde. Le bord postérieur de cette membrane est formé par un cordon fibreux, arrondi, qui se porte de l’extrémité de la grande corne de l’os hyoïde à la partie correspondante de la grande corne du cartilage thyroïde , et renferme souvent dans son intérieur un ou plusieurs petits noyaux cartilagineux ou osseux arrondis. La face externe de la membrane thyro-hyoïdienne est convexe , et recouverte par les M. sterno-hyoïdiens et thyro-hyoïdiens. .Sa face interne est concave > répond à l’épiglotte, dont elle est séparée par la glande épiglottique, et se trouve en partie recouverte par la membrane muqueuse du larynx.

2° Articulation crico-lhyroïdicnne. Le cartilage thyroïde s’articule avec le cricoïde en avant et de chaque côté.

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

A. Articulation crico-thyroidicnne moyenne. En avant, on trouve comme moyen d’union Pl.i2i,fig i3, la membrane crico-thyroïdienne , laquelle est fibreuse, s’attache d’une part à la partie antérieure du bord supérieur du cartilage cricoïde, et va se terminer de l’autre au milieu du

bord inférieur du thyroïde. Cette membrane est formée, au milieu, de fibres longitudinales ; sur ses côtés, elle se perd en dehors de la membrane muqueuse du larynx , qu’elle fortifie. Elle est recouverte en avant par les tégumens et les M. crico-thyroïdiens. En arrière, elle est tapissée par la membrane muqueuse du larynx.

B. Articulations crico-thyro'idienncs latérales. De chaque côté, les petites cornes du carti- j.

lage thyroïde sont articulées avec les facettes que leur présentent les parties correspondantes du cartilage cricoïde. On trouve une petite membrane synoviale assez lâche entre

ces deux surfaces, qui peuvent glisser l’une sur l’autre, et sont assujetties par deux faisceaux fibreux. De ceux-ci, l’un est antérieur', il naît au-devant de la petite corne du cartilage thyroïde, se porte en bas et en avant, et se termine au cricoïde. L’autre est postérieur , et plus considérable que le précédent ; il naît de la partie postérieure de la petite corne, et remonte en s’élargissant, pour se terminer en arrière du cartilage cricoïde , au-dessous de son union avec le cartilage aryténoïde correspondant. On trouve encore quelques fibres irrégulières qui , indépendamment des deux faisceaux décrits , fortifient l’articulation crico-thyroïdienne.

3“ Articulation crico-aryténoïdienne. Les cartilages aryténoïdes sont articulés par leur Pl.121.fig.14. base et au moyen d'une surface oblique, avec la partie postérieure de la circonférence supérieure du cartilage cricoïde sur lequel ils reposent. Les surfaces articulaires sont revêtues d’une membrane synoviale lâche, et maintenues en rapport par des fibres ligamenteuses; celles-ci forment en arrière un petit faisceau aplati et triangulaire, qui se porte du cartilage aryténoïde à la partie correspondante du cricoïde.

4® Articulation thyro-aryténoïdienne. Les cartilages aryténoïdes sont unis , de chaque côté, Pl.i2i,firr.,5. au thyroïde par l’intermède d’un ligament très -fort qu’on nomme thyro-aryténoïdien. Pl.i22,fig.4. G est un cordon fibreux , ari’ondi , à fibres parallèles , qui naît de la saillie antérieure de la base du cartilage aryténoïde, se dirige horizontalement en avant et en dedans , et vient se terminer dans l’angle rentrant du cartilage thyroïde, en se confondant avec celui du coté opposé. Ce ligament répond en dehors au M. thyro-aryténoïdien, qu’il sépare du M. crico-aryténoïdien latéral. En dedans il est revêtu par la membrane muqueuse du larynx. Les deux ligamens thyro-aryténoïdiens ont été nommés les cordes vocales.

50 Articulation aryténo'idienns . Les cartilages aryténoïdes sont unis entre eux par un faisceau fibreux, qui se porte transversalement de l’un à l’autre. Ce faisceau est peu marqué, et souvent n’existe pas.

6® Articulation thyro-épiglottique. Le cartilage épiglottlque fournit à son angle inférieur un faisceau fibreux, arrondi, long d’un demi-pouce, qui vient se terminer à l’angle rentrant du cartilage thyroïde, au-dessus de l’insertion des ligamens thyro-aryténoïdiens.

