‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain [electronic resource] (volume 2)Chapitre 161 sur 217 · DU CERVELET · texte numérisé non relu

DU CERVELET

Le cervelet occupe la partie postérieure et inférieure du crâne ; bien moins considérable que le cerveau, il n’en forme dans l’homme adulte que la huitième ou la neuvième partie. Il est régulier, symétrique, et peut être comparé à deux sphéroïdes déprimés, placés horizontalement à côté l’un de l’autre, et confondus à leur point d’union. Il est plus mou que le cerveau , et d’une couleur grise rougeâtre à l’extérieur.

La surface du cervelet résulte d’un assemblage de lames grises , épaisses d’une ligne et demie environ , et placées de champ les unes contre les autres. Concentriques et régulières, ces lames sont plus grandes en arrière qu’en avant, et séparées par des sillons profonds, dans lesquels s’enfonce la pie-mère. Les unes appartiennent à la face supérieure du cervelet, et les autres à sa face inférieure. Elles ne se confondent pas entre elles, et aucune ne fait le tour de Torgane.

Chaque lobe du cervelet offre ordinairement trente à trente-cinq de ces lames à sa face supérieure , et vingt-quatre à trente à l’inférieure.

En écartant ces lames principales , on en trouve beaucoup d’autres plus petites et plus minces, qui sont pour ainsi dire sculptées sur leurs côtés, les unes au-dessus des autres , et cachées dans les sillons. Ces lames secondaires sont de longueur différente; aucune ne paraît à la superficie du cervelet , et toutes sont fixées par leur base à une des circonvolutions primitives, dont elles semblent former les ramifications. Quelques anatomistes pensent que le nombre de ces lames s’élève de six à sept cents.

Les lames primitives , bien que séparées par des sillons, se réunissent, se groupent au nombre de deux , trois , quatre , cinq ou six , de manière à former des lobules fasciculés à la surface du cervelet. Ces lobules sont séparés les uns des autres par des sillons courbes, larges et superficiels. Ils ne sont pas parallèles , mais se coupent presque tous à angle plus ou moins aigu ; leur nombre est ordinairement de seize : cinq supérieurs , neuf inférieurs, et deux postérieurs.

La face supériewe du cervelet est aplatie, obliquement dirigée en arrière e*^ en dehors, recouverte par la tente du cervelet. Elle présente à sa partie antérieure et moyenne une

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saillie allongée , qui est formée par l’entrecroisement réciproque des lames qui composent les deux lobes de l’organe. On nomme cette éminence le processus vermi/orviis superior.

Toute la face supérieure du cervelet est occupée par cinq lobules fascicules, communs aux deux lobes, disposés par bandes transversales recourbées, flexueuses, et dont la convexité est postérieure; le plus antérieur de ces lobules est plus courbé et moins étendu que les autres; ses lames s’étendent sans interruption d’un lobe à l’autre, et sont seulement un peu plus épaisses sur la ligne médiane. Les quatre lobules suivans sont successivement plus étendus, moins courbés; et leurs lames paraissent interrompues sur la ligne moyenne. Quelques-unes se détachent de l’un d’eux pour se joindre à un autre ou pour se terminer au fond d’un sillon, par une extrémité anguleuse : quelques-unes des lames du lobe droit finissent sur le gauche , et vice versâ. D’autres lamelles se forment en cet endroit, et s’unissent avec les autres sur leur passage, de manière à former le processus vermiforme supérieur.

La face inférieure du cervelet offre sur la ligne médiane une excavation profonde qui reçoit en avant le commencement de la moelle épinière, et qui en arrière est occupée par une éminence volumineuse, qu’on nomme le processus vcrmformis inferior. Cette éminence est entourée de chaque coté par une bande de substance blanche. Elle forme un lobule lamellé, composé d’un grand nombre de feuillets parallèles, transversaux , de dimensions inégales. Quelques-uns d’entre eux sont des prolongemens des languettes qui terminent les lobules latéraux ; d’autres naissent dans les intervalles des sillons. Ce lobule est plus large et plus élevé au milieu , et dans cet endroit ses lames sont triangulaires ; en airière il offre un tubercule peu prononcé; en avant il se termine par un prolongement étroit de sept à huit lignes de longueur, de quatre à cinq de largeur, et que l’on a nommé la luelle , V éminence rnamillaire du vermis inferior,

La face inférieure du cervelet offre de chaque côté une surface convexe , arrondie, où l’on voit quatre lobules qui décrivent des courbes concentriques, à convexité postérieure. Le premier est plus court, plus large et plus épais que les suivans; il est formé de lames concentriques, dont l’étendue et la direction varient. En dehors et en avant de ce premier lobule est une petite saillie lamellée, oblongue , arrondie, qu’on a nommée le lobule du nerf vague , X appendice lobulaire.

Les trois autres lobules latéraux inférieurs sont moins composés , mais plus longs que le premier. Leurs lames sont moins obliques.

La circonférence du cervelet est interrompue en avant et en arrière par deux échancrures; la postérieure correspond à la crête occipitale interne , et reçoit la faux du cervellel ; l’antérieure est plus large, semi-lunaire; elle embrasse une portion de la protubérienne cérébrale et le commencement de la moelle épinière. On observe sur toute la circonférence du cervelet un grand sillon horizontal, assez profond et large en avant.

