‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain [electronic resource] (volume 2)Chapitre 192 sur 217 · SYSTÈME VEINEUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME VEINEUX

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Les veines forment par leur réunion un ensemble de canaux cylindriques destinés à Pf ramener au cœur le sang que les artères ont porté dans toutes les parties du corps. Ou peut les distinguer en deux ordres ou systèmes entièrement séparés : l’un général ^ plus étendu, commence dans toutes les parties par des radicules fort déliées et se termine aux cavités droites du cœur par les deux veines caves : l’autre borné à l’abdomen prend son origine dans les organes de la digestion et dans la rate , et se termine dans le foie par un seul tronc qui se divise et se subdivise dans cet organe à la manière des artères : c’est le système de la veine porte.

Les radicules des veines se réunissent successivement de manière à former des rameaux, des branches et des troncs qui deviennent de plus en plus volumineux à mesure qu’ils se rapprochent du cœur : aussi c’est en suivant ce mode de naissance des veines qu’on doit les étudier, c’est-à-dire passer successivement des ramifications aux troncs, et par conséquent en sens inverse des artères.

L’organisation des veines a été indiquée.

MANUEL

1“ Des veines qui, par leur réunion , forment la veine cave supérieure.

Pi. 17.

PI. a.j5, üg. 1 , l*l.2|C,iig. 1.

i'I.ajS, Cg. I.

PI. 173, lîg. 1,

PI. 169, fig. I.

A. Des veines qui donnent naissance à la veine jugulaire externe.

La veine maxillaire interne est formée par la réunion des veines ptéry goïdienne , sphénopalatine , alvéolaire, sous-orbitaire , mentonnière, dentaire inférieure gI temporales profondes. Ces veines naissent de toutes les parties aii.vqucllcs se distribuent les artères du même nom, et accompagnent ces artères dans tout leur trajet. La veine sphéno-palatine communique avec les sinus de la base du crâne au moyen de rameaux qui passent par les trous de cette région , et qu’on a nommés, comme tous ceux du même ordre , veines émissaires de Santoiini. Sur les parties latérales du pharynx , les racines de la veine maxillaire interne contractent, avec les veines faciale et pharyngienne, de nombreuses anastomoses qui constituent le plexus veineux pharyngien. Derrière le col du condyle de la mâchoire inférieure , le trône de la veine maxillaire interne s’unit â celui de la veine temporale superficielle,

La veine temporale superficielle prend naissance des veines temporale moyenne , auriculaire antérieure, transversale de la face qui marchent satellites des artères du même nom, de plusieurs rameaux qui viennent des paupières, du sourcil , de la pommette, du conduit auditif externe et de l’articulation temporo-maxillaire. Ses radicules crâniennes communiquent avec les veines occipitale , frontale , et avec la temporale du côté opposé. La veine temporale superficielle descend en serpentant au-devant de l’oreille, et de sa réunion avec la veine maxillaire interne résulte un tronc qui pénètre dans la glande parotide , et eu reçoit des ramuscules. Ce tronc donne une assez grosse branche qui passe au-dessus du muscle digastrique , et va se jeter dans la veine jugulaire interne ; il sort par la partie inférieure de la glande, et après avoir reçu la veine auriculaire postérieure qui accompagne l’artère du même nom , il prend le nom de veine jugulaire externe.

La Veine jugulaire externe àesGenà sur la partie latérale et antérieure du cou, placée d’abord entre les muscles sterno-mastoïdien et peaucier ; ensuite elle passe derrière le muscle omoplat-hyoïdien , se trouve séparée du muscle peaucier par une couche assez épaisse de tissu cellulaire graisseux , et parvenue près du bord externe du muscle sterno-mastoïdien, elle s’ouvre à la partie supérieure de la veine sous-clavière, en dehors delà veine jugulaire interne. Dans ce trajet, la veine jugulaire externe reçoit les veines cervicales cutanées et traehélo-scapiilaires. Les premières peu nombreuses, viennent des muscles et de la peau delà région postérieure du cou. Les secondes, plus inférieures, rapportent le sang des muscles de l’épaule, et suivent le trajet des artères scapulaires supérieure et postérieure. Pi •ès de son embouchure, et par sa partie interne, la veine jugulaire externe reçoit d’autres veines qui longent la clavicule, et forment au-devant des muscles sterno-hyoïdiens , par leurs anastomoses soit entre elles , soit avec celles du coté opposé , un plexus auquel viennent aboutir plusieurs grosses veines , qui naissent des muscles de la région sushyoïdienne.