3“ Muscles du larynx.

Le larynx peut se mouvoir en totalité, s’élever, s’abaisser, par l’action de M. extrinsèques qui s y attachent d’une part, et se fixent de l’autre aux parties environnantes,

I J. 122, fig. I

rl. 122, Iig-2,

n. 122, fig.3 .

PI. 122, fig, 3.

244 MANUEL

comme les M. sterno - thyroïdiens , thyro -hyoïdiens , constricteurs inférieurs du pharynx, etc.; mais les différentes pièces cartilagineuses qui le composent , mobiles les unes sur <

les autres, e.xécutent aussi des mouvemens particuliers qui leur sont imprimés par d’autres muscles. Ces derniers leur appartiennent en propre , et forment les M. intrinsèques du larynx. Ce sont, de chaque côté, les M. crico-thyroïdien, crico-aryténoïdien postérieur, crico- aryténoïdien latéral, thyro-aryténoïdien , et, sur la ligne médiane, le M. aryténoïdien.

1° Muscle crico-thyroïdien. Placé au-devant du larynx, ce muscle est aplati, quadrilatère, et souvent séparé en deux parties par une ligne celluleuse. 11 se fixe en avant et sur les côtés du cartilage cricoïde, et de là se dirige obliquement en haut et en dehors , pour venir se terminer au bord inférieur, à la petite corne, et un peu à la face externe du cartilage thyroïde. Entre lui et son semblable, on voit un espace que remplit la membrane crico-lhyroïdienne. Il est recouvert en avant par le M. sterno-thyroïdien , et repose en arrière sur la membrane crico-thyroïdienne. Le M. crico-thyroïdien a pour usage de rapprocher en avant les cartilages cricoïde et thyroïde , en leur faisant éprouver une sorte de mouvement de bascule qui les éloigne l’un de l’autre en haut, et dont l’axe se trouve au niveau de l’articulation des petites cornes du thyroïde.

2° Muscle crico-aryténoïdien postérieur. Ce muscle est placé à la partie postérieure du larynx. Il est mince, aplati, triangulaire; il se fixe sur la face postérieure du cartilage cricoïde ; de là ses fibres se portent en arrière de la base du cartilage aryténoïde , les supérieures, plus courtes, presque transversalement en dehors; les autres, d’autant plus longues et plus obliques qu’elles sont plus inférieures, en haut et. en dehors. L’insertion de ce muscle est aponévrolique , et se fait au cartilage aryténoïde , entre les M. crico-aryténoïdien latéral et aryténoïdien. Il a pour usage de tirer en arrière et en dehors le cartilage aryténoïde, de l’écarter de celui du côté opposé, et d’agrandir ainsi l’ouverture supérieure du larynx.

3° Muscle crico-aryténoïdien latéral. Ce muscle est situé sur les côtés du larynx. Il est aplati, allongé et quadrilatère. Il se fixe sur les côtés du bord supérieur du cartilage cricoïde ; de là ses fibres se dirigent en arrière et en haut, et viennent se terminer, par de courtes aponévroses , en dehors et en avant de la base du cartilage aryténoïde. En bas il est libre ; en haut il avoisine le M. thyro-aryténoïdien; en dedans il est recouvert par la membrane muqueuse du larynx ; en dehors il est séparé du cartilage thyroïde par du tissu cellulaire.

Ce muscle a pour usage de tirer en avant et en dehors le cartilage aryténoïde.

4^ Muscle thyro-aryténoïdien. Ce muscle est placé derrière le cartilage thyroïde. Il est mince, aplati, de forme irrégulière. Il se fixe en bas de la face postérieure du cartilage thyroïde, près de son angle rentrant, de là se dirige en arrièi’e et en dehors, en se rétrécissant, et se termine au-devant du cartilage aryténoïde, au-devant de l’insertion du M. crico-aryténoïdien latéral, avec lequel il semble se confondre par sa partie inférieure ; en dehors il est en rapport avec le cartilage thyroïde, et en dedans avec la membrane muqueuse du larynx. Ce muscle a pour usage de tirer en avant et en dedans le cartilage aryténoïde. Comme ses fibres doublent au dehors le ventricule du larynx quand elles se contractent, elles diminuent la profondeur de cette excavation , et tendent à expulser les muepsités qu’elle peut renfermer.

