‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain [electronic resource] (volume 2)Chapitre 177 sur 217 · I. Des nerfs lombaires · texte numérisé non relu

I. Des nerfs lombaires

Il y a cinq paires de nerfs lombaires , qu’on distingue par des noms numériques comme les autres nerfs rachidiens. La première paire sort entre les deux premières vertèbres

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

lombaires, ella cinquième entre la dernière vertèbre et le sacrum. Elles naissent très iM'ès les unes des autres du renflement inférieur de la moelle , par des racines formées de deux faisceaux de fdares très-larges , surtout les inférieures. Ces faisceaux, revêtus de névrilème et très-rapproclîés les uns des autres, forment ce que les anciens nommaient queue de eheval.

Ils descendent fort obliquement dans le canal vertébral, de sorte que le lieu de leur sortie est d’autant plus éloigné de celui de leur naissance, que le nerf qui en provient est plus inférieur. Du reste les racines postérieures des nerfs lombaires ne se comportent pas différemment de celles des autres nerfs rachidiens, et le tronc qui résulte de leur union avec les antérieures se divise également en branches anlérieure et postérieure .

Les branches postérieures des trois premières paires lombaires se dirigent en arrière entre les apophyses transverses des vertèbres correspondantes, traversent le muscle saci’ospinal auquel elles abandonnent plusieurs rameaux, descendent sous les aponévroses des muscles superficiels , jusqu’aux environs de la crête iliaque, et vont se perdre dans la peau de la partie supérieure de la fesse et de la cuisse. Celles des quatrième et cinquième paires , beaucoup moins considérables que les précédentes , se perdent dans le muscle sacro-spinal.

Les branches antérieures envoient toutes un filet aux ganglions lombaires correspondans , pj ' communiquent entre elles , et forment le plexus lombaire. La première reçoit le filet d’anastomose de la douzième paire dorsale; la dernière termine le plexus lombaire , et descend dans le bassin pour concourir à la formation du plexus sciatique.

J. Du plexus lombaire.

Ce plexus est formé par la réunion des branches antérieures des cinq nerfs lombaires, pj ^

Placé au-devant de la base des apophyses transverses des seconde , troisième et quatrième 1

vertèbres de cette région, derrière le muscle grand psoas; il est allongé, étroit en haut, et plus large à sa partie inférieure : il fournit les branches musculo-cutanée et génito-crurale, et se termine par les nerfs crural, obturateur et lombo-sacré.

1° Des branches musculo-cutanées.

Le plus souvent au nombre de trois, ces branches se portent en dehors, au-dessous du péritoine , jusqu’auprès de la crête iliaque. Bientôt elles percent les muscles abdominaux, et deviennent sous-cutanées.

branche supérieure, née du premier nerf lombaire , après s’être dégagée du muscle pj ,

grand psoas , auquel elle abandonne un filet, descend sur le muscle carré des lombes. a ’*’ Parvenue à la crête iliaque, elle en suit le trajet, en distribuant des ramifications aux muscles iliaque et transverse, traverse ce dernier muscle vers son tiers antérieur, et se divise bientôt en deux rameaux, l'externe se perd dans la partie inférieure des trois muscles larges du bas-ventre, et dans les tégumens. Vinterne continue à ramper le long de la crête iliaque, s’étend sur l’arcade crurale jusqu’aux environs du canal inguinal , et traversant l’aponévrose du grand oblique, va se perdre dans la peau de l’aine et de la région pubienne , dans le scrotum ou les grandes lèvres.

MANUEL

ta.

La hranehe moyenne naît également du premier nerf lombaire. Sortie du grand psoas , elle cotoie son bord externe, passe au-devant du muscle iliaque, derrière le péritoine, et traversànt succéssivement les muscles larges de l’abdomen auxquels elle fournit beaucoup de ramifications , elle se termine dans les tégumens , en envoyant un filet sur l’arcade crurale jusque dans la partie supérieure et externe du scrotum ou de la grande lèvre.

La branche inférieure provient par deux racines du second nerf lombaire. Se comportant comme la précédente jusque sur le muscle iliaque , elle sort du bassin entre les deux épines iliaques antérieures , et se divise bientôt en deux rameaux. externe se porte en dehors , et se perd par beaucoup de ramifications dans les tégumens de la partie postérieure et supérieure de la cuisse. ^Unième, qui paraît être la continuation de la branche, traverse l’aponévrose fascia lata , et descend sur la face antérieure et externe de la cuisse jusqu’au genou , en répandant un grand nombre de filaniens dans le tissu cellulaire et la peau des environs.

2° De la branche génito-crurcUe.

2- Naissant du premier nerf lombaire, et se renforçant d’un filet du second, dans l’épaisseur même du muscle psoas, ce nerf descend ensuite au-devant de ce muscle, derrière le péritoine, et se bifurque près de l’arcade crurale. Le rameau interne y plus volumineux que l’externe, traverse l’anneau inguinal, et va se répandre dans la peau du scrotum et de la partie supérieure et interne de la cuisse, dans le dartos, et dans les enveloppes du testicule. Le rameau externe accompagne les vaisseaux cruraux jusqu’au pli de l’aine, et se termine par beaucoup de filets qui se portent aux tégumens jusqu’à la partie moyenne de la cuisse, et s’anastomosent quelquefois avec le nerf crural.

3° Du nerf crural.

ri 2. Ce nerf provient des branches antérieures des quatre premières paires lombaires. 11 se

dégage du psoas vers la quatrième vertèbre de cette région, descend sur la partie externe du même muscle, au-devant de l’iliaque, et leur donne des rameaux qui forment une espèce de réseau à leur surface; il se place ensuite au côté externe et postérieur de l’artère ri. H)6,fig. I . iliaque externe, dont il est séparé par un feuillet aponévrotique , et autour de laquelle il rî 199’n^ i' ciuelquefois une sorte de plexus ; il passe avec elle derrière l’arcade crurale, et se

divise aussitôt en un grand nombre de rameaux, dont les uns sont superficiels et les autres profonds.