B. Des. veines qui donnent naissance à la veine jugulaire interne.

Les veines cérébrales supérieures naissent des environs des fosses temporales internes par une multitude des radicules très-ténues qui sortent de la substance des hémisphères céré-

braux. Elles se dirigent en haut et en dedans, augmentent de plus en plus de volume , et gagnent la grande seissure cérébrale. Là, après avoir reçu les veines de la face plane des hémisphères, elles abandonnent le cerveau, et vont s’ouvrir obliquement dans les parties latérales et inférieures du sinus longitudinal supérieur.

La veine du corps strié a ses racines dans le corps du même nom ; elle se porte en arrière , en suivant le trajet de la bandelette demi-circulaire , sous laquelle elle est placée , et se réunit à la veine choroïdienne. Celle-ci ramène le sang de la toile choroïdlennc , des plexus PI. choroïdes, et reçoit quelques racines de la voûte à trois piliers. De la réunion de ces deu.x veines résultent deux troncs symétriques, connus sous le nom de veines de Galien.

Les veines de Galien sQ portent en arrière dans la toile choroïdienne : logées dans le canal pj. ,

formé par la pie-mère à son entrée dans le ventricule moyen du cerveau , elles sortent de cette cavité sous l’extrémité postérieure du corps calleux , et se jettent, en s’entrecroisant, dans l’extrémité antérieure du sinus droit de la dure-mère.

Les veines cérébelleuses supérieures sortent de la face supérieure du cervelet , et se réunissent en plusieurs troncs, qui montent en avant sur l'éminence vermiculaire supérieure, et s’ouvrent dans le sinus droit, vers sa partie moyenne.

veines cérébelleuses inferieures , au nombre de deux ou trois de chaque côté, naissent delà face inférieure du cervelet, et se réfléchissant sur sa grande circonférence, elles vont s’ouvrir dans les sinus latéraux et dans les veines de Galien.

L.es>vemes cérébrales latérales sont ordinairement au nombre de trois ou quatre

de chaque côté. Elles ramènent le sang des parties inférieures et latérales du cerveau , et le versent dans la partie supérieure des sinus latéraux , derrière la base du rocher, et en traversant les faisceaux fibreux de la tente du cervelet.

La veine ophthalmique a ses racines dans toutes les parties auxquelles se distribue l’artère P].2i^'ï,iig. a. du même noria, et résulte de la réunion des veines lacrymale ^ centrale de la rétine , sus-or- tis-s.

bitaire , musculaires , ethmoïdales , palpébrales , nasale, et des veines ciliaires , dont les radicules forment une des couches de la choroïde, et ont reçu , à cause de leur flexuosité et de leurs nombreuses anastomoses, le nom de vasa vorticosti. Elle sort de l’orbite par la partie interne de la fente sphénoïdale, et s’ouvre dans le sinus caverneux.

Les sinus de la dure-mère, chargés de tout le sang qui leur est apporté par les veines que j>j nous venons de décrire , le charrient vers les sinus latéraux qui, eux-mêmes, viennent aboutirai! trou déchiré postérieur. En cet endroit la memb rane interne des veines abandonne la dure-mère; là commence la veine jugulaire interne par une dilatation nommée pj ,

golfe de la veine jugulaire, et qui est logée dans la fosse jugulaire. Presque toujours plus grand du côté droit que du côté gauche, le golfe est séparé de la veine par un étranglement ; il est tapissé par la membrane interne du système veineux. La veine proprement dite descend à côté de l’artère carotide interne , le long de l’apophyse styloïde et des muscles qui s’y attachent; elle communique , par la branche assez considérable que nous avons décrite plus haut, avec la veine jugulaire externe; et aux environs de l’extrémité supérieure du larynx elle reçoit la veine faciale.