5° Muscle arylcnoïdicn. Placé en arrière du larynx , dans l’inlervalle des deux cartilages ’22,fi£;.2. aryténoïdes , ce muscle est mince et aplati. Ses fibres sont, les unes obliques , et vont se porter de la base du cartilage arytéftoïde droit au sommet de gauche , en s’entre-croisant avec des fibres qui ont une direction opposée; les autres sont transversales, et s’attachent à la partie moyenne des deux cartilages. Quelques-unes des fibres obliques se perdent dans les replis muqueux qui unissent le cartilage aryténoïde aux parties latérales de l’épiglotte. Ce muscle a pour usage de rapprocher l’iin de l’autre les deux cartilages aryténoïdes, et de diminuer dans le sens transversal l’ouverture supérieure du larynx.

4° Des glandes du larynx.

On observe autour du larynx des glandes destinées à verser dans la cavité de cet organe l’humeur qui en lubréfie la surface ; ce sont les glandes aryténoïdes et la glande épiglottique. On trouve en outre, autour de sa partie inférieure, un corps d’apparence glanduleuse , qu’on a nommé la glande ou le corps thyroïde. Bien qu’on ignore entièrement les usages de ce dernier organe , et même s’ils ont rapport ou non au larynx , nous le ferons connaître ici, pour nous conformer à l’usage.

Glande épiglollique. On donne ce nom à un amas plus ou moins considérable de Pf >22,% .5. grains glanduleux , plongés au milieu d’un tissu cellulaire graisseux, et placés dans un Pf i23.fi£;. .5. espace triangulaire qu’on observe derrière la membrane thyro-hyoïdienne , au-devant de l’épiglotte et au-dessous des replis muqueux qui se portent de ce fibro-cartilage à la base de la langue. Souvent on ne peut distinguer la glande épiglottique du tissu graisseux qui la renferme. Presque toujours elle envoie des prolongemens sur les bords de l’épiglotte, entre les replis muqueux qui l’entourent. Les grains dont elle est formée sont en partie logés dans les ouvertures de Tépiglotte, et leurs conduits excréteurs traversent la base de ce fibro-cartilage , pour venir verser à sa face interne le mucus , produit de leur sécrétion.

2° Glandes aryténoïdes . On donne ce nom à deux rangées de follicules glanduleux placés ■Pl.i23,l!g. 3. de chaque côté du larynx, dans les replis que présente la membrane muqueuse, en se portant de l’épiglotte aux cartilages aryténoïdes, et de ceux-ci au cartilage thyroïde. Ces glandes sont formées de petits grains arrondis, assez consistans, d’une couleur grisâtre ; elles ont la forme d’un L, dont la branche verticale, placée dans le repli aryténo-épigiottique , correspond en arrière au cartilage aryténoïde, tandis que la branche horizontale, un peu moins saillante que la précédente, longe le repli qifi borne en haut le ventricule du larynx.

3° Glande ou corps thyroïde. On nomme ainsi un organe d’apparence glanduleuse, dont PI. 123, i, les usages sont totalement Inconnus. Placée à la partie antérieure et inférieure du larvnx , ''

qu’elle recouvre ainsi que les premiers anneaux de la trachée artère , la glande thyroïde offre beaucoup de variétés dans son volume, suivant les âges et les individus. Elle est en général proportionnellement plus considérable chez les enfans que chez les adultes, et dans les femmes que dans les hommes. Elle est composée de deux gros lobes ovoïdes aplatis d’avant en arrière, plus volumineux en bas qu’en haut, et réunis ensemble sur la ligne médiane, par un prolongeinent transversal qu’on nomme V isthme de la glande ihy-

MANUEL

roïdc. Sa face antérieure est convexe, ei recouverte par les M. sterno-thyroïdlens , sternoliyoïcliens, peauciers, omoplato-Iiyoïdicns et sterno-inastoïdiens. Sa face postérieure est concave, et appliquée sur la partie inférieure du lajjpnx et les premiers anneaux de la trachée artère. Scs bords postérieurs et latéraux répondent à divers nerfs et vaisseaux • placés devant la colonne vertébrale. Son bord Inférieur est échancré à sa partie moyenne, au-dessous du cartilage cricoïde; son bord supérieur est inégalement convexe.

