DES DENTS
Les dents sont de petits os très-durs, implantés dans les alvéoles des mâchoires et formant deux rangées qu’on appelle les arcades dentaires. pj ^ ^
Les dents diffèrent sous plusieurs rapports des autres os : 1° elles sont en grande partie i, 5. exposées au contact de l’air, ce qui n’arrive jamais pour les autres pièces du squelette ; 2° leur nombre varie aux diverses époques de la vie; les dents de l’enfant font place à d’autres plus nombreuses qui leur succèdent , et tombent elles-mêmes à leur tour pendant la vieillesse.
Rien de semblable ne s’observe pour les autres, os, dont le nombre reste constamment le même pendant toute la vie; 3° les dents sont dépourvues de périoste dans une partie de leur étendue ; elles ont une structure , un mode de nutrition et d’accroissement qui leur est propre.
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Les dents ont en général la forme d’un conoïde irrégulier dont la base se trouve dirigée du côté de l’ouverture de la bouche, tandis que le sommet, simple ou subdivisé, est implanté dans les alvéoles. Chaque dent offre une par^^e libre , saillante hors de l’alvéole et recouverte d’émail, qu’on appelle la couronne; une partie articulaire profondément cachée dans l’alvéole, nommée la racine, et un rétrécissement moyen qui sépare les deux portions précédentes : c’est le collet.
Les dents ont ordinairement une grandeur uniforme , et sont disposées sur les arcades alvéolaires, de maniéré à se correspondre exactement, quand les mâchoires sont rapprochées. On attache l’idée du beau à une rangée de dents bien uniforme , et cette idée s’allie avec celle de l’utile.
Les intervalles des dents sont très-petits, et le plus ordinairement cês os se touchent par leurs cotes correspondans , ce qui forme un des caractères distinctifs des dents de l’homme.
Dans l’adulte , les dents sont au nombre de trente-deux , seize à chaque mâchoire , huit de chaque côte de la ligne médiane. On a divisé les dents en trois classes : les incisives , les canines et les molaires. La forme de ces dents fournit la preuve la plus évidente que , par son organisation , l’homme est destiné à se nourrir à la fois de substances animales et végétales , qu’il est omnivore. Les incisives, placées en avant, sont propres à couper, comme des lames de ciseaux , les substances soumises à la mastication ; les dents canines , ayant beaucoup de ressemblance avec celles des animaux carnivores , sont bien propres à pénétrer, à déchirer les parties fibreuses les plus dures des substances animales ; les dents molaires sont à la fois aplaties à leur couronne, comme celles des herbivores, et munies de tubercules coniques comme celles des carnivores , de sorte qu’elles peuvent broyer également les substances animales et végétales.
Des DEXTS incisives. Les dents incisives ou cunéiformes sont au nombre de huit, quatre à chaque mâchoire , dont elles occupent la partie antérieure et moyenne. Leur couronne a la forme d’un coin ; quadrilatère , aplatie d’avant en arrière , elle est plus étroite et plus épaisse du côté de la racine que vers son bord libre; elle est convexe, lisse en avant ; concave et un peu plus étroite en arrière; de chaque côté elle offre une petite surface triangulaire contiguë à la dent voisine ; elle est séparée de la racine par un collet qui a la forme d’un bord parabolique en avant et en arrière. La racine est toujours simple , allongée , conique, comprimée transversalement , et munie d’un sillon longitudinal de chaque côté. Les incisives de la mâchoire supérieure, plus fortes et plus grandes que celles de l’inférieure, sont dirigées en bas et en avant ; leur bord libre est taillé en biseau sur la face postérieure; les moyennes présentent des dimensions plus considérables que les latérales. Ces dernières ont le bord externe de leur couronne arrondi vers sa partie inférieure. Les incisives inférieures sont plus petites que les précédentes ; les moyennes sont moins volumineuses que les latérales; leur axe est vertical; leur bord libre est coupé en biseau sur la face antérieure ; leur racine est grêle , longue , et fortement déprimée.
Des dents canines. On les appelle aussi les dents conoides , angulaires , laniaires ; il n’y en a que deux à chaque mâchoire , une de chaque côté des incisives. Leur couronne est oônique , allongée , très-convexe en avant , un peu concave en arrière , et terminée par un sommet pointu ou tuberculeux , qui s’élève souvent au-dessus du niveau des autres dents. Leur racine est simple , plus forte que dans les incisives ; leur collet décrit en avant et
en arrière, deux courbes très-prononcées. Les canines supérieures sont les plus longues de toutes les dents; leur racine remonte souvent jusque dans la base de l’apophyse ascendante de l’os sus-maxillaire; le vulgaire les nomme dents ailUrcs. Les inférieures sont un peu plus petites.
Des DENTS MOLAIRES. Ellos oiit aussi recule nom de mnehelières , sont au nombre de dix à chaque mâchoire, et occupent la partie la plus reculée des arcades alvéolaires; elles ont une couronne tuberculeuse plus large c[ue haute, et une racine plus ou moins divisée.
Les molaires supérieures sont plus fortes que les inférieures. On a divisé ces dents en petites et grosses molaires.
Les petites molaires, ou les dents biciispidces, sont au nombre de quatre à chaque mâchoire , pi ,,j et se trouvent placées deux de chaejue côté , derrière la dent canine. Leur couronne est irré- ^ gulièrement cylindrique, aplatie d’avant en arrière, plus large en dehors qu’en dedans, et surmontée de deux tubercules dont l’externe est le plus fort et le plus saillant, et qui sont plus prononcés aux petites molaires supérieures qu’aux inférieures. Leur racine est aplatie, et sillonnée en avant et en arrière. Elle est simple ou bifurquée; dans ce dernier cas, il y a deux ouvertures pour le passage des nerfs et des vaisseaux dentaires. Le collet est à peu près demi-circulaire.
Les dents grosses molaires ou multicuspidées sont les plus volumineuses de toutes les dents. I*! ’ j. i, Il y en a six à chaque mâchoire; elles occupent la partie la plus reculée du bord alvéolaire. Leur couronne est à peu près cubique, arrondie en dehors et en dedans; aplatie en avant et en arrière; leur face supérieure est surmontée de quatre ou cinq tubercules taillés à facettes, et séparés les uns des autres par des rainures flexueuses. Leur racine est divisée en deux , trois , quatre on cinq branches , qui sont droites ou recourbées^ divergentes ou rapprochées , et munies chacune à leur sommet d’une petite ouverture pour le passage des nerfs et des vaisseaux dentaires. La première grosse molaire est la plus large et la plus forte; sa couronne présente le plus souvent trois tubercules externes et deux internes ; à la mâchoire supérieure sa rachie offre trois ou quatre branches ; à l’inférieure elle n’en a que deux. La seconde dent molaire est un peu moins volumineuse ;’à la mâchoire inférieure , elle est munie de quatre tubercules séparés par une rainure cruciale ; à la supérieure cette disposition est moins régulière. La troisième dent molaire ou la dent de sagesse , ainsi nommée parce qu’elle ne paraît que long-temps après les autres, est plus petite que la précédente; sa couronne est arrondie, garnie de trois ou quatre tubercules; sa racine est le plus ordinairement simple, sillonnée longitudinalement, courte et conoïde.