La veine faciale naît par de nombreuses veinules étendues sur la partie antérieure et su - pj , j - i;„ , périeure de la tête. Elle descend sur la partie moyenne du front, sous le nom de veine 2.

frontale ou préparate, en communiquant fréquemment avec celle du côté opposé ; et par-

MANUEL

PI. yiôjfig. 1.

PI. -.46, fig. I .

P1.2jfi,fig. I.

Pl.'45,fig.i.

llg. 1.

P).2',C, fig. I.

P1.257,fig. 1.

venue sur les côtés de la racine du nez, elle prend le nom de veine angulaire , et reçoit des veines palpébrales üK. sourcilières, ainsique des rameaux d’anastomose de la veine ophtlialmique. C’est ici seulement que commence la veine faciale proprement dite ; elle descend en dehors au-dessous des muscles élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supépérieure et orbiculaire des paupières , passe derrière le muscle grand zygomatique , et reçoit les veines dorsales du nez, les veines coronaires supérieure et inférieure des lèvres, et quelques buccales et massélérincs \ elle gagne alors la base de la mâchoire, descend

en arrière entre la glande sous-ina.\illaire et le muscle peaucier, et, après avoir reçu les veines ranine , sous-mentale , palatine inférieure, elle se jette dans la veine jugulaire interne,

La veine ranine naît de la pointe de la langue, accompagne le nerf grand hvpoglosse entre les muscles mylo-hyoïdien et hyo-glosse , et se jette dans la veine faciale au-dessus des suivantes.

La veine sous-mentale a s, es racines dans la langue et la glande sublinguale, dans les muscles digastrique , peaucier, et mylo-hyoïdien , et dans la glande sous-maxillaire. Elle descend en arrière entre le ventre antérieur du muscle digastrique et le corps de la mâchoire , et se décharge dans la veine faciale ou dans la thyroïdienne supérieure.

La veine palatine inférieure naît des extrémités capillaires de l’artère du même nom , suit le trajet de cette même artère , et s’ouvre dans la veine faciale , après avoir reçu quelques rameaux des muscles ptérygoïdien interne et stylo-glosse.

Au-dessous de l’embouchure de la veine faciale, la veine jugulaire interne reçoit les veines linguale et pharyngienne.

La veme linguale est formée spécialement par un réseau veineux placé à la base de la langue , au-dessous de la membrane muqueuse. Apres avoir reçu plusieurs rameaux du tissu de la langue, de la glande sublinguale et du muscle génio-glosse , elle communique avec la veine ranine ; et descendant entre les muscles hyo-glosse et mylo-hyoïdien , elle longe le bord supérieur de l’os hyoïde pour se jeter dans la veine jugulaire interne, ou s’unir h la pharyngienne.

La veine pharyngienne naît du plexus veineux pharyngien , et se rend à la veine jugulaire interne.

Au niveau de l’extrémité supérieure du larynx , la veine jugulaire interne reçoit les veines thyroïdienne supérieure et occipitale.

La veine thyroïdienne supérieure est formée par un grand nombre de rameaux qui se comportent comme ceux de l’artère du même nom. Elle passe entre les muscles sterno-lhyroïdien eUsterno hyoïdien , reçoit la veine laryngée, et va s’ouvrir par deux branches dans la veine jugulaire interne.

La veine occipitale naît de la terminaison de l’artère occipitale, et vient se décharger dans la veine jugulaire interne, et quelquefois dans l'externe.