IM. i;îj,(if;.2. La glande thyroïde est entourée d’une membrane celluleuse fort mince. Son tissu est ordinairement assez mou, d’une couleur brune rougeâtre, plus ou moins foncée suivant les individus , et souvent comme marbré par des taches violacées ou jaunâtres. 11 est formé de lobules unis entre eux par du tissu cellulaire assez serré, et séparés par des vaisseaux artériels et veineux qui rampent dans leurs Intervalles. Chacun des lobules de la glande thyroïde est lui-même composé de granulations peu distinctes , entourées d’une humeur onctueuse, gluante, laquelle paraît contenue dans le tissu lamineux qui les unit. Souvent on trouve aussi dans ce corps de petites vésicules dont le nombre et la grosseur sont fort variables. Elles sont ordinairement remplies d’un liquide épais , jaunâtre , brunâtre ou lactescent, et souvent d’apparence purement séreuse. On n’a pas encore pu trouver de conduit excréteur à la glande thyroïde, qui reçoit des artères très - volumineuses et ^ donne naissance â des veines nombreuses et fort larges. Les nerfs qui pénètrent dans cet

organe viennent des pneumo-gastriques et des ganglions cervicaux.

DU LARYXX CONSIDÉRÉ EX GÉxÉRAL.

Considéré dans son ensemble, le larynx a la forme d’un cône renversé, dont le sommet tronqué est dirigé en bas vers la trachée artère , avec laquelle il communique , et dont la base regarde en haut, vers la langue. On distingue au larynx deux surfaces, l’une externe et l’autre interne, et deux extrémités, l’une supérieure et l'autre inférieure, firr I Sm'facc cxlériciire da larrjnx. Elle offre en avant, et de haut en bas, la membrane

'thyro-hyoïdienne, qui suspend le larynx à l’os hyoïde; l’angle saillant du cartilage thyroïde ; les deux surfaces obliques situées sur ses cotés et la ligne saillante qui les traverse obliquement en arrière; une surface triangulaire que couvre le M. constricteur inférieur du pharynx; les petites cornes du cartilage thyroïde et leurs articulations avec le cartilage cricoïde ; la mejnbrane crico-thyroïdienne ; les deux M. crico-thyroïdiens et une partie du cartilage cricoïde.

1*1 i22.fit>,2. En arrière, la surface extéfieurc du larynx est manifestement aplatie, pour s’accommoder à la forme de la région cervicale de la colonne vertébrale, avec laquelle elle se trouve en rapport. Elle ollre successivement de haut en bas, le M. arylénoïdien ; la ligne médiane et postérieure du cartilage cricoïde; les deux M. crico-aryténoïdiens postérieurs; un espace triangulaire, vide, placé de chaque côté entre les cartilages thyroïde et cricoïde, borné en dehors par le bord postérieur du premier de ces deux cartilages, et tapissé par la membrane muqueuse du pharynx.

1*1. i2btig. I. 2° Surface mtérieure du larynx. Elle est revêtue dans toute son étendue par une mem- , brane muqueuse. Eu bas elle est formée par le cartilage cricoïde , offre comme lui une forme annulaire, et ne peut changer de dimensions ; vers le milieu, elle présente de

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

cliflcjuG côté les cot'dcs vocales ou les ligamens inJcviciiTS de la glollc , lcs(juels sont foi mes par les ligainens tliyro-arytenoïcliens ^ recouverts par la memlnane muf|ueuse. xVu- dessus (les cordes vocales on trouve deux cavités allongées j plus ou moins piofondeS) étendues des cartilages aryténoïdes à l’angle rentrant du thyroïde; on les appelle les sinus ou les ventricules du larynx. Ces ventricules sont bornés, en haut, par un repli de la membrane muqueuse, qui est parallèle aux cordes vocales, et qu’on a nommé le ligament supérieur de la glotte.

