‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain [electronic resource] (volume 2)Chapitre 143 sur 217 · VI. i3S · texte numérisé non relu

VI. i3S

:m. iiî.fig. I,

PI. ill'hfig.i

PI. i34, fig- 7 8,{).

Pl.i3.'5,llg.

PI. i35. fig. I

Pl. 1.35, fig.

264 MANUEL

incisives inférieures. Sa base, épaisse au niveau du voile du palais, aux piliers antérieurs duquel elle donne attache, s’amincit ensuite en descendant vers l’os hyoïde, et se termine en s’insérant à cet os par un tissu cellulaire dense et par quelques fibres des muscles hyo-glosses et génio-glosses.

La langue est enveloppée par une membrane muqueuse qui se continue avec celle de la bouche et du pharynx. Cette membrane offre une organisation partieulière ; ainsi : 1° elle est recouverte d’une couche épidermique très-épaisse; 2° elle est hérissée dune foule de petites éminences auxquelles on a donné le nom de papilles , et qui sont de forme et de nature différentes. Sœmmering distingue quatre espèces de papilles sur la membrane muqueuse de la langue; savoir : les eoniques, les fungiformes, les conoïdes et les filiformes. La plupart des anatomistes n’en admettent que de trois espèces.

1° Les papilles lenticulaires ou coniques , dont le nombre varie de neuf jusqu’à quinze , sont placées sur deux lignes obliques qui forment, en se réunissant en arrière, vers le trou borgne, un V dont la base est dirigée en avant; elles sont plus ou moins saillantes, arrondies ou ovalaires à leur surface; semblables à un cône renversé, elles sont entourées d’un bourrelet muqueux dont elles sont séparées par un cul-de-sac circulaire , au fond duquel existent des cryptes muqueux. Ces papilles sont de vraies glandes mucipares qui reçoivent beaucoup de vaisseaux sanguins et de filets des nerfs glosso-pharyngiens.

2° Les papilles fungiformes sont plus nombreuses que les précédentes ; disséminées près des bords et vers la pointe de l’organe , elles sont molles , d’apparence spongieuse , et faciles à reconnaître par leur tète arrondie que supporte un pédicule étroit.

, 3° Les papilles cono'ides ou filiformes sont les plus nombreuses de toutes; elles occupent

l’espace compris entre les papilles lenticulaires, les bords et la pointe de la langue; elles ont en arrière un arrangement plus régulier qu’en avant; elles représentent autant de petits cônes très-fins et très-allongés , dont le sommet est libre et la base implantée sur la langue. Les postérieures sont plus volumineuses et verticales ; les antérieures sont plus déliées et un peu inclinées ; elles laissent souvent entre elles des espaces qui ont l’apparence de gerçures irrégulières. Les papilles des deux dernières espèces sont formées par un entre- , lacement des filets du nerf lingual et un lacis vasculaire très-fin, réunis par du tissu cellulaire. La membrane muqueuse de la langue est revêtue, ainsi que les papilles, par un épiderme fort distinct. On trouve entre ces parties un liquide coagulable peu abondant.

Les autres parties qui entrent dans la composition de la langue sont : 1“ les muscles stylo-glosses , hyo-glosses, génio-glosses et lingual.

Mon confrère, M. Gerdy , a fait dernièrement des recherches intéressantes sur 1 organisation de la langue. Voici les faits principaux qu’il a fait connaître à ce sujet.

; 1° On trouve au-dessous de la couche muqueuse une membrane qiropre , dense et comme

cartilagineuse, qui donne beaucoup de solidité aux insertions des fibres musculaires sousjacentes;

2° Un tissu jaune lingual recouvre la base de la langue et tapisse la membrane précédente qui, dans cet endroit, est molle et n’a point la structure cartilagineuse. Ce tissu adhère à l’hyoïde, à l’épiglotte, et à beaucoup de fibres musculaires : il est élastique, èt contient un grand nombre de follicules muqueux dans son épaisseur ;

3° Un muscle lingual superficiel recouvre toute la surface supérieure et les bords de la

langue. Il adhère fortement à la membrane , et s’attache en arrière au tissu jaune ; il est composé de fibres qui, de ce tissu, se portent en avant, les unes sur la face supérieure de la langue , en convergeant sur la ligne médiane , les autres dessus et dessous ses bords jusqu’à la pointe ;

4° Deux muscles linguaux profonds, sous forme de petits faisceaux allongés, sont placés Pl.i35,fig. 3. de chaque côté sous les deux tiers postérieurs de la langue, entre les hyo-glosses et les génio-glosses ;

5® Des muscles linguaux Iransverses sont situés sous le lingual superficiel; ils traversent PI. iSS.fig. 4toute la largeur de la langue, passent entre les fibres latérales du lingual superficiel, qu’ils croisent à angle droit à peu près , et s’attachent à la membrane^de la langue sous les bords de cet organe. Ils sont divisés sur la ligne médiane par un raphé fibro-celluleux , et deviennent graduellement de plus en plus courbes vers la base de la langue ;

6° Des muscles linguaux verticaux s’étendent de la membrane de la surface supérieure PI. i35.(ig. 7, de la langue à la même membrane de la face inférieure, en traversant toute son épaisseur.

Leurs fibres passent entre celles des linguaux transverses , qu’elles croisent à peu près comme les fils des toiles ; Us se courbent , et deviennent de plus en plus obliques vers la base de l’organe;

7° Les muscles stylo-glosses se confondent, sous les bords de la langue , avec les fibres pj 135, lig.a, latérales du lingual superficiel et du lingual profond , au-devant de l’hyo-glosse. De leur réunion s’élèvent quelques fibres qui se portent obliquement en haut et en avant, jusqu’à la membrane de la langue;

8° Les fibres postérieures des muscles hyo-glosses se confondent en partie avec celles du lingual superficiel sur les bords de la langue ;

' 9° Les fibres des muscles génio-glosses se portent en rayonnant de l’apophyse géni aux PI. i35, tig.5. trois quarts postérieurs de la langue, sur la ligne médiane , jusqu’à l’os hyoïde, au tissu jaune et à la membrane propre. Elles traversent de bas en haut les muscles linguaux transverses, le lingual superficiel, et se courbent légèrement en haut et en-dehors, dans l’épaisseur même de la langue ;

10° Les muscles glosso-staphylins , placés dans l’épaisseur des piliers antérieurs du voile du palais , se perdent sur les côtés de la langue , en se confondant avec les muscles lingual superficiel et stylo-glosse.

La langue reçoit : 1° la branche linguale du nerf maxillaire inférieur ; 2° les nerfs glosso- pi. 134, fijr, 4. pharyngien et grand hypoglosse : les filets de ces deux derniers appartiennent spécialement à,ses muscles ou à ses follicules mucipares, et ceux du premier à la membrane muqueuse et aux papilles eoniques en particulier; 3° les deux artères linguales et les veines pi.iSj.Cg.s, correspondantes ; 4° des vaisseaux lymphatiques qui se rendent dans des ganglions placés sur le bord des muscles hyo-glosses; 5° un tissu cellulaire graisseux qui occupe les intervalles des muscles, et parait disséminé entre leurs fibres charnues vers la face supérieure.

La langue est l’crgane spécial du goût. Essentiellement musculaire, douée d’une extrême mobilité, elle concourt , avec les autres parties de la bouche, à la succion , à la mastication, à la déglutition , à l’expuilion , à la prononciation , etc.

Texte.

MANUEL

§ III. Des organes de l’olfaction ou du nez et des fosses nasales.

Page 1