Les veines diploïques proviennent des veinules étendues en réseau dans la substance du diploë , et qui , par leur réunion successive, forment des rameaux et puis des branches quelquefois garnies de petites valvules , et qui se dirigent en général vers la hase du crâne. On trouve assez ordinairement dans l’épaisseur de l’os frontal deux veines diploïques qui se jettent dans les veines préparâtes. Il y en a presque toujours quatre, deux antérieures et deux postérieures chaque temporal; ces quatre veines reçoivent une grande partie

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

du sang qui revient des pariétaux, et s’ouvrent dans les sinus latéraux et dans les veines PI. 257. temporales profondes. L’occipital en renferme trois ou quatre , qui se déchargent dans les veines occipitales. Outre les anastomoses fréquentes des bi'anches des veines diploïques entre elles, ces veines communiquent encore les unes avec les autres à travers les sutures ; les frontales s’anastomosent avec les temporales antérieures , et les occipitales avec les temporales postérieures. On trouve aussi dans l’épaisseur de la suture sagittale des branches d’anastomose entre les veines diploïques du côté droit et celles du côté gauche. Enfin un grand nombre de r&mean's. émissaires font communiquer ces mêmes veines avec les veines extérieures du crâne et les sinus de la dure-mère.

Le frontal , le pariétal, le temporal et l’occipital ne sont pas les seuls os de la tête qui présentent des veines diploïques; l’os sphénoïde , le palatin , le malaire , le maxillaire supérieur en contiennent également , qui viennent s’ouvrir à la surface de ces os dans les veines environnantes , sous le nom de veines diploïques palatines , diploïques alvéolaires , diploïques sous-orbitaires, diploïques delà tubérosité maxillaire, diploïques temporo-zygomatiques , diploïques de l’os sphénoïde.

Après avoir reçu toutes les branches indiquées) la veine jugulaire interne descend sur les Pf 247parties antérieure et latérale du cou , en dehors de l’artère carotide primitive et du nerf pneumo-gastrique , entre le muscle sterno-masloïdien, le grand droit antérieur de la tête, la colonne vertébrale et le scalène antérieur , et elle s’ouvre dans' la veine sous-clavière.

Quelques veines cutanées et des branches <{ui viennent de la glande thyroïde sous le nom de veines thyroïdiennes moyennes , vont se décharger dans cette A'eine tout près de son embouchure.

G. Des veines dont la réunion forme la veine sous-clavière.

Les artères radiale et cubitale et toutes leurs divisions sont accompagnées chacune par Pl-25y,t!g. t, deux veines satellites qui , vers le pli du bras , forment quatre branches profondes. Ces branches s’unissent deux à deux , et constituent ainsi deux troncs qui remontent le long de l’artère brachiale, l’embrassent de leurs rameaux d’anastomose , et vont , après avoir reçu dans leur trajet toutes les veines qui répondent aux divisions de l’artère brachiale, s’ouvrir dijns la veine axillaire , au même endroit que la veine basilique.

La veine céphalique est formée par un grand nombre de veinules étendues en réseau sur PI. 258, (ig. 2. la face dorsale de la main et sur les muscles du pouce. De la réunion de ces veinules il résulte un tronc qui porte d’abord le nom de veine céphalique du pouce , et qui , sous celui de veine radiale supcrfcielle , monte sur la partie antérieure et externe de l’avant-bras, où elle reçoit un grand nombre de rameaux , pour se réunir au pli du bras, avec la veine médiane céphalique. Celle-ci, plus volumineuse que la radiale superficielle, monte en dehors PI. 258, fig. 2. dans l’espace triangulaire formé en cet endroit par les muscles de l’avant-bras, et s’anastomose avec la veine médiane basilique.

Le tronc de la veine céphalique, formé par la jonction de ces deux veines, monte sur PI. 258, fig. 2. la partie antérieure et externe du bras; placé d’abord entre la peau et le bord externe du muscle biceps , il est ensuite reçu dans l’intervalle qui sépare les muscles deltoïde et grand pectoral ; ensuite il se porte en dedans , et passe devant ou derrière la clavicule pour aller s’ouvrir dans la veine axillaire.

Texte. 56

MANUEL

PI. 258, fig. I,' P1.’2G3.