L’intervalle qui existe entre les ligamens supérieur et inférieur d’un côté et ceux du pi.122, iig, \ côté opposé, a reçu le nom de glotte. Cette ouverture est horizontale, oblongue, ou plutôt a la forme d’un triangle allongé dont les angles seraient obtus. Elle a dix à onze lignes d’étendue d’avant en arrière chez l’homme adulte. En arrière , elle est formée par l’écartement qui reste entre la base des deux cartilages aryténoïdes, et présente deux ou trois lignes de diamètre; mais en avant elle se rétrécit de plus en plus, par le rapprochement des ligamens qui la circonscrivent : elle a des dimensions variables , suivant les individus et les mouvemens qu’exécutent les uns sur les autres les cartilages du larynx. Au-dessus des ventricules la cavité du larynx offre , de chaque côté , une surface triangulaire un peu concave , qui vient se terminer à l’ouverture supérieure de l’organe , et que forme la membrane muqueuse en se portant des cartilages aryténoïdes à l’épiglotte.

3° Extrémité supérieure du larynx. Elle est beaucoup plus large que l’inférieure. Elle est pi. i2j,fig.4 formée en avant et de chaque côté par le bord supérieur du cartilage thyroïde. Derrière ce cartilage on trouve une membrane fibro-celluleusc , qui se porte au-dessous de la membrane muqueuse, depuis la partie inférieure du corps de l’os hyoïde jusqu’à la face antérieure de l’épiglotte. Cette membrane, plus épaisse au milieu que latéralement, ferme en haut l’espace triangulaire dans lequel est placée la glande épiglottique. Plus en arrière , on voit l’épiglotte unie en avant à la base de la langue par les trois replis muqueux indiqués, et en arrière aux cartilages aryténoïdes par deux autres replis obliques et triangulaires qu’on nomme aryténo-épiglottiques. Derrière et au-dessous de l’épiglotte , au-dessus delà glotte, entre les deux replis muqueux aryténo-épiglottiques, se trouve l’ouverture supérieure du larynx, laquelle est eoupée obliquement de haut en bas et d’avant en arrière.

Cette ouverture a la forme d’un triangle disposé en sens inverse de celui de la glotte, c’està-dire que sa base répond en avant à l’épiglotte, tandis que son sommet vient finir en arrière entre les deux cartilages aryténoïdes. Cette ouverture peut être complètement bouchée par l’abaissement de l’épiglotte, qui forme au-dessus une sorte d’opercule destiné, pendant la déglutition , à prévenir le passage des substances alimentaires dans les voies aérig#nes. L’obliquité de l’ouverture supérieure du larynx fait que la cavité de cet organe a bien plus d’étendue verticale en avant qu’en arrière.

4° Extrémité inférieure du larynx. Bien plus rétrécie que la précédente, elle représente un cercle formé par la circonférence inférieure du cartilage cricoïde; une membrane fdji’cuse l’unit au premier anneau de la trachée artère.

Membrane muqueuse du larynx. Le larynx 'est revêtu, à l’intérieur, par une membrane Pi. j2j.fi;,'..}. muqueuse qui vient de la bouche , et n’est qu’un prolongement de celle qui est commune au.x organes de la respiration et de la digestion. Elle part de la base de la langue, se porte en arrière sur la face antérieure de l’épiglotte , forme , en passant de l’un sur l’autre.

MANUEL

les replis indiqués, se réfléchit sur le bord libre du fdjro-cartilage épigloltique , et vient tapisser la cavité du larynx. Parvenue h la base de l’épiglotte , elle descend dans l’inlcrieur du larynx, tandis que de chaque côté elle se porte en arrière jusqu’aux cartilages aryténoïdes, en formant les replis aryléno-épiglottiques. Sur les bords de l'ouverlurc supérieure du larynx , elle se continue en arrière avec la membrane du pharynx. Parvenue dans la cavité du larynx , elle forme d’abord de chaque coté , vers la base des cartilages aryténoïdes, un repli horizontal, dirigé obliquement en avant jusqu’à l’angle rentrant du cartilage thyroïde ; c’est le ligament supérieur de la glotte. Plus bas elle revêt la cavité de chaque ventricule , forme au-dessous un nouveau repli qui embrasse le ligament tbyro-aryténoïdien , se prolonge de là dans toute l’étendue du larynx, tapisse le cartilage cricoïde , la membrane crico-tbyroïdienne , et s’introduit enfin dans la trachée artère. Celte membrane est d’une couleur rose pâle. Elle est assez dense, et percée par les orifices des follicules muqueux qui se trouvent dans son épaisseur et par les conduits qui viennent des glandes épiglottique et aryténoïdiennes. Elle jouit d’une vive sensibilité, et se trouve affectée douloureusement dès qu’un corps éU’anger autre que l’air se trouve mis en contact avec elle.