Les rameaux superficiels , au nombre de deux à six, traversent bientôt des trous fort appareils que leur présente l’aponévrose fascia lata , et s’épanouissent dans les tégumens de la partie interne et antérieure de la cuisse , par un grand nombre de filets , dont quelques-uns accompagnent la veine saphène jusqu’à la partie supérieure de la jambe.

Les rameaux profonds externes, plus ou moins nombreux, mais toujours plus volumineux que les précédens, se portent en dehors et en bas entre les muscles iliaque, couturier et crural antérieur, et se terminent par des ramifications dans ces muscles, dans le tenseur de l’aponévrose fémorale, et la portion externe du triceps. Trois ou quatre filets , après avoir traversé le couturier, vont se perdre dans les tégumens.

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Les rameaux profonds internes , moins considérabies que les externes, sont destinés à la PI- >99.<*g iportion interne du triceps, aux muscles pectine et couturier. L un d eux descend au-devant de l'artère crurale , puis a son côte externe , et se glissant sous le borci interne du couturier, il donne quelques filets à ce muscle, et se perd aux environs du genou. Le plus gros porte le nom de nerf saphène interne. Ce nerf reçoit un rameau du nerf obturateur, passe sous le couturier, dans la gouttière formée par le grand adducteur , et se dégage entre les tendons de ce dernier muscle et du triceps , après avoir fourni des filets dans tout son trajet. 11 descend alors avec la veine saphène Interne, en distribuant un grand nombre de filamens aux tégumens. Il suit toutes les divisions de cette veine , et se termine au gros orteil.

4® Du nerf obturateur.

Né spécialement des deuxième et troisième nerfs lombaires , le nerf obturateur descend Cg. i.

le long du bord interne du psoas, suit la partie latérale et un peu inférieure du détroit p'.i,jij,fi|. i! supérieur du bassin, en accompagnant les vaisseaux obturateurs, et après avoir jeté uii rameau dans les muscles du même nom , il traverse la partie supérieure du trou souspubien , pour se partager bientôt en deux branches derrière les muscles pecliné et premier adducteur.

La branche antérieure se porte entre les muscles petit et moyen adducteurs, et se divise en deux rameaux ; l’un interne , qui se perd dans le droit interne , après avoir donné des filets au petit adducteur; V dintre externe , se porte en entier dans ce dernier muscle. Plusieurs filets cutanés naissent de ces deux derniers rameaux, ainsi que l’anastomose décrite avec le nerf crural.

La branche postérieure glisse entre les muscles petit et grand adducteurs, et se distribue Pf 2.

à ce dernier muscle , en jetant des fdets dans l’obturateur externe.

5° Du nerf lombo-sacré.

Ce nerf, formé par la branche antérieure de la cinquième paire lombaire, et par un PI. tgS, /îg. 1; rameau volumineux de la quatrième , descend dans le bassin, et s’unit à la branche antérieure du premier nerf sacré, pour concourir à la formation du plexus sciatique; mais auparavant il fournit

Le nerf fessier. Ce nerf, après s’étre renforcé de quelques filets du plexus sciatique , franchit l’échancrure du même nom , au-dessus du muscle pyramidal , et s’épanouit dans les muscles petit et moyen fessiers par un grand nombre de rameaux, dont quelques-uns s’étendent jusqu’au muscle du fascia lata.

K. Des nerfs sacrés.

Il y a ordinairement cinq ou six nerfs sacrés; le premier sort de chaque côté par le trou sacré Pb ifs, Cs >> supérieur correspondant, et le dernier par l’échancrure de la partie supérieure du coccyx, Pl?l,ji,fi ou entre le sacrum et le coccyx. Ils sont de moins en moins volumineux, depuis le premier P^-

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MANUEL

jusqu’au dernier. Naissant du renflemenl inférieur de la moelle, par des raeines semblables à celles de tous les autres nerfs vertébraux , ils complètent et terminent la queue de cheval. Leur racine postérieure se renfle en ganglion dans le canal sacré lui-même, celle 1 des trois dernières j)aires même assez loin des trous sacrés inférieurs. Il en résulte que le tronc fourni par la réunion des deu.x racines , descend quelque temps dans le canal sacré avant d’en sortir.

La grosseur des branches antérieures des nerfs sacrés va en diminuant de haut en bas; le contraire a lieu jusqu’à la quatrième pour les postérieures , qui diminuent ensuite de volume.

Toutes les branches postérieures des nerfs sacrés communiquent entre elles à leur sortie du sacrum. Les quatre premières se dirigent obliquement en dehors, traversent le sacrospinal et le grand fessier, donnent de nombrcu.x rameaux à ces muscles, et vont se perdre dans les tégumens de la fesse et de la marge de l’anus. Les deux dernières se distribuent aux environs de l’anus.

PI. 195, (ig. 2.

Les branches anterieures s’anastomosent également entre elles. Les quatre premières, en sortant des trous sacrés antérieurs, envoient un ou deux rameaux d’origine au.x ganglions correspondans du grand sympathique, et donnent naissance au plexus sciatique. Le plexus hypogastrique reçoit quelques fdets de la troisième. La cinquième et la sixième, quand celte dernière existe , ne concourent que fort peu à la formation du plexus sciatique. Elles se répandent dans les muscles ischio-coccygien , releveur et sphincter de l’anus.

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