PI. 258, fig. I,

PI.258,Cg. 1, ]’i!'263.

PI. 258, fig. T,

PI. 258, fig. 2.

La veine basilique est formée par les veines cubitales antérieure et postérieure , et par la médiane basilique.

La veine ciibilale poslcricure a ses racines dans un réseau situé sur la partie interne du dos de la main et sur la face postérieure des doigts. Ces racines , qui s’anastomosent fréquemment avec celles des veines céphalique du pouce et radiale superficielle , se réunissent en un seul ironc appelé veine salvatellc , et cette dernière prend le nom de cubitale postérieure, en montant sur la partie interne de l’avant-bras. La veine cubitale postérieure, après avoir reçu un assez grand nombre de veines sous -cutanées , passe derrière l’épitrochlée, et se réunit à

La veine cubitale antérieure. Celle - ci naît de la partie interne et antérieure de l’avant-bras , reçoit de la précédente plusieurs rameaux d’anastomose , et remonte au-devant de l’épitrochlcc.

La veine médiane basilique descend en dehors du tronc de la veine basilique , en côtoyant le tendon du muscle biceps , et elle s’unit à la veine médiane céphalique à angle aigu ou au moyen d’un rameau transversal. Au milieu de cette anastomose s’ouvrent deux veines , l’une profonde , formée de rameaux qui ■viennent des veines radiale et cubitale profondes, l’autre , sous-cutanée nommée veine médiane commune , laquelle a ses racines sur la face antérieure de l’avant-bras.

Résultant de la jonction de ces diverses branches , la veine basilique monte sur la partie interne du bras , au-devant du nerf cubital; elle communique plusieurs fois avec la veine céphalique, reçoit comme elle quelques rameaux des parties environnantes, puis s’enfonçant dans le creux de l’aisselle, elle se continue avec la veine axillaire.

La veine axillaire , formée par toutes les veines du membre supérieur, monte obliquement en dedans , derrière la clavicule , au-devant de l’artère axillaire , depuis le tendon du muscle grand pectoral jusqu’à l’extrémité inférieure du muscle scalène antérieur. Elle reçoit dans ce trajet les veines circonflexes, scapulaire inférieure, thoracique longue, thoracicjue supérieure et acromiale , qui sont satellites des artères du même nom.

Les veines sous-clavières sont la continuation des veines axillaires, et s’étendent depuis l’extrémite inférieure du muscle scalène antérieur au-devant de laquelle elles passent, jusqu’à la veine cave supérieure qui résulte de leur réunion. L’une et l’autre se portent d’abord transversalement en dedans, puis se recourbent en bas pour pénétrer dans la poitrine, mais elles offrent des différences qu’il est important d’étudier.

La veine sous-clavière du côté droit est fort courte , et presque verticale dans la seconde partie de son trajet. Elle est couverte par le muscle sterno-mastoïdien , par l’articulation delà clavicule avec le sternum, par le cartilage de la première côte et par une petite portion du sternum. Elle est en rapport, en dehors et en arrière, avec le feuillet droit du médiastin postérieur , le nerf pneumo-gastricjue , l’artère sous-clavière droite et le muscle scalène antérieur. En dedans, elle correspond à l’aorte.

La veine sous-clavière gauche est beaucoup plus longue , plus horizontale et plus volumineuse que la précédente. Recouverte par les mêmes parties qu’elle, elle l est de plus par toute la largeur du sternum et par les muscles qui s’attachent à son extrémité supérieure. Elle est appliquée sur le muscle scalène antérieur , sur l’artère sous-clavière correspon-

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

tlante ; le feuillet gauche du nicdiastin , le nerf vague , sur la crosse de l’aorte et sur l’artère brachio-céphalique.

La veine sous-clavière gauche reçoit de plus que celle du côté droit, les veines mammaire interne gauche et thyroïdienne inférieure gauche.

La veine mammaire interne gauche naissance des extrémités capillaires de l’artère du

même nom , et se comporte comme elle. Ses radicules communiquent avec celles de la veine épigastrique. Elle reçoit les veines diaphragmatique supérieure , médiastines et thymiques gauches.