Le larynx reçoit ses artères des branches thyroïdiennes supérieures et inférieures. Ses veines vont s’ouvrir dans les troncs correspondans. Ses vaisseaux lymphatiques aboutissent aux ganglions jugulaires inférieurs. Ses nerfs viennent des pneumo- gastriques et des ganglions cervicaux supérieurs.

DIFFÉRENCES PRINCIPALES QUE PRESENTE LE LARYNX SUIVANT LES AGES ET LES SEXES.

Le larynx offre de grandes différences, suivant les âges et les sexes, dans son volume, sa forme et la conformation particulière des diverses parties qui entrent dans sa composition. C’est principalement à ces variétés d’organisation qu'il faut rapporter les différences si remarquables que présente le timbre de la voix chez les divers mdividus : la voix argentine des enfans ; la voix douce et mélodieuse des femmes ; la voix forte , sonore et en quelque sorte caverneuse que rend le larynx chez les hommes adultes et les vieillards.

Le larynx de l’homme adulte est très-large et fort volumineux. Chez la femme il est plus rétréci, plus court proportionnellement, et n’offre guère que les deux tiers ou la moitié du volume de celui de l’homme. Cette disproportion, comme le remarque Bichat, est indépendante de la stature : une grande femme et un petit homme la présentent comme un homme de haute stature et une petite femme. La forme du larynx est moins différente que son volume dans les deux sexes; voici les principales observations qu’on peut ^ire à cet égard : les diverses pièces cartilagineuses du larynx sont plus petites, plus minces,

plus flexibles, et leurs articulations sont plus mobiles chez la femme que chez l’homme; 2° les deux lames du cartilage thyroïde sont plus obliques et moins écartées proportionnellement dans l’homme que dans la femme; aussi forment-elles chez le premier, en se réunissant en avant, une saillie plus considérable au-dessous des léguinens et un angle beaucoup plus aigu , tandis que chez la seconde cet angle est fort arrondi. L’échancrure du bord supérieur du cartilage thyroïde est peu profonde et arrondie chez la femme ; elle se prolonge davantage en bas chez l’homme, et se termine par un angle aigu. Le cartilage

cricoïtle est aussi un peu plus étroit en avant chez la femme que chez l’homme ; 3° en arrière, le larynx de la femme est plus large proportionnellement que celui de l’homme, ce qui tient a l’écartement plus considérable qu’offrent chez elle les deux moitiés du cartilage thyroïde; aussi les espaces triangulaires qui séparent ce cartilage de la cavité du larynx sont-ils plus larges chez la femme que chez l’homme; 4° l’extrémité supérieure du larynx est surmontée par un os hyoïde bien plus épais et plus large chez l’homme que chez la femme. L’épiglotte est également chez lui plus large , plus épaisse et plus saillante.

La glotte offre à peu près la même forme dans les deux sexes ; seulement chez la femme ses dimensions sont bien moindres que chez l’homme. Chez ce dernier, les cordes vocales sont plus épaisses et plus longues, les cartilages aryténoïdes plus longs, plus élevés, et par conséquent les ventricules sont situés plus profondément et plus éloignés de l’ouverture supérieure que dans la femme; 6° l’extrémité inférieure du larynx ne diffère dans les deux sexes que par les dimensions plus grandes qu’elle offre chez l’homme.

Les différences du larynx suivant les âges sont fort prononcées. Cet organe chez le PL uii. .5, fœtus offre à peu près le même volume, les mêihes formes dans l’un et l’autre sexe. Il est alors beaucoup moins développé proportionnellement, dans le fœtus mâle surtout, qu’il ne le sera par la suite ; aussi , quand on examine l’os hyoïde du fœtus , relativement au larynx, on voit qu’il s’avance au-delà de cet organe, tandis que chez l’adulte c’est le larynx qui devient plus saillant que lui. Le cartilage thyroïde est très-court et fort arrondi en avant, chez l’enfant, à peu près comme chez la femme. Le cartilage cricoïde et les autres parties ne présentent pas de différences notables , à l’exception du volume , qui est très-petit.