3° DE LA PROTUBÉRANCE CÉRÉbRALE.

La protubérance cérébrale, qu’on a encore désignée sous les noms de pont de Varolc, de mésocéphale , de protubérance annulaire , est la portion la moins volumineuse de l’encë-

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phale, dont elle semble former le centre. Placée entre le cerveau et le cervelet, et surmontant la moelle vertébrale, elle est le point d’union de ces différentes parties; en haut elle est séparée du cerveau par un sillon circulaire, large et profond en devant, superficiel et peu prononcé en arrière; en bas, un enfoncement demi-circulaire la sépare du commencement de la moelle épinière.

La protubérance cérébrale a une forme cjuadrilalère ; son épaisseur égale presque sa largeur. Elle est dirigée obliquement en arrière et en bas. Sa consistance est plus grande que celle des autres parties de l’encéphale.

La face cmlérieure de la protubérance cérébrale regarde en bas; elle est convexe, plus étendue que la supérieure; elle repose sur la gouttière basilaire, et embrasse, comme une espèce d’anneau, les pédoncules du cerveau. Elle présente sur la ligne moyenne un sillon assez large qui loge l’artère basilaire , et se continue de chaque côté avec d’autres sillons transversaux , lesquels reçoivent les branches de la même artère.

La face postérieure de la protubérance cérébrale regarde en haut , et se trouve en grande partie cachée par le cervelet. Elle offre en haut les quatre tiihcrciiles quadrijumeaux ; éminences oblongues , arrondies , blanches à l’extérieur, grises à l’intérieur, rapprochées par paires , et séparées les unes des autres par deux sillons qui se coupent crucialement. Les deux tubercules quadrijumeaux supérieurs , qu’on appelle nales , sont plus gros , plus larges et plus saillans que les inférieurs, nommés testes.

Au-dessous et en dehors des testes, on trouve de chaque côté une éminence allongée qui se prolonge vers la couche optique.

Derrière et au-dessous des mêmes tubercules on observe une lame très-mince, grisâtre, molle, qui remonte vers le cervelet, et concourt à former la voûte du quatrième ventricule. Cette lame, appelée valvule de Vicussens , semble composée de fibrilles grisâtres, transversales , qui se réunissent au milieu sur un raphé longitudinal. Après s’être enfoncée sous l’échancrure antérieure du cervelet, cette lame s’élargit, s’amincit, s’unit à la partie postérieure du quatrième ventricule , et se continue par ses côtés avec les pédoircules du cervelet. Au-dessous du point où elle se sépare de la protubérance cérébrale, on voit un orifièe aiTondi qui forme l’ouverture postérieure de \ aqueduc de Sylvius , sorte de canal au moyen duquel le troisième et le quatrième ventricule communiquent ensemble à travers la protubérance cérébrale. Au-dessous existe une surface concave , blanche , presque verticale , qui forme la paroi antérieure du quatrième ventricule , et se trouve divisée suivant sa longueur par un sillon étroit. Ce sillon commence à l’aqueduc de Sylvius , et se termine sur la moelle par un petit enfoncement triangulaire , taillé en bec de plume, et qu’on appelle le calamus scriptorius. Des lignes blanches, très -fines, viennent se rendre obliquement de haut en bas sur ses côtés. On regarde généralement ces lignes comme les racines du nerf acoustique.

\d extrémité supérieure de la protubérance cérébrale est épaisse, large, et représentée par un bord arrondi qui se continue de chaque côté avec les pédoncules du cerveau.

\d extrémité inférieure est plus petite, arrondie, et séparée de la moelle par un sillon transversal. Elle se continue par ses côtés avec les pédoncules du cervelet.

La protubérance se continue donc avec le cerveau et le cervelet par quatre prolongemens médullaires considérables , dont deux sont antérieurs et deux sont postérieurs.

Texte. 38

PI- i4‘)dig- 1 PI. lâa.

PI. i55.

PI. i6j.

PI. 157, lig. 1 PI. i65.

PI. i55.

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PI. j52.

MANUEL

FJ, 160, 161, P rolongemens antérieurs on cérébraux. Ils naissent des angles eorrespoudaus delà pro-

tubérance, en empiétant un peu sur son bord antérieur et sur ses bords latéraux. Rapprochés l’un de l’autre à leur origine , ils se dirigent obliquement en avant , en haut et eu dehors, en s’écartant et en augmentant progressivement de volume. Parvenus à la partie inférieure et moyenne du cerveau, ils s’engagent au-dessous des nerfs optiques, et se perdent aussitôt dans les couches du même nom.

PJ. ifio, i«j. P rolongemens postérieurs on cérébelleux. Ils naissent des angles postérieurs, et surtout des bords latéraux de la protubérance. Ils sont beaucoup plus écartés l’un de l’autre que les précédens , parce que la moelle vertébrale les sépare à leur origine. Très-volumineux vers la protubérance, ils diminuent de volume à mesure qu’ils se portent en arrière , eu bas et en dehors , pour aller se perdre chacun dans l’hémisphère correspondant du cervelet, dont ils forment les deux centres médullaires latéraux.

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