La veine ihy roïdienne inférieure gauche naît d’un réseau formé au-devant de la trachée-artère par des veines sorties de la partie inférieure de la glande thyroïde , et par leurs nombreuses anastomoses avec la veine du côté opposé et les thyroïdiennes supérieures. Née de ce réseau , nommé, plexus veineux thyroïdien, elle se porte d’abord en dehors, descend ensuite obliquement sur la trachée-artère, sur le nerf vague , sur la carotide primitive , et vient se décharger à la partie postérieure et inferieure de la veine sous-clavière.

Entre les veines jugulaires interne et externe , les veines sous-clavières reçoivent les veines vertébrales et intercostales supérieures.

La veine vertébrale a ses racines dans les muscles des régions occipitale et cervicale postérieure. Parvenue au-dessus de l’allas, elle traverse le trou pratiqué à la base de l’apophyse transverse de celte vertèbre , et communique, en cet endroit, avec le sinus latéral de la dure-mère , au moyen d’un rameau logé dans le trou condylien postérieur. Ensuite la veine vertébrale descend dans le canal qui loge l’artère vertébrale , recevant, au niveau des trous de conjugaisoji , un rameau d’anastomose avec les sinus vertébraux , et un rameau qui rapporte le sang des muscles du cou. Sortie de ce canal à la hauteur de la sixième ou de la septième vertèbre du cou, elle reçoit la veine cervicale profonde qui accompagne l’artère du même nom , et elle s’unit à une autre veine qui prend naissance sur le côté de la tête , où elle communique avec le sinus latéral de la dure-mère par le trou mastoïdien, et qui descend sur les apophyses transverses des vertèbres cervicales, recevant des rameaux des muscles environnans , et en envoyant à la veine vertébrale elle-même. Ensuite la veine vertébrale descend , en contact avec l’artère du même nom , entre les muscles scalène antérieur et grand droit antérieur de la tête , et vient s’ouvrir à la partie postérieure et inférieure de la veine sous-clavière, en passant , celle du côté gauche au-devant de l’artère sous-clavière , et celle du côté droit derrière cette artère et le nerf récurrent.

La veine intercostale supérieure droite , quand elle existe , est formée par des branches répandues dans les deux espaces intercostaux supérieurs. Elle sort de la poitrine par sa circonférence supérieure , et va s’ouvrir dans la veine sous-clavière , auprès de la veine vertébrale. .

fig. 1.

PI. 253, 2o5

La veine intercostale supérieure gauche , a ses racines dans le huitième , le septième ou le pi. 253 , 255 .sixième espace intercostal. Après avoir envoyé des rameaux d’anastomose aux veines azygos et demi-azygos , elle monte entre la plèvre et la partie latérale du corps des vertèbres, recevant successivement des branches qui viennent de chaque espace intercostal. Au niveau de la troisième vertèbre du dos , trois ou quatre veines qui descendent des espaces intercostaux supérieurs viennent se décharger dans cette veine qui , en pas-

MANUEL

sant en dehors de l’aorte et derrière le poumon , reçoit la veine bronchique gauche , et sort de la poitrine pour aller se décharger dans la veine sous-clavière gauche.

De la veine cave supérieure.

PI. 2l7, 2G3.

La veine cave supérieure resuite de la jonction des deux veines sous-clavières. Née ordinairement au niveau du cartilage de la première côte , un peu au-dessus de la crosse de l’aorte, elle descend à gauche et en avant, parvient à la base du péricarde, et, recouverte par ce sac membraneux , elle va s’ouvrir dans l’oreillette droite du cœur , au-dessus de la veine cave inférieure, Dans ce trajet, elle est en rapport, en avant, avec le thymus et le tissu cellulaire du médiastin antérieur; en arrière, avec la veine pulmonaire droite supérieure et avec l’aorte ; à droite , avec le poumon ; à gauche , avec le péricarde.