A l’époque de la puberté, le larynx éprouve un accroissement considérable de volume; ses cartilages s’agrandissent, deviennent plus épais; sa cavité plus spacieuse; ses ventricules plus grands; les muscles , les vaisseaux et toutes les autres parties qui entrent dans la composition de cet organe, subissent de semblables changemens, jusqu’à ce qu’il soit arrivé à son entier développement. En même temps que ces changemens s’effectuent, la voix change de caractère ; elle mue , comme on le dit : de faible , aiguë qu’elle était chez l’enfant, elle devient chez l’homme forte, sonore et grave. Les phénomènes de la mue de la voix sont bien moins prononcés chez la femme , parce que chez elle le larynx n’éprouve pas à la puberté des changemens aussi considérables que chez l’homme. Chez le vieillard, les cartilages se pénètrent de plus en plus de phosphate calcaire, et finissent par devenir entièrement osseux. Le fibro-carlilage épigloltique n’éprouve jamais cette ossification, et reste souple jusqu’à l’extrême vieillesse. La voix change chez le vieillard : elle devient faible, cassée, tremblante et plus ou moins rauque, ce qui lient évidemment aux vibrations qu’éprouvent les cartilages ossifiés , à la rigidité de leurs articulations et à l’affaiblissement des muscles qui les meuvent. Quand on a retranché les testicules, la voix de l’homme ne prend pas ce caractère de force et de gravité qui la distingue; elle devient aiguë , flùtée , et en quelque sorte intermédiaire entre celle de la femme et de l’enfant; ces phénomènes, qu’on observe chez les eunuques, dépendent du défaut de développement du larynx.

Je viens d’exposer la disposition des différentes parties qui entrent dans l’organisation du larynx, et les modifications qu’elles présentent suivant les sexes et aux différentes Texte. 32

MANUEL D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

époques de la vie. Le laryn.x est l’organe de la voix, son qui se forme au moment où l’air expiré traverse la cavité de cet organe , lorsque les muscles intrinsèques de la glotte sont dans un état de contraction. La trachée artère n’est qu’un porte-vent, qui fournit l’air au larynx , et c’est dans cet organe que le son vocal est produit. Ce son se forme à l’ouverture de la glotte , aux deux ligamens appelés cordes vocales inférieures. On peut en effet détruire toutes les autres parties du larynx sans que la voix soit anéantie , et elle ne l’est en entier que par la lésion de celle-là. Voici ce qui est généralement reconnu sur le mécanisme de la phonation ou de la production de la voix. L’air de l’expiration est poussé dans le larynx avec plus ou moins de force , sous l’influence de la volonté , par l’appareil muscidaire du thorax; les muscles propres du larynx, contractés également sous l’influence de la volonté , donnent aux rebords de la glotte et aux cordes x'ocales inférieures assez de tension pour briser cet air, qui en reçoit les vibrations desquelles résulte le son. Le thorax et ses muscles représentent le soufflet des jeux d’orgue; la trachée, le porte - vent, et la ^ glotte et ses bords, l’anche qui communique les vibrations à l’air. Le son, ainsi produit dans le larynx, passe par la bouche et les fosses nasales, qu’on a nommées le tuyau musical de l’appareil de la phonation , et qui le modifient à leur tour de mille manières différentes. La plupart des physiologistes admettent que le larynx est un instrument à vent et à anche , et non un instrument à cordes, comme l’avait avancé Ferrein dans un mémoire lu à l’académie des sciences en 1741. Ils ne diffèrent guère entre eux que pour ce qui tient au ton et au timbre de la voix : nous ne pouvons , pour l’étude de cette intéressante partie de la physiologie, que renvoyer aux travaux de Galien , Fabrice d’Aquapendente , de Dodart, Ferrein ,.Bichat , et aux recherches de MM. Cuvier, Dutrochet , IMagendie et Biot.

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