Avant d’arriver au péricarde, la veine cave supérieure reçoit les veines azygos, mammaire interne et thyroïdienne inférieure du côté droit ; elle reçoit aussi les branches ihtjmiques , médiastmes , péricardmcs et diaphragmatiques supérieures , également du côté droit.

La veine mammaire interne droite ne diffère de celle du côté gauche cpie par son embou chure.

P'* â4:- La veine thyroïdienne inférieure droite est semblable à celle du côté gauche dans la première

partie de son trajet. Ensuite elle descend en dehors , au-devant du nerf vague et du tronc brachio-céphalique , derrière les muscles sterno-thyrodien etsterno-hyoïdien, etvient s’ouvrir dans la veine cave supérieure, entre les deux veines sous-clavièrcs.

PI. 2(7, 253. La veine azygos établit une communication entre la veine cave supérieure et la veine cave inférieure. Elle s’insère à la partie postérieure de la première de ces deux veines , immédiatement au-dessus de la bronche droite , et forme , en se courbant de devant en arrière et de gauche à droite , une arcade autour de cette même bronche et de l’artère pulmonaire droite. Elle descend ensuite au devant et un peu à droite du corps des vertèbres , pénètre dans l’abdomen avec l’aorte , ou en dehors du pilier droit du draphragme , et va s’ouvrir dans la veine cave inférieure ou dans une des veines lombaires.

PI. 253. r**’ès de son insertion, la veine azygos reçoit par la convexité de sa courbure la veine

bronchique droite, dont le trajet est analogue à celui de l’artère du même nom, et plusieurs petites veines qui viennent delà trachée-artère, des glandes bronchiques , du péricarde, des parois de l’aorte et de l’artère pulmonaire. Le long des vertèbres du dos ,#elle reçoit , en devant , des rameaux qui naissent de l’aorte et de l’œsophage; à droite , les veines intercostales correspondairtes qui sont satellites des artères du même nom ; et à gauche ,

PI 253 niveau de la septième côte environ, la veine demi-azygos. Celle-ci, ouverte inférieurement

dans la veine rénale gauche ou dans la première veine lombaire , pénètre dans la poitrine à travers les fibres du diaphragme , et monte derrière l’aorte et rœsophage sur la partie antérieure gauche du corps des vertèbres du dos. Les veines intercostales inférieures gauches s’ouvrent dans cette veine.

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE

2°. Des veines qui concourent à former la veine cave inférieure.

A. Des veines dont la réunion forme la veine iliaque externe.

La veine poplitée résulte de la réunion des veines tibiale antérieure , tibiale postérieui'e et péronière , qui sont ordinairement doubles, et dont le trajet est absolument le même que celui des artères du même nom ; elle accompagne l’artère poplitée , et se trouve placée d’abord à son côté externe, et puis ensuite à sa partie postérieure. Elle reçoit

La veine saphène externe ou petite saphène dont les radicules répandues sur la face dorsale et sur le côté externe du pied, ainsi qu’aux environs de la malléole externe , se réunissent en un seul tronc derrière cette dernière. Ce tronc monte sur la jambe, d’abord le long du bord externe du tendon d’Achille, puis ensuite entre les muscles jumeaux et la peau, et côtoyant le nerf poplité interne , il va s’ouvrir dans la veine poplitée.

La veine crurale ou fémorale est la continuation de la veine poplitée. Satellite de l’artère crurale, elle remonte à la partie interne et antérieure de la cuisse, placée d’abord à la partie postérieure de l’artère, et puis ensuite à son côté interne. Outre un grand nombre de veines tout-à-fait analogues aux branches de l’artère crurale , et qui viennent se décharger dans son intérieur , la veine crurale reçoit , aux environs de l’arcade crurale, la veine saphène interne.

La veine saphène interne ou grande saphène liait de la réunion de veinules répandues sur le bord interne du gros orteil , et qui forment sur le dos du pied une arcade transversale communiquant avec la veine saphène externe, et dont la convexité, tournée en avant, reçoit des rameaux des orteils. Ces veinules, accrues de plusieurs branches qui viennent des régions tarsienne et métatarsienne , montent au-devant de la malléole interne et donnent naissance au tronc de la veine saphène interne, laquelle monte sur la partie interne de la jambe, passe derrière le condyle interne du fémur, et continue à monter le long de la face interne de la cuisse. Dans cette dernière partie de son trajet , cette veine reçoit des branches qui viennent de la partie postérieure et superficielle de la cuisse. Une d’elles, assez volumineuse, naît à la partie antérieure de la jambe , ou autour du condyle interne du fémur, de veinules qui communiquent avec le tronc lui-même; elle reçoit un assez grand nombre de rameaux en montant au-dessous des tégumens de la cuisse. Parvenue au-dessous de l’arcade crurale , la veine saphène interné reçoit le sang rapporté par plusieurs veines sous-cutanées abdominales , par les veines honteuses externes , lesquelles suivent le trajet des artères du même nom , et elle se jette dans la veine crurale, en traversant l’ouverture de l’aponévrose fémorale qui constitue l’ouverture inférieure du canal du même nom.

La veine iliaque externe commence où finit la veine crurale. Placée au-dessous et en dedans de l’artère iliaque externe , elle se comporte absolument comme elle , et reçoit les veines correspondantes aux branches fournies par cette artère , telles que les veines épigastrique et circonflexe iliaque; elle reçoit de plus chez l’homme une assez grosse branche qui vient des membranes du testicule et qui entre dans l’abdomen par l’anneau inguinal.

B. Des veines qui donnent naissance à la veine hypogastrique .

La veine hypogastrique , placée derrière l’artère du même nom , est formée par des

PI. 261, (Ig. 1,

PI. 262, Gg. I, PI. 2G{.

PI. 2G0, Gg. 2.

Pl.p6i,Gg.2.

PI, 2Go,Gg. I ,

PI. aG3, 264.

PI. 25,', Gg. I.

PI. 25i, Gg. I.

PI.252, Gg. 2.

MANUEL

PI. 25i,fig.3.

PI.252, fig.i.

ri. 253.

branches correspondantes au.x branches fournies par celte artère , et par les veines suivantes :

Veines vésicales. Ces veines diffèrent suivant le sexe.

Chez l'homme , elles prennent naissance sur le gland , et forment deux troncs nommés veines dorsales de la verge ^ lesquelles montent sur le dos de cet organe à côté des artères du même nom , se réfléchissent de haut en bas , et se divisent bientôt en plusieurs branches. Celles-ci reçoivent des veines qui viennent du scrotum, du dartos et de la tunique vaginale ; elles s’unissent à des divisions de la veine honteuse interne , et se portent vers les racines du corps caverneux pour pénétrer dans le bassin , audessous de, l’arcade des pubis. Parvenues sur les parties latérales de la vessie, elles forment sur cet organe par leurs anastomoses avec des veines qui sortent de ses parois et de la prostate , un plexus fort considérable d’où prennent naissance plusieurs troncs qui , après avoir reçu quelques veinules du rectum et des vésicules séminales, vont enfin s’ouvrir dans la veine iliaque interne , non loin de l’obturatrice.

Chez la femme , les veines vésicales résultent de la jonction des reines dorsales du clitoris avec d’autres veines qui viennent de l’épaisseur des grandes lèvres et du muscle constricteur du vagin. Ces veines se réunissent autour du vagin , et , après s’être anastomosées avec les veines honteuses interne et externe, elles vont former sur les parties latérales de la vessie et du vagin un plexus qui donne naissance , comme dans l’homme , aux troncs terminaux. Ces derniers reçoivent de nombreux rameaux provenant des cloisons recto-vaginale et vésico-vaginale.

Les veines sacrées latérales naissent dans le canal sacré , en s’anastomosant avec les sinus des vertèbres du sacrum , et sortent par les trous sacrés antérieurs. Elles remontent sur la face antérieure du sacrum pour s’ouvrir dans la veine hypogastrique.

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